Publié le dimanche 17 mai 2009

La culture à Perpignan (propositions pour un débat municipal)

 

1. Que de modestes mais nombreuses « villas Médicis » irriguent la vie culturelle de la ville : créations de « résidences d’artistes » (trouver des lieux d’accueil) pour animer les quartiers défavorisés (Saint-Mathieu, Saint-Jacques, Le Vernet …). Des artistes, écrivains…pourront être aussi en résidence à l’Université : que le campus soit un atelier d’innovation.

2. Encourager la « catalanité » partout, pas simplement au Cedac ou à Font Nova :revoir le fonctionnement de cette association qui occupe l’hôtel Pams ; que ce lieu fastueux soit ouvert à tous, toute l’année ; demeure le souvenir nostalgique de l’ancienne bibliothèque municipale ; l’actuelle médiathèque pourrait, à l’occasion de cette réouverture, reprendre possession d’une ou deux salles pour des expositions, colloques ou conférences.

     Favoriser la création et la diffusion d’une grande revue culturelle franco-catalane, où s’exprimeraient toutes les voix artistiques, littéraires du département.

3. Les festivals « Visa », « Semaine d’art sacré » et « Estivales » sont des réussites indéniables : il faut les encourager. Une entente entre la mairie et le conseil général est envisageable avec l’élection d’un maire de centre gauche ( Perpignan se gagne au centre ),  d'où une plus grande dissémination des lieux festifs : Campo Santo, Sain-Dominique, le Théâtre Nouvel, la chapelle des Anges, la Maison de la Catalanité, le Palais des Rois de Majorque, Couvent des Minimes, chapiteaux sur les places des « quartiers « populaires…Que Perpignan s’anime comme Avignon lors de son festival d’été, avec des improvisations et spectacles de rues : les « jeudis » de Perpignan pourraient être organisés toute l’année pour que la ville assoupie retrouve le goût de la fête et de la convivialité. Il faut aussi investir culturellement les ghettos de pauvreté et d'inculture : offrir aux enfants des stages gratuits d'initiation aux pratiques artistiques, littéraires, animer les bibliothèques de quartiers, la médiathèque centrale poursuivant ses activités innovantes (petits-déjeuners littéraires, ateliers d'écritures, de lecture, cycles de conférences, débats sur la presse, l'édition, la philo, la poésie...) "Des Jeudis, des Sant-Jordi, oui ! Mais pas uniquement: la culture pour tous, tous les jours, du lundi au samedi !"

Les nombreuses petites troupes de théâtre pourront s’exprimer dans le théâtre nouveau ; elles ont vocation à se montrer surtout dans les quartiers : que des salles leur soient proposées ! A ce propos, le palais des Congrès doit devenir une véritable maison de la culture, ouverte aux associations, créateurs anonymes ou débutants: ses missions sont à la hauteur de ses espaces disponibles : énormes ! Boîtaclous, fournisseur de spectacles, pourra baisser ses prix d’entrée grâce au nouveau théâtre de Perpignan, la capacité d’accueil devenant plus importante.

4. le Théâtre municipal à l'italienne, place de la République, sera réservé aux pièces plus contemporaines, moins connues ou plus exigeantes et donc à un public plus restreint, mais aussi au jazz et à l'opéra si toutes les institutions culturelles arrivent à s'unir pour le financement lourd de tels spectacles. Comme l'avait proposé le Conseil général, il faudra rénover ce lieu (la scène, les fauteuils...)

5. Un musée d'envergure en plein centre est désormais à la portée des Perpignanais; des travaux d'agrandissement en direction de la rue Mailly sont programmés; les initiatives de la responsable des lieux, Claire Muchir, ont été remarquées : il faut montrer les trésors du musée et les réserves avec des expos à thèmes, interventions de spécialistes, participation des enseignants avec leurs classes...L'annonce d'une rétrospective H. Rigaud pour le mois de septembre est une excellente nouvelle. Le musée pourra exposer les artistes locaux de façon collective et faire venir des expositions de plus grande envergure en travaillant avec d'autres villes ou fondations. Il s'agit d'exploiter aussi la venue dans la ville de peintres importants: montrer les Dufy peints ici, refaire revivre les séjours de Picasso rue de l'ange, retracer le destin des artistes catalans en exil (passage d'Antoni Clavé), celui des Surréalistes, tels Brauner retiré dans le département ou Masson (avec G.Bataille et Chagall) en accord avec le musée de Tossa de mar...

6.La rénovation du Conservatoire s'impose aussi, d'abord extérieurement,; ensuite, il faudra consulter les personnels et Daniel Tosi, afin de connaître leurs desiderata. 

Un tel projet exige de grosses dépenses financières, certes ! On ne peut développer la culture sans, en même temps, créer un réseau économique, attirer des investisseurs, des acteurs économiques et financiers. Ceux-ci peuvent jouer un rôle de mécènes si les responsables municipaux arrivent à faire parler de Perpignan, grâce à une politique culturelle innovante et dynamique, à des infrastructures de prestige et de qualité, à une personnalité reconnue susceptible d'attirer les foules et les capitaux : si Almodovar devenait le Président du festival "Confrontation", les retombées seraient évidentes...

Pour attirer de telles vedettes, il faut un budget conséquent; Perpignan peut-elle avancer que la culture est une de ses priorités et qu'elle devra bénéficier de dix pour cent de l'enveloppe budgétaire municipale..?  Avant tout, il faudra que la nouvelle équipe organise, avec tous les acteurs culturels, des "Assises de la culture" ouvertes à toute la population et non aux seuls spécialistes; l'erreur de la municipalité précédente a été de ne jamais consulter les citoyens, d'où la polémique autour du "Théâtre Nouvel", né d'une décision autoritaire et non collective.

 

 

 

Écrit par cat le Dimanche 17 mai 2009
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