Les fesses des Catalanes

 Dali, Jeune fille de dos (C) Fondation Dali-Gala, Figueres.

 

C'est en ces termes gracieux que Guillaume Apollinaire rend hommage à la  Callipyge catalane, dans  son recueil de 1907 "Les onze mille verges : "Ce fut un étalage admirable de culs de toutes les nationalités... en forme de poire de La Frisonne contrastait avec les c. rebondis des Parisiennes, les fesses merveilleuses des Anglaises, les postérieurs carrés des Scandinaves et les culs tombants des Catalanes."

On peut préférer le tableau offert par Mérimée, Inspecteur général des monuments historiques et auteur de "La Vénus d'Ille" : ce "curieux de femmes" fréquente 'l'auberge d'Ille sur Têt", où il y a "tant de jolies Catalanes", proches cousines de ces "Espagnoles avec mantillas, leurs grosses jambes catalanes et leurs pieds pointus et microscopiques..."

(cité par Joseph Ribas, dans son livre "Canigou, montagne sacrée des Pyrénées" (éditions Loubatières,1994)

 De qui est cette sculpture..? (photo extraite du bel album de Caroline Pochon et Allan Rothschild (Arte éditions - Democratic Books, Pari, 2009)

Écrit par cat le Lundi 8 février 2010
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Romans du Terroir et semaine culturelle en Catalogne


 *mercredi 10 février, à 18 heures, librairie Torcatis, deux auteurs de romans de terroir : la Franc-Comtoise Vivianne Auger et le Catalan de Théza Bernard Gimbernat...

Agenda de la setmana / Agenda de la semaine (Le Catalan pour tous)

• Divendres 12 de febrer a les 17h30, conferència "Les catalans et l'expansion maritime européenne"
Lloc: Hotel del Departament / 24, voral Sadi Carnot / 66000 Perpinyà. Entrada lliure.
• Diumenge 14 de febrer durant tot el dia, Festa de l'ós de Prats de Molló. Lloc: 66230 Prats de Molló.  
• Fins al 26 de febrer, exposició "El somni republicà, el republicanisme a les comarques de Girona, 1900-1936"
Lloc: Ajuntament de Castelló d'Empúries / Plaça del Joc de la Pilota, 1 / 17486 Castelló d'Empúries. Entrada lliure.
• Fins al 27 de febrer, exposició "Cases burgeses al Rosselló a la Belle Époque"  
Lloc: Mediateca de Perpinyà / 15, carrer Émile Zola / 66000 Perpinyà. Entrada lliure.

• Vendredi 12 février
à 17h30, conférence "Les Catalans et l'expansion maritime européenne" - Lieu : Hôtel du Département / 24, quai Sadi Carnot / 66000 Perpignan. Entrée libre.
• Dimanche 14 février pendant toute la journée, Fête de l'ours de Prats-de-Mollo. Lieu : 66230 Prats-de-Mollo.
• Jusqu'au 26 février, exposition "El somni republicà, el republicanisme a les comarques de Girona, 1900-1936" - Lieu : Ajuntament de Castelló d'Empúries / Plaça del Joc de la Pilota, 1 / 17486 Castelló d'Empúries. Entrée libre.
• Jusqu'au 27 février, exposition "Maisons bourgeoises en Roussillon à la Belle Époque", Médiathèque de Perpignan /15, rue Émile Zola / 66000 Perpignan. Entrée libre.

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Écrit par cat le Dimanche 7 février 2010
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Balades catalanes dans Pyrénées Magazine

   Cet article est à lire sur la page d'accueil du site de la revue "Pyrénées Magazine". Il sera publié dans le prochain numéro de la revue (mars 2010):

   Le livre de la semaine : En balade catalane avec trente artistes


   Ici, chaque paysage cache un artiste. Écrivain et professeur de lettres, Jean-Pierre Bonnel nous donne une belle leçon de culture générale, qui plonge dans les racines de l’histoire de l’art et la géographie. Il nous entraîne « de Perpignan à Tarragone, avec trente personnages illustres » comme le souligne le sous-titre. De Salvador Dalí, à Cadaqués, à Prosper Mérimée, à Ille-sur-Têt et au Monastir-del-Camp, l’auteur évoque les artistes à travers leurs histoires catalanes, et parfois de manière plus personnelle, comme pour Jordi Pere Cerdà. Il suffit de partir sur les traces de l’artiste. Carte à l’appui, l’itinéraire est alors prétexte à découvrir des monuments incontournables. Si Walter Benjamin à Port-Bou, Matisse et Derain à Collioure, Antonio Machado et Aristide Maillol sont ses favoris, Jean-Pierre Bonnel nous dévoile quelques pépites. On découvrira ainsi Santiago Rusiñol à Sitges, Chagall, Masson et Bataille à Tossa del Mar et Montserrat, Victor Brauner à Canet et Saint-Feliu-d’Amont et Nabokov au Boulou. Notre coup de cœur portera sur l’écrivain Ludovic Massé à Evol, le peintre Charles Rennie Mackintosh sur la Côte Vermeille, Raoul Dufy à Perpignan et l’économiste Alfred Sauvy à Montalba. Ce petit livre, qui pourrait devenir incontournable, est une vraie déclaration d’amour au Roussillon et à la Catalogne.


Balades culturelles en Catalogne
, Jean-Pierre Bonnel, Nouvelles presses du Languedoc, 247 pages, 22 €.


       Patrice Teisseire-Dufour   -  Le 02 février 2010 

Écrit par cat le Jeudi 4 février 2010
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Walter Benjamin et l'hôtel où il s'est suicidé

   Revenu à Port-Bou samedi dernier, je constate qu’une maison rénovée, avec une façade en crépi rouge, située dans la même ruelle (calle del mar, à gauche de la Guardia civil), passe désormais pour celle où W.Benjamin serait mort (et « où il vécut », affirme une plaque commémorative ! En fait, il n’a survécu à Port-Bou que quelques heures…)

   On ne parle plus de « L’Hostal França » ni de la « Fonda de Francia », où il serait réellement mort et qui a été détruite en 2007 : le « trou », au cœur de la ville, est toujours là ; le chantier n’a pas commencé…La Fonda de Francia était-elle, vraiment, à l’origine, située à l’endroit où s’élève la belle maison « Villarasa » ou bien les autorités ont-elles inventé cette histoire pour cacher la scandaleuse destruction de l’auberge où le philosophe se suicida.. ?

 

 Maison "Villarasa", rénovée, qui serait l'ancienne "Fonda de Francia" où W.Benjamin se serait suicidé... selon la municipalité de Port-BOU.

 la plaque commémorative : "dans cette maison vécut et mourut Walter Benjamin, 182-1940. "Toute connaissance humaine devient interprétation", citation de W.B.

Écrit par cat le Mardi 2 février 2010
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SALINGER : plus de nouvelles de cet auteur de nouvelles !

  J.David Salinger a eu la drôle d'idée de naître un premier janvier (1919, à New York) Et celle, plus fâcheuse, de mourir un 28 janvier (2010, à Cornish). Inscrit en 1936 à l'Université de New York, il part en Europe approfondir sa connaissance des langues, mais il va surtout étudier le commerce de la charcuterie; il devient un spécialiste du porc; en stage en Pologne, il apprend à égorger les cochons...

   Ensuite, une carrière de militaire le conduit en Angleterre, puis à Utah Beach et enfin à Paris, en juin 1944, où il rencontre, au Ritz, E.Hemingway. En autres exploits, il épouse une jeune Française et divorce peu après... Il se met enfin à écrire : L'Attrape-coeur, publié le 16 juillet 1951 (dommage, je n'étais pas encore né !) sera un succès foudroyant.

   A partir de là, Salinger se retire dans le village de Cornish, dans le Vermont. Il refusera la gloire médiatique, journalistique et interdira à son éditeur de publier sa photo... On attend, en France, la réunion de ses nouvelles publiées dans le seul journal qu'il estimait, le New Yorker... Silence, Salinger s'en est allé...

Écrit par cat le Mardi 2 février 2010
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Patrick GIFREU présente Anselme Tourmède

 L'écrivain, poète et traducteur Patrick Gifreu présentera le livre d'A. Tourmède "Pourquoi j'ai embrassé l'Islam", le vendredi 5 février 2010, à la Médiathèque de Perpignan (17 h. entrée libre)

   Il s'agit du seul écrivain bilingue en langue arabe et en langue européenne (le catalan). Turmeda (1350? -1423) fut traduit et réédité sans cesse au cours des siècles et pourtant nous l'ignorons presque tous... La conversion à l'islam lui a assuré la renommée mondiale et a permis la diffusion massive de ce livre. Il est devenu au XX° siècle un des bréviaires de la cause musulane. Seule la France manquait d'une traduction fiable... A découvrir..! (édition de la Merci, 2009) Participation de l'érudit Jacques Quéralt - Jaume Queralt.

Écrit par cat le Lundi 1 février 2010
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Le Catalan pour tous

*** Autocritique : en effet, ma phrase, dans l'article du 29.1.2010 (sur Frêche...) "Le Catalan n'en sort pas grandi." est plus que maladroite ! Je ne visais pas la langue, mais l'esprit catalaniste parfois intégriste...Mille excuses et merci à Joan-Daniel B...oF.

  ** "La diversitat lingüística de la humanitat és tan important com la diversitat biològica del planeta"   (Joan Tudela)


• El telenotícies de la setmana en català de France 3 del 30 de gener
• Le journal télévisé de la semaine en catalan de France 3 du 30 janvier

El podeu mirar aquí:
http://www.facebook.com/l/3b180;jt.france3.fr/regions/popup.php?id=l66b_locale.
Sumari: A Puigcerdà les multes seran redistribuïdes als bons conductors / El projecte de rehabilitació de la plaça Cassanyes / Una delegació de la Generalitat de Catalunya present al mercat biològic de Perpinyà / Un espai dedicat al rugbi català a la mediateca de Ceret obrirà a l'octubre / El temps / La crònica: l'explotació del suro als Aspres i al Vallespir

Vous pouvez le regarder ici :
http://www.facebook.com/l/3b180;jt.france3.fr/regions/popup.php?id=l66b_locale.
Sommaire : A Puigcerdà les amendes seront redistribuées aux bons conducteurs / Le projet de réhabilitation de la place Cassanyes / Une délégation de la Generalitat de Catalunya présente au marché biologique de Perpignan / Un espace dédié au rugby catalan à la médiathèque de Céret ouvrira en octobre / La météo / La cronique : l'exploitation du liège dans les Aspres et en Vallespir


• Adquiriu més vocabulari amb les làmines "Viure a Catalunya"
• Acquérez plus de vocabulaire avec les planches "Viure a Catalunya"

Durant deu setmanes rebreu cada setmana una làmina de vocabulari català de la col·lecció "Viure a Catalunya" editada per la Generalitat. Aqueixa setmana comencem amb la làmina La casa gràcies a la qual podreu aprendre noves paraules relacionades amb la casa. La trobareu aquí:
http://www.facebook.com/l/3b180;www20.gencat.cat/docs/Llengcat/Secretaria%20de%20Politica%20Linguistica/Publicacions/Publicacions%20en%20linea/Viure%20a%20Catalunya%20Lamines/pdf/t_casa_A4.pdf

Pendant dix semaines vous recevrez chaque semaine une planche de vocabulaire catalan de la collection "Viure a Catalunya" éditée par la Generalitat. Commençons cette semaine avec la planche La casa grâce à laquelle vous pourrez apprendre de nouveaux mots en relation avec la maison. Vous la trouvez ici : http://www.facebook.com/l/3b180;www20.gencat.cat/docs/Llengcat/Secretaria%20de%20Politica%20Linguistica/Publicacions/Publicacions%20en%20linea/Viure%20a%20Catalunya%20Lamines/pdf/t_casa_A4.pdf


• Aprendre qualques verbs usuals en català
• Apprendre quelques verbes usuels en catalan

El Consell de Mallorca, a les Illes Balears, ha editat un diccionari visual per als nouvinguts a l'illa, que se pot consultar a internet. Consta d'una part dedicada als verbs més usuals de la llengua catalana. Durant quatre setmanes en rebreu una pàgina per setmana. Podeu consultar aqueixa primera pàgina de verbs aquí:
http://www.facebook.com/l/3b180;www.conselldemallorca.cat/media/12584/55_verbs01.jpg (Noteu que el verb "mirar", present en aquesta pàgina, se diu també "espiar" a la Catalunya Nord (a la resta dels territoris de llengua catalana "espiar" només significa "espionner" i no "regarder").)

Le Conseil de Majorque, aux Îles Baléares, a édité un dictionnaire visuel pour les nouveaux venus sur l'île, qui peut être consulté sur internet. Une partie de ce dictionnaire est dédiée aux verbes les plus usuels de la langue catalane. Pendant quatre semaines vous en recevrez une page par semaine. Vous pouvez consulter cette première page de verbes ici :
http://www.facebook.com/l/3b180;www.conselldemallorca.cat/media/12584/55_verbs01.jpg (Notez que le verbe "mirar", présent sur cette page, se dit aussi "espiar" en Catalogne Nord (dans le reste des territoires de langue catalane "espiar" signifie seulement "espionner" "épier" et non "regarder").)


• Conèixer la nostra història: Jaume 1r el Conqueridor
• Connaitre notre histoire : Jacques 1er le Conquérant

Aquesta setmana, per què no interessar-nos al comte-rei Jaume 1r el Conqueridor, el rei que va estendre la llengua catalana fins a les Balears i a València?
->
http://www.facebook.com/l/3b180;histoireduroussillon.free.fr/Histoire/TraiteCorbeil1.php

Cette semaine, pourquoi ne pas nous intéresser au comte-roi Jacques 1er le Conquérant, le roi qui a étendu la langue catalane jusqu'aux Baléares et à Valence?
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http://www.facebook.com/l/3b180;histoireduroussillon.free.fr/Histoire/TraiteCorbeil1.php


• Aviat les eleccions regionals / Bientôt les élections régionales

Perquè la promoció del català a Catalunya Nord depèn molt de les polítiques dels nostres elegits, i que tenen una responsabilitat en l'estat de salut del català aquí, abans de les eleccions sereu informats de les llistes que tenen propostes per a la promoció de la llengua catalana als Pirineus Orientals dins llur programa i quines no en tenen pas. Sabreu tot això quan les diferents llistes hauran constituït llurs programes electorals.

Parce que la promotion du catalan en Catalogne Nord dépend beaucoup des politiques de nos élus, et qu'ils ont une responsabilité dans l'état de santé du catalan ici, avant les élections vous serez informés des listes qui ont des propositions pour la promotion de la langue catalane dans les Pyrénées-Orientales dans leur programme, et quelles sont celles qui n'en ont pas. Vous saurez tout cela lorsque les différentes listes auront constitué leurs programmes électoraux.

• Agenda de la setmana / Agenda de la semaine

Una selecció de conferències, festes, peces de teatre, esdeveniments interessants per als aprenents de català i per als enamorats de la cultura catalana...
• Fins al 27 de febrer, exposició "Cases burgeses al Rosselló a la Belle Époque".  
Lloc: Mediateca de Perpinyà / 15, carrer Émile Zola / 66000 Perpinyà. Entrada lliure.
• Dimecres 3 de febrer a les 10h30, contes en català per a la mainada "La poesia".
Lloc: Departament de català de la mediateca / 42, avinguda de Gran Bretanya / 66000 Perpinyà. Entrada lliure.
• Divendres 5 de febrer a les 18h00, conferència "Bardou-Job, l'ambition d'une famille au début du XXème".
Lloc: Teatre Jean Piat / 3, carrer Joseph Lafon / 66140 Canet de Rosselló. Entrada lliure.
• Dissabte 6 de febrer a les 21h00, teatre en català "Electra de Sòfocles".
Lloc: Teatre El Jardí / Plaça Josep Pla / 17600 Figueres. Entrada: 12 euros. Tel: 0034 972 50 19 11
• Diumenge 7 de febrer durant tot el dia, Festa de l'ós. Lloc: 66150 Arles de Tec
• Diumenge 7 de febrer a les 14h00, rifla en català dels Goigs Tradicionals.
Lloc: Sala Polivalent / 66740 Sant Genís de Fontanes

Une sélection de conférences, fêtes, pièces de théâtre, évènements intéressants pour ceux qui apprennent le catalan et pour les amoureux de la culture catalane...
• Jusqu'au 27 février, exposition "Maisons bourgeoises en Roussillon à la Belle Époque".
Lieu : Médiathèque de Perpignan /15, rue Émile Zola / 66000 Perpignan. Entrée libre.
• Mercredi 3 février à 10h30, contes en catalan pour les enfants "La poesia".
Lieu : Département de catalan de la médiathèque / 42, avenue de Grande Bretagne / 66000 Perpignan. Entrée libre.
• Vendredi 5 février à 18h00, conférence "Bardou-Job, l'ambition d'une famille au début du XXème".
Lieu : Théâtre Jean Piat / 3, rue Joseph Lafon / 66140 Canet-en-Roussillon. Entrée libre.
• Samedi 6 février à 21h00, théâtre en catalan "Electra de Sòfocles".
Lieu : Teatre El Jardí / Plaça Josep Pla / 17600 Figueres. Entrée 12 euros. Tél : 0034 972 50 19 11
• Dimanche 7 février pendant toute la journée, Fête de l'ours. Lieu : 66150 Arles-sur-Tech
• Dimanche 7 février à 14h00, rifle en catalan des Goigs Tradicionals.
Lieu : Salle Polyvalente / 66740 Saint-Génis-des-Fontaines

Écrit par cat le Dimanche 31 janvier 2010
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Federico Garcia Lorca : sa mort, la tombe inconnue du poète

     Le mythe LORCA    1. sa mort

         La tombe du célèbre poète et dramaturge n'a jamais été retrouvée, malgré de nombreuses enquêtes et investigations. Demeurent les hypothèses et les supputations plus ou moins grossières...

   Les circonstances de la mort de Federico Garcia Lorca ne sont pas encore, à ce jour, connues et elles semblent ne devoir être jamais clarifiées. Omerta, peur et remords des anciens responsables du mouvement franquiste et décès des principaux protagonistes. Le récit des derniers jours du poète ne peut être qu'une longue litanie de rumeurs, de supputations, d'hypothèses très incertaines fondées sur des témoignages peu sûrs... La vérité est souvent ailleurs, mais nous ne la connaîtrons sans doute jamais...On sait seulement que Lorca, symbole de la République, inquiété dans la maison familiale de Grenade, la Huerta de San Vicente, avait été obligé de se cacher; il aurait pu se réfugier chez Manuel de Falla, ce grand chrétien qui accueillait les persécutés, mais Lorca refuse. Il fut donc hébergé chez des amis, dans la famille de Luis Rosales, poète rattaché au mouvement national, où des cadres phalangistes avaient l'habitude de se rendre; le poète n'aurait donc pas dû être délogé de cet endroit protégé, considéré comme le quartier général de la phalange... Pourtant, après avoir passé une quinzaine de jours rue Angulo, chez les Rosales, il fut arrêté et conduit en prison, où il demeura du 16 au 19 août !


    Lorca aurait donc été la victime d'une rivalité entre la phalange, considérée comme une droite modérée et l'extrême droite fasciste de la C.E.D.A., dirigée par Gil Roles, et à Grenade, par Luiz Alonso; ce personnage trouble voulait la peau de Lorca pour déconsidérer la famille de Luis Rosales, haut responsable phalangiste et ami de ce "Rouge"... La mort de Lorca serait d'abord due à ce différend local entre deux factions de la droite extrême et à l'orgueil de l'arriviste Alonso. Cependant, on ne peut disculper Franco et son mouvement qui prônait comme slogans : "Mort à l'intelligence ! Vive la mort !"... Lors de son arrestation, on accuse Lorca d'espion russe, puis d'écrire des oeuvres subversives : " Il a fait plus de mal avec ses livres que d'autres avec des revolvers !", déclara Ruiz Alonso.

    Rouge, Lorca ? Il apparaît que l'engagement de Lorca pour la gauche espagnole n'était pas des plus militants; certes, son beau-frère, maire socialiste de Grenade, Fernàndez Montesinos, est arrêté, le 20 juillet 1936, par les nationaux, et emprisonné. On dit aussi que ce même jour, le poète se promenait dans les rues de Grenade avec une rose rouge à la boutonnière...Cependant, durant son séjour chez Rosales, il a tenu à composer un hymne "apolitique", un chant à tous les morts d'Espagne, afin de montrer que sa poésie n'avait rien de partisan. Un peu plus tard, aux premières lueurs de l'aube du 19 août, aux deux individus qui vinrent le chercher dans sa cellule, il cria : "On ne va pas me tuer! Je n'ai rien fait ! Je ne suis pas communiste ! Je suis catholique !"...

    Mais, là aussi, on a écrit tellement de témoignages peu crédibles ! Lorca se serait écrié encore, au moment de sa mort : "Je ne crois qu'en Dieu et en ma mère."; ou , de façon plus poétique : "Avec une lune si lumineuse, vous allez me tuer ? "; enfin, après la rafale de balles qui l'atteint, lui et ses camarades d'infortune, il se serait levé et aurait crié : "Je suis vivant! Je suis vivant !"...A ce moment-là rejaillissent le non-dit, le tabou, l'autre raison pour laquelle le poète aurait été tué : son homosexualité; les fascistes ont utilisé l'euphémisme de "sexualité déviante"; ici, au moment de l'exécution, un des bourreaux aurait achevé Loca en lui tirant une balle dans l'anus... Une des plus horribles légendes qui, pourtant, si on suit l'étymologie latine, sont destinées à "être lues"...

    Lorca va passer quatre jours dans la prison du gouvernement civil; Grenade apprend la nouvelle, mais le peuple, ne peut rien sans armes, déjà avant l'arrivée des franquistes, il se terre : seul le quartier populaire de l' Albaycin s'était révolté. Pour sauver l'auteur du "Romancero gitano", revoici Manuel de Falla : il va trouver les responsables phalangistes, mais ils refusent de l'écouter car, lui-même, le musicien, avait refusé de composer un hymne en l'honneur de la phalange... L'auteur de "Poète à New York", dont le titre originel était "Introduction à la mort", reste en prison et face à son éternelle angoisse de la mort : "Je vis l'angoisse de l'au-delà", déclare-t-il souvent.

    Lorca est conduit à Viznar, "à droite du chemin qui monte de Grenade, traverse le village, laisse à gauche la bâtisse de la Colonia et le Fuente Grande et redescend vers Alfacar", selon la description précise de Marcelle Auclair, dans Enfances et mort de G.Lorca (Le Seuil, 1968); il est exécuté à Viznar, et enterré, selon un témoignage, dans un bosquet, au milieu des pins...Mais de nombreuses versions existent, autant de légendes... Ce qui est sûr, c'est la sinuosité de la route de Viznar, la beauté de ce village blanc, la perspective sur la Sierra... Ce qui vrai, de nos jours, c'est la métamorphose de ce paysage rural en sites touristiques ! Viznar, Fuente Grande et Alfacar sont devenues des stations de villégiatures qui veulent exprimer la gaîté des vacances et ne savent rien de la tragédie qui eut lieu, en ce 19/08/1936, aux portes de Grenade...

    Telle est la vérité : Lorca est fusillé par les franquistes le 19 août 1936, dès le début de la guerre civile. Ensuite, mais c'est de la fiction, c'est le monde des hypothèses, il aurait été jeté dans la fosse commune, en un lieu inconnu, jamais localisé, dans la région de Grenade; ses biographes, Marcelle Auclair, Austin Penon et Ian Gibson ont enquêté à Viznar et à Alfacar : des témoignages affirment que le poète aurait été enterré dans cette petite commune, près d'un olivier, à une dizaine de mètres de la route... Les thèses s'ajoutent et se contredisent ! L'une d'elles avance même que le poète aurait survécu au peloton d'exécution ! Il ne serait mort qu'en 1954, après avoir été hébergé dans un couvent où il aurait passé une existence d'homme diminué mentalement et devenu amnésique...

   Amnésique, aussi, l'Etat espagnol sous la férule de Franco : la lumière n'a jamais été faite et on a intimidé ou éliminé les vrais témoins du drame; durant la longue dictature du caudillo, les livres scolaires ou les anthologies littéraires ont pratiqué un implacable silence; ces ouvrages écrivaient simplement : "16 juillet, Lorca quitte Madrid pour Genade; le 19 août, il meurt." ...

    En 2009, afin d'exhumer sa dépouille, dans le cadre de la loi sur la Mémoire historique, votée en 2007 et afin d'en savoir peut-être un peu plus sur les circonstances de sa disparition, des recherches sont menées activement, en Andalousie, pendant plus de six semaines : les études et livres sur le martyre du poète n'ont pas permis de retrouver ses restes. Plusieurs hypothèses ont conduit les investigateurs missionnés par la ministre de la justice du gouvernement autonome d'Andalousie, Madame Begonia Alvarez. 

   Ses biographes avaient déterminé la fosse de manière précise, pourtant : l'infâme cachette se trouverait à neuf kilomètres de la ville natale, dans un champ d'une petite commune appelée Alfacar... Depuis plus d'un quart de siècle, ce lieu était, en effet, considéré comme le "cimetière" du poète et de ses compagnons d'infortune, deux anarchistes, un instituteur, un restaurateur et un inspecteur des impôts : tous avaient été exécutés par les nationalistes puis enfouis dans la terre de ce coin d'Andalousie... Or, après des investigations approfondies, sur trois cents mètres carrés dans le parc du village d'Alfacar, il a fallu se rendre à l'évidence : impossible de creuser des fosses à cet endroit car des roches affleurent de façon uniforme...

    Face à cette déception et à l'effondrement de l'hypothèse essentiel, un chercheur, Augustin Peñon, avança que Lorca a pu être enterré dans cette localité, mais que sa dépouille avait été transférée en un autre lieu. Inconnu, lui aussi ! Une autre supposition, faite de rumeur, de légende et d'espoir impossible, parlait du transfert du corps à Grenade, dans la résidence d'été de la famille; celle-ci étant désormais transformée en musée, les touristes et les amoureux de l'auteur de "Poète à New York" porteraient donc leur pas sur sa tombe officieuse, située sous le noyer que le père de Lorca fit planter en 1936, exactement, comme un hommage... La légende est belle, mais où situer la vérité..? Avant tout, relisons l'oeuvre poétique et dramatique de l'auteur de "Noces de sang"..!

     L'Etat espagnol ne pourra sans doute jamais donner une sépulture décente à cet auteur majeur, mort si tôt, sous les balles fascistes, et qui avait le défaut d'être à la fois républicain et homosexuel... C'est pour cette raison, à cause de ce vice rédhibitoire, qu'il est peu crédible de suivre la troisième hypothèse : pourquoi Franco, l'extrémiste de droite, et la morale catholique auraient-ils autorisé que la dépouille lorquienne fût déposée près de Madrid, à la "Valle de los Caidos" (la vallée des victimes de la guerre civile), dans le célèbre et lugubre mausolée franquiste. Un remords de dernière minute ou un signe de respect pour l'aura du poète andalou..? On n'y croit pas !

   On ne croit qu'à ce que l'on lit, qu'à ce qui reste, et c'est l'essentiel qui demeure, pour la postérité, même si elle est frustrée et amère de ne pouvoir faire le deuil définitif... Pour l'éternité, Lorca repose dans la tombe du livre, sous le linceul coloré de ses poèmes et la vive lumière du drapeau républicain...


 (à suivre - 2. sa vie : Lorca en Catalogne)




 

 

Écrit par cat le Dimanche 24 janvier 2010
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Un Américain, Roy Lisker, parle de Collioure, de la Catalogne, de Malraux...

The André Malraux Conference.

 

Photos: ROY LISKER (Collioure, 21.8.2009)

   The first pictures shows the actor, Cedric Debarbieux, in the auditorium of the Collioure Cultural Center, reading passages to us from La Condition Humaine. The performance was little short of dazzling ( it did not, in other words lack “dazzling”, as opposed to a recitation that was “somewhat short of dazzling”! ) The whole audience was swept up in his recitation.

   The second picture, also from the auditorium, is of Jean-Claude Larrat, professor of French literature at Paris U, author of several books about Malraux ( including “Malraux, Theoretician de la Litterature”, and , (with Jean Guehenno) , “La Condition Humaine, Roman de l’anti-Destin” ).

He spoke to us on the ever controversial topic of "action" versus "letters" in the life of the adventurer/art historian/novelist/politician Malraux.

This much is certain: Malraux was no plastic hero. His biography is fascinating rather than admirable. On the other hand, the lives of many highly admirable people are often dull!

The next two pictures were taken at the conference on Saturday August 22, held outdoors on the Square Calloni, located right on the breakwater wall at the foot of the 14th century Moorish fortress. The speakers are journalist Claude Gallex, writer Jean-Pierre Bonnel, and professor Gérard Malgat.

   Malgat spoke about Malraux's life-long devotion to Spain and the Spanish Republic. Like Picasso, Casals and others Malraux, following his participation in the Spanish Civil War, never returned to Spain while Franco was in power. Indeed, his death occured a few days before Franco’s. (Monster to the end, Franco steadily increased the number of political executions daily as the end approached.)

    Jean-Pierre Bonnel (his website has a “Ferment Magazine” quality: go to blog a bonnel spoke about the grand programme that André Malraux and Charles De Gaulle had drawn up for "bringing French culture to the masses." It was a strange mixture of nationalism and condescension. They may have been sincerely motivated: it depends on how it was put into practice. Malraux did not begin his career as either a novelist or a left-wing guerilla soldier, but as an art historian. He sincerely believed that by exposing the population of France to the largest number of paintings, plays, musical compositions and so on, he could rescue the cultural heritage of a great nation. Ironically, this idealistic enterprise occurred in the same period in which he was joining his political comrades-in-arms, the Gaullists, in denouncing the student protests of 1968. His project failed by the way. The system of Maisons de Culture which he set up throughout France in the 60s and 70s no longer exists.

Another gathering was scheduled for that afternoon at 4 in the same place. The first half had nothing to do with Malraux. A local author, Hélène Legrais, discussed her detective novel, set in Collioure during the 60’s La croix des outrages, the standard talk-reading-sales-book format. What made it principally interesting for me was that it describes the very active fishing industry of that period, which has since almost completely disappeared.

This was followed by another panel on Malraux. It focussed on Malraux’s early years in Indochina, specifically that period when he underwent the personal transformation that changed him from from an art historian/dilettante who attempted to rob temples and tombs in Cambodia (he got caught; another story), to a firebrand journalist writing for newspapers in both Cambodia and France, denouncing the evils of the colonial administration.

He was not always so admirable, as we know. During WW2 he sat out most of the conflict in comparative comfort and wealth (read for example Herbert Lottman “The Left Bank”). During his years as the Minister of Culture in the government of Charles DeGaulle he quietly dropped his anti-imperialist rhetoric and activities.

André Malraux suffered from a serious addiction to the cult of personality, in his case Charles De Gaulle. In the final decades of his career this effectively stifled the Voltaire in him.

 

Écrit par cat le Vendredi 22 janvier 2010
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Une dictée signée Jean-Paul PELRAS

Il suffit d'une grève des enseignants et la jeunesse est dans les rues : la ville morte, soudain, s'anime. Il suffit d'une douceur du temps, la chute du vent et c'est presque la fête dans le centre-ville de Perpignan. Celle-ci reprend alors ses allures de cité facile, superficielle, sans grand projet si ce n'est celui de flâner ou de s'installer à une terrasse de café... Mais revenons aux choses sérieuses et à la lecture d'un article récent de Jean-Paul Pelras (L'Indépendant du 17 janvier dernier) De ce beau texte (cela devient si rare la poésie journalistique !) sur les "souches prêtes à être taillées dans les vignobles", on a envie d'en faire une dictée... Et tant pis pour les collégiens : même une page splendide devient, pour eux, un pensum...

 J.P.Pelras

"Rappelez-vous. La tramontane soufflait depuis une semaine, les cyprès crachaient des bouffées de poussière et les oliviers semaient leurs crottes de biques à l'orée des chemins blancs, la garrigue avait pris ses quartiers d'hiver, deux cyprès badigeonnaient le ciel dans le froid de décembre et les murettes filaient d'un versant à l'autre, ourlées de pierres blanches au pied des amandiers... Les hommes vont, comme leurs aînés, encore emmitouflés jusqu'aux oreilles, gravissant, voûtés, cet imperturbable théâtre antique. Quand ils composent avec ce vent arraché quelque part aux chicots de Peyrepertuse ou à ceux de Quéribus..."

Écrit par cat le Jeudi 21 janvier 2010
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Laurent Boyet : Perpignan mon amour

  Son nouveau roman a un goût D'Hiroshima mon amour, de Marguerite Duras et le dialogue "Toi et Moi" entre les deux protagonistes anonymes fait penser aux poèmes de Paul Géraldy... Mais écoutons la musique bien personnelle de Laurent BOYET, dans "Perpignan, mon amour" :  

Toi, une jeune femme de vingt ans, doit déjà affronter l’idée de sa mort qu’elle sait si proche.

Ultime contretemps, elle rencontre Moi, un jeune homme un peu plus âgé qu’elle.

Tous deux découvrent ensemble la signification du mot aimer...

Toi hésite entre le désir de vivre cette passion et le choix légitime de la solitude.

Moi devine l’existence d’un lourd secret et voudrait accompagner la femme qu’il aime.

Depuis «Perpignan, mon amour...» jusqu’à Barcelone et Outre-Atlantique, se poursuit ce voyage intime entre une femme et un homme, l’un comme l’autre impuissants face aux incohérences de la mort.

            Prix 14 euros - 146 pages : présentation et dédicace à la FNAC de Perpignan, le 3 février, 18 heures.

   Laurent Boyet est né en 1971 dans une commune rurale de la Loire. Depuis toujours il est habité par deux passions: l'écriture qu'il pratique depuis sa jeunesse, écrivant sur un carnet tout ce qui lui passe par la tête, mais, depuis qu'il est en âge de comprendre c'est surtout à la "protection" de la société qu'il se destine. C'est ainsi qu'il choisit de faire carrière dans la police, débute en 1995 comme inspecteur à Versailles et quelques années plus tard se retrouve capitaine de police aux frontières du Perthus dans les Pyrénées orientales, région à laquelle il est aujourd'hui très attaché. Il réside avec sa famille à Perpignan, une ville dans laquelle il situera ses romans policiers à venir.

   Ses fonctions dans la police ne l'écartent pas de son autre passion qu'est l'écriture, bien au contraire, car elle s'avère de plus en plus nécessaire à son équilibre; un moyen d'expression qui lui sert aussi de thérapie pour exorciser des histoires personnelles. En 2001, il publie aux Editions du Panthéon un premier roman, véritable ode à l'amour, "Toi" qui lui vaut une mention spéciale au "Prix Littéraire Européen"; et en 2005, autre histoire d'amour, inspirée en partie autobiographique "L'autre..." qu'il publie à compte d'éditeur chez www.manuscrit.com. Un roman dans lequel il entraîne le lecteur dans « un face à face émouvant entre un homme qui veut juste se souvenir des belles choses de sa vie et, un autre, qui se demande si l'on peut gouverner avec le coeur... ». 

   Pourtant, l'opportunité lui en est donné par l'éditeur régional Cap Béar, qui a créé une collection de "polars catalans", (romans en format poche) et en 2008, Laurent Boyet franchit enfin le pas avec Le rédempteur de la Têt, dans lequel il montre avec « justesse la vraie vie d'un flic (...) ce qui se passe dans les têtes des flics, qui sont aussi des têtes de femmes et d'hommes, lorsqu'ils sont mis face à la découverte d'un cadavre, une autopsie...etc. » (entretien sur www.bscnews.fr - nov 2008)

Il poursuit avec le polar en 2009, Le supplice d'Amélie, roman encore plus noir que "Le rédempteur de la Têt", pas véritablement une suite mais certains des personnages y sont repris. Après ces deux romans policiers, l'auteur assure que bien que ce genre « lui permette d'aller très loin dans l'écriture, l'imaginaire, l'exutoire », il n'a cependant pas envie de se laisser « enfermer dans un style ou un genre littéraire », car c'est l'écriture qui le "dirige" avant tout.

* Lire : Le rédempteur de la Têt (Ed. Cap Béar - 2008) - Le supplice d'Amélie (Cap Béar - 2009) - Perpignan, mon amour (Cap Béar, 2010)

Écrit par cat le Mercredi 20 janvier 2010
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Miusique catalane soldée : Iberica, Granados, Cassadó, Albeniz

   Les soldes, c'est un rituel, après les fêtes : Noël et le nouvel An n'ont pas accaparé toutes vos économies; alors, vous partez pour les soldes, avec l'intention de "faire des affaires". C'est pourtant un peu triste de constater l'abandon d'un objet, à la mode l'année passée et livré désormais à la foule des mains chercheuses ! Surtout si "la" chose n'est pas un objet de consommation comme un autre, mais un produit culturel; ainsi, le livre. Ou le disque...

Je suis donc, moi aussi, pari en quête du truc rare, de flâneries en fnaqueries ! Et miracle, dans ce beau temple de verre et d'acier, dédié aux femmes -pardon : les dames!- françaises, j'ai trouvé mes bonheurs...L'album "Ibérica" d'Anne Gastinel et du guitariste Pablo Marquez offre "leyenda catalana", "sardana" de Gaspar CASSADO (1897-1966) qui composa et adapta les grands musiciens espagnols : De Falla, de Grenade et Granados et Albéniz, les Catalans qui se sont tournés vers Madrid et l'andalousisme! Ces classiques ont peu écrit pour la guitare, alors que l'Ibérie est justement synonyme de guitare ! Celle-ci est surtout magnifiée en Andalousie grâce au flamenco. Cassado rend hommage à son maître Andrés Segovia, mais pour atteindre l'âme ibérique, il faut revenir à Joaquim Rodrigo et à son Concerto de Aranjuez, célèbrant l'instrument utopique qui aurait "les ailes d'une harpe, la queue d'un piano et l'âme d'une guitare."

 Enrique (Enric le Catalan) Granados, né à Lérida (Leida)

    Un trésor musical pour quelques piécettes : comment peut-on "solder" de tels chefs-d'oeuvre? Mort du CD ou aculture catalane..? Et voici que, pour 3 euros, j'achète les oeuvres pour piano de Joaquin Turina, interprétées par le Catalan Albert Guinovart ! Les danses andalouses et gitanes sont de l'époque de "L'amour sorcier" (1925) de Manuel de Falla et du "Romancero gitano" de Garcia Lorca (1928) : : les gitaneneries étaient, alors, à la mode, mais Turina ne se laissait pas aller à la facilité, et Guinovart, pianiste et compositeur, né en 1962 à Barcelone, magnifient ces morceaux éternels...

 Turina l'Andalou - et ... Isaac Albeniz, le Catalan (né à Campredon)

   Pour finir, mais loin des hasards heureux de la solderie organisée, il faut encore écouter et voir "Cendrillon" de Rossini, dans la production du Liceo de Barcelone par Joan Font, Patrick Summers, Joyce DiDionato et J. Diego Florez, le ténor périuvien (2008, 2 DVD Decca, "La Cenerentola")

Écrit par cat le Mardi 19 janvier 2010
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Anaïs Bonnel, conférence à Paris-Sorbonne (en direct, mercredi 13/1) Succès et public dans le couloi

   Anaïs Bonnel, conférencière (après la mediathèque de Perpignan, Paris Sorbonne IV)

      L'ami Jacques Gautrand (cf. son site Consulendo) m'appelle pour me signaler qu'il n'a pu pénétrer dans la salle où ma fille Anaïs donnait sa conférence sur le peintre Creixams, à l'institut R.Lull. Trop de monde, les portes ont été fermées et le public refoulé... Trop de monde ou salle trop petite..? En tout cas, c'est assez rare, à cet espace de Paris-Sorbonne. Il faudra refaire la conférence, sans doute en un autre lieu... En outre, des pourparlers sont en cours pour une conférence au Luxembourg et à Amsterdam (Instituts français...) A suivre...

Écrit par cat le Mercredi 13 janvier 2010
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cap Béar éditions, lectures d'H.Legrais, L.Boyet, J.P.Bonnel, par J.Vinas et C.Debarbieu

   de gauche à droite, Laurent Boyet, Hélène Legrais, J.Pierre Bonnel, Jacques VINAS, Cédric Debarbieu

 

     à   SAINT-LAURENT- DE-LA-SALANQUE, avant la Noël et, malheureusement devant un public très restreint, la dynamique librairie Plaisir a organisé une soirée littéraire consacrée à la ville de Perpignan, en présence de Jean-Pierre Gayraud, responsable des éditions Cap Béar.

   Avant que la parole ne soit donnée aux trois écrivains présents, Jacques Vinas et Cédric Debarbieu, deux conteurs de renom, ont lu d'une manière remarquable des passages choisis par l'éditeur des livres concernés. Ce qui a permis de découvrir que ces trois ouvrages ont aussi un autre point commun : la musique. Puis chaque auteur a présenté à sa manière ses écrits permettant l'instauration d'un dialogue entre eux et l'auditoire. Dans son dernier livre d'un format adapté à la flânerie "Rues de Perpignan, histoires insolites", bien documenté, intégrant des photos et un plan, Hélène Legrais offre un kaléidoscope de la capitale de la Catalogne du Nord, avec des anecdotes. Au travers d'une promenade dans la mémoire séculaire de Perpignan et des Catalans, notre chroniqueuse radiophonique nous ouvre les portes du temps.

   Après le polar, Laurent Boyet, aborde, dans "Perpignan, mon amour", un roman psychologique et libératoire fort réussi, une histoire d'amour dense qui emporte le lecteur dans un tourbillon d'émotions entre Perpignan et Barcelone.

Jean Pierre Bonnel avec L'Infini de l'enfance a rédigé un livre plein de sensibilité et d'émotion à travers le regard d'un enfant de Perpignan dans les années 1950-1960. Cet auteur prolifique et inspiré présentait aussi la réédition augmentée de Walter Benjamin, le chemin ultime, la mort à Port-BOU

Cette soirée s'est terminée par une séance de dédicaces. (article publié dans L'Indépendant catalan)

Écrit par cat le Samedi 9 janvier 2010
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Théâtre de Simon ABKARIAN : Pénélope, ô Pénélope

 Simon le gentil...

   L'acteur Simon Abkarian, le gentil Manouchian de "L'armée du crime", le méchant de "Casino Royale" devient acteur. Avec l'histoire de Pénélope, célébrée le plus souvent comme le type de la femme fidèle qui attend son homme, parti depuis 20 ans, il écrit un nouvel avatar de l'Odyssée. Après Homère, Dante (Ulysse aux enfers), Joyce (Ulysse à Dublin) et Giono (Pénélope, cette salope), il joue et raconte l'histoire d'un mec, un Grec pas mal crétois, qui préféra la guerre, l'aventure, la navigation, le chant des sirènes et la volupté avec de jeunes et belles femmes, plutôt que la vie calme à Ithaque avec son épouse et son fils Télémaque. Il revient, anonyme, en mendiant, dans son île et découvre Pénélope la chaste (vraiment..?) aux prises avec de  nombreux et beaux prétendants...    Le vieux Ulysse pourra-t-il alors bander son arc..?

 Vous le saurez en vous rendant au théâtre municipal de Perpignan, le vendredi 15 janvier, à 20h30... (tarif: de 12 à 18 euros.)

  Abkarian, le méchant...

Écrit par cat le Vendredi 8 janvier 2010
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Polar catalan : M.Morin, Ministre de la Défense à Perpignan, en coup de...Rafale ? (7 janvier 2010)

     Hervé Morin est annoncé ce mardi 5 janvier, à Perpignan, entre 17 et 19 heures, salle des libertés, non loin du Castillet; en coup de tramontane, donc, comme on dit ici, en Catalogne ! Ou en coup de Rafale..?

   Mais non, en fin de compte, le ministre de la Défense a renoncé, il n'est pas venu dans ce sud extrême... Alerte météo, alerte orange, plan Orsec, forte neige annoncée, etc... C'est vrai, il y eut quelques flocons, puis de la pluie, pas mal pour ce midi catalan au climat si sec... Pourtant, la flotte, ça ne devrait pas décourager le chef des forces maritimes; la pluie ou la neige, ça ne devrait pas intimider le chef des armées, si beau et altier avec son casque de guerrier et dans son tank flambant neuf... Lui qui ose se rendre sur le théâtre des opérations en Afghanistan, lui qui a le courage de réveillonner avec nos soldats expatriés non loin du Pakistan terroriste..! Un peu de neige à Perpignan, et c'est le renoncement, la volte-face..? Surtout pour un Normand, c'est décevant ! Mais un Normand et en plus centriste, c'est peut-être ben que oui, peut-être ben qu'non...

Les militants du Nouveau Centre, conduits par Michel Cabot (un ancien camarade du Lycée Arago; avec son frère cadet, on était en 1ère littéraire ensemble; pas politisé à l'époque..!) ont été déçus! Et les midinettes, alors, sous la houlette d'Annabelle Brunet... C'étaient pas des larmes de pluie ou des flocons...mais de vrais sanglots longs...

   Car le Ministre, il venait pour rendre hommage au pilote décédé lors du crash de deux Rafale au large de Cap Béar (voir le début de mon polar sur ce blogue...) Il venait voir les lieux, lui qui ne connaît pas le beau département des Pyrénées-Orientales. Il venait méditer face à la mer et se recueillir à l'endroit où le pilote a percuté les ondes et fut noyé à cinq cents mètres de profondeur, à une vingtaine de kilomètres de la côte vermeille...Il venait pour remercier les secours, saluer les militaires du département, montrer qu'il s'intéressait aux sentinelles du fort Béar, au-dessus de Port-Vendres...

Enfin, l'hommage attendu, enfin la venue espérée sur les lieux de la tragédie... En outre, au moment où l'armée brésilienne s'oppose au président Lulla sur la commande de trente-six avions de combat multi-rôles, pour la somme de plusieurs milliards de dollars, c'était le moment de chanter les vertus du Rafale. M. Morin a laissé la parole à son chef des armées et président de la République pour annoncer : "Je suis serein! " Le Rafale, à cause de ses accidents de parcours, n'a jamais trouvé d'acquéreur, mais on reste serein. Le suédois Saab offre son avion Gripen NG pour la moitié du prix du Rafale, soit quelque 70 millions de dollars, et l'heure de vol de son joujou est quatre fois moins chère que le Rafale, mais il faut rester serein...             "C'est Lulla qui aura le dernier mot!", "Notre avion de chasse est une Ferrari alors que le Gripen est une Volvo"... M. Hervé Morin a beau user de l'ironie, cette attitude désinvolte ne fait pas fléchir les militaires brésiliens, surtout dans un contexte politique qui les contrarie : Lulla veut mener des enquêtes à propos des militaires mouillés dans la dictature qui a donné du Brésil  une image exécrable...

Et bien, non, le ministre de la Défense ne venait pas à Perpignan pour parler du Rafale ou évoquer la triste affaire du crash au large de Béar... Silence, on ne cause plus de cette triste affaire : les Brésiliens ont peut-être la mémoire courte... Mais non, ils ne l'ont pas et la CIA qui orchestra la chute des deux Rafale français a gagné la partie... Lulla choisira sans aucun doute le F/A-18 Super Hornet de Boeing... Car le Fripen suédois, c'est vraiment une braderie indécente... Il choisira l'Amérique, à moins qu'il arrive à se réconcilier avec l'armée; les militaires vont user d'un chantage terrible afin qu'on oublie une période trouble du Brésil... Lulla, alors, pourra enfin signer, avec son ami Nicolas, ce fabuleux contrat pour lequel un "accord de principe" avait été donné; mais amitié ne rime pas avec argent ni avec économie...

   Donc M. Morin devait venir, ou reviendra bientôt, à Perpignan, quand il aura le courage de braver les intempéries.. Mais pour quoi faire ..? 

à suivre, j'attends vos réponses, merci !!!

 en rafales...

Écrit par cat le Jeudi 7 janvier 2010
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Anaïs Bonnel, conférence sur Creixams, à Paris-Sorbonne

AGENDA CULTUREL

CENTRE D’ÉTUDES CATALANES

 

Janvier Février Mars 2010

 

Université Paris-Sorbonne (Paris IV)

Centre d’Études Catalanes

9, rue Sainte Croix de la Bretonnerie – 75004 Paris

Tél : 01 42 77 65 69 – Fax : 01 42 74 12 70

e-mail : Centre.Etudes-Catalanes@Paris-sorbonne.fr

 

*Du 10 décembre au 14 janvier

Exposition des artistes andorranes Mònica Armengol, Àurea

Bellera i Meritxell Papio

 

*Mercredi 13 janvier à 18h30

Conférence d’Anaïs Bonnel

(Historienne de l’Art)

Pere Creixams (1893-1965), le Catalan de Montmartre

  

 

*Mardi 19 janvier à 18h30

vernissage de l’exposition de l’artiste Antoni Ros Blasco

Commissaires : Eliseu Trenc et Jean-Pascal Léger

Exposition du 19 janvier au 18 février

Avec la participation de l’APCCP

Entrée sur invitation - Cocktail

Écrit par cat le Mardi 5 janvier 2010
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Théâtre du Regard, Paris : PESSOA, RILKE...

 

  PROGRAMME 1er Semestre 2010 -  Fernando PESSOA  « Etrange étranger »  -   Le 2 Mars 2010 à 19 Heures.

à L’ENTREPOT 7/9rue Francis de Pressence – 75014 Paris – Métro : Pernéty  -  Fernando Pessoa (13 juin 1888 – 20 novembre 1935)  Quel roman que cette vie où il ne se passe rien ! pendant 30 ans, de son adolescence à sa mort, Pessoa ne quitte pas sa ville de Lisbonne, où il mène l’existence obscure d’un employé de bureau. Mais le 8 mars 1914 le poète de vingt-cinq ans, introverti, idéaliste, anxieux, voit surgir en lui son double anthétique, le maître « païen » Alberto Caeiro, suivi de deux disciples : Ricardo Reis, stoïcien épicurien, et Alvaro de Campos, qui se dit « sensationniste ». Un modeste gratte-papier, Bernardo Soares, dans une prose somptueuse, tient le journal de son « intranquillité », tandis que Fernando Pessoa lui-même, utilisant le portugais où l’anglais, explore toutes sortes d’autres voies, de l’érotisme à l’ésotérisme, du lyrisme critique au nationalisme mystique.

     Imaginons qu’à la même époque Valéry, Claudel, Cocteau, Gide et Apollinaire aient été un seul et même auteur, caché sous des « masques » différents : on aura une idée du mystère de cette aventure mentale dont il n’y a pas d’autre exemple dans la littérature.

     Pessoa, incompris de son vivant, entassait ses manuscrits dans une malle où l’on n’a pas cessé de puiser, depuis sa mort en 1935, les fragments d’une œuvre informe, inachevée, mais d’une incomparable beauté. Enfin reconnu dans son pays, de plus en plus, dans le monde, il repose aujourd’hui au monastère de Jeronimos près des tombeaux des deux autres héros de l’histoire portugaise, Camoes et Vasco de Gama.

Rainer-Maria RILKE « Les Lettres à un Jeune Poète »

MARS – AVRIL – JUIN 2010 : Les vendredis et samedis à 20 H.30 et les dimanches à 16 H.30.

Crypte du Martyrium Saint Denis – 11, rue Yvonne le Tac  75018 Paris – M°: Abbesses.   En 1903, Rainer Maria Rilke entame une correspondance avec un jeune homme de vingt ans, Franz Kappus, élève d’un établissement militaire, qui lui a envoyé ses premiers essais poétiques. Plusieurs lettres suivront, que Kappus publiera en 1929, trois ans après la mort de Rilke.

     Ces textes sont devenus immédiatement célèbres et comptent parmi les plus beaux de Rilke ; au fil du temps et des réponses, ils composent une superbe méditation sur la solitude, la création, l’amour, l’accomplissement de l’être.

  Rainer Maria Rilke (1875-1926) est incontestablement -avec Goethe- le plus illustre poète de langue allemande et l’un des rares poètes du XXè siècle à avoir atteint la célébrité universelle.

     Né à Prague, mort en Suisse, il vécut en solitaire, sans adresse fixe, sans attache, sans emploi, sans biens matériels et fut peut-être l’un des derniers grands vagabonds d’une Europe qui brûlait des ultimes feux d’une civilisation aujourd’hui disparue.

Renseignements et Résevations : 01 42 23 48 94       zygmunt.blazynsky@wanadoo.fr

 

Écrit par cat le Mardi 5 janvier 2010
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La mémoire à vif : l'image emblématique de La Retirada, par Progreso MARIN

 

  •  Progreso MARIN   Mon oncle Edmond Arseguel vient de me prêter le livre de souvenirs de P. Marin "La mémoire à vif". L'auteur, né à Toulouse, a mené, durant cinq ans, une vaste enquête afin de collationner les témoignages d'exilés espagnols. Il brosse le destin dramatique de ces hommes qui ont connu la République, la guerre civile, la bataille de l'Ebre, la Retirada en France, le régime de Vichy, la Résistance... 
  • Surtout, j'ai été ému par le témoignage d' Amadeo Gracia, 65 ans, sur la fameuse photo emblématique de la Retirada (page 257): "Au premier plan, un homme, une couverture en bandoulière donant la main à une jeune adolescente, dix ans environ, amputée de la jmbe gauche, son père et sa soeur; au second plan, un autre homme tient par la main un petit garçon, 4 ans, l'Amadeo dont je vous parle. La scène se passe à Prats-de-MOLLO, en janvier 1939...L'homme qui donnait la main à l'enfant était un ancien de la guerre 1914-18, habitant de Prats..."

  En outre, le livre retrace les divers passages de l'exil, ces traversées des Pyrénées par des cols parfois difficiles ou enneigés; ainsi, à la page 261, le col d'Ares "Pitoyable chemin", dit L'Illustration du 19.2.1939; magazine qui avait des sympathies franquistes et qui, devant l'évidence monstrueuse, s'en sort par la pitié..." Puis il est question de La Vajol, pendant longtemps seul monument des Républicains sur le territoire espagnol...et du "Temps retrouvé", formule proustienne qui montre que certains de ces exilés ont pu se reconstruire en faisant le bilan de leur vie, en parlant, en écrivant, en commémorant la mémoire, en la parcourant à travers les sentiers de la Catalogne ou les plages de la côte vermeille : "Visages illuminés qui roulez dans le fleuve de la mémoire, vous avez, à jamais, ancré la lumière des oliviers...oublier le sable des plages du Roussillon, toujours présent dans les pores de votre peau..." Combien de temps ces grains de sable continueront-ils à réveiller les descendants de ces exilés dans la longue nuit du traumatisme..?


   * Progreso MARIN, écrivain, est né à Toulouse de parents exilés républicains espagnols. Son livre de mémoire consacré à sa mère : « Dolores, une vie pour la liberté » a connu un retentissement certain auprès de ses lecteurs ; sa version catalane est d’ailleurs parue en mai 2007. En 2005, « Exil : témoignages sur la Guerre d’Espagne, les camps et la résistance au franquisme » a poursuivi dans cette voie pour donner la parole à ces « oubliés de l’Histoire ». Avec Violette Marcos, il a coécrit « 1936 : luttes sociales dans le Midi ». Il est également poète et un de ses recueils « Ecluse suivi de Buées » est paru en décembre 2005 aux éditions N & B et de nombreux poèmes inédits ont été publiés par les revues « En Je » et « Encres Vives ».

« Exilés espagnols ; la mémoire à vif » - Editions Loubatières (270 pages) Prix : 23€

Prix Librairie Espagnole (7, rue Littré 75006 Paris, Tél.: 01-43-54-56-26): 23

Commentaires :

«  Les mots sont des symboles qui postulent une mémoire partagée » nous indiquait Borges dans « Le Livre de sable ». S’il y a un livre et un seul qui représente ce partage de la mémoire c’est celui de Progreso MARIN. « Homme impliqué » tel que le décrit Patrick Pépin dans sa préface, Progreso MARIN est un des plus brillants gardiens de la mémoire des exilés espagnols. Outre sa propre histoire de famille, il va au-delà en nous faisant partager les histoires des autres en formant un puzzle géant pour nous dévoiler une image vraie et complète, celle d’une partie de la population des exilés espagnols.

Véritable ensemble de petites nouvelles qui recueillent les témoignages de personnages bien réels, on découvre tour à tour les facettes quotidiennes de la vie et surtout la survie de cette population qui nous est proche. Véritable hommage concret aux républicains espagnols exilés, Progreso Marin a le mérite de nous décrire une réalité parfois méconnue ou uniquement connue par les histoires de famille d’exilés.

Écrit par cat le Lundi 28 décembre 2009
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Trop d'écrits ! Vite, un autodafé !

   On se lamente, on se désespère, c'est l'incessant choeur des pleureuses ! L'écrit se meurt, l'écrit est mort ! Les jeunes ne lisent plus! C'est la domination de l'internet, des jeux vidéo, de l'image... C'est l'oral -et quel langage!- qui l'emporte et c'est la fin de l'orthographe: voyez ces messages en phonétique, ces mails codés, ces messageries qui massacrent la langue française..!

Or l'écrit nous submerge : les libraires sont envahis, la rotation est infernale, certains envois d'éditeurs ne sont même pas ouverts, arrivée de sept cents romans à la rentrée de septembre, puis des milliers de livres de poche, des ouvrages politiques, etc... L'écrit, ce sont aussi les journaux; les Français lisent moins les quotidiens, mais que de revues, de magazines: les kiosquiers et les maisons de la presse vous le diront, ils sont envahis, passent leur temps à référencer, noter les invendus...

Pourquoi tous ces écrits, écrits sous forme de livres ou sous forme virtuelle (mails, faceboock...)? Nouveau malaise dans la civilisation : les gens, angoissés, isolés, ont besoin de communier, de communiquer...Et la mode est à l'autobiographie : parler de soi, donner son témoignage pour vivre, s'affirmer, donner un sens à son existence...Ou pour s'analyser, se comprendre...Ou bien sûr, la tentation de l'ego... Car l'écrit garde ses forces de séduction...

Oui, ces livres, ces écrits nous submergent : la bibliothèque historique de la ville de Paris a décidé de brûler des milliers de volumes, la BNF a décidé d'envoyer à Alexandrie, un exemplaire de tous les livres qu'elle possèdent en triple ou double (c'est le dépôt légal), les éditeurs donnent les invendus à-des associations ou les envoient au pilon; les pays riches et cultivés envoient par gros cargos des livres pour les écoliers du tiers-monde qui, souvent, ne pourront pas les lire... On détruit le livre, on s'en débarrasse, pour en créer d'autres, pour inonder les libraires : cela fait des avances de trésorerie et c'est un cercle vicieux... Google a beau essayer de numériser des millions de publications, il ne pourra pas suivre ce rythme infernal...

 censure, autodafé, pilon... 

Cependant, il s'agit de tempérer cet enthousiasme pour la survie et domination de l'écrit, nuancer l'ampleur de cette avalanche de textes écrits, sous leurs formes diverses, articles, ouvrage, correspondances... En effet, si la quantité est bien là, quid de la qualité..? D'une part, si les ados écrivent beaucoup sur le net, leurs textes sont bien courts, faibles, creux : le désir de communiquer est grand, mais le contenu est des plus légers...doux euphémisme! En outre, les outils -vocabulaire et syntaxe- pour écrire, manquent !

   D'autre part, il s'agirait d'avoir des repères, de savoir juger, critiquer : quels écrits méritent-ils la publication..? 80 % des revues et des livres "à rotation rapide" n'ont rien de littéraire et la valeur de la forme et du fond sont contestables! Combien d'auteurs seront, en définitive, reconnus dans quelques années..? Et même d'un H.Bazin édité dans la célèbre collection de "La Pléiade", ou d'un prix Nobel comme Le Clézio, dans 20 ou 50 ans, qu'en restera-t-il..? Alors, tout le reste, toutes ces feuilles qui font du lecteur potentiel un consommateur désorienté, n'achetant, en définitive, que le prix littéraire de l'automne, ou la vie de la vedette bling-bling ou les mémoires de l'homme politique machin, que va-t-on en faire..? 

Un vaste et triste incendie. Rimbaud, amer, non reconnu, non publié, non diffusé, l'avait déjà compris : relire "Ma bibliothèque en feu!"...

Écrit par cat le Mardi 22 décembre 2009
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