Publié le mercredi 27 mai 2009

Un si beau voyage, de Khaled Ghorbal (Ulysse en Tunisie)

 

Ce film (de K.Ghorbal, France, 2009) est émouvant car le héros, Momo, travailleur immigré en France, se donne à la mort et aussi parce que l'acteur qui l'incarne, Farid Chopel, meurt peu après le tournage, le 20 avril 2008.    L'oeuvre est pathétique pour moi car j'y ai retrouvé les paysages tunisiens que j'ai traversés durant deux années pleines, vers le Sud, Sfax, Gafsa, Meknassy, jusqu'aux oasis du grand Sud, Nefta, Tozeur... 

   Momo, lui, dans la seconde partie du film, rejoint DOUZ. Après avoir tenté de renouer avec sa famille, il se rend compte du fossé qui existe entre son frère et lui. Et la Tunisie a changé, il ne reconnaît plus son pays...Atteint d'un mal incurable, il ne lui reste plus qu'à se laisser mourir, seul, dans le vent et la lumière du désert : très belles scènes finales qui font oublier les longueurs de la première partie, dans la grisaille parisienne.

Ce film méditerranéen, qui parle d'un immigré qui recherche du travail en France et revient au pays, offre une similitude avec Amalia, le long-métrage récent de F. Jacquot. En effet, tous deux se retrouvent seuls, nus, débarrassés de tout objet inutile. Une philosophie de l'apaisement, de l'épure de l'âme, est montrée dans de splendides décors naturels. Elle, la pianiste (I.Huppert) échappe à la mort et retrouve, semble-t-il, un certain goût de vivre. Quant à lui, Momo-Chopel, Ulysse qui revient sur son île-désert, il attend la mort, mais la sérénité l'habite totalement...

 


 

Écrit par cat le Mercredi 27 mai 2009
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