Publié le vendredi 19 juin 2009
Les municipales de Perpignan et la culture
Il a raison, Gérard Raynal, d'écrire dans son blog que la culture est absente des programmes des candidats à la mairie de Perpignan. Programmes creux faits de formules banales et du recours à l'emprunt, à l'endettement. Le théâtre Nouvel est rejeté : on le restructurera pour y mettre des associations ou les permanences des partis politiques... Pas un écrivain, un artiste, un homme ou une femme de théâtre dans les listes...Cali aurait avoué, nu, que si Jacqueline s'était prénommée Ségolène, alors tout était possible... Les seules personnalités connues du public (averti, comme dit Jean-Christophe) sont André Bonet (liste Rivière, dissident UMP) et Maurice Halimi (liste Alduy, maire sortant).
Mes suggestions en matière culturelle (voir ce blog) sont restées lettres mortes. La question de la culture ne serait pas mobilisatrice; il faut parler au plus près des gens (enfin, on a compris! à moins que ce ne soit que démagogie): au ras des paquerettes, causons donc sécurité (caméras, policiers), propreté (le pipi de chien) et social (alors que ce domaine est géré en grande partie par l'Etat, un Etat en mauvais état, surendetté, peu disposé à payer nos retraites, mais défendant mordicus le bouclier fiscal, oui da..!)
Et les écrivains, ils en pensent quoi, de ces élections? On ne leur a pas demandé leur avis, pas un papier dans la presse locale. Mais ça ne fait pas vendre; les sondages, oui, les potins, ok, les rumeurs, bien sûr... Pourtant, la Catalogne d'ici en contient quelques uns, qui ont du style, Pierre Bosc, Jordi Pere Cerda, Beszonoff, Darnaudet, Gifreu, Pelras, Claude Delmas, Francesca Caruana, Claude Massé, Hélène Legrais, Philippe Ségur, Renada Portet, Pere Verdaguer, Jordi Vidal, Jean Jacob, Hyacinthe Carrera, et tous ceux que j'oublie, mille excuses...
Je pense qu'un individu bénéficiant d'un certain renom ne doit pas utiliser son "aura" ou son pouvoir de créateur public pour influencer l'électorat. Mais il peut donner son avis sur les propositions des candidats.
Ainsi, ce directeur de troupe affirme que, tout en étant de gauche, il ne votera pas pour la liste de la gauche officielle : "facile de s'auto-proclamer de gauche, mais après les délires de Frêche, c'est pas possible !" Cet artiste de l'abstraction lyrique est tenté par Jean Codognès, flanquée de la gracile Clotilde et de la sympa Katia, mais après les folles déclarations de Bayrou, ça gêne de voter pour le Modem..."
Un plumitif qui a de l'avenir m'a déclaré : "Les troskystes? Inutiles ! Le FN ? Nuisible! Rivière? Je préfère les fleuves ! L'inconnu "centriste" du bataillon? Il veut faire sa pub! Defora! Les Catalanistes ? Il n'ont pas trouvé 55 Catalans causant catalan dans un idiome correct..." Triste paysage de campagne, morne pleine...Et on vous parle pas des coups bas, des gros sous, des candidats impliqués dans des affaires louches, des arrivistes, ou de ceux qui changent trois fois de parti pour être acceptés sur une liste... Mais il faut tout de même voter, il y a trop d'intérêts en jeu...
Il reste quoi, alors..? Oui, le vote, Et les yeux pour pleurer...
...ou regarder ...un arc-en-ciel sur l'étang , sur les temps présents...
Écrit par cat le
Vendredi 19 juin 2009
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politique, actualité en Catalogne
1 Commentaire :
Commentaire écrit le samedi 20 juin 2009 à 07:27:40 (lien)
J.Daniel
Il y a tellement de livres à lire, de langues à apprendre, de gens à aimer, de pays à découvrir. Pourquoi perdre son temps avec ces pitreries?
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Exposition à Céret : 100 ans de paysages = pays sages
Au MAMOC de Céret : Un siècle de paysages céretans ou l’inutile peinture de pays sages
Cette exposition, qui rassemble des œuvres et installations du XX° siècle jusqu’au début du XXI ème, nous interroge sur le rôle, la place et l’intérêt du motif du paysage dans l’histoire de la peinture, car il ne s’agit pas de demeurer dans le local, à Céret, dans le Vallespir, mais de s’ouvrir, avec des artistes reconnus tels que Picasso, Matisse, Soutine, Dufy, Masson, Picabia, à une influence plus large.
Pourquoi peindre un paysage, c’est-à-dire, l’extérieur d’un lieu, les apparences, le décor d’une ville, les maisons d’un quartier, alors qu’on pourrait en saisir l’intériorité : au-delà d’un réalisme subjectif, la vérité d’un endroit, n’est-ce pas la vie des gens qui y habitent ? La majorité des artistes présentés ne bénéficiaient-ils pas d’une proximité avec les Cérétans ni d’une relation assez intime pour exprimer leur « âme » ou, du moins, leur travail et leurs préoccupations.. ? Ces scènes paysagères, pleines de rondeurs et de couleurs, sont vides d’hommes, comme des fresques gratuites, sans vie.. ! Les peintres qui ont séjourné -plus que vécu- à Céret, en raison de l’exil ou d’un problème de santé, ont poursuivi un des topos ou lieux communs de la peinture en « croquant » une nature, urbaine ou champêtre, au lieu de montrer la vie sociale, économique, agricole ou culturelle du pays : artisans, paysans, commerçants, gens du peuple… Ainsi en est-il de Pierre Brune, Auguste Herbin, Pinchus Krémègne, Vincent Bioulès…A part Picasso, Soutine ou Manolo Hugué, qui se sont intéressés à des personnages typiques (la vieille Catalane en noir, les lavandières…) ou à des figures locales (le coiffeur, le cafetier…), l’engagement humain ou politique de l’artiste n’est pas l’objectif majeur. On se contente de témoigner de la situation géographique d’une ville de province dans son écrin diapré, de son architecture, de la force de la lumière et des couleurs. On recompose le paysage sur la toile, d’abord en raison de sa beauté ; idée banale et de tradition : on représente en priorité ce qui est beau…D’autres, au contraire, ont dit le verso de l’existence : Baudelaire a parlé des marginaux, Hugo des misérables et Francis Bacon nous renvoie la laideur et les horreurs du monde…
Ainsi, le peintre du Nord exalte le sentiment de plénitude qu’il éprouve face à des localités baignées de soleil. Il aurait pu prendre une photo, mais son art est la peinture, plutôt le paysage immobile, inutile arrêt sur image dans un siècle où l’appareil photographique est supérieur, dans ce rôle d’éterniser un moment précis de l’histoire de Céret : ses platanes, ses maisons, son pont du diable, son Couvent des Capucins, son Pont Jean Sarris, ses chênes-liège, ses champs de cerises…Litanie des légendes pour cartes postales ou dépliant touristique…
Le paysage pictural est souvent un duplicata du paysage réel ; agréable à voir, il ne révolutionne pas l’art de son époque. Il faudra Braque (*) et Pablo qui, en systématisant le cubisme, appréhendent dans des visions simultanées toutes les facettes d’un lieu (ou d’un objet, ou d’une personnalité) : monstration totale qui multiplie les points de vue. De même l’approche conventionnelle est chamboulée avec Soutine : déjà, à la fin du XIX° siècle, ce petit bonhomme de Cézanne, avec son barda, « faisait » des paysages, face à la Sainte-Victoire, mais c’était déjà la modernité de la peinture. Le paysage, avec Chaïm, à Céret (Les Tins, Les maisons, 1920-21) ne se résume pas à un décor immobile, mais il bouge afin de traduire les angoisses et les pensées personnelles et profondes de l’artiste : « folie » des platanes, emportés par la tramontane, mouvements des petites maisons serrées les unes contre les autres, mais qui semblent se détacher, vouloir s’émanciper tels des fantômes blancs à bonnet noir…
Le tableau, comme un récit, peut raconter une histoire. Avec Soutine et Picasso, le spectateur comprend qu’il se passe quelque chose de nouveau, que la scène est à prolonger : le public, avec la réception, continue la création. Mais le plus souvent, la toile n’est que description, arrêt du récit ; elle a un rôle d’information : voici l’état de Céret en 1930…1950…2009. La description est aussi, souvent, morceau de bravoure : l’artiste montre son talent à représenter des détails, des couleurs, toute une campagne, une ville totale. Ces qualités sont celles de l’art pour l’art ; toutes ces variations de vues d’ensemble veulent rendre hommage au paysage, faire exister le monde extérieur, le diffuser auprès d’un large public. Un autre objectif est de vendre le tableau : plus il sera « beau » et correspondra aux critères, aux normes, aux canons de la beauté convenue, plus il se vendra ! Rappelons au passage le code pictural romantique : il fallait utiliser un vision « pittoresque », la couleur locale et avoir une riche palette…
Peindre ainsi c’est prendre possession, du pays que l’on habite de façon temporaire ; c’est dire sa joie de la découverte de façon spontanée, le sentiment primant sur la forme et le style. Cet hymne à la beauté et ce recours à la représentation souvent conventionnelle d’un lieu, inhérents aux paysages montrés à Céret, en cet été 2009, sont la marque d’artistes en résidence éphémère. Il faut du génie artiste pour comprendre le « génie d’un lieu », en quelques mots. C’est le cas de Braque, Picasso et Soutine à Céret, celui de Matisse et Derain à Collioure, de Mackintosh à Port-Vendres, de Hans Hartung au Barcarès, de Duchamp à Cadaquès. Ce sont des artistes « extérieurs » qui ont inventé la modernité du paysage ; rares sont les peintres novateurs du crû : des essais inspirés, cependant, de la part de Jean Capdeville et de Camille Descossy ; Dali, bien sûr, à Port-Lligat ou Antoni Pitxot à Cadaquès, qui se sont plongés au sein de la matière locale : dans la minéralité des paysages grandioses et fantastiques du Cap de Creus…
(*) Il faut, à ce propos, signaler le courage des responsables du musée qui, pour "communiquer" l'expo de l'été, diffusent des affiches montrant un « paysage » cubiste, pas "facile" de Juan GRIS, Canigou, plutôt qu’un tableau plus « beau », c’est-à-dire conventionnel et vendeur…
*** Le MAMOC : Musée d’Art MOderne de Céret. (voir Trente balades culturelles en Catalogne, NPL, avril 2009.)
Paysage : Le Canigou jaune et blanc depuis Perpignan (photo J.P.B.)
Écrit par cat le
Vendredi 19 juin 2009
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peinture, actualité en Catalogne, patrimoine
Roman noir au festival de FRONTIGNAN
Du lundi 22 au 28 juin aura lieu à Fontignan (Hérault) le festival international du Roman noir (FIRN). Il reprend -de façon étrange ! - le thème traité il y a quelques années au festival du polar de Leucate (Aude) : "Roman noir et frontière"...Je me rappelle d'une intervention très originale de Claude DELMAS sur la frontière entre Tautavel et ...Vingrau... Sont attendus de nombreux auteurs de France et d'ailleurs (Algérie, Belgique, USA, Espagne...) On reverra avec plaisir Serguei DOUNOVETZ, René FREGNI, Eric Halfen, Jean-Bernard POUY, Nadine MONFILS...
Contact : www.polar-frontignan.org
