Publié le samedi 16 janvier 2010
La mort, vedette de ce début d'année. Besson, vedette de la télé.
La mort s'invite en ce début 2010 et nous émergeons d'une période de fête avec la gueule de bois. Sous la forme de catastrophe naturelle, la camarde se défoule en Haïti : l'homme semble dépassé par la force de la Terre et de la fatalité; bien sûr, ces gens sont trop pauvres pour avoir des maisons antisismiques; ils en sont encore, après l'esclavage, les colonies, les dictatures, à l'époque de la case de l'oncle Tom...
Un déséquilibré chinois (ah! Ces p. de Chinois!) poignarde une secrétaire d'Université, à Perpignan. Le Monde annonce ce fait divers, vendredi 15/1, en bas de la page 11, en 10 lignes et demie. Le quotidien catalan, lui, fait sa Une, avec un dossier de plusieurs pages, pendant trois jours. Pourquoi ? Pour informer, analyser (l'insécurité, les fous" dans la nature pour cause d'économie...) ? Pour être solidaire avec une ville remuée..? Ou pour vendre, exploiter le pathétique et le commerce des nouvelles qui touchent à la mort..?
Sacrée semaine pour la mort, en ce début de décennie; elle nous prend Mano Solo le chanteur, Daniel Bensaïd le philosophe, Georges Anglade, l'écrivain...Ce sont les meilleurs qui partent..? Et si on parlait des méchants ? Et des anonymes ? Comme dit W.Benjamin l'Histoire (le travail, les oeuvres architecturales, les révolutions) est faite par les anonymes, qui ont nourri la mort pour que nous soyons, aujourd'hui, moins malheureux...
* Les anciens amis ("socialistes") de Besson le qualifiaient de mort, de traître, de Laval...depuis son ralliement à Sarko. A la télé, jeudi soir, il fut implacable contre M.Le Pen; l'invité socialiste (que j'estimais. cf le livre sur la République de cet agrégé de philo) a joué la chaise vide : les socialistes, c'est cela, désormais : l'absence, le creux de la vague, des idées; et c'est Besson qui est apparu comme la voix de la gauche face à l'extrême-droite. Eric Besson en est sorti grandi et plus humain, moins froid, moins tête à claques...
E.Besson (C) AFP
* Ne pas oublier, dans cette macabre semaine, la disparition de P.Seguin, un homme fidèle à des idées nobles, doté d'une parole courageuse; Sarko le petit avait planqué le "gros" à la cour des comptes: il pouvait y piquer ses colères, dresser de terribles rapports...Ces vérités ne sont que des "recommandations", sans valeur juridique. Seguin aurait pu constater que les 2 heures de Sarkozy passées à Perpignan avaient coûté le montant des travaux de la rocade de Perpignan, ce n'aurait été que paroles au vent. Cette démocratie peut se passer du travail de la cour des comptes: supprimons-la !!!
