Publi le samedi 05 avril 2008

Gala de Dali, exposition à Perpignan

05 04 2008

 

(le maire, J-Paul Alduy, avec Montse Aguer, responsable de la fondation Gala-Dali, et, de dos, Jean Casagran, commissaire de l'expo- photos J.P.Bonnel)

 (photo d'Amado Jover) Gala, toujours  nue,  plus provocante que muse...)

* exposition ouverte jusqu'au 8 août 2008, tous les jours sauf lundi, entrée libre -Couvent des Minimes, rue Rabelais, Perpignan.

 

L’exposition de Perpignan est consacrée à la vie de Gala, en images, depuis l’enfance russe jusqu’à la tombe du château de Pubol (situé entre Figueres et Cadaquès). Les photos les plus intéressantes sont au début de cet itinéraire ; hélas, ce sont de petits formats et il faut s’approcher pour se régaler des poses de l’époque surréaliste ! Dali, longiligne, en étudiant moustachu, cheveux longs, aux côtés d’Eluard, de Crevel et d’une Gala souriante, presque sympathique. Photographiée par Man Ray, « nue » dit le cartel, du moins à demi-nue, elle provoque les bons esprits du début du siècle.

Ce trajet trouvant sa dynamique dans la juxtaposition d’images mobiles, émouvantes, est  cependant convenu, divisé en trois périodes : la compagne d’Eluard, l’épouse de Dali, la créatrice ( ?) d’objets surréalistes. Mais les « commissaires » -sale expression- abusent du mythe de Gala « la muse », Gala « l’inspiratrice » ; c’était plutôt une femme d’affaires qui obligea le Maître à produire beaucoup et à dépenser encore plus (à New York, le couple s’est endetté et c’est l’Etat espagnol qui épongea, d’où la soumission de Salvador à Franco). C’était une femme de caractère qui structura l’artiste, sans doute, et lui apporta la sécurité, mais elle lui fit mener une vie de chien, le soumettant à ses fantasqmes et fantaisies, le trompant avec d’innombrables gigolos, le laissant seul, dans sa chambre d’hôtel, par exemple quand ils se rendaient à Perpignan, alors qu’elle batifolait dans la chambre contiguë…

Pourquoi cacher ces vérités, comme Dominique Bona, dans sa biographie de Gala ? Certes, le mythe est plus satisfaisant, plus séducteur et il fait vendre, pensons à Marilyn Monroë…Muse, non, inspiratrice surréaliste, encore non, les compagnons d’André Breton la détestaient et, lors des réunions du groupe, son rôle se limitait souvent à des parties de jambes et de sexes en l’air…Il faut relire la correspondance Gala/Eluard, chez Gallimard…Surtout, relire les textes autobiographiques de Dali et…se rendre au couvent des Minimes de Perpignan…Merci Jean Casagran, grand organisateur dalinien, qui a encore comme qualité sublime (prenez l’accent) d’être né exactement le même jour que moi, à Perpignan !!!