La TOUR de France en Catalogne : livres en fêtes - autres plumes

 Tous à LA TOUR de FRANCE  samedi 3 juillet à partir de 15 heures pour la fête du livre: dédicaces et présentation par les auteurs de l'association "autres plumes" (photo)

Écrit par cat le Vendredi 3 juillet 2009
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Joanot Martorell : roman catalan de chevalerie et roman moderne

   Don Quichotte et Tirant le Blanc: Naissance du roman moderne - Merci à Alexis BROCAS pour ce texte magnifique qui donne envie de revenir à la littérature catalane du XVème siècle..! 

Traduction – En 1490, paraissait, à Valence, Tirant le Blanc, le roman du chevalier valencien Joanot Martorell. L’auteur, mort en 1465, n’a jamais vu publié son livre qu’il avait dû mettre en gage pour cent réaux. Drôle d’histoire pour un chef-d’oeuvre du siècle d’or de la littérature catalane. Il fut révélé par Cervantès qui l’a qualifié de «meilleur livre du monde». Les éditions Anacharsis rééditent la première traduction en français du texte catalan.


Comme l’essentiel du vaste corpus des romans de chevalerie, Tirant le Blanc aurait pu connaître l’oubli d’un caveau confidentiel, troublée par les visites sporadiques de quelques spécialistes venus lui déposer leurs hommages écrits contribuant à son ensevelissement. C’était sans compter sur Mario Vargas Llosa. En 1953, ce dernier, alors étudiant en lettre, entendit un professeur exécuter en une phrase dédaigneuse l’ensemble des textes de chevalerie. Le jeune Mario voulut y voir de plus près. Le hasard, sous la forme d’un bibliothécaire inspiré, lui présenta Tirant le Blanc. Coup de foudre. Depuis, tels les chevaliers défendant l’honneur et portant les couleurs de leurs dames, Vargas LLosa n’a cessé de batailler à coup d’essais (rassemblés dans le recueil En selle avec Tirant le Blanc) de tirades enthousiastes, et d’user de sa stature d’écrivain célébré pour que ce premier grand roman catalan soit mis un peu partout à disposition du grand public. Avec succès : Tirant le Blanc ressuscita d’abord en Espagne, en 1969, dans une édition de la Biblioteca Breve de Bolsilio – dont les deux volumes furent épuisés en quelques mois. Puis en Chine, aux Etats-Unis, au Portugal, en Russie… et en France, où, à la traduction adaptée de Caylus (publiée chez Quarto), a succédé celle, plus moderne et complète, de Jean-Marie Barbera aux éditions Anarchasis. 

Cette publication – dont Vargas Llosa signe la préface – permet enfin de se faire une idée de cette oeuvre que Cervantès appelle, dans le Quichotte, «le plus grand roman du monde». Et de son ampleur. Impossible de résumer ce texte infini qui enchâsse des récits dans d’autres récits, envoie son héros – Breton comme il sied aux chevaliers – tournoyer à la cour d’Angleterre, sauver Byzance menacée par les Turcs, guerroyer en Sicile et en Berbérie, et poursuivre de ses assiduités la belle Carmésine… Tout juste peut-on dire qu’il se rattache bien au genre chevaleresque. Dans sa dimension didactique – le code du comportement du chevalier y est précisément exposé, ainsi que les règles du duel, dès l’affrontement de Tirant avec le Seigneur des Bourgdéserts. Dans sa vocation exemplaire – Tirant y démontre une bravoure archétypale en même temps qu’une humilité toute chrétienne (et le début du livre, qui montre Tirant se livrant à toutes sortes de stratégies pour différer le récit de ses exploits à la cour d’Angleterre, suffit à l’illustrer). Dans sa portée politique – ce roman, entamé en 1460, sept ans après la chute de Constantinople, voir son héros finir en empereur d’un nouvel Empire Grec Chrétien dans une capitale restaurée. À ces éléments pourraient s’ajouter les galanteries sophistiquées qu’échangent chevaliers et donzelles, le hiatus entre l’idéal inatteignable proposé à la femme qui «vient au monde avec sur le front, en lettre d’or, le mot chasteté» , et la peinture plus pragmatique de la réalité des moeurs  (« d’autres demoiselles pèchent, et elles sont nombreuses »).
Mais si, par de nombreux aspects, Tirant relève de la tradition chevaleresque, le réduire en parangon du genre serait masquer une part de l’intérêt de ce livre extraordinaire. Car celui-ci s’affranchit aussi de son origine par bien d’autres aspects – notamment son ambition totale – qui le rattachent plutôt au Quichotte. Mieux, il effectue littéralement la synthèse du genre ancien, reprenant tous ses canons – détails sanglants des batailles, peinture du monde des gens d’armes – pour les tirer vers la modernité. C’est par cela que, pour reprendre les mots de Vargas Llosa, ce texte échappe au rayon des «curiosités archéologiques» pour accéder au rang de fiction moderne. 
Moderne, Tirant ? De quoi interroger ceux qui voient en Cervantès l’inventeur de la modernité romanesque. Ce dernier n’a-t-il pas introduit l’ironie dans la narration – face à la naïveté du roman de chevalerie ou l’auteur adhère si pleinement aux causes de ses personnages ? Et n’a-t-il pas d’un coup envoyé tout ce genre aux oubliettes en montrant un Don Quichotte à la cervelle farcie de lectures glorieuses ? Certes, et en ce sens, Tirant le blanc, écrit vers la fin de la chevalerie, peut apparaître comme un trait d’union. D’abord par la sophistication de son architecture. Ici, abondent les récits gigognes, et si l’on raconte l’histoire de Guillaume de Warwick, c’est pour mieux raconter celle que lui confie Tirant – ou l’histoire de Tirant dite à Guillaume par un autre personnage qui racontera aussi l’histoire de sa rencontre avec Tirant – bref…  Ensuite par sa recherche d’une objectivité narrative. Cinq cents ans avant Flaubert, il est rare de voir un auteur tenter de s’abstraire à ce point de son récit. D’autant que ce que l’on sait de Martorell le laisse apparaître – de prime abord, car la réalité est plus complexe et amusante – comme un querelleur impétueux. Pourtant, il ne se montre presque jamais, sinon pour livrer une saillie vengeresse contre un troupeau de magistrats envoyés à la potence… Le reste du temps, Martorell reste invisible, caché derrière ce que Vargas Llosa appelle «sa fiction totale». 
Cette tension vers la totalité est l’élément essentiel qui détache Tirant le Blanc de l’ordinaire des productions chevaleresques. Cette totalité est d’abord géographique – les aventures de Tirant couvrant une large part des univers chrétiens et musulmans, qui forment, dans leur addition, une réalité distincte, un univers alternatif où lieux réels et fictifs se mêlent. Mais elle est aussi littéraire. Roman de chevalerie, plein d’édifiantes prouesses militaires, Tirant est aussi un roman réaliste – Martorell recourant très peu au Merveilleux omniprésent dans les fictions médiévales. Un roman psychologique, également, car si Martorell s’appuie  sur des oppositions manichéennes (chrétien/infidèle, brave/pleutre…), il prête à ses protagonistes des subtilités inconnues de ses prédécesseurs – pour Vargas Llosa, le personnage de l’Impératrice adultère semble même «avoir été conçue pour une psychanalyse freudienne». Difficile de lui donner tort, c’est écrit en toutes lettres:  «Car c’est chose habituelle pour les vieilles que de vouloir leur fils pour mari». A la psychologie, s’ajoutent les couleurs d’une peinture sociale –Tirant regorge de précisions sur le monde de la noblesse, mais aborde aussi incidemment celui des artisans, et du petit peuple. Quand à l’érotisme, il est peut-être le sujet central du roman, qui décrit moult sortes d’amour acceptées ou réprouvées – mais en laissant au lecteur son jugement quant à la meilleure – et où la gloire est d’abord un moyen de s’ouvrir les coeurs des jolies donzelles pour attendre leur lit. 
Mais la spécificité la plus amusante de 
Tirant
celle qui en fait, véritablement, un chef-d’oeuvre, est son formalisme festoyant, bien loin de l’âpreté apparente d’uneChanson de Roland. On sait que Martorell, sous des dehors qui le font passer pour un duettiste brutal, était un amoureux des rites sophistiqués. En témoigne ses «cartes de duel» avec le seigneur de Monpalau devant établir les conditions de leur affrontement. Ces relations épistolaires durèrent un an et onze mois, et ce qui était un combat motivé par une offense (Monpalau ayant abusé la soeur de Martorell après lui avoir promis le mariage) et dûment programmé devint peu à peu un long échange de vues, une discussion sur les conditions et détails valant pour elle-même, devant encadrer un duel de plus en plus théorique… 
Cette prolixité se retrouve dans son roman. Chez Martorell, les personnages ne cessent de parler, de se contredire, de se raconter… en vain ? Non, car ces arguties ne sont jamais gratuites, et la parole prend souvent valeur d’action. En témoigne cette délicieuse tirade d’une princesse à la langue bien pendue, où la traduction de Barebrà relève particulièrement la verve de Martorell. 
«Ne vous entêtez point, Monsieur,
 ne soyez pas  cruel. Ne pensez pas que cela soit un champ clos ou une lice des infidèles. Agirez-vous en chevalier sur la demoiselle abandonnée? Faites-moi partager votre force que je puisse vous résister. Aïe, Monsieur! Comment pouvez-vous trouver plaisir à ce qui est forcé? Monsieur, arrêtez donc, sur votre vertu et votre habituelle noblesse. La lance amoureuse ne doit pas blesser. Aïe, cruel, perfide chevalier! Je vais crier! Attention je vais crier! Messire Tirant, n’aurez vous pas pitié de moi? Est-ce cela que je désirais tant?» Ici, on entend comment le verbe, expressivement tourné, évoque des gestes qui sont tus. Ne vous inquiétez pas pour la princesse impliquée, après des récriminations délicatement formulées («vous auriez pu attendre au moins le jour de la célébration et de la cérémonie des noces, afin d’entrer licitement dans le port de mon honnête pudeur»), sa mère la reine lui fera entendre la raison.

Écrit par cat le Jeudi 2 juillet 2009
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Culture catalane à Paris et ailleurs en juillet

Culture catalane : activités du mois de juillet

 

* 2-14 JUILLET  – PARIS

 

Festival Paris Cinéma

« Hommage à Lluís Miñarro / les productions Eddie Saeta »

 

Découvrez une personnalité du cinéma contemporain, un producteur hors normes, en sa présence : hommage à Lluís Miñarro (Barcelone 1949) et à sa maison de production Eddie Saeta créée en 1995.


Après une belle carrière dans la publicité, en véritable mécène des arts, il décide de produire ses films en toute liberté, laissant carte blanche à ses réalisateurs  sans courir à tout prix après le succès commercial. Ses films ont indéniablement marqué le renouveau de la scène du cinéma d’auteur contemporain.

Rencontre avec Lluís Miñarro- Projection de Un rêve de Christophe Farnarier le 7 juillet à 18h au Nouveau Latina

 Projections

 Albert Serra: Le chant des oiseaux, 2008

Dimanche 5 juillet à 19h - Vendredi 10 juillet à 21h30

Les Rois Mages errent à pied à la recherche de l’enfant Jésus qu’ils ne trouveront qu’après avoir effectué un long périple à travers des déserts de sable et de glace. Remarqué pour son premier film, Honor de Cavallería, à la Quinzaine des réalisateurs en 2006, Albert Serra récidive en 2008 avec Le Chant des Oiseaux

José Luís Guerín: Dans la ville de Sylvia, 2007

Dimanche 5 juillet à 16h30, présenté par le réalisateur - Vendredi 10 juillet à 16h30

Entre jeu de regards et poursuites composées de fausses pistes, d’obstacles et d’illusions, le réalisateur de En Construcción propose une plongée dans l’intimité d’une ville et de ses habitants. Sans dialogues et saisissant le moindre bruit de rue – voix, rires, échos, une valise sur le bitume, etc. – José Luis Guerín crée une oeuvre expérimentale portée par la présence mystérieuse de Xavier Lafitte, personnage à la limite du voyeurisme, mais toujours bienveillant.

Albert Serra: Honor de cavalleria, 2006

Mercredi 8  juillet à 16h30 - Samedi 11 juillet à 14h 

S’inspirant très lointainement des Aventures de Don Quichotte de la Manche, Albert Serra livre ici, avec force effets numériques jouant sur la lumière naturelle, un film atmosphérique et contemplatif tourné uniquement en extérieur. Ce road-movie est un véritable poème qui partage avec l’oeuvre qui l’a inspirée un idéalisme créatif unique en son genre.

Lisandro Alonso: Liverpool, 2008

Mardi 7  juillet à 20h, présenté par le producteur Lluis Miñarro

Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2008, Liverpool suit la quête d’un homme solitaire et désabusé que l’espoir semble avoir déserté. Isolé dans une nature virginale, il chemine dans un paysage enneigé, éclairé par la lumière blafarde de l’hiver. Plutôt que de donner des réponses, le cinéaste invite à la contemplation, à travers des plans-séquences d’une grande beauté, empreints de mystère comme pour signifier la difficulté d’appréhender le monde.

 Marc Recha: Les mains vides, 2003

Vendredi 10  juillet à 19h, présenté par le réalisateur

Dimanche 12  juillet à 16h30

Avec cette chronique poétique d’un lieu abandonné du monde, d’une poignée d’hommes et de femmes en mouvements, Marc Recha, dans ce quatrième long métrage, tisse le fil d’une oeuvre faite de gestes, de transits, d’attirance et de rivalité, de désir et de lutte, d’ivresses et de liens invisibles, construisant un paysage singulier de sentiments inexpliqués.

 

Manoel de Oliveira: Singularités d’une jeune fille blonde, 2009

Samedi 4  juillet à 19h, présenté par le réalisateur (sous réserve) 

Avec Singularités d’une jeune fille blonde, qui est l’adaptation d’une nouvelle de l’écrivain portugais Eça de Queirós, Manoel de Oliveira porte une nouvelle fois à l’écran son univers de cinéaste, monde hors du monde fait d’art et de littérature où la culture classique cohabite merveilleusement avec la vie de tous les jours et les mouvements avec l’immobilité.

 

Daniel V. Villamediana: Le taureau bleu, 2008

Mercredi 8  juillet à 19h

Samedi 11 juillet à 16h30

S’inscrivant dans le nouveau cinéma d’auteur catalan, Le Taureau bleu propose, à mi-chemin entre documentaire et fiction, une vision originale de la tauromachie. Ponctué d’images d’archives et de longues séquences caméra à l’épaule, le film invente ses propres rites et fait du geste une forme idéale, figure ultime du sentiment. La mort de l’animal n’est jamais mentionnée, et le taureau devient une allégorie flottant au hasard de l’imagination foisonnante du héros. À la fois primitif et enfantin, héritier de cet instant fugace où l’on construit encore, avec rien, des mondes chimériques, Le Taureau bleu est un film beau et excentrique, où solitude et création deviennent indissociables.

 

Christophe Farnarier: Un rêve, 2008

Mardi 7  juillet à 18h, présenté par le producteur Lluis Miñarro

Le Nouveau Latina

20, rue du Temple 75004 Paris
01 42 78 47 86   www.lenouveaulatina.com

Avec le concours de l’Institut Ramon Llull 

** 7 JUILLET – 25 AOÛT – PÉRIGUEUX : Macadam Jazz

« Le jazz de Catalogne »

Mardi 7 juillet, place Saint-Louis : RAMON FOSSATI - TONI SOLÀ & THE IGNASI TERRAZA TRIO

Vendredi 17 juillet, place Saint-Silain : GORKA BENÍTEZ ”BILBAO”

Mardi 21 juillet, place du Thouin : JORDI BERNI TRIO + SANTI DE LA RUBIA ”AFINKE”

Mardi 28 juillet, place de la Vertu : CARME CANELA canta JORDI MATAS

Mardi 11 août, place de Navarre : DAVID PASTOR “NU ROOTS”

Mardi 18 août, place de Navarre : MANEL CAMP JAZZ QUARTET “TORNASSOL”

Macadam Jazz est produit par la Ville de Périgueux, programmé par Jazzogène.

Avec le concours de l’Institut Ramon Llull et de l’ICIC (Institut Catalan des Industries Culturelles) 

http://jazzogene.blogspirit.com  - Tél. Info : 05 53 29 65 73

 

*** JUSQU’AU 10 JUILLET  – PARIS

 « Angles de lumière / Angles de llum »

Exposition « anthologique » d’Albert Ràfols Casamada - Peintures 1986-2007 et collages 1994-1995 - Galerie Vidal - Saint Phalle - 10, rue du Trésor, 75004 Paris, 01 42 76 06 05

****JUSQU’AU 13 SEPTEMBRE - PARIS

 « Agustí Centelles, journal d’une guerre et d’un exil - Espagne-France, 1936-1939 »

 Exposition photographique: L'exposition présente une centaine de photographies — réalisées pendant la guerre civile et pendant les neuf mois passés au camp de concentration de Bram –, pour la plupart inédites en France, et une collection de documents (magazines, lettres et carnets de notes du photographe)  Hôtel de Sully - 62, rue Saint-Antoine 75004 Paris - Métro: Saint-Paul, Bastille

Écrit par cat le Mercredi 1 juillet 2009
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Festival à Ajaccio : polars corses, catalans, méditerranéens

   Voici la troisième édition du festival du polar corse. Une quarantaine d'auteurs de Catalogne, Provence, Ligurie, Croatie...sont attendus, du 10 au 12 juillet, dans l'île de noire beauté. Serge Scotto, Marc Spaccesi, Ysa Dedeau, Elena Piacentini, Del Papas, Gildas Giraudeau...dédicaceront leurs derniers ouvrages pleins de sang et de larmes. Sans oublier les débats sur le thème "Le poiar et les îles"... Contact : 04.95.23.39.63.

Écrit par cat le Vendredi 26 juin 2009
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Catalogne à Montpellier- Enfance à Perpignan...Souvenirs et dédicaces.

  Pour revenir sur l'événement livresque de Montpellier, la Comédie du Livre, voici une photo-souvenir au stand des Nouvelles Presses du Languedoc (de droite à gauche : Françoise Mignaval, Marie-France Avril et moi-même, dédicaçant à tours de plume mes "30 balades culturelles en Catalogne".

       La vitrine de la librairie Torcatis, à Perpignan, exposant mes livres : un bon moment passé avec des amis pour dialoguer à propos de "L'infini de l'enfance"...

Écrit par cat le Mercredi 24 juin 2009
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Voyage en Espagne, suite : Zaragoza, Grenada, Goya et Lorca

   Loin de Madrid et de ses rêves sportifs...  (J.P.Bonnel)

 

 

 

   Zaragoza est la ville de Goya, mais ses chefs-d’œuvre reposent au Prado. L’Aragonais a été récupéré par Madrid…Je pousse plus loin, je vois la ville depuis la route, tel un mirage. Pas le temps de noter, presque rien à dire, à l’époque des voitures rapides… Théophile Gautier qui, lui, va sur une mule, a le loisir d’apprécier le paysage et la vie ibérique dans ses moindres détails. Le soir, à Zaragosse, livre plusieurs landscapes : vignes du Pénedès, collines érodées du bas Aragon, forêts au nord de Madrid ; l’autoroute suit l’aqueduc romain et le TGV Barcelone-Madrid est parallèle aux routes antiques : tout a été inventé, tout a été écrit et ces romanciers-voyageurs font leur orgueilleux…Emerge à présent le plateau castillan s’élevant jusqu’à 650 mètres au-dessus de la mer invisible. Le chemin est âpre, sauvage, en monts et vaux.

Rien à voir avec la route littorale qui va de Málaga à Almería, du mur de béton touristique jusqu’aux palmeraies d’Elche : s’étendent des kilomètres de cultures sous serres, le plastique enfermant les fraisiers monte jusqu’au sommet des montagnes. Almería, signifiant « miroir de la mer », en arabe, vaut pour le quartier des pêcheurs, la Chanca, aux maisons-cubes bariolés. De Murcie la proche, je garde le souvenir de « l’enterrement de la sardine » -écrit par Arrabal- dont le feu final symbolise la fin du Carême…Je parcours au fil des villes, MazarónCartagène, Valence, les guides touristiques dont les descriptions, mises bout à bout, formeraient un délicieux poème : «  ses maisons à terrasses, souvent creusées dans les collines, ses cubes colorés, alignés de façon irrégulière… »

Et puis, après tout ce temps perdu, après toutes ces inutilités, vint Grenade…Théophile Gautier, l’inépuisable, nous la présente en quelques mots : « Grenade est bâtie sur trois collines, au bout de la plaine de la Vega : Tours Vermeilles, ainsi nommées à cause de leur couleur (Torres Bermejas) et que l’on prétend d’origine romaine ou même phénicienne, occupent la première et moins élevées de ces éminences ; l’Alhambra, qui est toute une ville, couvre la seconde et la plus haute colline de ses tours carrées, reliées entre elles par de hautes murailles et d’immenses substructions…

L’Alhambra, ce château rouge sous l’arc blanc, immense, proche et lointain de la Sierra Nevada, c’est un panorama essentiel, à contempler en haut de l’Albaicín, quartier enserré dans la première forteresse arabe de la ville. On a raison de dire : « Quien no ha visto a Granada no ha visto nada ! »  Depuis les ruelles, les maisons ceinturées de palmiers ou de figuiers de barbaries, se protégeant du soleil dans leurs carmenes paradisiaques, c’est le spectacle qui associe l’architecture humaine et la fabrication esthétique de la nature…Loin de la foule qui, dans les boulevards de la ville basse, célèbre le vendredi saint, en suivant les processions et les saints sortis, dont la fameuse vierge, la Macareña, pour cette occasion unique… Loin de la cathédrale et de la mosquée transformée en chapelle où sont visitées les tombes des Rois Catholiques… On choisit l’aura des sommets, empreint d’une religiosité moins guindée… Depuis ces quartiers hauts, sauvages, creusés de grottes où des pauvres et des marginaux ont construit des palais de carton et de bouts de ficelle, on peut apercevoir l’austère masse du palais de Charles Quint, ce cercle inscrit dans un carré, et, plus haut, le Généralife, résidence de campagne des rois de Grenade, reposant dans ses clôtures de rosiers, de cyprès et de lauriers-roses…Le visiteur a le rouge des palais et la neige des montagnes ; il n’a même pas envie d’ouvrir le petit livre de Marguerite Yourcenar, cette Andalousie appelée tour à tour « terre des vandales » ou « Les Hespérides », seuil du couchant…Il faudra bien se coucher un jour, ou un soir…Le cafetier vous montrera la direction de la sortie, dans la nuit, qui n’est plus le royaume du rouge et du blanc, mais celui du guttural flamenco…    Il ne reste qu’à l’accompagner de quelques strophes de Lorca, né à vingt kilomètres de là, à Fuentevaqueros, village devenu neuve ville-dortoir, mais sa villa est dans Grenade, remplie de souvenirs heureux et tragiques…

 

Écrit par cat le Lundi 22 juin 2009
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Roman noir au festival de FRONTIGNAN

Du lundi 22 au 28 juin aura lieu à Fontignan (Hérault) le festival international du Roman noir (FIRN). Il reprend -de façon étrange ! - le thème traité il y a quelques années au festival du polar de Leucate (Aude) : "Roman noir et frontière"...Je me rappelle d'une intervention très originale de Claude DELMAS sur la frontière entre Tautavel et ...Vingrau... Sont attendus de nombreux auteurs de France et d'ailleurs (Algérie, Belgique, USA, Espagne...) On reverra avec plaisir Serguei DOUNOVETZ, René FREGNI, Eric Halfen, Jean-Bernard POUY, Nadine MONFILS...

Contact : www.polar-frontignan.org


Écrit par cat le Vendredi 19 juin 2009
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POLAR Catalan avec Boyet, Giraudeau, Parra et Corrida avec Christian Laborde - librairie Torcatis

 

La librairie Torcatis vous invite à rencontrer  *le Jeudi 18 Juin 2009 à 18h , sur le thème du Polar :  Les éditions Capbéar, avec la présence de Gildas Giraudeau, Laurent Boyet et Antoine Parra, auteurs d'excellents polars catalans.!!!

* le Samedi 20 Juin 2009 à 17h :Christian Laborde, pour son pamphlet : CORRIDA BASTA, à l'initiative de FLAC 66 (Front des Luttes pour l'Abolition de la Corrida) Son livre a été censuré 2 fois à la télévision et son auteur "désinvité". Nous vous attendons nombreux pour cet échange avec cet homme de conviction dont la plume incisive indispose les amateurs de torture animale car comme dit Christian Laborde: "la Corrida, c'est le pire Sud qui soit". 


 

 

Écrit par cat le Mercredi 17 juin 2009
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Madrid suite : la peinture et les cafés - Théophile Gautier

 

Madrid est une ville lourde, aux bâtiments architecturaux massifs dont la lourdeur est allégée par les anges sur les toits et le chars romains sur les établissements bancaires… Ville austère, devenue capitale et siège de la dynastie autrichienne, en 1560, sous Philippe II ; deux ans plus tôt, l’architecte Tolédo achète l’Escorial pour Charles-Quint…Ville haute : culminant à 650 mètres, c’est la plus haute capitale d’Europe.

Je reviens à Thysen, avec Le Pierrot à la guitare, de Dali (objets collés, 1923) et son Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une grenade, de 1944… Quelle tragédie : ne plus regarder un tableau, lui tourner le dos (à jamais ? ) pour aller vers le suivant, dans un musée sans être sûr de revenir devant ce Dali, ce Balthus, ce Chagall…

Voici La clef des champs, de Magritte, de 1936 : la vitre brisée reflète encore le paysage. Picasso est présent avec l’Arlequin au miroir de 1923, mais les Anglais et les Américains sont fortement représentés. Michael Andrews (1928-1995, Londres) montre The pier pavilion, traduit de façon amusante et poétique, mais c’est de sentiment de l’étranger, « el pabellón del malecón » : ce pavillon sur l’eau me rappelle Southampton quand l’adolescence des années 1970 allait danser sur l’eau…Et le portrait de Timothy Berhens, dire qu’il est mort ; et lui aussi, Robert Rauschenberg, avec Express de 1963… J’aime Stuart Davis « Pochade, 1958 », mort à New York en 1964 et Robert Lindner, de même en 1978…Le musée est un cimetière, comme l’histoire de l’Homme… J’apprécie aussi ces nouveaux classiques américains : Roy Lichtenstein, de New York, encore (1923-1997), et Richard Estes, né en 1936 : un jeunot, tout de même ! 

Quand on prend le musée à l’envers, quand on commence par les avant-gardes, on trouve tout génial, en particulier la peinture hollandaise ; c’est un inconnu, ce Bijlert, mais c’est un chef-d’œuvre : Jeune jouant du luth. Tout est beau, au Thysen museum... Ah! le plaisir esthétique !!! Mais, basta la peinture !

  Oui, il vaut mieux hanter les cafés et, à Madrid, on a l’embarras du cawa… Le café de Oriente, face au palais royal, est désormais un peu artificiel : ses cuivres jouent une trop neuve musique ; on ne s’y rend plus, désormais, que pour ses toilettes... A l’opposé du Café Comercial, à la Glorietta de Bilbao, fondé en 1887, et toujours lieu central des TERTULIAS madrilènes…Le café Gijon est bien placé, sur la grande contre-allée, non loin du Prado et des jardins du Retiro. En outre, le proche bouquiniste me permet de trouver le Madrid de Semprun et le Malraux en Espagne de Paul Nothomb…Inauguré en 1888 sur le paseo de Recoletos est, dit-on, « un lieu de tolérance et de démocratie, où chacun peut trouver un accueil, de l’amitié et de la compréhension… » Gautier, dans son passionnant Voyage en Espagne s’intéressent à ces cafés qui, en 1840, étaient bien pittoresques : « Les cafés de Madrid nous semblent, à nous autres habitués au luxe éblouissant et féerique des cafés de Paris, de véritables guinguettes de vingt-cinquième ordre la manière dont ils sont décorés rappelle avec bonheur les baraques où l’on montre des femmes barbues et des sirènes vivantes …Les plus célèbres sont la Bolsa, au coin de la rue de Carretas ; le Nuevo, où se réunissent les exaltos ; celui du Levante, tout proche de la Puerta del Sol…le café Principe, à côté du théâtre de ce nom, rendez-vous habituel des artistes et des littérateurs. »

   Hors les cafés, vive la promenade amoureuse, dans les nombreux espaces verts de Madrid, du Retiro au Parque de Roma, avec l’arbousier, arbre emblématique de cette ville noble, solide, cultureuse…

    (voyage en Espagne - avril 2009)

Écrit par cat le Mardi 16 juin 2009
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TROIE et l'ILIADE vandalisées : pauvre HOMERE !

A la veille de la rediffusion du film, sur FR3, de W. Petersen (USA, 2004) sur l'épopée troyenne avec la belle Hélène-Diane Kruger, le beau Pâris-Orlando Bloom et le musculeux Achille-Brad Pitt, on peut s'étonner des plagiats, déformations et vols du chef-d'oeuvre d'Homère et consorts : L'Iliade, histoire de la Grèce antique et guerre entre la Grèce et Troie (aujourd'hui située en Turquie) Le fameux cheval de Troie, stratagème d'Ulysse, signifie de nos jours l'intrusion d'un ennemi, chez vous, dans votre compte bancaire, dans votre compte de messagerie, dans votre ordinateur...,  par la ruse et l'espionnage. C'est le nom d'un virus virulent en informatique. C'est un traître qui s'insinue dans un réseau de surveillance (voir le film "Les infiltrés") ou dans un parti politique, afin d'obtenir des informations (on se rappelle le reportage d'un écrivain au coeur du Front national). J'ai été surpris de découvrir l'utilisation du cheval de Troie dans le domaine de la séduction : je suis tombé, dans un vide-grenier, sur une "bande dessinée adulte", datée de janvier 1982 et intitulée "Salut les bidasses...de ch'val": le cheval de bois figure en couverture et sert à attirer des jeunes filles bien en formes...Par rapport à ce qui s'imprime aujourd'hui, c'est gentillet et le sexe n'est jamais représenté. Les medias ont bien changé...O tempora, O mores ! Quelle époque! Homère ! 

Écrit par cat le Samedi 6 juin 2009
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AUTOBIOGRAFICTION "L'Infini de l'enfance" à la librairie TORCATIS

L'infini de l'enfance (éditions Cap Béar)

L'argument : il s’agit donc de l’évocation d’une enfance, jusqu’à l’âge de 11 ans, depuis la naissance,  rue St-Jean, située entre la cathédrale et la Loge, en passant par l’école de la Main de fer, dans le quartier de la Révolution française, par l’ancien lycée, place Arago, et par l’ex-hôpital militaire, avec deux cassures essentielles : la mort accidentelle du père et l’année 1962 passée en Algérie en raison du remariage de la mère. Ces années sont rythmées par les vacances d’été, dans l’Ariège où, chez les grands-parents agriculteurs, Pierre-Jean découvre la nature, les moissons et les troupeaux de vaches…Plusieurs chapitres traitent de la vie quotidienne à Perpignan, de la foire (p.17) ou du carnaval, mais surtout de l’école et de l’évocation d’anciens instituteurs, par exemple, dans le chapitre intitulé « Le maître » (p.63) – Lectures 

Le personnage : l’adolescence n’est pas évoquée puisque le héros meurt autour de 11 ans. Pourquoi ? Cela me permet de ne pas entreprendre la suite de mon autobiographie, l’adolescence, période difficile, pendant laquelle on commence à prendre des responsabilités et donc à devenir adulte.  Cet effacement de l’enfant m’assure un peu plus de recul par rapport à ce livre que je n’ai pas qualifié, d’ailleurs, d’autobiographie, mais de roman. En effet c’est d’abord une fiction. C’est pourquoi, je voudrais l’appeler plutôt une biographiction, c’est le néologisme que j’avais déjà utilisé pour mon livre « Moi, Matisse à Collioure », qui tentait de faire revivre les séjours du peintre, au moment de l’invention du Fauvisme, dans le petit port catalan. Biografiction, donc, de Pierre-Jean qui est mon double, mon jumeau, qui est ce moi que j’ai essayé d’approcher et de comprendre à travers l’écriture et cette plongée dans l’enfance, retour en arrière qui m’a coûté, pendant 5 ans, qui n’a pas été facile et peut être comparé à une sorte de psychanalyse.

L’écriture : J’avais d’abord écrit le livre à la première personne, comme une autobiographie banale ; puis j’ai tout réécrit, j’ai changé le point de vue : il fallait paradoxalement que je me débarrasse du moi auteur pour mieux appréhender le moi acteur, c’est-à-dire le personnage. En changeant la focalisation, en donnant la parole à mon frère, (mais tout ce qu’il raconte ne lui a peut-être pas toujours plu), je prenais encore de la distance par rapport au récit : c’est un roman qui s’écrivait car, quand les souvenirs manquaient, j’inventais des anecdotes ou je transposais des situations et j’écrivais beaucoup à partir de photos d’époque, de lettres, de cartes postales échangées par la famille… (lecture page 11)

L’orgueil. Cependant il est légitime de se demander si une telle entreprise : décrire son passé, son intimité à un public extérieur, n’est pas, même si elle est sincère, vaine et empreinte d’exhibitionnisme. Surtout, n’est-il pas prétentieux de vouloir parler de son enfance ? Quel intérêt le lecteur peut-il y puiser après les chefs-d’œuvre d’auteurs immenses comme Saint-Augustin, Rousseau, Tolstoï, Proust et après des livres plus proches de nous, tels que Enfance de Sarraute, Les Mots de Sartre ou Mes parents d’Hervé Guibert.. ? En effet, le contenu n’est pas foncièrement nouveau ou original : je n’ai pas subi le pouvoir tyrannique d’une mère comme chez J.Vallès, J.Renard ou H.Bazin. Je n’étais pas voué aux plus hautes destinées comme l’enfant du livre merveilleux de R.Gary : La promesse de l’aube…Mon destin n’était pas tracé par la géographie, comme la présence d’une île propulsant P.Loti vers la mer et l’aventure (dans Le roman d’un enfant)…Alors, si le fond ne retrace pas une épopée extraordinaire, la forme présente-elle des aspects susceptibles d’intéresser le lecteur ? L’humour, l’ironie, les petits sarcasmes à l’égard de quelques personnages s’harmonisent-ils avec le ton pathétique de certaines scènes.. ? Le style, mot difficile à définir, a-t-il réussi à évoquer l’ambiance de cette époque : le bonheur et l’insouciance de ces 20 glorieuses des années 50 et 60.. ? La foire de Perpignan, les promenades au petit jardin Terrus, le carnaval, la prospérité du commerce du centre-ville…Même si pour moi, ces années ne furent pas vraiment toujours heureuses… Cette enfance, dont je ne garde aucune nostalgie, est pareille à un temps flou, nullement linéaire, car je ne conserve en mémoire que quelques bribes, quelques images fortes. J’ai l’impression d’avoir vécu dans une sorte d’inconscience…

L’objectif : j’ai voulu, en définitive, que chacun se retrouve dans ce livre, qu’il revive une part de sa propre enfance car, pour plagier Montaigne, chaque homme porte en lui l’image de l’humaine condition. Je voudrais emmener chaque lecteur à se plonger dans l’infini de l’enfance, moment fondateur de l’individu, à se replonger dans les « puissantes images de l’enfance », comme l’écrivait Malraux, lui qui, pourtant a  déclaré dans ses Antimémoires (Gallimard, 1967) : « Je ne m’intéresse guère… Presque tous les écrivains que je connais aiment leur enfance, je déteste la mienne…J’ai quelquefois agi, mais l’intérêt de l’action, sauf lorsqu’elle s’élève à l’histoire, est dans ce qu’on fait et non dans ce qu’on dit. »

Ecrire sur son passé en définitive, n’est-ce pas mauvais signe : signe que le temps est passé par là, sans que l’on s’en rende vraiment compte. Cependant, avec ce regard en arrière, en replongeant dans le temps perdu, comme l’a fait Proust, et en écrivant ce temps passé, ne sort-on pas vainqueur de l’entreprise. ? En effet, l’écriture joue le rôle d’un anti-destin, certes, mais on demeure toujours un peu frustré…

Écrit par cat le Vendredi 5 juin 2009
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La mort en rose, de Catherine RABIER-DARNAUDET

   Aujourd'hui, Michel Cristofol nous envoie un compte-rendu de lecture. Merci àlui. Merci à vous qui allez m'écrire...

   Cet opuscule « Lire en fête 2001 », Contes et récits fantastiques, paru sous l’égide du Conseil Général et tendant à la vulgarisation des productions littéraires de la région, m’a permis par hasard de découvrir vos talents d’écriture dans ce petit extrait de « La mort en rose » où j’ai pu percevoir une sensibilité certaine à l’autre, au travers de la trame du récit vivant et sobre de la rencontre d’un artiste « maudit », déçu et en déchéance, avec un mécène qui ne cesse de l’encourager et qui parvient même à lui faire connaître la notoriété et à le faire passer dans la postériorité.

En deçà d’un sens profond et aigu de l’observation des personnages typiques ou hauts en couleurs, le lecteur trouvera dans ce passage, qui donne envie d’en lire plus, de nobles sentiments, une certaine haptonomie, le fait de vouloir ressusciter en l’autre espoir et confiance en soi, de lui offrir la possibilité de découvrir toutes les potentialités, tous les talents et dons qui sont enfouis en lui et de les exploiter, bref de renaître à la vie et de s’épanouir pleinement.

*Professeur de Lettres au lycée Jean Lurçat, à Perpignan, C.Rabier-Darnaudet a publié des nouvelles chez Mare Nostrum éditeur, notamment dans NOIR ROUSSILLON. Elle a écrit une thèse sur l'écrivain bordelais Jean Forton, dont elle a préfacé un ouvrage publié chez Gallimard (collection L'Imaginaire, 2001) : L'épingle du jeu :

 Étude de la réception d'une œuvre littéraire : Jean Forton, écrivain oublié ? , Thèse de littérature française, dir. Jean-Pierre Goldenstein et Joëlle Réthoré, Université du Maine, Le Mans, 2006. 

* Et un article, aussi : Les mécanismes de la revie littéraire. Jean Forton, revue ou survie ?", Roman 20-50, n° 44, déc. 2007.

Écrit par cat le Jeudi 4 juin 2009
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AUTOBIOGRAFICTION "L'Infini de l'enfance" : dialogue & débat avec Jean-Pierre BONNEL - librairie TOR

   Tous mes lecteurs (10571 visites de mon blog au mois de mai) sont invités à venir dialoguer autour de mon AUTOBIOGRAFICTION ( ou autobiographie romancée), le vendredi 5 juin, de 18 à 19 heures 30, à la librairie Torcatis de Perpignan, rue Mailly.

Présentation, dédicace, apéritif, entrée libre...Il n'est pas interdit de lire le livre avant, afin de me poser des questions...Merci à tous !

 au stand de Cap Béar éditions, avec Marie-Michèle BEAUFILS qui vient de publier, après "Le cahier noir" et "Le Hollandais & les sorcières de Sare", à l'écriture exigeante, un roman pathétique sur les douleurs familiales : "Requiem pour un frère". (photo J.F.Leroy)

Écrit par cat le Mardi 2 juin 2009
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La belle postière et le bon chocolat

   Malheur : je devais me rendre à la Poste pour envoyer des lettres recommandées !  Corvée, pensum, car voici ce qu'est devenue la Poste : un des derniers refuges du public, le public pauvre, surtout; en effet, le service public se résume, en gros, à accueillir les foules des chômeurs ou érémistes, venus chercher leur mandat : peuple devenu moutonnier, assisté pour qu'il ne se révolte pas...

   J'ai pris un numéro pour faire la queue, le n° 934, qui ne laissait présager qu'une longue attente... C'est alors qu'une employée, vouée à l'information des "étou(r)dis" de mon genre, m'indiqua que je pouvais envoyer mon courrier à son guichet. Comme je lui tendai un billet de dix euros, cette charmante personne, craquante dans sa mini-jupe, le nombril à l'air, ses formes formidables forçant son uniforme et les rousseurs de sa chevelure prolixe, me fit remarquer qu'il me restait assez d'argent pour acheter une "tablette" de timbres-poste. "Oui, pour les 400 ans de tradition chocolatière, la ville de Bayonne a lancé l'idée d'émettre un timbre qui a l'odeur, la forme et la couleur du chocolat. Le bloc de dix unités est imprégné d'une senteur persistante : deux ans! Je vous invite à craquer pour ces timbres..!"

   Je craquai donc, je croquai donc. Je me demande encore qui, des protagonistes de cette anecdote, fut le plus CRAQUANT...

Écrit par cat le Samedi 30 mai 2009
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TINTIN aura son musée, à Louvain-la-Neuve, le 2 juin 2009

  Les Belges ont parfois de bonnes idées. Les Belges de Flamanderie et de Wallonnerie ont parfois la frite. Tintin, Milou et Georges Rémi, alias HERGE, né le 22 mai 1907 à Bruxelles, voilà de quoi vous réchauffer, vous rassurer dans votre éternité : un musée va vous être consacré, dans quelques jours et ce n'est pas un lieu empoussiéré, une prison pour artistes, un endroit de conservation, que la ville de Louvain a inventé, mais un espace d'animation, signé par l'architecte Christian de Portzamparc... C'est l'occasion de relire TINTIN qui peut paraître un peu conventionnel (au graphisme vieillot, suranné..?) aux enfants de 7 ans mais très vivant pour les jeunes de 77... Hergé est-il encore moderne? Est-il trop inséré dans une époque précise (depuis les années 1939..., débuts dans un journal catho très conservateur, jusqu'aux années 1960...où il affirme sa modernité et son respect pour toutes les civilisations) ou bien est-il toujours d'actualité..? 

En tout cas, certains albums sont marqués par l'idéologie du XXème siècle, en particulier TINTIN au CONGO qu'il faut extraire sans attendre des bibliothèques municipales et des CDI des collèges : c'est un livre raciste dont l'auteur a reconnu l'évidente faiblesse. Mais Hergé s'est rattrapé avec Le LOTUS BLEU, alors il est pardonné..!!! Vite, peuple de zéro à cent ans, courez à Louvain-la-Neuve..

Écrit par cat le Mardi 26 mai 2009
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La Catalogne dans Géo Magazine - Itinéraires hors des sentiers battus

La belle revue GEO vient de publier un gros numéro hors-série consacré à la Catalogne (6,50 euros) : photos splendides et dossier éclectique. 

Je dois surtout remercier ce magazine qui consacre un compte-rendu élogieux de mon guide culturel de la Catalogne, publié depuis deux mois à peine par la maison d'édition de référence du Languedoc-Roussillon: Les Presses du Languedoc (de Montpellier) devenues les NPL (siège à Sète) : 250 pages sur papier glacé avec photos en couleurs, en vente partout...(si je fais pas ma pub...)

Ces "30 itinéraires culturels en Cat" sont qualifiés de "livre hors des sentiers battus"! A lire et à pratiquer dans les balades décrites au fil des pages...

Écrit par cat le Lundi 25 mai 2009
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La MERDE (une vieille histoire de)

   Tu vas encore choquer, je me suis dit. Non, suis tombé simplement sur un petit livre merveilleux, un ouvrage qui ne sent pas que la colle, en librairie, tout récemment; il s'agit d'un livre de l'anthropologue Alfredo Lopez AUSTIN et du peintre francisco TOLEDO; traduit du mexicain, publié par le Castor Astral (15 euros, mars 2009), cette brève mais consistante histoire de la merde montre, grâce aux recherches du professeur d'Histoire de la Mésoamérique A.L.Austin, que l'excrément a de nombreuses histoires; ici, dans ce livre ni merdeux ni merdique, mais hautement poétique, rassemblant des légendes indiennes, des mythes pré-hispaniques ou des extraits de traités médicaux: en effet, ces histoires émanent de la culture des hommes qui vécurent en Amérique latine, "près des lacs ou sur les lacs, respirant l'air léger que boivent les aigles. De leur dieu rayonnant, ils reçurent le nom de "Mexica". L'artiste mexicain F. Toledo a rassemblé des images insolites, glanées dans la littérature des "vaincus", dans les Chroniques espagnoles du XVIème siècle, dans le folklore, etc... En conséquence, cette étude est très érudite, montrant que la merde, le déchet sont au fondement des représentations du corps et de certaines représentations du cosmos. Le lecteur en vient à comprendre qu'aucune activité humaine n'échappe au contact avec l'excrément, cette substance rejetée, méprisée, mise à l'écart, alors qu'elle est notre création, un peu de nous qui part chaque jour et qui nous indique l'état de notre santé... Veritas merdum est ! Lisez l'histoire de la merde et vous saurez tout sur les pets, la Déesse des ordures, la mangeuse d'excréments... 

Finalement, ce livre beau, blanc, à la jaquette immaculée nous apprend l'humilité: merde nous sommes et poussière deviendrons. Lisons ce petit "conte", pétri de science et de fiction : Le VERS DU CUL

"Ils vivent dans l'excrément. Certains se transforment en mouches afin de continuer à tourner autour des bouses. D'autres ne poussent pas plus loin leur désir, ni ne réalisent leurs ambitions. Ils restent arrachés au terroir, sur le sillon, ou entre les boeufs, pour aviver le feu dans les petits matins froids."

On connaît le personnage du "cagaïre" dans le folklore et les histoires populaires de Catalogne. Qui étudiera cette mythologie à l'aune du livre mexicain..?

( dessin de F.Toledo )

Écrit par cat le Jeudi 21 mai 2009
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Prades : hommage à l'Espagne révolutionnaire : Susana Azquinezer, Machado, Walter Benjamin

    Susana, la rose, le lys blanc, a conté, vendredi les "exils d'Espagne" photo J.P.Bonnel

Susana, l'Argentine, en exil en France, nationalisée française en Bretagne, Susana Azquinezer, qui tient à l'accent tonique sur son nom d'ashquenaze, celle qui vient de l'Est, qui tient tant à ses origines hébraïques, d'où son spectacle "De l'exil au paradis", contes juifs. Elle a enchanté le petit peuple rassemmblé au ciné Le Lido, avec son Ariégeois d'accordéoniste. Ce soir, samedi 16, poèmes autour de l'exil, encore, avec Machado et Benjamin, et Jo Falieu, Jacques Gautrand et Jean-Pierre Bonnel, entre autres...

Prochain rendez-vous : vendredi 22 mai, salle Rabelais-esplanade C. de Gaulle, à Montpellier "exils d'Espagne..."

Écrit par cat le Samedi 16 mai 2009
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Montpellier, la Comédie du livre : Montpellier des mille et une nuits

Les 22, 23 et 24 mai, la deuxième fête du livre à Montpellier, place de la Comédie. Je présenterai mon guide culturel de la Catalogne vendredi après-midi au stand des NPL.

Le samedi, je serai au stand de Cap Béar éditions... Venez me rencontrer avec les autres auteurs de la région !!!

Écrit par cat le Vendredi 15 mai 2009
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Eté66 en Catalogne-Estivales de Perpignan - Pianissimo d'Elne - Spectacles des Pyrénées-orientales

JUIN : les 26,27, 28 : concours international de piano (Château Royal de Collioure)

JUILLET :

le 1er : concert avec le festival P. Casals (Palais des Rois de Majorque-Perpignan), 21 h.

le 3 (et les 10, 17, 24) : les nuits du Palais des Rois de Majorque (jazz, gratuit)

le 4 : Roberto ALAGNA au Campo Santo de Perpignan. (à 21 h)

le 4 : nuit Underground (et les 11, 18, 25) à 21 h au Palais des Rois de Majorque. (gratuit)

le 7 : concert de l'orchestre de Catalogne au Palais des Rois de Majorque.

le 9 : Tosca, Traviata, Luca (Daniel Tosi) au Campo Santo.

Le 9 : Les déferlantes d’Argelès – Thomas Dutronc (17 h, Parc de Valmy)

Le 10 : Simple Minds, Les déferlantes d’Argelès – à 17h, parc de Valmy.

le 13: danse "Le jardin des délices" au Campo Santo.

Le 14 : Les déferlantes d’Argelès, Duffy, Paolo Nutini, Grace, à 17h, parc de Valmy. (réservation : Fnac, Carrefour, Géant, 0892 68 36 22, de 23 à 36 euros)

le 15 : récital du ténor Alexandre Guerrero. au Palais des Rois de Majorque, 21 h. (piano, chant)

les 17 et 18 : danse avec le Ballet Prejlocaj - au Campo Santo.

le 21 (et 28) : Musiques du monde (festival de radio-France Montpellier) au Palais des Rois de M. à 21 h.

le 22 : Don Carlos, Infant d'Espagne, spectacle en castillan, surtitré en français. au Campo Santo.

le 23 : Julien Clerc au Campo Santo.

le 25 : danse flamenca "Sévilla" de Maria Pagés.

du 7 au 28: scènes ouvertes (Couvent des Minimes), dans le cadre des "Estivales" de Perpignan.

le 31: Orphée par Opéra Mosset, au Palais des Rois de Majorque, à 21 h.

 

AOUT :

du 1er au 6 : festival de théâtre de Collioure (Molière)

le 11 : les 4 saisons de Vivaldi, Château royal de Collioure, à 21 h.

  • les 21, 22, 23 : Festival du livre de Collioure consacré à Malraux et à la Condition humaine (expositions, Stands d'éditeurs, auteurs, conférences de Jorge SEMPRUN, Antoni Cistero, FlorenceMalraux, Raoul-Marc Jennar, Hélène Legrais, Jean-Claude Larrat, Jean-Pierre Bonnel, Alban Cerisier...) Spectacle (lectures de L'Espoir) de Marie-Christine BARRAULT.

les 28, 29, 30 : guitares au Palais des Rois de Majorque, à 21 heures. (gratuit)

 

 *Contact: pour le Palais des Rois de Majorque de Perpignan et Château de Collioure : 04.68.85.85.85.  -  www.cg66.fr

*pour les Estivales de Perpignan :

Écrit par cat le Vendredi 15 mai 2009
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