Publié le dimanche 10 mai 2009
Le roman d'un enfant, de Pierre LOTI
Pierre Loti écrit son autobiographie en 188. (sic) et, dans sa brève préface, explique qu'il "se fait presque tard dans ma vie, pour que j'entreprenne ce livre; autour de moi, déjà tombe une sorte de nuit; où trouverai-je à présent des mots assez frais, des mots assez jeunes?" Il a eu raison, cet auteur aujourd'hui oublié ou considéré comme suranné, poussiéreux, d'écrire son enfance car il a su trouver les mots tendres et poétiques pour la faire revivre !
Dès l'incipit de l'ouvrage, il utilise la même métaphore "la sortie de ma nuit première": toute sa vie est une suite d'épreuves, d'initiations...D'abord, on part de l'origine, de l'île (d' Oléron) de la grand-mère: lieu devenu mythe familial, comme la maison huguenote du continent; l'enfant est tiraillé dans cet entre-deux, entre mer et terre; son avenir va être organisé par cette nostalgie de la terre au milieu des eaux, d'où ses voyages, son goût de l'exotisme, son aspirations vers les lointains, pour revenir toujours, tels les pêcheurs d' Islande, vers le nid originel...
Ce que Loti recherche dans cette autofiction, c'est la sincérité, mais la crainte d'être ennuyeux le tenaille (page 29, édition Hachette 1943, illustrations de Jacques Souriau) Le romancier s'interroge d'ailleurs sur le livre en train de se faire,
sur l'impuissance des mots, sur son indifférence à l'égard des livres ("Je lisais jamais moi-même et dédaignait beaucoup les livres."), sur les images confuses du commencement de la vie, le plus souvent tristes. Le développement à partir du vocable "colonies" est suggestif et montre "la confusion que je faisais de ces choses..." (page 57)
Les autres protagonistes féminins essentiels, après l'île, ce sont les figures tutélaires de sa mère, dont l'apparition, un jour, lui confère une étrange aura, aux yeux du petit garçon, la tante, la grand-mère et la sœur : la mort de Lucette, son aînée, est évoquée dès le premier chapitre. Est évoqué aussi le personnage du père, à l'occasion des balades dans "les pauvres campagnes de mon pays, monotones..." Les autres initiations, normales, à cet âge-là, concernent le premier amour (on a envie de relire Tourgueniev, à la vue de cette expression!), le collège et la nature, en des lieux fantastiques tels que "Les Chaumes", la Limoise, la rivière, la forêt...
Ces rêveries et vagabondages dans la nature du pays de Rochefort sont des invitations au voyage, à la liberté et annoncent la vie tumultueuse et voyageuse de Pierre Loti : la sensualité du corps offert à la chaleur du soleil constitue le premier pas vers la cassure des sur-moi familiaux et sociaux (ainsi, ce méchant professeur qui donnait du travail le jeudi !) : «J'attribue aux calfeutrages, aux précautions excessives dont on m'entourait jadis, le besoin qui me prit, plus tard, quand vint la période des réactions extrêmes, de noircir ma poitrine au soleil et de l'exposer à tous les vents du ciel... »
L'autobiographie chez Loti ? Pas l'érection d'une statue pour que la littérature devienne un anti-destin, mais l'évocation simple de la formation d'un enfant et l'analyse sincère d'un adulte qui a pris, en raison de l'âge, du recul.
Pierre Loti en costume turc.
Écrit par cat le
Dimanche 10 mai 2009
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littérature
Retirada, exils, exodes, hommage à la CATALOGNE révolutionnaire - Prades, 15, 16 mai
les 15 et 16 mai : " HOMMAGE À LA CATALOGNE RÉVOLUTIONNAIRE" organisé par l'ALEC, au Cinéma Le Lido à PRADES salle Jean Cocteau, au deuxième étage
Trois manifestations :
* le 15 mai à 20h30 " Exils d' Espagne de la Retirada à aujourd'hui", récits de SUSANA QUINEZER , accompagnée à l'accordéon par Virgile Goller. Soutenu par le Conseil Général, ce spectacle a été créé à partir de fictions inspirées de sa collecte de récits de vie et de l' Histoire ; pour dire et chanter le noyau indestructible de l' être humain et ses relations avec l'autre et le monde. Dire l'exode de 500.000 Espagnols traversant les Pyrénées au cours de l'hiver 39... Et après ? Les camps, les barbelés; leur soif de vie, de liberté, d'humanité; courage et solidarité, dignité et fierté des réfugiés: la Résistance; la Libération; l'engagement contre le nazisme avec toujours l'espoir de libérer un jour l' Espagne du Franquisme; Espagnols, Tziganes, Juifs, Sans papiers....Les exils d'hier et d'aujourd'hui....Récits croisés sur trois générations ....Saga des anonymes, mais aussi des hommes qui resteront dans l' Histoire....des poètes aussi : Federico Garcia Lorca, Antonio Machado, Pablo Neruda.
* le 16 mai à 16h30, De la Révolution à l' Exil, Témoignages sur l'avant et l' après de la Retirada par des personnes qui l'ont vécu; ensemble de mini-conférences suivis de récits par des témoins encore vivants; 1-La Révolution dans l' Enseignement: Les écoles rationalistes et l'importance de Francisco Ferrer, 2-la Révolution dans l' Economie: les expériences d' autogestion dans les usines, les transports, l'agriculture, en Catalogne et Aragon, 3-La Révolution et la Politique: les problèmes de la collaboration gouvernementale dans la lutte armée; 4-l'après-Retirada, l' Exil; l'engagement des Républicains espagnols dans la Résistance en France, dans les maquis; 5-Résistance antifranquiste, en Espagne et en France, jusqu'à la mort de Franco; avec la participation de Ramon Safon, Octavio Alberola, Ramon Serrate, Henri Mélich, José Morato, de la CNT; avec l' exposition de photos d' époque sur la Retirada (prêtée par la CNT)
* à 19h repas convivial partagé tiré des sacs
* à 20h30 Variations sur la Frontière : Bruits d' Exode, paroles d' Exil, lumières d' Espoir : spectacle poético-narratif sur des poèmes de JO FALIEU autour de la Retirada, et des textes écrits au camp d' Argelès et à Valmy en 1939, extraits de "la Barraca" et "Desde el Rossellon", recueillis dans l'ouvrage " Ecrits d' Exil" ( éditions NPL); ainsi que des poèmes de Nazim Hikmet et Antonio Machado; spectacle créé par Jo Falieu à l'occasion du 70° anniversaire de la Retirada; avec l' appui des " Sous-Dires" pour les conseils artistiques ( Sabine Puech, conteuse); avec l' accompagnement musical (banjo, guitare et accordéon), de Florent Berthomieu et de Jean-Luc Durozier; avec la présence de José Pobla, auteur d'un témoignage sur sa Retirada
-avec la présence de Jean-Pierre Bonnel, auteur d'un essai poétique sur "Antonio Machado et Walter Benjamin, deux destins à la frontière"; lecture d' extraits...
