Publié le lundi 1 juin 2009
La frontière, La JONQUERA et la maison close de l'Europe
Toutes sortes de maisons existent : celle, chinoise, de papier, la maison du peuple écrite par Louis Guilloux, les maisons de la culture inventées par André Malraux...Et les maisons closes... Parlons-en.
Ici, en Catalogne, à la Jonquera, juste après la frontière, se bâtit depuis des années une immense maison close. En raison d'une demande énorme, due à l'incroyable concentration de routiers sur les parkings de ce modeste hameau, mais stratégique en raison de la proximité de la frontière et de la présence des douanes, une incroyable usine du sexe s'est développée.
Il y eut toujours des bordels, à Figueres ou à Gérone, mais à présent, ce sont des hôtels, des immeubles pour chambres d'hôtes d'un style particuliers, des clubs privés, qui ont poussé le long de la route. Des jeunes gens, de Toulouse ou de Montpellier, viennent ici, à trois ou quatre dans une voiture et partagent les frais du voyage: c'est moins cher (75 euros la passe) que de se procurer une dame sur place et puis, c'est l'exotisme, la fête, une initiation qui vous procure la sensation d'être vraiment un adulte. Les adultes, eux, les hommes mariés, les bourgeois de Perpignan y viennent aussi, le samedi soir ou le dimanche, dans des boîtes plus huppées, la Isla, le Moon night, le Baby doll, prétextant un voyage d'affaire; puis, le lundi matin, se précipitent, angoissés, à l'hôpital pour un test :"Je ne me suis pas protégé; et si j'avais contracté le sida..?"
Ici, à La Jonquera, le décor a changé. Un hôtel, le Madam's, destiné autrefois aux mariages et aux banquets, est devenu...un lupanar; et la chapelle juste à côté, qui célèbre Notre-Dame de la Mercé, est désafectée : le commerce de la chair ne respecte vraiment plus rien...
Le routier faisait naguère entrer la prostituée dans la cabine close de son camion. La péripatéticienne opérait depuis des années le long de la nationale, sous les ponts ou dans les chemins de traverse : à l'air libre. Désormais, le commerce sexuel est enfermé, mis en garde à vue dans les hôtels spécialisés, clos dans les maisons closes. Pour moraliser la chose, pour que la vénalité des corps ne soit plus visible depuis la voiture du touriste non initié, qui voyage par là, donc pour mieux contrôler ces échanges particuliers..? Non, pour brider la liberté des dames qui seraient tenter d'opérer pour leur compte, en pleine nature : elles seront désormais frappées d'une lourde amende. Mais dans la nuit close des chambres aveugles, l'exploitation de pauvres filles de pays africains ou européens, de l'Est surtout, pourra se développer de façon secrète et les proxénètes bénéficieront d'une sécurité accru : ils paieront des impôts comme les autres commerçants, mais leur petite entreprise a pignon sur route...Légalisés les bordels par la Generalitat de Catalogne, éliminés -en théorie- les clandestins, mais les mafias et les réseaux troubles s'activent derrière les façades normalisés de ces établissements proprets, munis de douches et de draps propres...
A la frontière, les nationalités cohabitent, les routiers polonais ou portugais, les filles slovènes ou rwandaises, mais leur dialogue se limite à une transaction sexuelle et vénale. La frontière européenne est libre mais les maisons qui la longent sont closes. La frontière a laissé place à d'autres frontières ! L'Europe du sexe se fait décidément plus vite que l'Europe sociale... L'Europe n'a-t-elle d'autre ambition que d'être une vaste maison close..?
Écrit par cat le
Lundi 1 juin 2009
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actualité en Catalogne
3 Commentaires :
Commentaire écrit le mardi 1 septembre 2009 à 21:11:08 (lien)
JK.daniels
vive les maisons closes vive les prostituées.
bande de nazes si il y'avait pas de prostituées il y'aurait que des violeurs.
c'est bête de faire ce métier mais bon c'est le plus vieux métier au monde.
en france ya que des travesties c'est sympa quand on part en vacances d'avoir du réconfort ça motive et ça détend.
Commentaire écrit le mardi 30 juin 2009 à 10:59:31 (lien)
Albert
Il n'y aurait pas cette concentration de bordels à la Jonquera, s'il existait un peu plus de liberté en France.
A bas l'ordre moral et sexuel de la République du Français !
Commentaire écrit le mardi 2 juin 2009 à 13:35:38 (lien)
J.Daniel
Le nom officiel est " la Jonquera ". Franco est mort en 1975...
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