Publié le lundi 29 juin 2009
Festival du vert luisant : Jacques VINAS à MONTNER
MONTNER, l'entrée du village
Montner, le silence absolu depuis le promontoire qui permet d'avoir un aperçu circulaire sur la vallée, les vignes, le lointain d'Estagel. La vue et l'ouïe comblées. Il ne reste plus qu'à méditer, c'est-à-dire regarder les tableaux de Jacques VINAS (à prononcer avec une tilde sur le n: vignas) dans deux salles de ce hameau paisible de 300 citoyens heureux. Au fond des yeux, au fond des bleus de ses toiles tremblées, comme floues, impressionnistes, au pastel. Bleu, non pas à cause de Matisse, d'Yves Klein ou de la première période de Picasso (lire le petit livre de Pastoureau sur cette couleur), mais parce que "c'est la couleur du vide quand il est profond; c'est la couleur de la profondeur. J'ai pour le bleu une fascination, comme un vertige excitant..." Et dire que la couleur n'est qu'une affaire d'onde, de quoi dépoétiser tout propos pictural et esthétisnant...
Derrière la surface se lit la perspective d'une fenêtre, ouverte sur...une sorte d'infini. Se lit un signe, un appel, du sacré..? C'est le regardeur qui prolonge l'oeuvre. Dans la masse actuelle des "créateurs", bons et mauvais, bientôt plus nombreux que les "consommateurs", Jacques a trouvé son créneau; de ce lieu privilégié, il peut observer l'ennemi : la médiocrité. A sa voix, on sait qu'il a déniché une forme de peinture neuve...
Jacques VINAS et ses bleus (photo Jean-pierre BONNEL)
Puis cet artiste, qui a peint aussi la poésie expressionniste de Baudelaire et Rimbaud, a d'autres pinceaux à son arc : comédien, metteur en scène, formateur (stage de théâtre et de pastel à Montner le 30 juin), il est Président de l'Archipel des théâtres. Il a fondé avec Fabrice Eberhart le festival Molière de Collioure (en août) Il vient de lancer le "Festival du vert luisant", jouant avec les mots - les homonymes : ver, vers, vert - et les couleurs -le bleu, le vert), pendant une semaine, du 26 juin au 3 juillet, avec expos, spectacles, projection du film "Carthage, la mémoire des sables"...
Le théâtre du bleu...
