Château de Requesens en Catalogne

27 06 2008

 Le village chantant de Cantallops

  Le château médiéval

 Le chemin carrossable "carrer de Requesens

Le château de Requesens         * Filez vers le sud, la frontière, le col du ¨Perthus…Après la Junquera, prenez la direction de Rosas et Campmany. Arrivé à Cantallops, si vous optez pour une rando en voiture, prenez l’avenue qui monte vers la forêt, la « carrer de Requesens », belle avenue en pierres qui mène au chemin carrossable vers ce château du bout du monde (5 km de piste), château médiéval ayant appartenu au comté du Roussillon jusqu’à la fin du XII° siècle.

Cependant je vous conseille de vous garer sur la place du village située au début de cette avenue ; à pied vous allez emprunter le dernier chemin, à droite,  baptisé « Cami de Requesens » : un panneau vous indique qu’ici on avance « a peu » (à pied, 4 km, 2 heures de marche et une autre heure pour visiter les divers lieux). Le sentier est balisé en jaune ; vous longez des champs d’oliviers et, très vite, vous montez entre les chênes-lièges, les genêts et…les cimetières de chiens ;: le chemin est d’abord étroit et un peu abrupt, mais assez « confortable » Cette montée permet différentes vues sur le village, puis sur la baie de Rosas et sur toute la plaine de l’Ampurdan.

Au bout de ce chemin, vous retrouvez la route forestière et une barrière grillagée que vous refermerez pour marcher vers Requesens. Une halte ici vous assure une formidable trouée vers le château, seul et hautain au cœur des arbres et des montagnes, si vous montez sur le petit promontoire de roches, à droite. Une pancarte vous informe : vous êtes au « Coll de Medas », à 392 mètres, et vous entrez dans le parc naturel de l’Albère. La piste continue dans une forêt admirable. Si vous êtes venus en voiture, garez-vous au croisement entre « Puig de Neulos » et « Castell de Requesens »

Vous redescendez à pied cette piste sur 50 mètres et sur votre droite, face au bâtiment ruiné de la « Serradora », vous prenez le sentier balisé (jaune et blanc) montant vers le hameau de Requesens (de là, belle vue sur le château et halte au bar-restaurant La Cantina) A 2 minutes, allez voir le four à chaux (forn de salç), à 17 minutes, la Plaça Carbonera et à un quart d’heure, un dolmen et l’église Sainte-Lucie. Revenez au point de départ : le sentier rejoint le GR11 (rouge et blanc) et vous permet d’atteindre des lieux étranges : le « Pentinador », la source ferrugineuse de la « Font Rovellada de Dalt », le « Puig de Neulos », la « Forn de Rajols » et, en suivant le GR11, un pont de bois, le « Torrent del Coll Pregon » et le puits de glmace « Pou de Glaç »…Vous revenez au croisement initial et prenez le sentier qui monte vers le château (balisage jaune)

Vous voici au pied du fameux château bâti au XI° siècle et reconstruit au XX° par le seigneur Tomas de Rocaberti. La bâtisse est massive, un peu décevante : elle était plus belle et mystérieuse dans son aura de végétation et son auréole  de monts et de merveilles…Requesens se visite (2 euros l’entrée) en fin de semaine et les jours fériés (catalans !), de 11 h à 18 heures 

*Carte : Alt d’Emporda 2 au 1/50000, site naturel de l’Albère, versant sud du massif – Distance depuis Perpignan ; 50 km, dont 5 de piste. – Pour arriver directement à Cantallops, après la Junquera, prendre le dernier rond-point dans la zone des routiers et supermarchés, et prendre à gauche la route qui monte (signalisation défaillante)

Cantallops est un village agréable : bons restaurants, château du XIII° « Sant-Esteve de Cantallops, circuits de dolmens…indiqués sur les panneaux

  le col de Medes

  La solitude altière de Requesens, entre nuages et forêt de l'Albera

  le chemin étroit dans Cantallops




Le canal de Perpignan, balade sereine

11 05 2008

      La promenade du canal de Perpignan assure un moment de calme et de sérénité. Vous pouvez le prendre à partir du lotissement de la Porte d’Espagne, ce qui vous permet de vous garer facilement sur le parking de l’hypermarché « Al Camp », dont je tairai le nom français…Là commence le sentier ombragé qui serpente sous la voûte des platanes ; on devine les nombreuses maisons accolées, mais si vous regardez tout droit ou dans votre imagination, c’est le rêve, une sorte de petit bonheur à la Philippe Delerm. Il faut savoir parfois se contenter d’une balade facile mais agréable, même aux portes de la ville, au lieu d’être obnubilé par une randonnée olympique, qui vous oblige à vous lever matin et à faire de la route, vers Cerdagne, Cadi, Carlit ou Capcir…

            Très vite, vous voici au Mas Bresson : la route traversée mène à l’échangeur sud de l’autoroute A9, mais vous n’en avez cure : vos pas précis et patients ne voient pas l’asphalte mais la terre battue ondoyant entre les admirables vignes de ce domaine. Le bruit et la fébrilité de la vitesse vont encore vous saisir quand vous emprunterez le passage sous l’autostrada, mais c’est fini, adieu monde pressé, après avoir passé le beau mas Gaffard, je marche vers Pollestres, village tranquille, et mes rencontres sont désormais pédestres : un couple âgé qui ramasse des asperges sauvages, trois amies très bavardes, estimant que les paroles valent plus que le silence des yeux, deux ados faisant du vélo, une belle fille athlétique qui court et n’a pas une œillade, même pas un regard, pour vous…

Des prés, des champs de pêchers, des mas abandonnés, des lieux insoupçonnés, un petit monde naturel et sauvage vit à moins de cinq cents mètres de la cité.. ! Le canal est moins banal, il devient vraiment canal quand - grâce au ruisseau "Les canals" conduisant l'eau de la Têt d'Ille à Perpignan- le promeneur découvre plusieurs écluses modestes, mais en état de marche. C’est l’eau, hélas, qui ne marche pas, qui ne joue pas le jeu : la sécheresse règne et on espère le printemps perturbé et les saints de glace de Catalogne…

Voici Pollestres et, sous les frondaisons, derrière les grillages et murettes égoïstes, le visiteur ébahi découvrent des villas orgueilleuses, des architectures énormes, faites de terrasses, de piscines et de plantations exotiques…Tout le monde ne touche pas le Rmi en ce pays…C’est Cocagne pour certains, mais qui sont ces gens vivant en de tels lieux paradisiaques et secrets…

La marche est souvent l'occasion d'un échange d’idées, d'un tour d’horizon de l’actualité : les compagnons de ce tour du canal (si l’on peut dire, car le sentier est rectiligne et la pensée ne peut donc tourner en rond !) ont, en parlant, en cheminant, des envies de transformer le monde, mais, chut, voici la traversée du village, quelques mètres de bitume, et l’on repart, tout droit, vers un horizon imperceptible, vers une distance inconnue, vers la prochaine borne : Thuir…

      Le canal de Perpignan, vieux comme un des travaux d'un Hercule du Moyen-Age, (*) ce n’est pas le Canal du Midi, certes, avec ses transhumances de péniches, ses vastes écluses, ses aires de repos, poétiques, bucoliques ou livresques, quand la route liquide fait une halte au Somail, entre Narbonne et Carcassonne, où niche une célèbre et immense librairie humide…Mais c’est le plaisir de quelques heures, à la portée du moins sportif d’entre nous…

       écluse sans eau

      le mas Bresson.  (*) En vérité, le canal "Les Canals", en catalan, fut aménagé par Jacques II de Majorque afin d'irriguer cette partie de la plaine du Roussillon (rive droite de la Têt), les châteaux royaux et les moulins dont il reste un seul vestige à Canohès (Le mas du Moulin). Le canal traverse Canohès de part en part jusqu'au Mas Vézian, près de Thuir. Il est la propriété privée d'une collectivité publique : la ville de Perpignan. Le projet est de transformer l'itinéraire en piste cyclable, dans le cadre de la voie verte entre Perpignan et Villefranche de Conflent.