Camp de Rivesaltes, Collioure, exposition de Gerhard SCHOLZ, prisonnier de guerre

 

Le Dépôt 162 du camp Joffre à Rivesaltes – l’internement des  prisonniers de guerre de l’Axe

   Au début de la Seconde Guerre mondiale se trouvaient sur le sol français quelque 200 camps où l’État internait des "étrangers ennemis indésirables ou suspects pour la sécurité nationale ou l’ordre public ».

Il s’agissait en réalité et en priorité de réfugiés de la Guerre Civile en Espagne, de Tziganes discriminés sous le nom de « nomades espions», et de Juifs qui avaient échappé à la persécution nazie et qui furent, pour une grande partie, déportés ensuite vers les camps d’extermination.

L’un des plus importants de ces lieux d’internement se trouve près de Perpignan: le camp militaire Joffre de Rivesaltes. Il accueillit après la Libération du département (19 -  8 - 1944) d’abord des collaborateurs,  puis, sous la responsabilité des Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I.), des prisonniers de guerre. En octobre 1945 eut lieu l’ouverture officielle du Dépôt des Prisonniers de Guerre de l’Axe N° 162 au camp Joffre de Rivesaltes avec 500 prisonniers allemands et 303 Italiens sous  autorité militaire et répartis sur plusieurs îlots du camp.

Onze mois plus tard, le nombre des captifs  augmentait à presque 11000 hommes. En même temps la mortalité atteignait un niveau jusqu’alors inconnu : au seul mois de septembre 1945, par exemple, 160 hommes décédèrent au camp Joffre, chaque jour une dizaine ou plus, dont les identités sont conservées dans le registre d’état civil de la commune de Rivesaltes, avec les causes de leur décès.

Pour la plus grande partie d’entre eux le médecin avait noté  « dysenterie cachexie », puis quelques cas de « morts par balles » ou d’« accidents de déminage » sont aussi rapportés.

La réalité était certainement plus complexe. Il y avait la faim, le manque d’hygiène, l’épuisement, l’incertitude face à leur destin, un état de dépression ou de culpabilité après l’effondrement du Reich ne sachant ce qu’étaient devenues leurs familles sous les bombardements alliés pendant les derniers mois de la guerre. Beaucoup d’entre eux, surtout des jeunes,  souffraient de l’inactivité forcée, car il n’y avait pas encore la possibilité de travailler à l’extérieur des barbelés.

En automne 1945 (jusqu’à l’été 1946), un kommando d’environ 1000 prisonniers allemands fut installé derrière les murs du Château Royal à Collioure dont le commandant était un civil, M. André Albitre. Ils devaient déminer les plages et les collines dans les environs et exécuter d’autres travaux d’aménagement dans le village même.

Un changement au poste du commandant au camp principal de Rivesaltes, début 1946, mais aussi le basculement de l’opinion publique envers le traitement des prisonniers de guerre en France, entraîna peu à peu l’amélioration des conditions de vie et la baisse de mortalité au Dépôt 162.

La grande majorité des hommes partait dans des kommandos de travail, soit dans l’agriculture, soit dans les mines. À l’intérieur du camp se développait une certaine vie culturelle : on créa un groupe de théâtre, des équipes de sport, un orchestre, des ateliers d’artisanat; on organisait des expositions d’art, des conférences, des cours de langue. La vie se normalisait... À partir du printemps 1946, les « correspondances P.G. » devinrent possibles - censurées, bien sûr - avec les familles dans les différentes zones de l’Allemagne occupée. Le 1er mai 1948, le Dépôt 162 du camp Joffre fut vidé et fermé officiellement.    

 Vernissage le vendredi 12 février 2010, à partir de 18h30, à Collioure (ancienne mairie)

 

Exposition des peintures de l’ancien prisonnier de guerre  - GERHARD SCHOLZ   à Collioure    

* Notices biographiques: Gerhard Scholz, né le 30.12.1921 à Breslau (ancienne province de l’Allemagne), vient d’une famille très pauvre. Fils d’un ouvrier qui était  membre du parti socialdémocrate.allemand, il apprend le métier d’un peintre de panneaux publicitaires, montrant très jeune déjà des dons pour le dessin.

Après une formation comme opérateur radio à Metz, il est appelé en 1941, à l’âge de 20 ans, et doit partir pour le front russe. Blessé à la retraite de la Wehrmacht, il est soigné en Allemagne, retourne en France pour un  stage et est fait prisonnier de guerre en novembre 1944, près de Chartres, par les Américains.

   Durant l'été 1945, Gerhard Scholz est transmis à l’armée française avec des milliers d’autres soldats de l’ex-Wehrmacht. Interné dans le Dépôt 162 au camp Joffre de Rivesaltes, il est réquisitionné dans un Kommando au Château Royal de Collioure pour déminer les côtes et remettre en état les dégradations commises pendant l’Occupation.

Sa réputation de peintre se répand. On lui trouve ou il achète du papier et des pinceaux, rares et chers à cette époque d’après-guerre. (C’est pouquoi un certain nombre de peintures porte d’autres dessins au verso) Il a la chance d’être rappelé au camp principal pour aider à préparer une exposition de peintures derrière les barbelés de Rivesaltes. 

C’est comme ça qu’il crée, fasciné par la lumière et les couleurs des paysages du Roussillon après les années sombres de la guerre, une quarantaine d’aquarelles qui forment un contraste fort avec les circonstances de la vie en captivité. Il les a préservées jusqu’à aujourd’hui sans les montrer à personne, exceptés sa femme et quelques-uns de ses anciens camarades.  

Après la guerre, cette période de sa vie, la captivité, qu’il a vécue entre 1945 et 1948 à Collioure, Gruissan et  Rivesaltes et où son talent d’artiste s’est développé, l’aidera à faire ses études d’art et devenir plus tard professeur de dessin à l’Ecole des Beaux-Arts à Brême. C’est dans cette ville dans le nord de l’Allemagne qu’il vit toujours, à la retraite maintenant et âgé de 88 ans, avec son épouse Hertha, sa fille et son petit-fils de10 ans.

*** Dans le cadre de l’association « Trajectoires », Barbara Brix et Madeleine Claus recueillent, depuis plus d’un an, des témoignages d’anciens prisonniers de guerre allemands (ou de leur famille) qui sont passés dans le camp de Rivesaltes.                                                                               

   Lors de ces interviews elles ont été dirigées vers Gerhard Scholz, qui a peint pendant sa captivité à Rivesaltes et Collioure, une quarantaine d’aquarelles. Au domicile du peintre, à Brême, Barbara Brix et la photographe Nicole Bergé ont pu constater la richesse de ces peintures, tant sur le plan documentaire que mémoriel et artistique. C’est ainsi qu’avec l’aide de la municipalité de Collioure ce projet d'exposition a pu prendre forme. De plus, les archives départementales, conscientes de l’intérêt de ces peintures, les ont acquises fin 2009.

L’association « Trajectoires », Barbara Brix et Madeleine Claus sont donc particulièrement fières et heureuses de vous annoncer le vernissage de cette exposition qui aura lieu en présence du peintre (88 ans).

Nous avons souhaité la tenue d’une conférence et d’une table ronde afin de replacer cet événement dans son contexte historique, et poser la question complexe de la mémoire de la captivité des vaincus. Avec Christian Xanxo (historien), Michel Lloubes (journaliste), Geneviève Erramuzpé (directrice de la maison d'Izieu), Lore Kleiber (politologue et pédagogue auprès de la Maison de la conférence de Wannsee, Berlin).

Écrit par cat le Mardi 9 février 2010
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Invictus de Henley, Eastwood et Mandela

Hors de la nuit qui me recouvre,
Noire comme un puits d'un pôle à l'autre,
Je remercie les dieux, quoi qu'ils puissent être
Pour mon âme indomptable.

Tombé dans l'étreinte des circonstances
Je n'ai pas gémi ni pleuré à voix haute.
Sous les coups de la fortune
Ma tête est ensanglantée, mais redressée.

Au-delà de ce monde de colère et de pleurs
Ne plane que l'Horreur de l'ombre.
Et pourtant la menace du temps
Me trouve et me trouvera, sans peur.

Peu importe l'étroitesse de la porte,
Le nombre des punitions sur le parchemin,
Je suis le maître de mon destin :
Je suis le capitaine de mon âme.

 Poème préféré de Mandela, écrit par de William Ernest Henley.

 

   Invictus est un film sur la poésie, qui peut soulever des montagnes et donner l'espoir au coeur d'un homme qui a passé 27 ans en prison.

   C'est aussi un film sur le rugby, capable de souder une communauté et être le moteur de la réconciliation entre les Noirs et les Blancs d'Afrique du Sud, durant la coupe du monde de 1995. Même si les acteurs qui jouent les Sprinboks et les All Blacks s'écrasent comme des clafoutis durant les mêlées...et sont peu crédibles (les Français étant filmés comme des fantômes !)... Même si rien n'est dit de l'empoisonnement des néo-zélandais, à la veille de la finale du 24 juin...

Il s'agit surtout d'un hommage à Mandela et on préfère retenir cet aspect positif, même si le pathos et le subjectif l'emportent sur la vérité historique et occultent la situation catastrophique de l'Afrique du sud du XXIème siècle. On apprend, en effet, peu de choses sur la vie et les combats de "Madiba", sur son passé et sa famille : l'hagiographie domine et le spectateur accepte ce point de vue car Mandela est un homme unique, une sorte de saint qui prône l'oubli du mal ancien, le pardon et demande à ses amis de ranger la vengeance au magasin des accessoires inutiles et dangereux pour l'avenir et l'unité de la nation. L'obsession du pardon est une stratégie politique, mais ce n'est pas l'hypocrisie qui guide "Bafana", c'est la sagesse de celui qui a eu le temps de méditer sur le monde et sur les valeurs suprêmes : amour, amitié, solidarité, modestie, poésie... 

   Bien sûr, Clint Eastwood nous raconte une légende, la vie magnifiée d'un homme exceptionnel. La reconstitution historique est très lacunaire, de même que l'attention portée aux coutumes de l'Afrique du Sud. Ainsi, de nombreuses erreurs concernant le salut zoulou, le serrement de mains, même si l'habitude du "muti" (lait caillé) du soir est exacte; en outre, les voitures de l'époque étaient de grosses mercédès, des japonaises (la Toyota Cressida, jamais distribuée en France, par exemple); les policiers n'avaient pas de "city golf" comme, à la fin du film, à l'extérieur du stade; les Russes étaient en nombre, mais on ne les voit jamais...Enfin, le port d'armes était légal, dans les années 1990-95, ce qui n'apparaît jamais, même si le thème de la sécurité est omniprésent, avec les gardes du corps commandés par un "Jason" noir, ami fidèle et obéissant, devenu le chef d'une troupe d'Argonautes "arc-en-ciel", aux couleurs d'un pays  réconcilié...  


Écrit par cat le Samedi 6 février 2010
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L'ennemi intérieur - Mathieu Rigouste

   Vendredi 30 janvier dernier, à la librairie Torcatis de Perpignan, est présenté le livre de Mathieu Rigouste, L’ennemi intérieur, représentant sa thèse sur l’idéologie sécuritaire.

   L’affaire des inculpés de Tarnac remonte à 2007 : Alain Bauer, ancien de l’UNEF-ID, ancien du grand Orient de France, désormais agissant à la direction antiterroriste, fusion des RG et de la DST, lit sur le net la parution du livre « L’insurrection qui vient »…Ce mouvement se trouve alors amalgamé avec le mouvement anti-CPE : à l’époque, deux manifestants, se rendant à une manifestation, sont placés en garde à vue et inculpés pour fabrication d’explosifs ; en effet, ils avaient sur eux des…fumigènes ! 

   En juin 2008, sort un rapport des RG sur l’ultra-gauche et les autonomes : Julien Coupart est surveillé par la police anti-terroriste…

   Ensuite la ferme de Gontailloux est mise sur écoute ainsi que l’épicerie du village de Tarnac. Le groupe de « marginaux » est accusé d’actes de malveillance : d’avoir placé des fers à béton sur des lignes TGV, occasionnant le retard de 160 trains. Le 11 novembre 2008, 150 policiers, appuyés par des hélicoptères, bouclent le village ; c’est l’opération Taïga. Le procureur Jean-Claude Martin, voix du Président de la République, joue son rôle d’accusateur dans cette affaire, comme dans l’affaire Villepin-Clearstream actuelle…

   Mathieu Rigouste montre comment l’Etat se nourrit de « l’ennemi intérieur », ou le crée de toutes pièces afin d’effrayer la population et de réunir la nation…Il analyse l’action des polices étudiant les actions (comités de soutien) et réactions de la population : les inculpations et les gardes à vue permettent d’enrichir les fichiers de l’administration… Puis le discours identitaire ajoute à la xénophobie d’Etat. L’auteur dresse l’historique de l’idéologie sécuritaire ; en France, le sécuritaire, "rencontre du commandement et du spectacle", naît dans les années 70. Il s’agit là d’une machine de guerre électorale (récupérer les voix de l’extrême droite) et surtout d’un marché juteux… Ainsi, en 2002, le marché sécuritaire (vente de caméras de télésurveillance et tout l’appareillage des villes et de certaines personnes aisées) a dépassé, aux Etats-Unis, les bénéfices de l’industrie cinématographique d’Hollywood… Chez nous, on progresse : Français apeurés, encore un effort pour vous équiper.. !

Un exposé précis, fort, argumenté, qui fait froid dans le dos et a créé un malaise certain dans l’assistance… 

 Mathieu Rigouste. Le jeune chercheur vient de publier sa thèse aux éditions La Découverte (22 euros)

 

Écrit par cat le Vendredi 5 février 2010
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La santé et les déchets nucléaires

 

Voici une info très préoccupante à faire circuler :

   En permanence, il faut rester sur ses gardes...

   Une information absolument incroyable du Journal Ouest France du vendredi 8 janvier dernier, fait état d'un décret absolument scandaleux du gouvernement. Ce décret, paru au Journal Officiel le 14 mai 2009, est passé inaperçu, jusqu'à ce que la CRIIRAD découvre le pot aux roses.
  Ainsi, le gouvernement a décidé d'autoriser par décret le recyclage des métaux, plastiques et gravats issus du démantèlement d'installations nucléaires, de manière à s'en servir à la fabrication de ciment ou d'acier.. Ce décret permettra de recycler des millions de tonnes de rebuts radioactifs, dont l'industrie du nucléaire ne saurait pas quoi faire (exemple : ce qui se passe actuellement avec le démantèlement de la centrale de Brennilis, en Bretagne). Constituant une dérogation à la décision prise en 2002 d'interdire le recyclage de ces déchets nucléaires dans les produits de construction et les biens de consommation, ce décret va permettre de disséminer sur le marché des objets de consommation courante contenant des matières faiblement radioactives. On verra également des vélos, des voitures, des maisons, etc, réalisés avec des matériaux issus de ce recyclage.
   On a déjà un énorme problème de santé publique avec les pesticides source de cancers en nombre sans cesse croissant. On va ainsi rajouter une autre source de cancer, et après il ne faudra pas s'étonner que le cancer se développe de manière quasi épidémique.
   Pour l'heure, la CRIIRAD, selon le journal Ouest France, a déposé une requête au Conseil d'Etat pour excès de pouvoir, afin de bloquer cette décision scandaleuse. Espérons que cette organistation totalement indépendante de tout lobby saura faire entendre raison à l'Etat Français.

                                               http://www.criirad.org/

   Marottes.  (photo Jean-Pierre Bonnel)

Écrit par cat le Jeudi 4 février 2010
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Frêche pétainiste et catalanisme intégriste

  1. AUTOCRITIQUE.
  2. Un correspondant courageusement anonyme m'écrit que mon texte vole bas...En effet, je le confesse, il est assez nul : j'ai essayé de me mettre au niveau des aphorismes de G.Frêche, mais je n'ai pas réussi à aller aussi loin dans le simplisme, la vulgarité et le pétainisme. A ce propos, et pour voler plus haut, je joins deux articles de Laurent Dispot. (*)
  3. En outre, quel rapport entre l'autocrate de Montpellier et le cinéma catalan... Aucun, c'est vrai, si ce n'est le (mauvais) cinéma de M. Frêche... Et l'esprit totalitariste qui pourrit le "socialisme" frêchien et l'intégrisme catalaniste... 
  4. Merci de citer au moins trois cinéastes catalans d'une certaine envergure ou notoriété...
  5. Si les élus catalans ont recours à des lois coercitives afin de défendre leur langue, c'est mauvais signe; signe d'une moindre influence, de difficultés sociales ou économiques en Catalogne, signe que la communauté se replie sur elle-même : le non-Catalan attend une attitude plus ouverte, susceptible de le motiver pour s'intéresser à une langue et à une culture si riches et si captivantes...

 Jean-Paul Alfuy et Georges Frêche. 

(*)  La France FrêcheLaurent Dispot

Il y a donc aujourd’hui “la France Frêche” comme il y eut “la France moisie”, celle du régime de Pétain selon Philippe Sollers. La Règle du jeu par un article dans Libération du 30 novembre 2006,  signé Laurent Dispot, avait appelé le Parti socialiste au principe de précaution contre la bombe de la “France Frêche” qui explose trois ans après, en janvier 2010, avec une déclaration contre Laurent Fabius du potentat populiste de Montpellier qui jouit  d’une licence de “socialiste” en franchising grâce à la direction du PS. Laurent Fabius est un catholique d’origine juive, comme le cardinal Lustiger et tant d’autres, mais le Frêche dit de lui dans L’Express : «Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique». C’est exactement l’argument des harceleurs maurrassiens de l’Action Française contre Léon Blum, qui faillirent aboutir à son assassinat en pleine rue après un début de lynchage. Les ravages pour le PS seront bien plus graves et durables, juste avant les élections régionales, que si le cancer idéologique et politique nommé Frêche avait été traité il y a trois ans comme le demandait cet article dans Libération : on a prétendu éviter de souffrir et on souffrira beaucoup plus. Les déchirements seront bien plus douloureux et handicapants. Les historiens, et d’abord les militants, premiers témoins, diront quels dirigeants du Parti socialiste ont le plus engagé le poids de leur responsabilité pour empêcher la chirurgie urgente contre le cancer Frêche __ les noms de Ségolène Royal et François Hollande étant de notoriété publique, comme  c’était déjà l’évidence il y a trois ans dans cet article, les plus compromis dans le long blocage contre l’assainissement et la morale la plus élémentaire. La circonstance de cet article : un coup de feu à la sortie d’un match au Parc des Princes, par un “Black” du service d’ordre, pour protéger, dira-t-il, un spectateur harcelé en tant que Juif. Or cet incident à odeurs mêlées de racisme et de foot venait peu de temps après une déclaration du Frêche contre un “trop” insupportable et honteux de Noirs  dans l’équipe de France de football : « Dans cette équipe, il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s’il y en a autant, c’est parce que les Blancs sont nuls. J’ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze Blacks ». On sait ce que signifie poser au sociologue et à la science pour parler de “races” comme d’une normalité, d’une norme à imposer. Du football à Laurent Fabius, le même personnage, et les mêmes protecteurs ; pour parler à la Ionesco : le rhinocéros Frêche, ou comment s’en débarrasser. 

De haine et d’eau Frêche, par LAURENT DISPOT, rédacteur à la revue la Règle du jeu - Libération, 30 novembre 2006

Lorsque se produisit le drame du Parc des Princes, le toujours «socialiste» Georges Frêche venait tout juste de brailler qu’il y aurait trop de Noirs dans le football : le coup de feu fut précédé par cette huile sur le feu. Déjà, quelques semaines après la cérémonie mondiale d’Auschwitz, la planète effarée avait découvert qu’un responsable français pouvait crier en public : «Vous êtes des sous-hommes» à des harkis, donc à tous les Arabes, à tous les musulmans, à tous les immigrés, sans se voir aussitôt exclu de sa formation politique.

Il s’agissait du même Auguste halluciné qui pose au sectateur de Robespierre, une Elena Ceausescu version macho septimaniaque, entre les Douze Césars de Suétone, le Caligula de Camus et le Trimalcion de Pétrone. Un de ces présidents de régions appelés à restaurer, dans le système Royal, les ducs et pairs. Le cas Frêche pose la question des contre-pouvoirs face à l’augmentation du pouvoir des régions, programme de la candidate socialiste. L’intention de Gaston Defferre était que la région fût gérée comme une entreprise ; pas que son PDG se comportât en autocrate.

L’événement de 1968 qui reste actuel est l’assassinat de Martin Luther King. C’est en “soixante-huitard” moderne du XXIe siècle qu’il faut choisir aujourd’hui contre Frêche le côté Condoleezza Rice, Barak Obama, Lilian Thuram. Avant d’éructer contre les harkis et les Noirs, Frêche a traité les catholiques d’«abrutis», et coupé les vivres à des budgets culturels en croyant punir les intellectuels. Mais il offre, avec tout le grotesque de son personnage, une parfaite illustration de «l’idéologie française» de Bernard-Henri Lévy, et un jeu de mots en gag surréaliste pour confirmer le fameux concept de «France moisie» de Philippe Sollers : «la France-Frêche». En prononçant la phrase sur le trop-de-Noirs-dans-l’équipe-de-France-de-football, Frêche n’a été qu’une poupée de ventriloque : elle n’est pas de lui, mais de Le Pen à l’occasion du Mondial de 1998. Devenue depuis un des psittacismes les plus éculés de l’extrême droite pour servir de signal d’offre de service, de ralliement à cette mouvance. Mais un policier antillais, un Noir de France, vient de risquer sa vie et de résister de toutes ses forces pour sauver un Juif.

C’est le contraire du drame atroce d’Ilan Halimi. Et le contraire de la stratégie de Dieudonné qui consiste à retourner les Blacks-Blancs-Beurs antiracistes en un groupe fusionné par l’idéologie antisioniste : ce que j’appelle l’«antis (ion) émitisme». Sa visite à Le Pen au camp des «Bleus-Blancs-Rouges» était, dans ce sens, une allégeance de vassal à suzerain.

Le Parti socialiste fait l’âne qui recule devant toute condamnation sérieuse de Frêche, alors même qu’il nous ressort Edith Cresson, la xénophobe anti-anglaise et homophobe, cette simoniaque qui a déshonoré la France et le féminisme à la Commission européenne, condamnée pour cela. Le Front populaire de 1936 naquit de la dissolution des ligues fascistes. Etre digne de son anniversaire, en 2006, c’est demander que Frêche soit exclu du parti de Léon Blum, le «Nègre en trop» d’alors. Ne pas sanctionner l’insulte aux harkis est un défi à l’opinion publique maghrébine, arabe, musulmane, française. Ne pas sanctionner l’insulte aux Noirs est un défi à l’opinion publique de l’Afrique, des Etats-Unis, de tout l’outre-mer français, dont nos Antilles bien-aimées. Ne pas tenir compte de la décision de justice dans l’affaire Cresson revient à offrir un argument éternel contre la France aux opinions publiques, aux instances et aux médias dans toute l’Europe.

On mesure la régression socialiste en la comparant à une réplique célèbre attribuée au Régent Philippe d’Orléans, en 1720, bien plus respectueux de l’ordre juste que Hollande et Royal, lorsqu’il refusa de gracier le comte de Horn, son cousin meurtrier :

« Mais il a l’honneur d’être du même sang que Votre Altesse royale !

__ Quand j’ai du mauvais sang je me le fais tirer… ».

Si le Parti socialiste cessait de se défiler devant un effort pour être vraiment républicain, cela donnerait :

« Mais il a l’honneur d’être du même rang que votre candidate, Royal !

__ Quand j’ai du mauvais sens, je me le fais virer… »

La France frêchit. Comment voter socialiste, si c’est souscrire au racisme et au sexisme de Frêche : les harkis «qui n’en ont pas», les Noirs «qui en ont trop», les intellos incontrôlables, les catholiques qui persévèrent ; si c’est souscrire à la xénophobie et à l’homophobie de Cresson : les Anglais qui «en sont», les homos comme critère de dévaluation. Si la rupture des socialistes avec ces deux délinquants de la moralité publique n’était pas franche, comme naguère celle de la droite républicaine avec Millon, mais escamotée, assortie de caresses melliflues, alors la tâche de l’éclairement républicain, de l’écoute démocratique véritable et non pas infantilisante, c’est-à-dire méprisante, serait d’expliquer à chaque électrice, à chaque électeur, le risque de perdre son âme aux gras profits de ce type de Père

Écrit par cat le Samedi 30 janvier 2010
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Racisme (Frêche) et totalitarisme (parlement catalan) toujours vivants!

       Les déclarations de G.Frêche ne sont pas des dérapages mais des formules bien préméditées: pour capter les voix de l'extrême-droite ou des nombreux pieds-noirs de la région Languedoc-Roussillon : phrases racistes à l'encontre des harkis, puis des Catalans... Pour faire parler de soi à l'échelon national : contre les Blacks et Beurs de l'équipe de France de foot... Pour se venger d'un Laurent Fabius qui n'avait pas accepté cette attitude : on sort une méchanceté antisémite primaire en évoquant le physique juif... 

   Ce triste individu est encore défendu par les militants "socialistes" (ceux qui n'ont pas été exclus ou éloignés) et  les élus qui perçoivent des subventions pour leur ville, leur association, leur musée... Le parti va devoir exclure tout ce petit monde, qui est bien loin des valeurs de la gauche, et recréer sur place une nouvelle organisation. On attend la lessive de printemps...

   En Catalogne, le totalitarisme rôde aussi; ainsi le parlement catalan a-t-il voté, mi-janvier, une loi pour imposer un quota de 50% de films en langue catalane... Combien de navets faudra-t-il produire pour arriver à ce chiffre..? Citez-moi plus de trois grands réalisateurs catalans...? En outre, les films doublés ou sous-titrés en catalan n'ont pas pu capter plus de 2% de parts de marché..! On a l'impression de revenir à la révolution culturelle maoïste qui a tué tant d'oeuvres et de créateurs... Le combat pour la reconnaissance de la langue et de la culture catalanes ne peut pas, de la sorte, en sortir grandi...

   En fin de compte, Frêche et Catalans, même (douteux) combat !!!

Écrit par cat le Vendredi 29 janvier 2010
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Hervé Morin : à Perpignan, enfin !

   La mauvaise météo l'avait détourné de sa route vers la Catalogne; le ministre de la Défense a tout de même réussi à atterrir à Perpignan, lundi 25 janvier ! 

   Il y avait à faire : rendre hommage aux pilotes des Rafales, craschés au large de Cap Béar (voir mon polar politique "RAFALES sur CAP BEAR)... Se rendre aux obsèques de l'adjudant-chef Lionel Amar, décédé lors du séisme en Haïti... Or M.Morin ne pouvait pas rester à Perpignan et il ignorait lundi quel représentant du gouvernement serait présent à l'enterrement, mercredi, du gendarme catalan... Il ignorait car personne, ni ministre de l'intérieur, ni secrétaire d'Etat, n'est venu de Paris...Perpignan est, plus que lecentredumonde, le trou du cul lointain de la France métropolitaine !!!  Il déclarait tout de même: "J'ai écrit à la famille pour lui adresser mes condoléances...Il y aura forcément un membre du gouvernement." Non, non, rien "forcément"...

   On apprit ensuite que le Préfet assisterait à la cérémonie, suivie d'une inhumation dans l'intimité. 

     Hervé Morin est donc venu à Perpignan en tant que chef de parti : il devait régler l'affaire des listes pour les Régionales, pour le compte de son mouvement "Le Nouveau Centre"; en effet, alors que Le NC se voit parfois écarté par l'UMP, dans certaines régions, il est ici, dans les P.O. en deuxième position : Annabelle Brunet sera donc élue sur la liste conduite par Jean Castex, le dynamique maire UMP de Prades... Enfin, après l'accident des Rafales, les hésitations du Brésil, l'affaire du "Mirage" vendu aux Russes, l'échec de la vente des réacteurs nucléaires à Abou Dhabi, M.Morin avait un peu de baume au coeur...  Merci Annabelle !

Écrit par cat le Jeudi 28 janvier 2010
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Federico Garcia Lorca : sa mort, la tombe inconnue du poète

     Le mythe LORCA    1. sa mort

         La tombe du célèbre poète et dramaturge n'a jamais été retrouvée, malgré de nombreuses enquêtes et investigations. Demeurent les hypothèses et les supputations plus ou moins grossières...

   Les circonstances de la mort de Federico Garcia Lorca ne sont pas encore, à ce jour, connues et elles semblent ne devoir être jamais clarifiées. Omerta, peur et remords des anciens responsables du mouvement franquiste et décès des principaux protagonistes. Le récit des derniers jours du poète ne peut être qu'une longue litanie de rumeurs, de supputations, d'hypothèses très incertaines fondées sur des témoignages peu sûrs... La vérité est souvent ailleurs, mais nous ne la connaîtrons sans doute jamais...On sait seulement que Lorca, symbole de la République, inquiété dans la maison familiale de Grenade, la Huerta de San Vicente, avait été obligé de se cacher; il aurait pu se réfugier chez Manuel de Falla, ce grand chrétien qui accueillait les persécutés, mais Lorca refuse. Il fut donc hébergé chez des amis, dans la famille de Luis Rosales, poète rattaché au mouvement national, où des cadres phalangistes avaient l'habitude de se rendre; le poète n'aurait donc pas dû être délogé de cet endroit protégé, considéré comme le quartier général de la phalange... Pourtant, après avoir passé une quinzaine de jours rue Angulo, chez les Rosales, il fut arrêté et conduit en prison, où il demeura du 16 au 19 août !


    Lorca aurait donc été la victime d'une rivalité entre la phalange, considérée comme une droite modérée et l'extrême droite fasciste de la C.E.D.A., dirigée par Gil Roles, et à Grenade, par Luiz Alonso; ce personnage trouble voulait la peau de Lorca pour déconsidérer la famille de Luis Rosales, haut responsable phalangiste et ami de ce "Rouge"... La mort de Lorca serait d'abord due à ce différend local entre deux factions de la droite extrême et à l'orgueil de l'arriviste Alonso. Cependant, on ne peut disculper Franco et son mouvement qui prônait comme slogans : "Mort à l'intelligence ! Vive la mort !"... Lors de son arrestation, on accuse Lorca d'espion russe, puis d'écrire des oeuvres subversives : " Il a fait plus de mal avec ses livres que d'autres avec des revolvers !", déclara Ruiz Alonso.

    Rouge, Lorca ? Il apparaît que l'engagement de Lorca pour la gauche espagnole n'était pas des plus militants; certes, son beau-frère, maire socialiste de Grenade, Fernàndez Montesinos, est arrêté, le 20 juillet 1936, par les nationaux, et emprisonné. On dit aussi que ce même jour, le poète se promenait dans les rues de Grenade avec une rose rouge à la boutonnière...Cependant, durant son séjour chez Rosales, il a tenu à composer un hymne "apolitique", un chant à tous les morts d'Espagne, afin de montrer que sa poésie n'avait rien de partisan. Un peu plus tard, aux premières lueurs de l'aube du 19 août, aux deux individus qui vinrent le chercher dans sa cellule, il cria : "On ne va pas me tuer! Je n'ai rien fait ! Je ne suis pas communiste ! Je suis catholique !"...

    Mais, là aussi, on a écrit tellement de témoignages peu crédibles ! Lorca se serait écrié encore, au moment de sa mort : "Je ne crois qu'en Dieu et en ma mère."; ou , de façon plus poétique : "Avec une lune si lumineuse, vous allez me tuer ? "; enfin, après la rafale de balles qui l'atteint, lui et ses camarades d'infortune, il se serait levé et aurait crié : "Je suis vivant! Je suis vivant !"...A ce moment-là rejaillissent le non-dit, le tabou, l'autre raison pour laquelle le poète aurait été tué : son homosexualité; les fascistes ont utilisé l'euphémisme de "sexualité déviante"; ici, au moment de l'exécution, un des bourreaux aurait achevé Loca en lui tirant une balle dans l'anus... Une des plus horribles légendes qui, pourtant, si on suit l'étymologie latine, sont destinées à "être lues"...

    Lorca va passer quatre jours dans la prison du gouvernement civil; Grenade apprend la nouvelle, mais le peuple, ne peut rien sans armes, déjà avant l'arrivée des franquistes, il se terre : seul le quartier populaire de l' Albaycin s'était révolté. Pour sauver l'auteur du "Romancero gitano", revoici Manuel de Falla : il va trouver les responsables phalangistes, mais ils refusent de l'écouter car, lui-même, le musicien, avait refusé de composer un hymne en l'honneur de la phalange... L'auteur de "Poète à New York", dont le titre originel était "Introduction à la mort", reste en prison et face à son éternelle angoisse de la mort : "Je vis l'angoisse de l'au-delà", déclare-t-il souvent.

    Lorca est conduit à Viznar, "à droite du chemin qui monte de Grenade, traverse le village, laisse à gauche la bâtisse de la Colonia et le Fuente Grande et redescend vers Alfacar", selon la description précise de Marcelle Auclair, dans Enfances et mort de G.Lorca (Le Seuil, 1968); il est exécuté à Viznar, et enterré, selon un témoignage, dans un bosquet, au milieu des pins...Mais de nombreuses versions existent, autant de légendes... Ce qui est sûr, c'est la sinuosité de la route de Viznar, la beauté de ce village blanc, la perspective sur la Sierra... Ce qui vrai, de nos jours, c'est la métamorphose de ce paysage rural en sites touristiques ! Viznar, Fuente Grande et Alfacar sont devenues des stations de villégiatures qui veulent exprimer la gaîté des vacances et ne savent rien de la tragédie qui eut lieu, en ce 19/08/1936, aux portes de Grenade...

    Telle est la vérité : Lorca est fusillé par les franquistes le 19 août 1936, dès le début de la guerre civile. Ensuite, mais c'est de la fiction, c'est le monde des hypothèses, il aurait été jeté dans la fosse commune, en un lieu inconnu, jamais localisé, dans la région de Grenade; ses biographes, Marcelle Auclair, Austin Penon et Ian Gibson ont enquêté à Viznar et à Alfacar : des témoignages affirment que le poète aurait été enterré dans cette petite commune, près d'un olivier, à une dizaine de mètres de la route... Les thèses s'ajoutent et se contredisent ! L'une d'elles avance même que le poète aurait survécu au peloton d'exécution ! Il ne serait mort qu'en 1954, après avoir été hébergé dans un couvent où il aurait passé une existence d'homme diminué mentalement et devenu amnésique...

   Amnésique, aussi, l'Etat espagnol sous la férule de Franco : la lumière n'a jamais été faite et on a intimidé ou éliminé les vrais témoins du drame; durant la longue dictature du caudillo, les livres scolaires ou les anthologies littéraires ont pratiqué un implacable silence; ces ouvrages écrivaient simplement : "16 juillet, Lorca quitte Madrid pour Genade; le 19 août, il meurt." ...

    En 2009, afin d'exhumer sa dépouille, dans le cadre de la loi sur la Mémoire historique, votée en 2007 et afin d'en savoir peut-être un peu plus sur les circonstances de sa disparition, des recherches sont menées activement, en Andalousie, pendant plus de six semaines : les études et livres sur le martyre du poète n'ont pas permis de retrouver ses restes. Plusieurs hypothèses ont conduit les investigateurs missionnés par la ministre de la justice du gouvernement autonome d'Andalousie, Madame Begonia Alvarez. 

   Ses biographes avaient déterminé la fosse de manière précise, pourtant : l'infâme cachette se trouverait à neuf kilomètres de la ville natale, dans un champ d'une petite commune appelée Alfacar... Depuis plus d'un quart de siècle, ce lieu était, en effet, considéré comme le "cimetière" du poète et de ses compagnons d'infortune, deux anarchistes, un instituteur, un restaurateur et un inspecteur des impôts : tous avaient été exécutés par les nationalistes puis enfouis dans la terre de ce coin d'Andalousie... Or, après des investigations approfondies, sur trois cents mètres carrés dans le parc du village d'Alfacar, il a fallu se rendre à l'évidence : impossible de creuser des fosses à cet endroit car des roches affleurent de façon uniforme...

    Face à cette déception et à l'effondrement de l'hypothèse essentiel, un chercheur, Augustin Peñon, avança que Lorca a pu être enterré dans cette localité, mais que sa dépouille avait été transférée en un autre lieu. Inconnu, lui aussi ! Une autre supposition, faite de rumeur, de légende et d'espoir impossible, parlait du transfert du corps à Grenade, dans la résidence d'été de la famille; celle-ci étant désormais transformée en musée, les touristes et les amoureux de l'auteur de "Poète à New York" porteraient donc leur pas sur sa tombe officieuse, située sous le noyer que le père de Lorca fit planter en 1936, exactement, comme un hommage... La légende est belle, mais où situer la vérité..? Avant tout, relisons l'oeuvre poétique et dramatique de l'auteur de "Noces de sang"..!

     L'Etat espagnol ne pourra sans doute jamais donner une sépulture décente à cet auteur majeur, mort si tôt, sous les balles fascistes, et qui avait le défaut d'être à la fois républicain et homosexuel... C'est pour cette raison, à cause de ce vice rédhibitoire, qu'il est peu crédible de suivre la troisième hypothèse : pourquoi Franco, l'extrémiste de droite, et la morale catholique auraient-ils autorisé que la dépouille lorquienne fût déposée près de Madrid, à la "Valle de los Caidos" (la vallée des victimes de la guerre civile), dans le célèbre et lugubre mausolée franquiste. Un remords de dernière minute ou un signe de respect pour l'aura du poète andalou..? On n'y croit pas !

   On ne croit qu'à ce que l'on lit, qu'à ce qui reste, et c'est l'essentiel qui demeure, pour la postérité, même si elle est frustrée et amère de ne pouvoir faire le deuil définitif... Pour l'éternité, Lorca repose dans la tombe du livre, sous le linceul coloré de ses poèmes et la vive lumière du drapeau républicain...


 (à suivre - 2. sa vie : Lorca en Catalogne)




 

 

Écrit par cat le Dimanche 24 janvier 2010
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Histoires du XX° siècle : le Maîtron, l'Algérie (colloque & exposition à Perpignan)

 

* La présentation des actes du colloque (ou journée d'étude) de l'association Maîtron Languedoc-Roussillon aura lieu le vendredi 22/1/2010 à 17h, à la médiathèque de Perpignan (15 rue Emile Zola). Ces études "Catalans du Nord et Languedociens et l'aide à la République espagnole" (1936-1946) sont coordonnées par André Balent et Nicolas Marty et éditées par les Presses universitaires de Perpignan et par la ville de Perpignan.  Entrée libre.

 Banyuls, dessin de Teresa REBULL.

*Exposition "Les valises sur le pont : ils ont quitté l'Algérie. L'histoire d'une traversée d'un passage entre l'Algérie, terre natale riche en souvenirs et la France, pays parfois inconnu. La traversée en mer est souvent restée un temps fort pour ces passagers; elle est un moment transitoire. On comprend que le voyage soit mêlé de tristesse, d'appréhension, de peur, mais qu'il peut aussi être vécu comme un court répit...Au bout de l'odyssée, la Nostalgérie...

(palais des Rois de Majorque, Perpignan - du 18/1/2010 au 14/2/2012, ouvert tous les jours de 9 heures à 17 heures, entrée : 2 euros. Tél. 04.68.80.13.00)

Écrit par cat le Lundi 18 janvier 2010
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La mort, vedette de ce début d'année. Besson, vedette de la télé.

La mort s'invite en ce début 2010 et nous émergeons d'une période de fête avec la gueule de bois. Sous la forme de catastrophe naturelle, la camarde se défoule en Haïti : l'homme semble dépassé par la force de la Terre et de la fatalité; bien sûr, ces gens sont trop pauvres pour avoir des maisons antisismiques; ils en sont encore, après l'esclavage, les colonies, les dictatures, à l'époque de la case de l'oncle Tom...

Un déséquilibré chinois (ah! Ces p. de Chinois!) poignarde une secrétaire d'Université, à Perpignan. Le Monde annonce ce fait divers, vendredi 15/1, en bas de la page 11, en 10 lignes et demie. Le quotidien catalan, lui, fait sa Une, avec un dossier de plusieurs pages, pendant trois jours. Pourquoi ? Pour informer, analyser (l'insécurité, les fous" dans la nature pour cause d'économie...) ? Pour être solidaire avec une ville remuée..? Ou pour vendre, exploiter le pathétique et le commerce des nouvelles qui touchent à la mort..?

Sacrée semaine pour la mort, en ce début de décennie; elle nous prend Mano Solo le chanteur, Daniel Bensaïd le philosophe, Georges Anglade, l'écrivain...Ce sont les meilleurs qui partent..? Et si on parlait des méchants ? Et des anonymes ? Comme dit W.Benjamin l'Histoire (le travail, les oeuvres architecturales, les révolutions) est faite par les anonymes, qui ont nourri la mort pour que nous soyons, aujourd'hui, moins malheureux...

* Les anciens amis ("socialistes") de Besson le qualifiaient de mort, de traître, de Laval...depuis son ralliement à Sarko. A la télé, jeudi soir, il fut implacable contre M.Le Pen; l'invité socialiste (que j'estimais. cf le livre sur la République de cet agrégé de philo) a joué la chaise vide : les socialistes, c'est cela, désormais : l'absence, le creux de la vague, des idées; et c'est Besson qui est apparu comme la voix de la gauche face à l'extrême-droite. Eric Besson en est sorti grandi et plus humain, moins froid, moins tête à claques...

  E.Besson (C) AFP

* Ne pas oublier, dans cette macabre semaine, la disparition de P.Seguin, un homme fidèle à des idées nobles, doté d'une parole courageuse; Sarko le petit avait planqué le "gros" à la cour des comptes: il pouvait y piquer ses colères, dresser de terribles rapports...Ces vérités ne sont que des "recommandations", sans valeur juridique. Seguin aurait pu constater que les 2 heures de Sarkozy passées à Perpignan avaient coûté le montant des travaux de la rocade de Perpignan, ce n'aurait été que paroles au vent. Cette démocratie peut se passer du travail de la cour des comptes: supprimons-la !!!

Écrit par cat le Samedi 16 janvier 2010
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Sarkozy à Perpignan: SarKO parti, reprend la vie.

 Saint-Sarko ou Sarkosein..?

Depuis qu'il a quitté Perpi, la vie a repris. La circulation, le cirque de la vie. Les jeunes dans la rue. Les vieux dans leur voiture. Les courses ou les flâneries. Le rire des heureux, la main tendue des SDF. Le luxe des quartiers bourgeois, la pauvreté des marginaux, la trouble fébrilité des rues gitanes ou des places maghrébines. Saint-Mathieu. Saint-Jacques. Saint-Sarko. Que des saints...

La vie a repris ses droits. Le labeur des travailleurs. L'attente des chômeurs. L'oisiveté des assistés. Le travail des mafias, des passeurs, d'immigrés, de drogues, d'objets volés, de prostituées...

   La vie comme partout, faite de noir et de blanc, de haine ou de solidarité, de bonheur ou de souffrance. La ville n'est plus quadrillée, les uniformes bleus sont rentrés dans leur caserne, les ausweiss ont été remisés dans les albums pour collections : sentiment de marcher dans une libre cité.

Apparences bien sûr : la vie n'est pas rose comme les murs de l'architecture catalane ou la robe légère des belles Catalanes... Le quotidien a repris ses droits. Malaise, souvent, parmi les habitants; inquiétudes quant à l'avenir; et pour le présent, un crime horrible au coeur de l'Université...

Écrit par cat le Jeudi 14 janvier 2010
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SARKO à Perpignan, ville morte, cité sarkophage ce 13 janvier

  Perpignan, l'ancienne université (médecine) et une vue du quartier Saint-Jacques (Sant Jaume) depuis la mediathèque. (photos J.P.Bonnel)

 La venue d'un Président de la République en province, même lointaine, irrédentiste, aux marches de l'Ibérie, non loin de l'injuste frontière qui zèbre la Catalogne, devrait être un événement heureux... Un plaisir, une joie d'accueillir le représentant du peuple ! Alors pourquoi ne peut-on plus voir l'élu du peuple, si ce n'est pourvu d'un viatique, d'une invitation (pour la réception au palais des Congrès) ??? Depuis lundi, la police et la fourrière font le vide : du centre-ville jusqu'à l'hôpital en passant par le Vernet !!! Et ce mardi, la circulation des voitures est interdite dans la moitié de la ville; même pour les piétons, leur circulation est entravée: pour passer par le quai Vauban, il faut montrer patte blanche... Toutes les rues sont barrées par des voitures de CRS autour de la Préfecture, du Castillet, de la promenade...La moindre ruelle, du café de la poste à La loge, à la cathédrale, à la place de la République, est entravée... La ville est morte et le froid ajoute à la pesanteur de la tristesse et de la paralysie....

   Un président ne peut plus marcher dans les rues, parmi la population? Craint-il la violence d'un terroriste, d'un déséquilibré (se rappeler Chirac sur les Champs Elysées) ou redoute-t-il celle du peuple..? 

Le président n'est plus vu en direct, de façon physique, réelle. Nous n'avons plus de lui qu'une image, sur le net, à la télé, sur la photo d'un magazine. Le Président, pour le citoyen de base, qui court à son travail ou attend à la Caf ou à la Dass pour quelque prébende, n'est plus qu'une image virtuelle. Il existe car les medias le montrent, mais c'est un intouchable, une personne lointaine. D'où l'impression que la démocratie, elle aussi, est bien loin, que les centres de décision sont ailleurs, pas dans la rue ou le quartier du citoyen. Sarkozy est le nom d'un fantôme. Le citoyen habite un pays hanté. Perpignan est, ce mardi 12 janvier, une ville sans âme, sans ambiance, sans caractère. Règnent l'ordre, la surveillance, l'oeil des caméras...

C'est triste, c'est grave ! On aimerait chanter et danser lors de la venue d'un grand Républicain (mettez des guillemets, à votre guise!), même si on ne l'estime pas, même si l'on n'est pas de son camp, de son parti, de son système idéologique... 

  Quartier Saint-Jacques et l'ancienne université (archives municipales); à droite, l'ancienne salle de dissection.

Mais d'un mal, faisons un bien, de cette tranquillité du centre-ville, retenons la leçon : la ville peut revenir au piéton et au citoyen quand la circulation est repoussée plus loin. Dans cet espace reconquis, la fête et la convivialité seront possibles ..! Mais quel maire aura le courage de prendre une telle décision..?


Écrit par cat le Mardi 12 janvier 2010
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Sarkozy à l'hôpital de Perpignan: tirez pas sur l'ambulance!

    Malgré le froid et la neige, le Président revient à Perpignan, capitale de la Catalogne des Gaules... Pourquoi? Pour renouer le contact avec les deux communautés, gitane et maghrébine du quartier Saint-Jacques, pour constater les maisons délabrées et qui, parfois, s'effondrent, au quartier Saint-Mathieu..? Pour rendre hommage, comme son ministre désarmé, désarmant, aux pilotes des Rafale crashés au large de Cap Béar...Non, il ne faut pas raviver la plaie, à l'heure où Lulla hésite à poser son paraphe sur le contrat de la décennie... Non, il vient pour inaugurer le nouvel hôpital, implanté près de l'ancien, et ses nombreuses malfaçons : la plate-forme où doivent atterrir les hélicos, par exemple, qui n'est pas parfaitement plane...Comment va-t-on amerrir les coléoptères urgents..? 

Peu importe, il s'agit de prononcer en ce lieu un beau discours sur la santé et oublier les méchantes piqûres de dame Bachelot... Oublier le coût des vaccins, des masques, des tamiflus et autres accessoires du principe de précaution, poussé à cette occasion jusqu'au catastrophisme...Oublier la grippe A qu'on devrait appeler "grippe porcine", mais il s'agit de ne pas pénaliser les producteurs de cochonneries...

Quant à Hervé Morin, sera-t-il du voyage et de la cérémonie... Sans doute, car il doit venir, enfin, à Perpignan, pour..? Vous avez deviné, à présent..? 

Pour... Pour régler les investitures concernant les régionales, pour désigner les candidats (Annabelle Brunet. Pour le Gard: Julien Devèze) par rapport aux places accordées sur les listes UMP (20%), pour structurer les instances départementales, pour installer les cadres catalans, pour reconduire les délégués des P.O., pour de nombreuses tractations, donc (Que devient Pierre Becque? Dans l'Aude, on pressent Monique Denux..?)... Le problème le plus épineux est sans doute celui du maire récent de Saint-Cyprien; en effet, face aux socialistes, aux anciens candidats "indépendants" (malmenés: voir "le blog de Bernard") et surtout à l'UMP, dont les élus ont perdu leurs délégations.. Thierry Del Poso est bien isolé et très contesté: comment rendre sa sérénité à St-Cyprien, après le suicide de l'ancien maire, M.Bouille, et l'inculpation de nombreux élus et personnalités..? 

Bref, au milieu de ces gesticulations politiciennes, l'affaire des Rafale semble bien loin...Et pourtant..!

Écrit par cat le Lundi 11 janvier 2010
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Polar catalan : M.Morin, Ministre de la Défense à Perpignan, en coup de...Rafale ? (7 janvier 2010)

     Hervé Morin est annoncé ce mardi 5 janvier, à Perpignan, entre 17 et 19 heures, salle des libertés, non loin du Castillet; en coup de tramontane, donc, comme on dit ici, en Catalogne ! Ou en coup de Rafale..?

   Mais non, en fin de compte, le ministre de la Défense a renoncé, il n'est pas venu dans ce sud extrême... Alerte météo, alerte orange, plan Orsec, forte neige annoncée, etc... C'est vrai, il y eut quelques flocons, puis de la pluie, pas mal pour ce midi catalan au climat si sec... Pourtant, la flotte, ça ne devrait pas décourager le chef des forces maritimes; la pluie ou la neige, ça ne devrait pas intimider le chef des armées, si beau et altier avec son casque de guerrier et dans son tank flambant neuf... Lui qui ose se rendre sur le théâtre des opérations en Afghanistan, lui qui a le courage de réveillonner avec nos soldats expatriés non loin du Pakistan terroriste..! Un peu de neige à Perpignan, et c'est le renoncement, la volte-face..? Surtout pour un Normand, c'est décevant ! Mais un Normand et en plus centriste, c'est peut-être ben que oui, peut-être ben qu'non...

Les militants du Nouveau Centre, conduits par Michel Cabot (un ancien camarade du Lycée Arago; avec son frère cadet, on était en 1ère littéraire ensemble; pas politisé à l'époque..!) ont été déçus! Et les midinettes, alors, sous la houlette d'Annabelle Brunet... C'étaient pas des larmes de pluie ou des flocons...mais de vrais sanglots longs...

   Car le Ministre, il venait pour rendre hommage au pilote décédé lors du crash de deux Rafale au large de Cap Béar (voir le début de mon polar sur ce blogue...) Il venait voir les lieux, lui qui ne connaît pas le beau département des Pyrénées-Orientales. Il venait méditer face à la mer et se recueillir à l'endroit où le pilote a percuté les ondes et fut noyé à cinq cents mètres de profondeur, à une vingtaine de kilomètres de la côte vermeille...Il venait pour remercier les secours, saluer les militaires du département, montrer qu'il s'intéressait aux sentinelles du fort Béar, au-dessus de Port-Vendres...

Enfin, l'hommage attendu, enfin la venue espérée sur les lieux de la tragédie... En outre, au moment où l'armée brésilienne s'oppose au président Lulla sur la commande de trente-six avions de combat multi-rôles, pour la somme de plusieurs milliards de dollars, c'était le moment de chanter les vertus du Rafale. M. Morin a laissé la parole à son chef des armées et président de la République pour annoncer : "Je suis serein! " Le Rafale, à cause de ses accidents de parcours, n'a jamais trouvé d'acquéreur, mais on reste serein. Le suédois Saab offre son avion Gripen NG pour la moitié du prix du Rafale, soit quelque 70 millions de dollars, et l'heure de vol de son joujou est quatre fois moins chère que le Rafale, mais il faut rester serein...             "C'est Lulla qui aura le dernier mot!", "Notre avion de chasse est une Ferrari alors que le Gripen est une Volvo"... M. Hervé Morin a beau user de l'ironie, cette attitude désinvolte ne fait pas fléchir les militaires brésiliens, surtout dans un contexte politique qui les contrarie : Lulla veut mener des enquêtes à propos des militaires mouillés dans la dictature qui a donné du Brésil  une image exécrable...

Et bien, non, le ministre de la Défense ne venait pas à Perpignan pour parler du Rafale ou évoquer la triste affaire du crash au large de Béar... Silence, on ne cause plus de cette triste affaire : les Brésiliens ont peut-être la mémoire courte... Mais non, ils ne l'ont pas et la CIA qui orchestra la chute des deux Rafale français a gagné la partie... Lulla choisira sans aucun doute le F/A-18 Super Hornet de Boeing... Car le Fripen suédois, c'est vraiment une braderie indécente... Il choisira l'Amérique, à moins qu'il arrive à se réconcilier avec l'armée; les militaires vont user d'un chantage terrible afin qu'on oublie une période trouble du Brésil... Lulla, alors, pourra enfin signer, avec son ami Nicolas, ce fabuleux contrat pour lequel un "accord de principe" avait été donné; mais amitié ne rime pas avec argent ni avec économie...

   Donc M. Morin devait venir, ou reviendra bientôt, à Perpignan, quand il aura le courage de braver les intempéries.. Mais pour quoi faire ..? 

à suivre, j'attends vos réponses, merci !!!

 en rafales...

Écrit par cat le Jeudi 7 janvier 2010
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Le monde est fou, l'année finit folle : VINCERE & La Vida Loca

    Je termine l'année (ou c'est elle qui m'achève..?) en allant au ciné : Vincere ou la double vie de Mussolini. Trahison de Benito, l'ancien socialiste, comme le jeune Hitler, avant la révélation de son vraie visage : le fascisme. Arrivisme, machiavélisme, trahison, utilisation des médias, des discours, manipulation des foules...

   Trahison qui mène aux tragédies. Bellochio poursuit son analyse de la folie : c'est le pouvoir qui est (rend) fou, pas le fou qui est interné. Ce drame d'Ida rappelle celui de Camille Claudel, enfermée dans un asile en Provence par son frère de poète catho et écrivain dramatique pourtant génial...Bénito, lui, n'a rien d'un génie, si ce n'est celui de la parole verbale et de la témérité... Le cinéaste, à travers une trouble et belle histoire, démonte le mécanisme du fascisme. C'est fort et angoissant..!

   La Vida loca, à côté, est un film insipide: le documentaire du regretté Christian Poveda montre ces groupes de jeunes d'Amérique centrale qui sèment la terreur et tuent de façon gratuite, par jeu, par oisiveté, par absence d'espoir : la violence est totale et ne mène qu'à l'extrême désespérance. On a l'impression de ne pas pouvoir changer ces individus qui vivent dans leur ghetto, leurs règles propres, un monde marginal et parallèle...

Changer la vie. Transformer le monde...

   Ces formules semblent bien creuses et vaines dans la société barbare où se débat l'homme. 2010 nous permettra-t-il d'avancer vers le changement..? Il est permis d'en douter...

   Bonne année, tout de même, comme l'on dit quand on est poli (cé)...

Écrit par cat le Jeudi 31 décembre 2009
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2010, année diabolique

2010, année diabolique ou écologique..? 

 

La grippe est partie. La crise est finie. L'immobilier repart. Et, avec lui, le bâtiment ! Tout va ! Le moral des ménages remonte et, simultanément, la surface des océans. Quant à la couche d'ozone, on en a assez glosé à Copenhague...

Remonte aussi l'économie, qui ne vit que grâce à la psychologie... Tout irait bien, comme dirait Pangloss et Orwell, dans le meilleur des mondes possibles..? 

Non, car d'autres maladies rôdent et un nouveau mal du siècle se profile. Sida et cancer ne s'avouent pas vaincus, et le XX° siècle, de la pure barbarie, anime le corps malade du XXI ème, qui s'annonce sanglant...

 

2009 agonise dans l'échec de Copenhague, dans la lâcheté des pays dominateurs, Inde et Amérique, dans l'égoïsme de tous les Etats, fermés sur leur pré carré. 

On pressentait l'espoir, suscité par l'élection de Barak Obama, illusoire et éphémère : ce Métis plein de ruse et d'intelligence est prisonnier d'une société égoïste, consumériste, ainsi que des intérêts industriels et des puissance de l'argent qui ont sponsorisé sa campagne électorale. Obama symbolisait la belle image d'un monde tolérant, bariolé, d'un grand pays mené par un homme issu d'une minorité ethnique longtemps soumise à l'esclavage et à la marginalité.

 

La nouvelle frontière n'est pas nouvelle : repli sur soi, individualisme, fatuité d'un capitalisme qui s'est fourvoyé mais est tenté de refaire comme avant. Comme si rien ne s'était passé, comme si le mot "crise" avait été effacé du dictionnaire. Ce libéralisme est bien étrange qui semble s'adapter, vivre de ses morts successives,  manier le paradoxe en utilisant le protectionnisme commercial, la relance keynésienne et faire payer ses déficits abyssaux par d'autres pays... Je n'y comprends rien ! Ni à l'économie. Ni à la crise : mot inventé pour faire peur..? Ou pour occulter la vérité..? C'est d'ailleurs pareil, la même stratégie !

 

Ce libéralisme à visage humain, n'est-ce pas la barbarie, quand les tradeurs, les banques et les marchands d'armes se refont une santé, ignorant les très pauvres et les régions dévastées, quand les très riches ne sont jamais assez riches, quand n'existent pas les frontières pour la finance..?

 

Barbarie quand la zone franche -pardon, la prison - de Guantanamo est une justice hors-la-loi, quand rien n'est réglé en Iran, Irak, Afghanistan, Palestine, chez les petits chefs étrangers..? Trop d'intérêts partout, trop de matières premières à exploiter, à acheminer à travers le grand et le moyen Orients...

Barbarie à nos pieds, à nos portes : l'ignoble se lit sur le visage impassible d'un Poutine et sur la belle gueule d'un Berlusconi; même endommagée, celle-ci est encore séductrice : vive la chirurgie plastique ! Vive l'esthétique ! Elles cachent une laideur véritable...

 

Vive l'écologie qui, dans les élections, a le vent en poupe : les partis sont tentés de capter cette aspiration éolienne...

Vive 2010 : l'année sera diabolique ou ne sera pas..!


 

 

Écrit par cat le Mardi 29 décembre 2009
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La mémoire à vif : l'image emblématique de La Retirada, par Progreso MARIN

 

  •  Progreso MARIN   Mon oncle Edmond Arseguel vient de me prêter le livre de souvenirs de P. Marin "La mémoire à vif". L'auteur, né à Toulouse, a mené, durant cinq ans, une vaste enquête afin de collationner les témoignages d'exilés espagnols. Il brosse le destin dramatique de ces hommes qui ont connu la République, la guerre civile, la bataille de l'Ebre, la Retirada en France, le régime de Vichy, la Résistance... 
  • Surtout, j'ai été ému par le témoignage d' Amadeo Gracia, 65 ans, sur la fameuse photo emblématique de la Retirada (page 257): "Au premier plan, un homme, une couverture en bandoulière donant la main à une jeune adolescente, dix ans environ, amputée de la jmbe gauche, son père et sa soeur; au second plan, un autre homme tient par la main un petit garçon, 4 ans, l'Amadeo dont je vous parle. La scène se passe à Prats-de-MOLLO, en janvier 1939...L'homme qui donnait la main à l'enfant était un ancien de la guerre 1914-18, habitant de Prats..."

  En outre, le livre retrace les divers passages de l'exil, ces traversées des Pyrénées par des cols parfois difficiles ou enneigés; ainsi, à la page 261, le col d'Ares "Pitoyable chemin", dit L'Illustration du 19.2.1939; magazine qui avait des sympathies franquistes et qui, devant l'évidence monstrueuse, s'en sort par la pitié..." Puis il est question de La Vajol, pendant longtemps seul monument des Républicains sur le territoire espagnol...et du "Temps retrouvé", formule proustienne qui montre que certains de ces exilés ont pu se reconstruire en faisant le bilan de leur vie, en parlant, en écrivant, en commémorant la mémoire, en la parcourant à travers les sentiers de la Catalogne ou les plages de la côte vermeille : "Visages illuminés qui roulez dans le fleuve de la mémoire, vous avez, à jamais, ancré la lumière des oliviers...oublier le sable des plages du Roussillon, toujours présent dans les pores de votre peau..." Combien de temps ces grains de sable continueront-ils à réveiller les descendants de ces exilés dans la longue nuit du traumatisme..?


   * Progreso MARIN, écrivain, est né à Toulouse de parents exilés républicains espagnols. Son livre de mémoire consacré à sa mère : « Dolores, une vie pour la liberté » a connu un retentissement certain auprès de ses lecteurs ; sa version catalane est d’ailleurs parue en mai 2007. En 2005, « Exil : témoignages sur la Guerre d’Espagne, les camps et la résistance au franquisme » a poursuivi dans cette voie pour donner la parole à ces « oubliés de l’Histoire ». Avec Violette Marcos, il a coécrit « 1936 : luttes sociales dans le Midi ». Il est également poète et un de ses recueils « Ecluse suivi de Buées » est paru en décembre 2005 aux éditions N & B et de nombreux poèmes inédits ont été publiés par les revues « En Je » et « Encres Vives ».

« Exilés espagnols ; la mémoire à vif » - Editions Loubatières (270 pages) Prix : 23€

Prix Librairie Espagnole (7, rue Littré 75006 Paris, Tél.: 01-43-54-56-26): 23

Commentaires :

«  Les mots sont des symboles qui postulent une mémoire partagée » nous indiquait Borges dans « Le Livre de sable ». S’il y a un livre et un seul qui représente ce partage de la mémoire c’est celui de Progreso MARIN. « Homme impliqué » tel que le décrit Patrick Pépin dans sa préface, Progreso MARIN est un des plus brillants gardiens de la mémoire des exilés espagnols. Outre sa propre histoire de famille, il va au-delà en nous faisant partager les histoires des autres en formant un puzzle géant pour nous dévoiler une image vraie et complète, celle d’une partie de la population des exilés espagnols.

Véritable ensemble de petites nouvelles qui recueillent les témoignages de personnages bien réels, on découvre tour à tour les facettes quotidiennes de la vie et surtout la survie de cette population qui nous est proche. Véritable hommage concret aux républicains espagnols exilés, Progreso Marin a le mérite de nous décrire une réalité parfois méconnue ou uniquement connue par les histoires de famille d’exilés.

Écrit par cat le Lundi 28 décembre 2009
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De la frêchitude volontaire (Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon)

 Incroyable : désirant écrire un article d'humeur sur Frêche, c'est le nom de La Boétie, l'ami de Montaigne ("parce que c'était moi, parce que c'était lui...") qui m'était venu à l'esprit; en effet, l'auteur de "La servitude volontaire" a montré, au XVI° siècle, comment le bon peuple acceptait, contre quelques dérisoires compensations) la dictature, l'injustice, le mépris, la violence verbale ou physique, le racisme, la fatuité (le portrait, en résumé, de l'ancien maire de Montpellier) de ceux qui le gouvernent. Et bien, Fabrice Tomas, dans sa dernière chronique de "Perpignantoutvabien", a eu la même idée "Servitude" des Catalans, méprisés, niés dans le projet de "Septimanie"...  Servitude des écrivains et intellectuels, méprisés, niés avec l'abandon du centre régional des Lettres, de la belle revue littéraire régionale, des colloques du Château de Castries...Il fallait faire taire ces contestataires, ces éditeurs courageux, à l'image de Max Chaleil, ancien directeur des Presses de Languedoc...  Servitude des Harkis, rabaissés à l'état d'esclaves, de "sous-hommes"...Et encore, cette équipe de foot bariolée où il y aurait trop d'Arabes et de Noirs...  Pourquoi ces ignominies, ces coups-bas, ces "bons mots" prémédités et pleins de morgue et de racisme..? Pour gagner les voix des Pieds-Noirs, de l'extrême-droite, Frêche gueulant tout haut ce que Le Pen, même, n'ose dire tout bas..? Misérable tactique ! Ce Georges-là ne restera pas dans les annales de l'histoire glorieuse du Languedoc ! Juste sur un rose papier anal !!! 

   Bravo, F.Tomas, pour ce mot de servitude : les grands esprits critiques se rencontrent ! Il n'y a que Frêche que je ne veux pas rencontrer...même s'il était prêt à m'acheter mille livres, à me faire publier chez les éditeurs les plus célèbres ! Car telle est la (pauvre) tactique du Président : saupoudrer les associations, les municipalités, les départements pour que tous ces responsables, assistés, vantent ses mérites; et les citoyens, même les Catalans injuriés, qui ont la mémoire courte, voteront pour lui... Affirmer ainsi son pouvoir, être indétrônable dans sa région, à tel point que les états-majors socialistes n'ont pas eu le courage de s'opposer à lui. Machiavélisme : oui, la fin (gagner les élections, puis le pouvoir) justifie les moyens (la courtisanerie, la coucherie verbale, la flatterie, l'absence d'honneur)...

   Hélas pour ce Monsieur, je n'ai pas, moi, la mémoire courte...

Écrit par cat le Samedi 26 décembre 2009
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L'Indépendance officieuse de la Catalogne

  A l'heure de l'uniformisation (par le net, surtout, avec le recours à Google, Wikipédia, Facebook...), de la mondialisation (imposant l'anglais, coca-cola et les séries américaines...), du formatage des individus, des pensées, des arts, la tentation est grande de se singulariser. de retrouver son identité, aussi (méga débat actuel, en France du moins), ses racines, son passé. D'où le vote, officieux, sans valeur constitutionnelle, dans les villes moyennes et les villages catalans, pour ou contre l'indépendance de la Catalogne. Ce pays (cette nation) se sent-il mûr pour vivre de façon autonome ou manifeste-t-il sa frustration multiséculaire et sa nostalgie inconsolable d 'un temps moyenâgeux où il était constitué en Etat..? 

      Au moment où la jeunesse s'ouvre au monde grâce à internet et n'écoute que la musique chantée en anglais, prédisant une culture mondiale moyenne, des valeurs morales ou esthétiques valables pour tous et donc la perspective d'un goût généralisé, l'exigence d'indépendance peut être interprétée comme une réaction fière d'une minorité longtemps "opprimée" (par la dictature et le franquisme, surtout).  Le désir d'indépendance, est-ce ce surtout d'identité, du sens de l'honneur, de l'orgueil d'un peuple ancien..? Ou bien, au contraire, n'est-ce qu'un repli sur soi, le retour aux frontières, à l'égoïsme..?

   Si la Catalogne estime en avoir les moyens, malgré le chômage, les insuffisances en énergie, en électricité, en eau,  les obstacles pour la construction du TGV, elle doit accéder à l'indépendance, comme d'autres pays de même taille. Elle a plus d'atouts que la Corse qui, lâchée par la métropole, serait vite "récupérée" par un autre pays, plus puissant. Devenir indépendant, par rapport au pouvoir central espagnol (castillan), c'est facile; mais autonome, libre vraiment, c'est-à-dire indépendant des forces occultes de l'argent, des réseaux bancaires et financiers internationaux, faisant fi, eux, des frontières, et des mafias (drogue, prostitution à Barcelone...), c'est bien plus difficile...

 

 Frontière du XII ème siècle (traité de Corbeil)  A quand un référendum en "Catalogne du Nord" (Roussillon, Cerdagne)..?

 

 Objets et symboles de la catalanité, en vente sur la Rambla.

Écrit par cat le Mercredi 16 décembre 2009
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POLAR CATALA de Joan-Pere BONNELL - Rafale sur Cap Béar en Catalan (1)

Capítol 1                   cap béar

 



   Vaig a anar fins al final de la meva recerca ...
És intolerable que la gent s'empassi la versió oficial de "accident": dues explosions es telescòpica al cap Bear, Vermillion, a la costa a prop de Port-Vendres. Ràfegues de Cape Bear, al cas, va dir, és el lloc més ventós dels Pirineus Orientals. Durant les Jornades del Patrimoni, vaig visitar el far dels registres des del nord es immortalitzen: més de 180 quilòmetres per hora en aquest lloc ..! Avions supersònics que es van desviar del seu camí com palla ..?
Fantasies! Mentides, sobretot! Polítics, diplomàtics! Els radars de sobte ingovernable? Així que parlem de magnetisme pista maleïda tercer accident a la costa català en cap moment ... El nord de Catalunya, això no és només el Triangle de les Bermudes ..? L'exèrcit, els mitjans estatals i alguns prenen els francesos als ingenus, el retard d'alguna manera ... Per descomptat, sembla que els accidents d'aeronaus durant el Canigó en els anys 1950/60: l' el cim de la muntanya sagrada dels catalans, que tenen propietats electromagnètiques ... Prou, deixi de tonteries ...
       "Vaig a anar després de la veritat i investigar-va repetir el detectiu Lenoble, va enviar sobre el terreny per un gran grup industrial francès. Els alts preus privats de pagament a una empresa aeroespacial la aposta boja és convertir-se en la primera i única al món ... Veuràs que deixarem el tema de terrorisme islamista: això seria un cop per a la branca francesa d'Al-Qaida; donar una lliçó que el president francès poc, li menyspreu un pitó de fer-li pagar les seves estratègies electorals en matèria de seguretat, en la captació del discurs de l'extrema dreta, en els seus patins pels àrabs que viuen a França ... i no oblideu l'ofensa i el racisme del discurs de Dakar ...
"
        Aquests càlculs són suggerents i malgrat els seus mèrits i fàcil recurs al terrorisme dut a terme en nom de l'Islam.
Trobem això un excel.lent boc expiatori, no es va molestar en investigar en altres llocs, els bons són feliços per entrar en aquest boig és Déu amagat a les muntanyes del Pakistan ...
         
No, Julien Lenoble sabia que el joc es juga en altres llocs, encara que més tard a les oficines de l'FBI, la CIA, els ministeris del govern brasiler, en els gratacels de luxe de Kuwait o d'Abu Dhabi ... La competència maquiavèlica, com un cuc en la fruita, va viatjar pel món. El cas va ser més greu que les obres mestres del Louvre prestat a un estat del desert d'Aràbia. És, en efecte, l'eliminació d'avions Dassault i altres ... Lenoble, fill natiu, i havia estat a les altes onades i els llocs escollits per la seva condició de català, sabia que el fort militar situat just per sobre de Cap d'ós, la carretera que condueix de Portvendres, passant Paulilles està prohibit. Va tenir coneixement, especialment a prop de Sant Llorenç de la Salanca, a prop del llac de Saint-Hippolyte, el campament aïllat per alts murs i filferro de pues, és una observació cap al nord d'Àfrica i aquí, algú que l'ajudés, dir-li el que estava succeint en aquest moment estrany. Aquest espia, un amic em va confessar que ell de vegades la informació nova i "alt secret" era en realitat una dona més jove ... i no ... Però el que és una experiència ...

Écrit par cat le Samedi 12 décembre 2009
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