Publié le samedi 7 février 2009

Le MAITRON - Passage de la frontière, réseaux clandestins pour l'Espagne républicaine

Association Mairon Languedoc-Roussillon - contributions au thème "Catalans du Nord, Languedociens et l'aide à la République espagnole" - Chapelle du couvent des Minimes, samedi 7 février- Colloque organisé par la direction des affaires culturelles, mairie de Perpignan - André BALENT présente les "réseaux clandestins d'aide à l'Espagne républicaine en Catalogne du Nord" Les sources écrites, à part les informations policières et les études de Maurice Jacquet, sont surtout orales. En 1936, le Front populaire, malgré les difficultés, laisse passer des par ces filière et du matériel, avec l'aide du conseil général de l'Aude et la complicité de douaniers et d'autres fonctionnaires de sensibilité de gauche. Deux réseaux s'organisent : l'un est communiste, l'autre libertiste; ils vont héla s'affronter, un peu plus tard, en mai 37, à Barcelone. Les volontaires des Brigades internationales (peu sont originaires des Pyrénées orientales vont passer la frontières grâce à ces structures, avec l'aide des députés communistes dont le célèbre André Marty, de Perpignan. et le douanier Jean Cristofol, originaire de Cerdagne, maire d'Enveitg et qui deviendra, par la suite, maire communiste de Marseille. Àndré Lacoste, maçon de Rivesaltes, coordonne et se déplace en devenant permanent de la CGT; il met en place des filières à Banyuls, Prats de Mollo et en Cerdagne. Fin 36, ces volontaires sont empêchés d'entrer en espagne librement; ils sont pris alors en charge par ces filières communistes; u village stratégique pour les passages est Las Illes, qui conduit à la Bajol. En 1937, une filière par Millas permet le passage d'armes et du courrier de l'internationale communiste; grâce à l'action d'André Gendre, des camions-citernes sont trafiqués pour transporter des armes vers Barcelone. Citons aussi les frères Panchot à Canohès et Emile Dardenne, de Rivesaltes. Les filières par Toulouse aboutissent, par la vallée de l'Ariège, en Cerdagne française, grâce aux douaniers d'Enveitg, municipalité Front populaire, et à des paysans cerdans, comme Gaillarde. En juillet 36, les filières du POUM et de la gauche révolutionnaire s'activent pour acheminer des secours; les réunions ont lieu au Continental Bar de la place Arago. Ainsi, trois Potez et huit mille tonnes de matériel passent par les P.O. Jusqu'en mai 1937, date à laquelle le POUM est victime de répressions, qualifié de "traître" par la direction communiste, considérant que le troskysme était un agent de fascisme... Toutes ces filières sont réactivées pendant la seconde guerre mondiale (exemple: l'action de Hans et Lisa Fittko, envoyés à Banyuls par Varian fry). Quant aux 35000 Brigadistes bloqués en raison de a fermeture de la frontière en janvier 1937, ils sont hébergés à Perpignan, devenue une sorte de "ville de garnison" et où ils ne passent pas inaperçus...On demandait à ces volontaires de se faire plus discrets... Les Anglais, Américains...arrivent après juin 37 et sont hébergés, en attendant le passage de la frontière, dans l'Aude et dans l'Hérault. * Référence: le dictionnaire MAITRON - "L'histoire sociale par la biographie" - En souscription : les volumes du nouveau Maitron (1940-1968) et le cédérom du précédent Maitron (1789-1#939), 110000 biographies - Information : info@maitron.org

Écrit par cat le Samedi 7 février 2009
Permalien   |     |  

3 Commentaires :

Commentaire écrit le lundi 23 février 2009 à 04:08:57 (lien)
André Balent
Deux petites erreurs dans votre compte-rendu de ma communication :
-Jean Cristofol, maire communiste de Marseille à la libération, douanier originaire de Cerdagne, était le neveu du maire d'Enveitg, Aubin Cristofol, douanier socialiste élu en 1935.
-Quant à la filière de Lisa Fittko, on ne peut pas dire qu'elle soit la "réactivation" d'une filière des années 1937-1939. Même si elle mettait à profit de itinéraires connus et utilisés dans le passé, elle n'impliquait pas des personnes qui firent franchir la frontière à des volontaires des Brigades internationales. Ce que je me suis efforcé de monter, c'est que certains agents du passage entre 1936 et 1939, ont parfois repris du service pendant la seconde Guerre mondiale.
Merci pour l'écho donné à notre journée d'études.
Cordialement.
André Balent


Commentaire écrit le dimanche 8 février 2009 à 13:57:17 (lien)
J Daniel Bezsonoff
Que penser de ces politiciens qui changent de biotope électoral? Le roi fut sans doute Michel Debré, maire d\'Amboise et député de la Réunion...


Commentaire écrit le samedi 7 février 2009 à 17:10:04 (lien)
SC
J'apprends qu'on avait eu un maire communiste à Marseille !
J'ai un peu honte!
Merci Jean Pierre


Ajouter un commentaire

La RETIRADA au Musée Hyacinthe RIGAUD - L'obscénité de l'oubli.

Avant la grande expo RIGAUD de juin 2009 et le début, enfin, des travaux d'agrandissement vers la rue Mailly, en septembre, le musée Hyacinthe Rigaud présente "Les voies de l'exil". Pour commémorer les 60 ans de la Retirada, la ville de Perpignan se devait, comme les autres institutions (Conseil régional, général, associations)de rendre un hommage appuyé à l'exode terrible des Républicains espagnols. L'itinéraire s'ouvre sur la juste et belle citation de Victor HUGO : "Je mourrai peut-être dans l'exil, mais le mourrai accru." Le grand poète ne fut pas, pour le cas, grand voyant, mais il connut le retirement en Belgique et les îles anglo-normandes, à cause d'un certain Napoléon le petit... Quel poète, de nos jours, fuira la France en raison de la persécution de Sarkozy le petit..? Aucun ! Les artistes et intellectuels préfèrent transférer leurs pépettes en Suisse (Aznavourian...) ou investir dans un ryad à Marrakech (Bernard-Henri Lévy...) plutôt que de fuir à l'étranger... Sont convoqués, afin de montrer la Retirada, un dessin d'Antoni Clavé dédié à Martin Vivès, un montage filmique de Lluis Llech "l'exode d'un peuple", une installation photo "1939-2008" de Wilfried Paysse confrontant banalement (mais encore fallait-il le faire !!!) les passages de la frontière, l'avenue du Perthus d'hier et d'aujourd'hui; les paysages demeurent, certes, mais de ce choc de photos, que reste-t-il ..? La désolation des rues a laissé place à la luxure du tourisme et à la luxuriance des commerces cosmopolites : l'OBSCENITE, c'est cela, cette bête société de consommation, cette course aux fausses bonnes affaires où la foule invente des queues et des embouteillages avilissants..! Ensuite, on revient à l'histoire, avec ces journaux nés dans les camps "barraca" et "Desde el Rossello" ou avec la lecture de poèmes de Valiente "Arena y viente", sable et vent des plages glaciales, vie en attente, en espérance... Les mots sont plus forts que les photos et la littérature pointe ici son museau subversif: "Toute littérature est assaut contre la frontière"., a raison de clamer KAFKA. Et le musée Rigaud a raison d'innover, de convier ces promeneurs aveugles, malgré les grands baies du rez-de-chaussée, à venir ici, à ne plus avoir peur du musée, à pénétrer des expos même si elles ne sont pas de la taille des grandes foires parisiennes: il faut embellir, agrandir encore, attirer par un fléchage, par la réclame, par l'insolite, par la musique et la convivialité d'une terrasse dans le patio et d'une animation dans la rue... Ah! Ma brave dame, que ne faut-il pas faire pour éduquer le manant et magnétiser le passant... *Musée des Beaux-Arts, 3 rue du Chevalet - BP 931 Perpignan Cedex - O4.68.35.81.21. - ouvert du lundi au vendredi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h - Bibliothèque d'histoire de l'art : 5000 ouvrages, périodiques, revues spécialisées, fonds documentaire. *Musée Rigaud, entrée rue de l'Ange. (musee-rigaud@mairie-perpignan.com )

Écrit par cat le Samedi 7 février 2009
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |  

LES NOCES REBELLES, film de Sam Mendes avec DiCaprio et Kate Winslet

Le film de Sam Mendes est lent, long, deux heures et cinq minutes qui résument une vie perturbée, avec le rythme des allers et retours et la musique répétitive de Thomas Newman. Pour cette famille de classes moyenne des années 1950/60, la vie semble bien ennuyeuse : après le coup de foudre dans un bar new-yorkais, April ett Frank se déchirent, ne faisant des enfants que pour retisser des liens conjugaux qui se défont dans la banalité de l'adultère et le spleen des repas entre amis. Car on mange beaucoup dans ce récit tragique venu d'un roman de Richard Yates (R.Laffont, 1961), on boit, on fume encore dans les cafés et les bureaux (ah! la belle époque), mais on ne fait plus l'amour. On ne fait plus rien, d'ailleurs, si ce n'est attendre le déchirement et la mort; seul le rêve d'aller vivre à Paris redonne de l'enthousiasme à ce couple, jadis romantique (les amants du Titanic) mais aujourd'hui diaboliques: ils ne verront jamais la France et leur songe avorte en même temps que la lunatique April -parfois belle, Avril de lumière et parfois laide, Avril de froidure- se donne la mort en tuant son troisième enfant... Les années 55/65 étaient-elles ainsi...? J'en avais pourtant gardé un sacré numéro..! Mais là, hélas, c'est l'Amérique désabusée et la musique qui est diffusée ne correspond pas du tout aux chansons et succès que j'avais mémorisés : où les Beatles, Stones, Preysley..? Et Johnny, Sylvie, Claude, France ou Frank Alamo..?

Écrit par cat le Samedi 7 février 2009
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |  

Un blogue Actualité / Politique / Société par Mon Blogue.com