Publié le mercredi 28 janvier 2009

PICASSO au Grand Palais, Paris (fin)

Questions au fond du labyrinthe Alors, Picasso n'a-t-il que plagié, détourné, parodié, imité, déformé...les Anciens..? Qu'a-t-il créé de nouveau, de personnel. De quelle oeuvre de lui les nouveaux "maîtres" vont-ils s'emparer (Francis Bacon s'en est déjà bien inspiré...) ou bien cette action de peindre n'est-elle que spécifique à Picasso, grand dévoreur..? Debout, je regarde et essaie de comprendre. Assis, j'écris et tente un bilan, une approche par les mots, une interprétation, tentations de l'orgueil... Le constat du public se résume souvent à une simple phrase : "J'aime celui-ci, ce thème de Manet.", ou "Je déteste cette inspiration, le Picasso cubiste." Pablo a résumé toute l'histoire de la peinture, c'est entendu. Il a métamorphosé, d'accord, plié la signification, ok. Pas inventé l'abstraction, présente depuis Malevitch (le cadre blanc ou la toile noire) et Kandinski ou, timidement, Matisse, ouvrant la dernière porte-fenêtre à Collioure sur une noire perspective, pour revenir, viote, comme son ami-ennemi Picasso, à la représentation; par peur du futur, d'aller trop loin, par prescience des installations à venir et de la fin de la conception classique de la beauté, pas l'antique, mais la colorée, la peinture pleine de formes, la peinture en forme qui permet la déformation... Dans la salle sur "le portrait de la peinture", le tableau intitulé "Les amoureux" (musée P. de Pari, 1919), donne à lire, en bas, écrit en lettres verticales : "Sigean"; il ne s'agit pas du village audois célèbre pour sa réserve africaine, mais d'un morceau du titre du journal "L'Intransigeant", des bribes de journaux étant souvent utilisés par P. dans ses collages. Enfin, apothéose d'un circuit divers et bien rythmé, la salle du nu. Le nu, Picasso semble l'apprécier en pièces détachés: seins, ventre, main, sexe, façon d'aimer érotiquement la femme, de choisir les éléments favoris pour, à partir de ce puzzle sensuel, se fabriquer la femme idéale...Dialogue, ici encore, avec les oeuvres et les modèles féminins du passé (La maja de Goya, un Titie, un Manet... ), les antérieures célèbres, et l'on peut dire même, avec les postérieures femmes, que Pablo rêve d'aimer dans sa mort... Face à un Titien et à un Picasso, on préfère le premier pour le travail, la minutie, la construction, le pouvoir de montrer et la beauté, mais Pablo n'a pas voulu faire du beau: il a foncé dans le nouveauté, vers un style neuf... Face à ces confrontations suggestives, on voit l'évolution de l'art. Mais Picasso est déjà un classique: digéré, l'iconoclaste...On attend le prochain géant de la peinture..!

Écrit par cat le Mercredi 28 janvier 2009
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |  

Un blogue Actualité / Politique / Société par Mon Blogue.com