Perpignan : chaussettes et magouillettes
24 03 2008Analyse du journal L'Indépendant, principal quotidien local - Édition du samedi 22 mars 2008 - D.R.
Municipale de Perpignan : dans le doute, la justice tranchera...
L'élection de la liste de Jean-Paul Alduy est toujours contestée. Hier, après une semaine de vérifications, deux recours ont été déposés auprès du tribunal administratif par la liste Gauche-Modem et par le candidat FN. Désormais, la justice dispose de deux à trois mois pour statuer sur l'affaire.
Dernière ligne "droite" hier pour la liste gauche-Modem. Jean-Paul Alduy venait à peine d'être réinstallé dans son siège de maire que les opposants ont enclenché le compte à rebours. Regroupés au siège du CDC (convergence démocratique de Catalogne), ils se sont affairés toute la journée jusqu'à la dernière minute, ont épluché les listes d'émargements à la loupe, recompté les voix, vérifié les procurations... Jusqu'à ce que Me Amadei dépose in extremis à 18 heures en préfecture leur recours d'annulation des élections municipales auprès du tribunal administratif.
Un dossier de 162 pages étayé d'une quinzaine de griefs. Parmi eux, d'abord l'affaire du bureau de vote numéro 4 où le président a été surpris avec des bulletins de vote dans la poche et dans une chaussette mais aussi les "dysfonctionnements" qui seraient liés à des écarts "douteux" entre le nombre d'enveloppes et celui des signatures sur les listes d'émargements, des procurations "illicites ou frauduleuses" et une " propagande prohibée".
L'affaire du bureau n°4 : Plus précisément, les "unionistes" mettent l'accent sur l'arrêt du dépouillement dimanche au bureau de vote n° 4. "On estime que 300 enveloppes avaient déjà été ouvertes et qu'il en restait 600 sur la table sans surveillance et dans un contexte de confusion totale", expliquent-ils. "D'autre part, nous avons des jurisprudences. Le dépouillement n'a pas été fait sans désemparer. Le président a quitté ses fonctions puisqu'il a été placé en garde à vue". Au plan pénal, J. Amiel-Donat, J. Codognès et C. Ripoull déposeront prochainement une plainte pour "fraude électorale".
Autre souci, les émargements à proprement dit avec des différences "flagrantes" de signatures entre le premier et le second tour, des croix en guise de paraphe ou des "signatures faites sans que les personnes se soient déplacées". "Il y a des choses saugrenues comme du correcteur sur les procès verbaux ou encore, au bureau de vote n° 2, un nombre d'inscrits qui est supérieur au premier tour par rapport au second tour". Suivent les différentiels constatés dans certains bureaux entre le nombre de signatures et le nombre d'enveloppes dépouillées. "Au total, on a 38 534 signatures et on a 38 258 votants, ce qui veut dire que l'on a 250 voix dans la nature et que 250 personnes sont venues signer mais ont oublié de voter.".
La liste gauche-Modem pointe encore du doigt un certain nombre de procurations, dont plus de "300 ont été faites sur la base d'un imprimé". "C'est illégal. Il faut qu'il y ait un écrit, une lettre ou un mot de l'intéressé. On a eu des difficultés d'accès au registre spécial. Mais on a pu le consulter rapidement et on a vu que certains officiers de police judiciaire avaient fait des remarques. Elles montrent que parfois c'est une tierce personne qui a fait les démarches pour effectuer la procuration et que la personne concernée n'est pas informée".
"En tout état de cause, on est au-delà de 574 voix qui nous manquaient. Et je rappelle qu'il suffit de toute façon de la moitié.", a résumé Jacqueline Amiel-Donat. A ceci, les opposants ont ajouté des tracts jugés "diffamatoires" distribués la veille et l'avant-veille du second tour, la diffusion de bulletins municipaux sur le 3e âge, l'environnement, le comparatif de fiscalité entre le département et la ville "financés par les fonds publics" mais également des témoignages. Seize déclarations, dont 4 sous X, qui relatent les pratiques de fraude utilisées lors de précédents scrutins, qui avouent avoir participé à ces méthodes ou qui attestent avoir constaté des problèmes lors du second tour du 16 mars.
Louis Aliot aussi : "Je compte sur eux pour avoir accès au dossier", déclarait Louis Aliot, candidat du Front national, qui a également déposé de son côté un recours plus succinct. Ce dernier demande lui aussi l'annulation des opérations électorales et base spécifiquement sa requête sur "l'incident du bureau numéro 4". "Si j'avais obtenu 34 voix supplémentaires, nous aurions eu un élu de plus au conseil municipal", affirme-t-il. En outre, Louis Aliot estime avoir été lésé lors du débat de l'entre deux-tours organisé sur France 3 et auquel il n'avait pas été invité. Il a ainsi engagé une action sur le fond au civil.
* Analyse de l'hebdo "Le petit journal" : toute ces histoires de fraude sont des inventions médiatiques destinées à faire vendre des journaux... * Récit de l'affaire par l'envoyé spécial du journal Le Monde (cf. numéro daté mercredi 26 mars)
ça sent pas bon... (ci-jointe Merde d'Artiste, "oeuvre" de Piero Manzoni.
Publié par : cat à 08:29:16
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