La Princesse de Clèves, de Madame de Lafayette
12 06 2008
La Princesse de Clèves
Lire Madame Lafayette en 2008, est-ce bien raisonnable.. ? C'est, en tout cas, un acte de courage et de vertu. Deux cents pages d’une action immobile, d’un roman d’analyse psychologique à rallonges, de dialogues opposant des argumentations répétitives (la passion face à la morale, aux bienséances, au devoir de mémoire et à la fidélité du mari défunt…), uniques moments qui font avancer le livre vers un futur improbable, en tout cas loin du bonheur que propose M. de Nemours à la Princesse de Clèves.. ! Celle-ci résiste jusqu’au bout des raisonnements, des larmes et des agenouillements de celui qui est le seul homme aimé et pourrait devenir un merveilleux amant…
Le jeune lecteur d’aujourd’hui ne comprend pas cet acharnement, cette fuite vers la souffrance morale, cette sorte de sado-masochisme…Bien sûr, il faut replacer le « roman » dans son contexte : la valeur de la vertu, l’influence du jansénisme… Alors, que faire de ce livre « illisible », sorte d’ovni dans une société rapide qui se veut jouisseuse, sans entraves et liseuse de Marc Lévy, Harry Potter, Anne Gavalda et autres Delerm…Et que signifie cette quête du « repos » que revendique l’héroïne ? Vivre en un lieu tranquille, loin des problèmes et incommodités (souffrance, jalousie, rivalité, inconstance…) de l’amour, demeurer dans la solitude, le retirement, le désert huguenot, le monastère, comme il est écrit à la fin de cette chronique amère du règne de Henri II…
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Catégories : littérature


