Publié le mardi 6 janvier 2009

L'an neuf 200neuf (villégiature à Paris)

Minuit an neuf deux mille 9 sous Paris caparaçonnée de neige grands cris voix de klaxons explosions de joie pour qui pour quoi La nuit revient le temps retombe les 24 heures se sont rangées en aiguille indienne chute du temps après beaucoup de temps et relance pour les mille millénaires de millénaires de l'avenir incertain Ces jeunes errent toute la nuit ils la pénètrent dans les rues sur les Champs de lumière un verre à la main une bouteille à briser un espoir en tête les bulles de la new year à faire exposer et le champagne dans les yeux de l'insurrection Prolonger la nuit comme une éternité comme pour vivre plus et faire le pont entre deux vies Mais le temps ne prend jamais date seul l'homme est à la manoeuvre avec sa manie de compter les jours et d'écrire des calendriers Les lendemains sont bordés de tessons de détritus de masques salis d'étiquettes anciennes un an déjà en un seul jour le réveillon est passé par là et la ville en a porte les empreintes stigmates d'un Christ de pacotille la balayeuse à la peau d'Afrique en est pour ses frais et ses bras réveillée quand les autres rêvent de fête réveillonnesque La cité île et banlieue est prise dans les glaces de la froide rosée matinale pas un soleil pour accompagner cette balade du premier jour du monde réinventé tour est fermé commerces et musées seules les vitrines invitent à revenir à Noël soyez fous vous reprendrez bien une coupe de champ un mannequin à la Duchamp me fait signe pour inventer la beauté du monde mais ce n'est qu'un magasin de cosmétiques Puis la longue marche d'initiation à la capitale et l'année nouvelle reprend de la tour Saint-Jacques grattée rénovée à Notre-Dame malrucienne qui s'est fait un look d'enfant de choeur au Louvre ceinturé de touristes dépités à l'oisiveté photographique parmi les mille Maillol des Tuileries dénudées silhouettes figées à jamais femmes vertes de la pelouse et des haies jusqu'à Orsay vide et Solférino désert alors la masse ferrée et vitreuse du Grand Palais célébré par les files frileuses des amoureux de l'art et de la convulsive beauté seuls les touristes sont là dehors et debout pour Picasso pour Picassou rien à voir pour l'instant mais ils rêvent du ventre de l'immense marquise qui abrite les Grands Maîtres modernes et anciens toute la tradition de la peinture tout le vingtième traversé et mangé par le Maître malagueйe Je suis revenu à l'ombilic de Montmartre rue Lepic d'Orsel place Ravignan Boulevard de Clichy aux vestiges du Bateau-lavoir où Braque prétendait que Saint-Fiacre guérit des hémorroïdes où Max Jacob affirmait qu'il ne fallait pas traiter une femme de métaphore jusqu'au repaire de Kahnweiler rue Vignon près de la Madeleine me suggérant Marie-Mad et la calle d'Avignon de la Barcelone des Marie mouche-la moi Vignon aphérèse d'Avignon que le hasard est beau et la peinture socrateuse des trottoirs Picasso au bateau invente le beau nouveau un picasseau la peinture nue l'objet qu'on peut toucher des yeux sans tomber des nues la beauté sensible tactile sensuelle s'étale dans l'anatomie brute et désaccordée des objets L'an neuf deux mille neuf et le jeudi des surprises a tiré le rideau sur Bush Guantanamo l'Irak l'Iran les Talibans pour renaître dans les feux des artificiers de Gaza l'Histoire toujours recommencée Des files se forment devant les boulangers les commerces de bouche ont ouvert tandis que les Muses sont parties réveillonner on se bat pour ouvrir les ventres de la consommation le dimanche on pourrait surtout ouvrir les musées aujourd'hui premier de l'an et tous les jours la culture fêtes et joiurs fériés tout le temps par tous les temps nocturnes ou diurnes ça ne ferait pas de mal et on paierait les gardiens les ouvriers les syndicalistes en lithos de Picasso Loin des beaux quartiers des Bobos et Picassos j'ai voulu dédier ma journée aux boulevards populaires le Paris pauvre les ghettos des Fédérés du Père-Lachaise jusqu'aux immigrés de la Goutte-d'or Belleville investie par les Chinois Ménilmontant la nostalgique La Villette et ses puces improvisées sur les trottoirs crasseux en passant par l'immeuble marron de la CFDY et celui en sursis du Colonel Fabien Ici encore La Beauté du Monde et ses coiffures esthétiques entre Macdo et agrumes d'Afrique J'ai le froid dans les pieds et le cerveau mais je poursuis la marche de l'écriture en passant devant la pâtisserie d'avril et les SDF allongés sur les draps d'un banc public vers Bulles Chamont les amoureux ont déserté les jeunes sont à Bastille pour l'insurrection virtuelle de 2009 le marché Secrétan grelotte la rue de Meaux aux caniveaux gelés descend vers le canal Saint-Martin mais mon stylo ne coule plus on n'écrit pas sous moins trois et je dois monter jusqu'à Vauvenargues par la librairie ouverte à tous les vents des Lendemains d'hier pour enfin redevenir moi-même avec le café liquoreux de Pierre et réintégrer le petit bourgeois grâce aux chocolats de la boîte mauve de Fauchon offerts par Françoise l'anti-Pandore de Montmartre Je retrouve un peu plus loin dans la nuit gelée l'amitié à Saint-Maur les souvenirs des anciens concours les méandres de la Marne la Catalogne et des perspectives peu claires pour l'écriture et l'économie dans l'impasse Rousseau mais la chaleur avec la table de Geneviève Guillaume et Jacques c'est promis nous irons en Chine ou à Berlin et demain chez Picasso le Malin et bientôt à Elne Argelès et Collioure quand à la neige des mimosas l'hiver fera succéder le soleil des amandiers Ma villégiature comme une traversée de Paris et je pense au film A Saint-Michel des trouvailles de livres et un étrange trafic près de chez Gibert deux individus se partagent des livres abandonnés par la librairie je me mets à fureter pour trouver une affaire mais un Noir grand et agressif me lance Ne t'occupe pas des affaires des autres Un peu plus loin je comprends un autre Noir très gentil m'ouvre son cabas bourré de livres un ou deux euros choisis celui que tu veux les dialogues et les rencontres spontanés dans la grande ville sont rares m'échut la réaction de ce commerçant arabe dont je photographiée la vitrine décorée de tissus chamarrés Il sort et me crie Tu demandes avant Oui tu demandes avant ou il y eut encore l'information erronée de cet Italien de Saint-Maur à qui je demandais la direction du Chemin vert Il m'indiqua de façon tout à fait courtoise le chemin...inverse Retour aux Tuileries où l'on marche dans la sculpture comme dit Richard Serra avec Maillol et ses filles nues pas frileuses comme à la terrasse d'Orsay et la présence de Clara-Clara de l'artiste Serra qui a installé aussi à la Défense au carrefour de la Folie Slat une oeuvre monumentale haute de onze mètres et pesant vingt tonnes Je reviens au Louvre pour voir le parallèle entre Picasso et Delacroix dans un coin de la grande salle des Réalistes français mais c'est la cohue les touristes des familles entières qui parlent et crient ou filment Samothrace Milo ou Vinci le trio gagnant Saturé de peintures je me gave de celles des rues illuminées des vitrines bourrées de chocolats mais la cité m'a gagné pour rester dans la capitale je vais au Châtelet écouter In the town New York une autre ville mais c'est une autre histoire de villégiature

Écrit par cat le Mardi 6 janvier 2009
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Barcelone à Paris : "Barcelone, le contrepoint" - Revue Stradda-

Expo/ rencontre / débat Autour du dossier sur la création artistique en espace publique à Barcelone paru dans la revue Stradda nº 10 “Barcelone, le contrepoint”  9 janvier 2009 18h Maison des Métallos établissement culturel de la Ville de Paris, 94, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris Mº Couronnes - Entrée libre - 16h - L’exposition : images d’œuvres réalisées en espace public par les protagonistes du dossier, de fêtes et de festivals catalans et français, et de spectacles de compagnies françaises issues des arts de la rue.   18h – Le débat : avec des artistes, des directeurs de structures, des urbanistes, des sociologues... français et catalans.  Modéré par Pascal Letellier, sociologue et historien d’art, directeur de l’Institut Français de València. Tres, plasticien, musicien, performer Jaume Xifra, plasticien, membre du groupe d’artistes conceptuels “les catalans de Paris” Jordi Colominas, directeur artistique de la Fira de Teatre al Carrer de Tàrrega Charles Bové, urbaniste, cofondateur de Stoa architecture Anne le Batard, directrice artistique du Collectif Ex Nihilo Michel Risse, directeur artistique de la compagnie Décor Sonore Une exposition-rencontre-débat proposée et organisée par HorsLes Murs, centre national de ressources des arts de la rue et des arts du cirque, en partenariat avec l’Institut Ramon Llull. Infos: 01 55 28 10 10 www.stradda.fr

Écrit par cat le Mardi 6 janvier 2009
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