Sant-Jordi 2008 à Perpignan

25 04 2008

Je présenterai mon dernier livre Méditerriennes, quai Vauban, au stand situé près de l'office de tourisme (de 9h à 12 heures) ainsi qu'à celui des amis de "Autres Plumes" (de 13 heures à 18 h). Si les roses manquent, mes lecteurs pourront se contenter d'une bise ou d'une dédicace... (le livre se trouve aussi en librairie, ou par la poste : 15 euros port compris, à JPB, 9 rue St-Jean, 666000, Perpignan). A très bientôt, dans l'ambiance littéraire et festive de la Saint-Georges...              




Sant-Jordi 2008 à Collioure : Anglais et Catalans

20 04 2008

 Le dragon à Collioure - Où était saint-Georges ? On ne l'a pas vu ! Ni le maire, M.Moly, accaparé par un match de rugby...  (photos J.PB.) Platanes, stands de livres et Pension Quintana, en arrière-plan, qui va devenir, enfin, après décision du propriétaire de louer la maison à la mairie, la Fondation Machado.   Ci-contre, les amis de Autres Plumes, Eliane et Aissa : la fête des livres a été plus conviviale qu'ailleurs, il fallait s'en douter, présence du conseiller municipal, M.Bonnafos, musique, chants, apéritif...et nombreux visiteurs...Cette Sant-Jordi fut une réussite et des contacts ont été pris avec les sympathiques Anglais de Collioure (www.canigoupress.com) qui éditent une anthologie de textes, en anglais, français (et l'année prochaine, en catalan) et ont un projet de café littéraire ! Merci Elen Hall et les autres...          

 




Sant-Jordi au Boulou 2008

16 04 2008

  (de gauche à droite : JPB, Aïssa Ouachek, Michel Perpinya et Etiane Chelle; heureusement que les amis étaient là !)

La fête catalan du livre (et de la rose) bat son plein dans les villages. Au Boulou, elle commence mal : très peu de gens intéressés, lecteurs inexistants, organisation chancelante, communiqués de presse minces ou inexistants. Quand une municipalité et une population s'intéressent si peu au livre, c'est grave et significatif de l'indigence des édiles. Ce sera sans aucun doute une vraie fête à Collioure (samedi 19 avril) et surtout à Perpignan (quai Vauban, 26 avril) où j'aurai un stand avec les amis de "Autres plumes".  

 Dans la rubrique "art mural" -voir un précédent article- cette imagerie, entre Banyuls et Cerbère, est naïve, mais fait l'éloge mérité des viticulteurs catalans qui travaillent dans des vignobles pentus ou en terrasses... (photo JPB)




Gala de Dali, exposition à Perpignan

05 04 2008

 

(le maire, J-Paul Alduy, avec Montse Aguer, responsable de la fondation Gala-Dali, et, de dos, Jean Casagran, commissaire de l'expo- photos J.P.Bonnel)

 (photo d'Amado Jover) Gala, toujours  nue,  plus provocante que muse...)

* exposition ouverte jusqu'au 8 août 2008, tous les jours sauf lundi, entrée libre -Couvent des Minimes, rue Rabelais, Perpignan.

 

L’exposition de Perpignan est consacrée à la vie de Gala, en images, depuis l’enfance russe jusqu’à la tombe du château de Pubol (situé entre Figueres et Cadaquès). Les photos les plus intéressantes sont au début de cet itinéraire ; hélas, ce sont de petits formats et il faut s’approcher pour se régaler des poses de l’époque surréaliste ! Dali, longiligne, en étudiant moustachu, cheveux longs, aux côtés d’Eluard, de Crevel et d’une Gala souriante, presque sympathique. Photographiée par Man Ray, « nue » dit le cartel, du moins à demi-nue, elle provoque les bons esprits du début du siècle.

Ce trajet trouvant sa dynamique dans la juxtaposition d’images mobiles, émouvantes, est  cependant convenu, divisé en trois périodes : la compagne d’Eluard, l’épouse de Dali, la créatrice ( ?) d’objets surréalistes. Mais les « commissaires » -sale expression- abusent du mythe de Gala « la muse », Gala « l’inspiratrice » ; c’était plutôt une femme d’affaires qui obligea le Maître à produire beaucoup et à dépenser encore plus (à New York, le couple s’est endetté et c’est l’Etat espagnol qui épongea, d’où la soumission de Salvador à Franco). C’était une femme de caractère qui structura l’artiste, sans doute, et lui apporta la sécurité, mais elle lui fit mener une vie de chien, le soumettant à ses fantasqmes et fantaisies, le trompant avec d’innombrables gigolos, le laissant seul, dans sa chambre d’hôtel, par exemple quand ils se rendaient à Perpignan, alors qu’elle batifolait dans la chambre contiguë…

Pourquoi cacher ces vérités, comme Dominique Bona, dans sa biographie de Gala ? Certes, le mythe est plus satisfaisant, plus séducteur et il fait vendre, pensons à Marilyn Monroë…Muse, non, inspiratrice surréaliste, encore non, les compagnons d’André Breton la détestaient et, lors des réunions du groupe, son rôle se limitait souvent à des parties de jambes et de sexes en l’air…Il faut relire la correspondance Gala/Eluard, chez Gallimard…Surtout, relire les textes autobiographiques de Dali et…se rendre au couvent des Minimes de Perpignan…Merci Jean Casagran, grand organisateur dalinien, qui a encore comme qualité sublime (prenez l’accent) d’être né exactement le même jour que moi, à Perpignan !!!

 




Chemins de la mémoire, de la liberté, de la démocratie

26 03 2008

  1. Pourquoi avoir créé une Direction générale de la Mémoire démocratique ?

 Domaines de travail de la Direction générale de la Mémoire démocratique :

La restitution de la mémoire démocratique constituait jusqu'à présent un déficit des administrations de notre pays. C'est la raison pour laquelle, au cours de ces dernières années, le Gouvernement catalan s'est engagé à mettre en œuvre une politique publique de restitution de la mémoire historique, dans un but bien précis: rendre hommage aux personnes qui se sont battues pour la démocratie et la liberté et revendiquer les valeurs de la lutte antifranquiste.

Cet engagement s'est traduit par la création de la Direction générale de la Mémoire démocratique et par le projet de création d'un Mémorial démocratique, la toute première institution de l'État chargée de la restitution de la mémoire historique. À travers ces deux instruments, le Gouvernement entend faire appliquer l'article 54 du Statut d'autonomie de la Catalogne, qui presse les pouvoirs publics de veiller à la connaissance et à la préservation de la mémoire démocratique de la Catalogne, qui constitue un véritable patrimoine collectif et témoigne de la résistance et du combat livré pour les libertés démocratiques.

 

1 Création du Mémorial démocratique.

2 Rédaction du projet de loi sur la localisation et l'identification des personnes disparues pendant la guerre civile espagnole et le régime franquiste.

3 Promotion de la restitution de la mémoire démocratique moyennant l'octroi d'aides aux communes, aux conseils généraux et aux associations à but non lucratif.

4 Remise en état, signalisation et mise en valeur des espaces et des itinéraires de la mémoire démocratique.

5 Programme d'aide aux ex-détenus politiques.

6 Organisation d'hommages, de commémorations, d'expositions, de conférences et de débats se rapportant à la restitution de la mémoire démocratique.

 

Pour tout contact : Generalitat de Catalunya – Departament d’Interior. www.gencat.cat/memorialdemocratic

2. Chemin de la liberté à SORT (région du Pallars en Catalogne, entre La Seu d'Urgell et Rialp, sur la route du Val d'Aran, vers Viella) Il s'agit d'un musée de la paix à la frontière et de l'expérience des fugitifs du nazisme à la ville de Sort. "Memorial democratic, Plaça Sant Eloi, 25560 Sort" - Mairie : 0034.973.62.00.10. Office de Tourisme T/973.62.10.02. - www.camidelaibertat.cat

3. Chemin de la Mémoire à Serinyà, entre Figueres et Gérone. C'est l'itinéraire que l'écrivain de Gérone Javier Cercas fait suivre à son héros dans son roman Les soldats de Salamine (éditions Actes Sud). Un haut responsable franquiste est sauvé de la mort par un milirtant anarchiste...Le Conseil communal du Pla de l'Estany a mis en place ce parcours qui permet de découvrir les installations du camp républicain durant la guerre civile. (rendez-vous le 30 mars 2008, à 10h30 au Parc des grottes (coves) préhistoriques. Route C-66 - 4 euros pour la participation, gratuité pour les moins de 12 ans. Tél.: 0034.972.59.33.10.




Musée mémoriel de l'exil : le MUM/E de La Junquera

25 03 2008

      Veille de Pâques. Nous étions six visiteurs au musée mémorial de l’exil (MUME), situé dans l’artère principale de La Junquera, village frontalier. Ils étaient six mille –au moins- dans les magasins et « ipermarkets » du Perthus, les consommateurs, touristes ou Catalans du Nord, en quête de boustifaille et d’agneau pascal… D’ailleurs, ils ne savent même pas que ce musée de la Retirada existe en ce lieu de passage international, dédié plutôt aux parkings de poids-lourds et aux bordels à bas prix….Pas d’affichage, pas d’information, ni en France, ni à la frontière. Sans doute faut-il s’intéresser à la chose, être concerné (avoir des parents qui ont connu la déroute républicaine de 1939), être motivé pour échouer dans la rue étroite qui mène à une sorte de blockhaus…

     Architecture d’acier rouillé qui évoque le passage, du temps, des siècles car, des exils, il en y eut toujours : rappelons-nous Ovide qui chante le sien dans ses Tristes, poèmes pathétiques, ou encore celui, en Corse, durant huit ans, de Sénèque, chassé par l’empereur Claude…Bâtiment compact, aux colorations jaunes, roses, orange. Traces de rouille, empreintes de pas, signes de passages, là ou un peu plus loin, par les chemins de maquis ou par les cols enneigés. Géométrie abrupte, un bloc de mémoire qui, désormais, est là, destinée à archiver, conserver les souvenirs, sous toutes ses formes : photos, films d’époque, dessins de prisonniers des camps de Collioure, Argelès, Saint-Cyprien, Barcarès, Rivesaltes et, plus loin, Bram et Gurs. Monument, pléonasme de souvenir. Mais aussi anti-monument qui se veut mémoire vive pour les générations présentes et à venir. Ne pas oublier car, on le sait tout en l’oubliant, la mémoire est courte, et l’indifférence presque totale, à considérer les foules investissant les temples du Veau d’or etr de l’Agneau bien peu mystique…Toute une société frappée d’elzheimer (zut, j’en ai oublié l’orthographe !) précoce.. ! Le MUM/E, une conception d’acier qui rappelle les « Passages » de Dani Karavan, dédiés à Walter Benjamin en exil définitif à Port-Bou…

            Exil, c’est ce destin invisible incarné par un serpentement de chemin flou qui angoisse car l’horizon masque le but ; c’est la cassure dans la vie, le projet personnel ou familial, la brissure d’un métier, le déracinement hors de son contexte social, hors des premiers rhizomes de l’enfance. Depuis Léreida ou Barcelone, marcher, seul dans la foule hagarde, avec son fardeau d’espoirs déchus. Quitter la rambla et avancer dans la poussière des sentiers, par la frontière hostile, à travers l’hiver des Albères, vers un camp précaire de rétention improvisé sur une plage au sable et aux vents inaccueillants.

            La visite du musée s’ouvre sur une citation de Shakespeare : « La liberté est loin d’ici et ici c’est l’exil. » (Le Roi Lear). Signe que ce lieu est ouvert, qu’il n’appartient pas, égoïstement à la Catalogne, mais que le thème traité intéresse le monde, et l’homme total. Il abrite le souvenir les vaincus d’un conflit inséré dans l’histoire européenne et la montée générale des fascismes et totalitarismes en tous genres. Le circuit est un chemin d’information, de réflexion, d’interprétation ; un rappel, surtout, des années 1936-39, de la guerre civile à La Retirada, puis des années de guerre, de Résistance, en France, et des camps de concentration en Pologne, Allemagne…Exposition sur le camp de Bram grâce aux clichés sauvés par A. Centelles, photographe né à Valence en 1909 et mort à Barcelone en 1985, interné un an dans ce camp de l’Aude. A noter aussi les variations de Francesc Abad, artiste catalan contemporain, sur les motifs de la mémoire et de l’oubli, belle –si l’on peut dire-dialectique de l’écriture, de l’inscription et de l’effacement, du gommage naturel ou de l’autocensure du cerveau…(œuvres de 2007).

            Les photos deviennent des icônes porteuses de mythologies quand l’objectif est pointé par Capa, Gerda Taro, David Seymour, Manuel Muos, Augustí Centelles, Perè Català Pic : Camp de Collioure, réfugiés sur la route de Céret, colonne de miliciens passant par Port-Vendres, tentes au camp du Barcarès, cohortes de réfugiés par le col d’Arres, arrivée de l’armée franquiste à la frontière du Përthus, attroupement de réfugiés attendant l’ouverture de la frontière (Perthus, 28.1.1939.)…

 

 

    L'intérieur du Mum/e

 

  Le camp de Collioure au Château royal.

        * Museu Memorial de l’Exili, C/Major 43-47, 177000 La Junquera. Tél. 00.34.972.556.533. – www.museuexili.cart -  prix d’entrée : 4 euros (réductions nombreuses), ouvert du mardi au samedi de 10 h à 18 h, dimanches et jours fériés, de 10 h à 14 h ;  (réserver : infomuseuexili.cat)

            * Exposition organisée au musée du 30 mars au 27 avril 2008 : « Els seus fills » (« Fils d’eux »), de 10 à 18 heures, sauf dimanche et fêtes (de 10 à 14 h), fermé le lundi.




Perpignan : chaussettes et magouillettes

24 03 2008

Analyse du journal L'Indépendant, principal quotidien local - Édition du samedi 22 mars 2008 - D.R.

Municipale de Perpignan : dans le doute, la justice tranchera...

 

L'élection de la liste de Jean-Paul Alduy est toujours contestée. Hier, après une semaine de vérifications, deux recours ont été déposés auprès du tribunal administratif par la liste Gauche-Modem et par le candidat FN. Désormais, la justice dispose de deux à trois mois pour statuer sur l'affaire.

Dernière ligne "droite" hier pour la liste gauche-Modem. Jean-Paul Alduy venait à peine d'être réinstallé dans son siège de maire que les opposants ont enclenché le compte à rebours. Regroupés au siège du CDC (convergence démocratique de Catalogne), ils se sont affairés toute la journée jusqu'à la dernière minute, ont épluché les listes d'émargements à la loupe, recompté les voix, vérifié les procurations... Jusqu'à ce que Me Amadei dépose in extremis à 18 heures en préfecture leur recours d'annulation des élections municipales auprès du tribunal administratif.

Un dossier de 162 pages étayé d'une quinzaine de griefs. Parmi eux, d'abord l'affaire du bureau de vote numéro 4 où le président a été surpris avec des bulletins de vote dans la poche et dans une chaussette mais aussi les "dysfonctionnements" qui seraient liés à des écarts "douteux" entre le nombre d'enveloppes et celui des signatures sur les listes d'émargements, des procurations "illicites ou frauduleuses" et une " propagande prohibée".

L'affaire du bureau n°4 : Plus précisément, les "unionistes" mettent l'accent sur l'arrêt du dépouillement dimanche au bureau de vote n° 4. "On estime que 300 enveloppes avaient déjà été ouvertes et qu'il en restait 600 sur la table sans surveillance et dans un contexte de confusion totale", expliquent-ils. "D'autre part, nous avons des jurisprudences. Le dépouillement n'a pas été fait sans désemparer. Le président a quitté ses fonctions puisqu'il a été placé en garde à vue". Au plan pénal, J. Amiel-Donat, J. Codognès et C. Ripoull déposeront prochainement une plainte pour "fraude électorale".

Autre souci, les émargements à proprement dit avec des différences "flagrantes" de signatures entre le premier et le second tour, des croix en guise de paraphe ou des "signatures faites sans que les personnes se soient déplacées". "Il y a des choses saugrenues comme du correcteur sur les procès verbaux ou encore, au bureau de vote n° 2, un nombre d'inscrits qui est supérieur au premier tour par rapport au second tour". Suivent les différentiels constatés dans certains bureaux entre le nombre de signatures et le nombre d'enveloppes dépouillées. "Au total, on a 38 534 signatures et on a 38 258 votants, ce qui veut dire que l'on a 250 voix dans la nature et que 250 personnes sont venues signer mais ont oublié de voter.".

La liste gauche-Modem pointe encore du doigt un certain nombre de procurations, dont plus de "300 ont été faites sur la base d'un imprimé". "C'est illégal. Il faut qu'il y ait un écrit, une lettre ou un mot de l'intéressé. On a eu des difficultés d'accès au registre spécial. Mais on a pu le consulter rapidement et on a vu que certains officiers de police judiciaire avaient fait des remarques. Elles montrent que parfois c'est une tierce personne qui a fait les démarches pour effectuer la procuration et que la personne concernée n'est pas informée".

"En tout état de cause, on est au-delà de 574 voix qui nous manquaient. Et je rappelle qu'il suffit de toute façon de la moitié.", a résumé Jacqueline Amiel-Donat. A ceci, les opposants ont ajouté des tracts jugés "diffamatoires" distribués la veille et l'avant-veille du second tour, la diffusion de bulletins municipaux sur le 3e âge, l'environnement, le comparatif de fiscalité entre le département et la ville "financés par les fonds publics" mais également des témoignages. Seize déclarations, dont 4 sous X, qui relatent les pratiques de fraude utilisées lors de précédents scrutins, qui avouent avoir participé à ces méthodes ou qui attestent avoir constaté des problèmes lors du second tour du 16 mars.

Louis Aliot aussi : "Je compte sur eux pour avoir accès au dossier", déclarait Louis Aliot, candidat du Front national, qui a également déposé de son côté un recours plus succinct. Ce dernier demande lui aussi l'annulation des opérations électorales et base spécifiquement sa requête sur "l'incident du bureau numéro 4". "Si j'avais obtenu 34 voix supplémentaires, nous aurions eu un élu de plus au conseil municipal", affirme-t-il. En outre, Louis Aliot estime avoir été lésé lors du débat de l'entre deux-tours organisé sur France 3 et auquel il n'avait pas été invité. Il a ainsi engagé une action sur le fond au civil. 

         * Analyse de l'hebdo "Le petit journal" : toute ces histoires de fraude sont des inventions médiatiques destinées à faire vendre des journaux...    * Récit de l'affaire par l'envoyé spécial du journal Le Monde (cf. numéro daté mercredi 26 mars)

  ça sent pas bon... (ci-jointe Merde d'Artiste, "oeuvre" de Piero Manzoni.

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Perpignan, municipales : chaud, chaud, chaussette, le printemps !

23 03 2008

Suite en images (signées Loïc ROBINOT) des péripéties post-électorales dans la capitale catalane, où le maire sortant a été réélu :

 

   Nous sommes bien au pays de Dali (Toile pour le Centre du Monde) ...                  

 




chaussettes de Perpignan : chaud printemps

20 03 2008

De notre reporter (association "Autres plumes") et ami Loïc Robinot, ces photos lors des manifestations devant la mairie de Perpignan, après les élections municipales et les suspicions de fraudes (574 voix séparent le maire sortant et "saussant" de la liste PS-PC-Verts-Modem). Chaudes les chaussettes de M. Jean-Paul Alduy...    Des bulletins dans son bas de laine...

Tout de même...

  souriez un peu, M.Alduy...  

       

 Comptez les bulletins de vote..!

 




Itinéraires culturels en Catalogne

12 03 2008

 Tossa de Mar

Catalogne des chemins d’interprétation et des itinéraires autoguidés

             Mon livre, Trente itinéraires culturels en Catalogne, à paraître en avril 2008 aux Nouvelles Presses du Languedoc, devrait permettre la découverte géographique et artistique du riche et pittoresque espace constitué par la Catalogne (en-deçà et au-delà des Pyrénées). Il a vocation à initier le non-spécialiste ou le touriste aux œuvres de maîtres comme Picasso (à Perpignan et Céret) ou Matisse (à Collioure), de poètes (Machado), de chercheurs et intellectuels tels que François Arago, Alfred Sauvy, d’artistes et architectes : Gaudi à Barcelone, Rennie Macintosh à Port-Vendres, Santiago Rusiñol à Sitges, et bien d’autres…

Cet ouvrage aura un rôle d’autoguide : de même que les musées proposent d’écouter un commentaire de l’exposition en cours, chaque « chemin d’interprétation » sera une invitation, par la lecture, et gràce aux nombreuses illustrations en couleur, à la découverte d’un lieu à partir de la présence humaine, littéraire, artistique ou scientifique, d’une personnalité locale reconnue de façon nationale et, le plus souvent, internationale. Comme l’a affirmé Salvador Dali -qui occupe une place d’honneur en ouvrant la marche du livre-, il s’agit de partir de « l’ultralocal pour accéder à l'universel » ; pensons, à ce propos, au qualificatif célèbre attribué à Joan Miro, ce « Catalan universel » !

   Les plans, informant sur les meilleurs choix pour se déplacer d’un lieu à un autre, permettent de situer la promenade choisie ; en effet, l’itinéraire ne se veut pas étroitement « culturel », mais devrait suggérer aux plus aptes et aux plus hardis, une promenade à pied ou une randonnée plus sportive. Cependant, pour franchir ce pas et s’aventurer, par exemple depuis le Vernet-les-bains de Claude Simon en direction du Canigou, ou à partir de Cadaquès et Port-Lligat vers le Cap Creus ou le monastère de San Pere de Roda, il faut sécuriser le projet et se munir d’une carte plus détaillée…

Un guide subjectif, donc, et littéraire, avant tout, sans toutefois négliger les aspects matériels (informations sur la restauration, l'hôtellerie, les campings, les chemins balisés, les lieux de spectacles...)




Chemins de la Retirada, FFREEE et Malraux à Saint-Estève

02 02 2008

Les hommages rendus aux épisodes tragiques de la Retirada et de l'exil des Républicains espagnols et catalans en France, ou ailleurs (en Algérie, par exemple) constituent toujours des événements auxquels il faut participer. Rendez-vous est donc pris, cette année, du 22 au 25 février, à Argelès, au Col d'Ares et à Collioure (marche, prix Antonio Machado, conférences et spectacles; pour tout renseignement : FFREEE: 04.68.95.86.03.)

Un autre hommage à la Catalogne, à l'Espagne démocratique et à l'action d'André Malraux, sera proposé du 16 au 19 octobre, à Saint-Estève, espace St-Mamet, dans le cadre de "Lire en fête". Le programme n'est pas encore arrêté de façon officielle, mais on peut compter sur la projection de L'ESPOIR, le jeudi 16, d'une conférence de Gérard Salgas sur le Malraux littéraire (vendredi 17 à 19h) suivie d'un récital du guitariste francis Ortiz, d'un commentaire de l'exposition sur L'Espoir et Malraux et le patrimoine, par J.Pierre Bonnel, le samedi 18 à 18h30. La soirée se poursuivra par un spectacle de danses du monde. On en reparlera...D'autres événements nous attendent, tel le recueillement au Camp de Rivesaltes pour les journées du Patrimoine...Nous avons la mémoire longue !!!




Malraux à Vernet (2)

29 01 2008

Grâce à l'Association internationale des Amitiés André Malraux dont je suis le correspondant en Catalogne, une exposition va avoir lieu à Vernet-les-Bains :

 INAUGURATION LE VENDREDI 15 FEVRIER A 17 H

A LA MAISON DU PATRIMOINE DE VERNET LES BAINS

 

L’exposition biographique sur André Malraux en provenance de Strasbourg évoque la vie de cet homme public, un personnage romanesque et complexe comme l’histoire du XXème siècle dont il a épousé de nombreuses causes.

Les 19 panneaux retracent l’histoire personnelle et les facettes les plus emblématiques de Malraux : l’enfance, l’Espagne, le Japon, le Farfelu, le Ministre, les artistes de son temps, les écrivains de son temps, le Musée Imaginaire, les morts tutélaires, l’Inde, le Cinéma, la condition humaine, la Mort, Dialogues avec l’Histoire, Combats, le Bangladesh, Religions.

 

 L’héritage d’André Malraux c’est une œuvre littéraire avec le roman « L’espoir » dont quelques chapitres ont été écrits à Vernet les Bains en 1937 ; c’est aussi un texte  qui fait  date en matière d’urbanisme ; on doit en effet  à Malraux l’impulsion de la loi sur les secteurs sauvegardés qui à partir des années 60 a permis de conserver  et restaurer des centres-villes comme Uzès, Perpignan, Nîmes, Narbonne, Pézenas et Montpellier en Languedoc-Roussillon.


L’exposition présentée à Vernet les Bains, avec le concours de l’Association des Amitiés Internationales André Malraux, offre un regard sur une personne de son temps, qui au-delà des errances de l’époque, s’est forgé une personnalité qui reste gravée dans les mémoires
                                                                                                                                                            

                                                                                             

 




SOUTINE à Céret et à Paris (Pinacothèque de la ville)

23 01 2008

    En ce premier de l'an  2008, je ne m'attendais pas à retrouver Soutine, ici à Paris, et dans un musée qui m'était inconnu. Salles obscures qui descendent vers une sorte d'enfer du métier de peindre...

            Je m’attarde surtout sur la période de Céret ; Chaïm l’exilé, le marginal, y vécut pauvre et incompris, de 1919 à 1922. Dans la cité cerise du Vallespir, il peint les maisons, les places, les platanes. Surtout ces arbres qui conviennt plus aux artères pour marchés conviviaux qu’aux bordures de routes départementales.

            Période folle de Céret, barbouillis rouge, vertige, tourment causé par le vent du nord et le mal intérieur. Montagnes, platanes, on ne reconnaît pas la sous-préfecture assoupie au pied des Pyrénées. Elle tourne comme un manège. Soutine brasse ses pots de peinture. Il invente une nouvelle modernité, ce « style » qui est la marque des innovateurs.

            Rien à discerner, par exemple, dans le Paysage aux figuiers de 1920/22. Il en est de même et à peine un peu de réalisme dans Les grands arbres bleus de Céret (1922) : des habitations, à gauche, et un grand feu d’artifice d’arbres ; encore un bouquet de platanes ! Voici pourtant le décor de la ville cubique du Vallespir : l’Etal de la boucherie, daté de 1919 et, encore Les platanes de Céret, le Paysage au grand arbre, le Couvent des Capucins, tous de 1920. Ou, enfin (mais tout Céret n’est pas réuni là ; j’avais vu d’autres œuvres lors de la fabuleuse rétrospective du MAMOC de Céret, en 2000), la Colline de Céret, de 1921/22. On est pris de transe face à cet expressionnisme, à cette subjectivité dite exarcerbé ou mieux, comme l’a écrit Elie Faure, en 1929, face à ce « lyrisme de la matière ».

 Je reviens vers Les Capucins, vaste lieu acheté par Burty Haviland et offert aux artistes en quête d’atelier, les Soutine, Picasso, Braque, Manolo… Cette habitation massive est un nuage triangulaire blanc et rouge dans un ciel d’arbres : la toile est saturée de traits gouacheurs… Ce fou de peinture éprouve le besoin de combler l’espace, de remplir la surface, mise en reflief par les coups de poings des pinceaux.

            Les objets tout en longueur semblent l’intéresser, poissons, harengs, pain et violon rouge côte à côte, en parallèle, tombant vers le bas du tableau. pour les personnages, étirés vers le bas plus que vers la verticale mystique des visages du Greco à Tolède. Les lièvres, volailles, moutons, poulets au mur de briques sont tous pendus ; la pesanteur de la mort étirent de même les personnages qui semblent, eux aussi, suspendus au-dessus du néant de la vie. Tel Soutine.

            Un attroupement cerne le portrait de La folle, 1919, aux grosses mains noueuses posées sur les genoux On s’étonne de la signature à l’envers dans Le bœuf écorché (1925, musée de Berne) mais ce n’est pas une erreur ou un égarement : voir l’érudition du catalogue.

 Face au Grotesque de 1922 (propriété du MAM de la ville de Paris), le promeneur du 21° siècle se croit devant un Francis Bacon ; Soutine a enfanté les provocations de l’Anglais déformateur.

Mais quand, à Vence, à partir de 1929, les arbres se calment et sont presque réel et immobiles, c’est que l’artiste a trouvé un équilibre, grâce à la reconnaissance et à une existence plus cossue.. ? Le style est soudain moins fort, moins puissant, moins terrifiant. Plus souriant, plus conforme au goût des gens, marchands et acheteurs, il est devenu plus insipide, jusqu’à la fin. Il ne reste qu’à sortir. Non, il faut revenir à la période rouge céretane… (8 Place de la Madeleine, jusqu'au 8 mars 2008)

A propos de platanes, il faut revenir, là aussi, à Julien Gracq. Je lis dans ses Lettrines ou journal d'un lecteur exigeant (la plupart des écrivains donnent plutôt à voir leurs... latrines !) ce paragraphe célébrant le héros cérétan et soutinien : "Céret consacre ses rues à la gloire du platane. Enormes, crevant au-dessus des toits en dômes orageux, couvrant rues et tuiles d'une neige de feuilles roussies, écartant de chaque côté les façades de leur poussée turgescente, ils sont ici comme les colonnades d'un Parthénon arborescent que la broussaille naine des maisons aurait colonisé." (édition La Pléiade, page 239)

 




Walter Benjamin, le scandale de l'hôtel de Francia et Cees Nooteboom

10 11 2007

Walter Benjamin et le scandale de la destruction de l’hôtel de Francia à Port-Bou !

 

Walter Benjamin par Cees Nooteboom, Jean Clair et Laure Murat     

 

 

Le livre du temps et du souvenir, Le jour des morts, de l’écrivain néerlandais vivant à Minorque Cees Nooteboom, aborde, de façon légère, comment sans y toucher, les problèmes cruciaux du XX° siècle, l’exil, la mémoire, la guerre, le nazisme… Ainsi, le narrateur revient dans le passé, en retournant à Berlin, ville « moins excitant que Madrid ou New York », à contrecœur : « Je suis partout un peu à contrecoeur » (édition folio, page 39) La question des migrations, des tentatives, de la part des Africains, par exemple, pour trouver un meilleur destin en Europe, est évoquée, page 28, dans un rapide dialogue :

-Le Tiers-Monde ne va pas tarder à venir ici. D’ailleurs, il y est déjà.

-Personne ne veut le savoir. Il doit rester le plus éloigné possible.

            Le vieil homme juge son siècle, mais se laisse aussi aller à considérer la jeunesse du XXI° siècle commençant ; les jeunes –et c’est un poncif quasi généralisé, à présent, alors que grâce aux médias actuels, ils ont beaucoup plus de connaissances que les générations antérieures !- sont incultes, sans racines, sans repères, sans critères de valeurs : « …contacts que j’ai, de temps en temps, avec des étudiants, ou enfants de mes amis, jeconstate qu’ils ne savent pratiquement plus rien, leurs lacunes sont invraisemblables, ils vivent dans un présent amorphe, le monde n’a jamais existé avant eux… » (p.246)

            La lecture de ce drôle de « roman d’amour et de mélancolie, dépourvu de colonne vertébrale, avançant au gré d’une mémoire capricieuse, s’interroge aussi sur Walter Benjamin : que serait devenu le philosophe s’il ne s’était pas suicidé à Port-Bou…

l’hôtel de Francia, avant qu’il ne soit détruit, en juin 2007 ! ô scandale, événement considérable passé sous silence, sans réaction de la population, sans intervention de la mairie, alors que j’avais parlé, en mai, lors de la marche sur le chemin W.B. balisé depuis Banyuls, avec le maire socialiste, nouvellement élu, et qu’il m’avait assuré de son intention de tout faire pour la connaissance de W.Benjamin à Port-Bou.. !)

Serait-il devenu célèbre, alors qu’il a subi un purgatoire, en forme de censure, pendant plusieurs décennies.. ? Quels livres aurait-il écrits.. ? Questions vaines, sans doute, aujourd’hui… Nooteboom écrit, page 26 :

« Si W.B. ne s’était pas découragé après le premier échec, là-bas au pied des Pyrénées, il aurait réussi, naturellement. Parce que les Espagnols avaient beau être des cochons de fascistes, ils n’ont tout de même jamais envoyé leurs juifs à Hitler. Je ne sais pas, mais le suicide m’a toujours fait tiquer… » Bien sûr, on n’arrêtera pas de regretter le suicide, car, le lendemain, la police de Port-Bou a laissé passer les compagnons de route et d’exil de l’écrivain…Il aurait réussi à traverser l’Espagne, à atteindre le Portugal et à s’embarquer : il serait arrivé en Amérique et aurait retrouvé Adorno, Horkheimer et les autres intellectuels juifs partis de Marseille ou d’ailleurs…Mais cela sert à quoi de regetter et d’écrire des œuvres nostalgiques. On rêve à des romans plus constructifs, mais cette qualité n’est pas l’apanage des écrivains d’aujourd’hui, se tournant vers leur passé pour s’auto-célébrer, tel Sollers…). Ecrivains du XXI, positivez !