Publié le mercredi 11 mars 2009
Les polars catalans 1. Stéphane BABEY - Mare Nostrum éditeur -
VISA SANS RETOUR
Ce roman policier a pour cadre le festival de photo journalisme « Visa pour l’image », qui se déroule, depuis 20 ans, à Perpignan. Le titre comporte un jeu de mots puisque des Tchétchènes exilés vont être massacrés par les services secrets russes. Ce grand dadais de Stéphane Babey veut nous faire croire qu’il suffit d’écrire un incipit plein de sang et de viol pour plonger le lecteur dans un vrai bon polar. Le lecteur, aguiché, poursuit le récit : cette mise en bouche n’est suivie que d’un récit gentil, à l’action presque immobile : policier à l’encéphalogramme plat… Quant au décor, on apprend peu de choses : le maire de Perpignan est un « sénateur à l’allure sportive » (page 53), que la place de la République, « donne une sale impression de vide »…
On le pensait déjà un peu…Le narrateur évoque au passage, de façon rapide, les «émeutes de 2005 (p.27) : on accuse de façon globale les médias (rappelons que l’auteur, après avoir été journaliste à Radio-France, travaille désormais à la télé locale) qui feraient dans le sensationnel, et on veut bien le croire ! Seule notice positive – mais un polar se doit d’être noir- le lecteur apprend que le soleil rend belles les filles catalanes : les pauvres, si, par malheur, elles allaient vivre dans le Nord, ou l’Est de la France, elles perdraient leur charme… Un des « héros » de ce roman, Jean-François Leroy, appelé ici…Leprince, a peu d’épaisseur : sa personnalité aurait mérité d’être exploitée au lieu de n’être abordée que par bribes…
Avec François Darnaudet *, qui sait choisir de bons sujets (Dernier Talgo pour Port-Bou…) et Gil Graff *, qui s’attache à bien restituer le milieu social ou familial (Vous aurez de mes nouvelles…) Avec Visa sans retour, on lit un polar, certes, mais à quoi reconnaît-on un bon policier ? Quand son destin n’est pas celui d’un kleenex qu’on jette après usage. Quand je lis Simenon, je ne lis pas un roman policier, je suis dans la littérature.
*Tous deux chez Mare nostrum édition. ** Visa sans retour, 2008, 10 euros (www.marenostrum.com)
Écrit par cat le
Mercredi 11 mars 2009
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