Cézanne et Picasso en AIX (en Provence) - Vauvenargues et Sainte-Victoire
L’intérêt de passer les épreuves écrites de l’agrégation, c’est de voir du pays. Ainsi le pays d’Aix, par deux fois. L’oral est moins intéressant ; il a toujours lieu à Paris et, à l’époque c’était au moment de la Toussaint : sous le froid et dans les brumes du très petit matin de Saint-Maur et Créteil, il fallait préparer une épreuve de six heures…
Mais Aix, ses eaux étymologiques et ses fontaines authentiques, ses places et ses platanes…Je n’y allais donc pas pour Cézanne mais pour les auteurs du programme, D’Aubigné, Chateaubriand, Paul Valéry... Cézanne, je ne l’abordais donc pas pour ses peintures ni pour ses lieux intime, le Jas de Bouffan, l’atelier, le chemin des Lauves, ses sentiers qui menaient à la Sainte Victoire, au Tholonet et à Vauvenargues…
Avec Daniel Rous, compagnon de concours, je me risquai donc une fois à escalader la montagne sacrée des Auxois où, selon la légende, Marie serait venue se refugier, au cours de son périple d’exilée, après la mésaventure du Christ. D’autres rumeurs rôdent sur ce nom ; il célèbrerait la victoire du général Marius (un gars de Marseille, sans doute !) sur les Teutons ; il s’agirait de façon plus sûre du nom celtoligure du dieu de la montagne, ou dieu du vent, semblable à celui qui règne au Ventoux… Nous montâmes sans difficulté en haut des mille et onze mètres de la montagnette et nous reposâmes quelques minutes dans la cavité où Marie s’était abritée. Un coup d’œil au panorama, à l’alignement des vignobles, aux plissures de la roche, aux évaporations lointaines venues de la mer phocéenne…Puis la descente et là, Daniel me surprit car il prit un train d’enfer. J’avais de la peine à le suivre et certains muscles paresseux tiraient mes jambes si fortement sollicitées… Il m’expliqua, à l’arrivée, qu’il s’ennuyait tellement au retour d’une balade qu’il allait le plus vite possible !
Une autre année, sentant que j’allais être admissible pour la seconde fois, je vins réviser dans le bar unique de Vauvenargues. Dans la vallée étroite, en effet, pas d’autre refuge et, comme Picasso, quand il se rendit sur place, en 1958, visiter le château avec Cocteau et un agent immobilier, et échoua à cet endroit du village…Seul à la terrasse écrasée par l’ombre austère de l’édifice féodal, je me mis à réviser mes notes sur Chateaubriand, mais en parcourant des citations extraites des Mémoires d’Outre-Tombe, résumables dans le seul vocable MOT, c’était le mot MORT qui m’obsédait. En fait, je ne pensais qu’à Picasso, enterré tout près, dans le jardin de sa vaste demeure de Vauvenargues, au pied des escaliers monumentaux…
Il vint régulièrement ici jusqu’en 1961 et y peignit, outre les paysages verts, la série des « Déjeuners sur l’herbe » Accablé à Mougins par les visites et les journalistes, il trouvait là l’isolement, la sérénité pour travailler. Le fantôme de l’ancien propriétaire des lieux, Luc de Clapiers de Vauvenargues, le célèbre moraliste né à Aix en 1715, lui prodiguait peut-être une force d’esprit même si le philosophe eut un destin tragique : il mourut seul et désespéré, à l’âge de 32 ans…Mais Pablo regardait sans doute son portrait en médaillon, sculpture de Francis Deltour, apposée au château en 1947 pour le bi-centenare de sa mort…
Mais Picasso s’installa ici pour revenir à Cézanne, au maître de la modernité, inventant une nouvelle perspective : spatiale par simplification des formes et juxtaposition de plans colorés ; imaginant le fauvisme avec ses grands aplats de couleurs non délimités par des traits ; inventant le cubisme en rendant compte de la masse des falaises architecturales de la Sainte Victoire, en représentant les formes cubiques des cabanons de la vallée et la géométrie des carrières de Bibémus…En arrivant à intégrer les personnages dans le paysage, telles ces « Grandes baigneuses » de 1905, entrevues dans la rivière de l’Arc, au Pont des Trois Sautets…
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Vendredi 3 juillet 2009
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peinture, balade
Le RACOU en CATALOGNE
la lente mais inéluctable avancée du sable...Formation de dunes énormes...Bientôt Racou/Le Pilat..? (photos Jean-Pierre Bonnel)
Dans ce petit "recoin" (traduction du catalan "racou", dans cette petite plage, située entre Port-Argelès et La côte rocheuse (criques de Porteil, Collioure...) le sable est en marche. Le hameau va s'enliser. Pourtant, ce lieu calme et typique, composé, au début du XX° siècle, de cabanes de pêcheurs en roseau, et immortalisé par Etienne Terrus (voir ses aquarelles au musée d'Elne), mérite mieux qu'une mort lente ! Bien sûr, les maisons "en dur" érigées dans les années 1930 étaient quelque peu sauvages et la loi littoral n'est apparue que bien plus tard... On a alors détruit le village libertaire du Bourdigou et les casots entre Canet et Saint-Cyprien et entre mer et étang...
Mais Le RACOU a toujours résisté. A du bagoût, a du COURAge..! En effet, ce hameau oublié de tous devient un village familial, convivial, festif et s'affirme quand, vers 1960, ses citoyens d'habitants décrètent son indépendance...Bien sûr, elle n'a jamais été reconnue, cette petite république, cette "utopie" de la Côte vermeille, appelée fièrement "Commune libre du Racou". "Action d'éclat" - comme dit le panneau signalant le départ d'une belle balade vers les criques, plus au sud - qui permit quelques réalisations modestes mais concrètes comme l'attribution de noms catalans aux rues... Au Racou, pour des vacances autres...
*attention, une partie de la falaise surplombant la crique (à droite, en regardant la mer) s'est affaissée: il est donc dangereux de s'aventurer par là...On peut cependant regarder les plissements de roches qui rappellent les statues naturelles creusées par le vent et l'érosion marine au Cap de Creus...
au départ de la rando vers Porteil, l'Ouille, Collioure, Port-Vendres, Cap Béar, Paulilles...
plissures des rochers au Racou ou dos de monstres marins..?
Écrit par cat le
Mardi 30 juin 2009
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balade
Voyage en Espagne, suite : Zaragoza, Grenada, Goya et Lorca
Loin de Madrid et de ses rêves sportifs...
(J.P.Bonnel)
Zaragoza est la ville de Goya, mais ses chefs-d’œuvre reposent au Prado. L’Aragonais a été récupéré par Madrid…Je pousse plus loin, je vois la ville depuis la route, tel un mirage. Pas le temps de noter, presque rien à dire, à l’époque des voitures rapides… Théophile Gautier qui, lui, va sur une mule, a le loisir d’apprécier le paysage et la vie ibérique dans ses moindres détails. Le soir, à Zaragosse, livre plusieurs landscapes : vignes du Pénedès, collines érodées du bas Aragon, forêts au nord de Madrid ; l’autoroute suit l’aqueduc romain et le TGV Barcelone-Madrid est parallèle aux routes antiques : tout a été inventé, tout a été écrit et ces romanciers-voyageurs font leur orgueilleux…Emerge à présent le plateau castillan s’élevant jusqu’à 650 mètres au-dessus de la mer invisible. Le chemin est âpre, sauvage, en monts et vaux.
Rien à voir avec la route littorale qui va de Málaga à Almería, du mur de béton touristique jusqu’aux palmeraies d’Elche : s’étendent des kilomètres de cultures sous serres, le plastique enfermant les fraisiers monte jusqu’au sommet des montagnes. Almería, signifiant « miroir de la mer », en arabe, vaut pour le quartier des pêcheurs, la Chanca, aux maisons-cubes bariolés. De Murcie la proche, je garde le souvenir de « l’enterrement de la sardine » -écrit par Arrabal- dont le feu final symbolise la fin du Carême…Je parcours au fil des villes, Mazarón, Cartagène, Valence, les guides touristiques dont les descriptions, mises bout à bout, formeraient un délicieux poème : « ses maisons à terrasses, souvent creusées dans les collines, ses cubes colorés, alignés de façon irrégulière… »
Et puis, après tout ce temps perdu, après toutes ces inutilités, vint Grenade…Théophile Gautier, l’inépuisable, nous la présente en quelques mots : « Grenade est bâtie sur trois collines, au bout de la plaine de la Vega : Tours Vermeilles, ainsi nommées à cause de leur couleur (Torres Bermejas) et que l’on prétend d’origine romaine ou même phénicienne, occupent la première et moins élevées de ces éminences ; l’Alhambra, qui est toute une ville, couvre la seconde et la plus haute colline de ses tours carrées, reliées entre elles par de hautes murailles et d’immenses substructions…
L’Alhambra, ce château rouge sous l’arc blanc, immense, proche et lointain de la Sierra Nevada, c’est un panorama essentiel, à contempler en haut de l’Albaicín, quartier enserré dans la première forteresse arabe de la ville. On a raison de dire : « Quien no ha visto a Granada no ha visto nada ! » Depuis les ruelles, les maisons ceinturées de palmiers ou de figuiers de barbaries, se protégeant du soleil dans leurs carmenes paradisiaques, c’est le spectacle qui associe l’architecture humaine et la fabrication esthétique de la nature…Loin de la foule qui, dans les boulevards de la ville basse, célèbre le vendredi saint, en suivant les processions et les saints sortis, dont la fameuse vierge, la Macareña, pour cette occasion unique… Loin de la cathédrale et de la mosquée transformée en chapelle où sont visitées les tombes des Rois Catholiques… On choisit l’aura des sommets, empreint d’une religiosité moins guindée… Depuis ces quartiers hauts, sauvages, creusés de grottes où des pauvres et des marginaux ont construit des palais de carton et de bouts de ficelle, on peut apercevoir l’austère masse du palais de Charles Quint, ce cercle inscrit dans un carré, et, plus haut, le Généralife, résidence de campagne des rois de Grenade, reposant dans ses clôtures de rosiers, de cyprès et de lauriers-roses…Le visiteur a le rouge des palais et la neige des montagnes ; il n’a même pas envie d’ouvrir le petit livre de Marguerite Yourcenar, cette Andalousie appelée tour à tour « terre des vandales » ou « Les Hespérides », seuil du couchant…Il faudra bien se coucher un jour, ou un soir…Le cafetier vous montrera la direction de la sortie, dans la nuit, qui n’est plus le royaume du rouge et du blanc, mais celui du guttural flamenco… Il ne reste qu’à l’accompagner de quelques strophes de Lorca, né à vingt kilomètres de là, à Fuentevaqueros, village devenu neuve ville-dortoir, mais sa villa est dans Grenade, remplie de souvenirs heureux et tragiques…
Écrit par cat le
Lundi 22 juin 2009
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balade, littérature
De Tolède à Malaga - Maison natale de Picasso
Grenade, une maison de l'Albaïcin (photo Jean-pierre Bonnel)
De Tolède à l’Andalousie, le chemin bordé de blanches oliveraies, de hameaux passés à la chaux, serpente à travers un paysage paysan, pour tenter d’atteindre un sud lointain, déjà africain, depuis des siècles oriental. La mer, à Málaga, est un tableau cubiste avant l’heure. Mais la nature était cubiste avant la peinture des hommes. Avant l’heure du baptême des grands mouvements artistiques.
Tolède, avec Gréco, était expressionniste tout en l’ignorant. Málaga, sans le savoir, habite un cube marin…La ville est toute empreintée de souvenirs de Picasso et des reproductions de ses œuvres, dans les affiches murales, les publicités, le commerces.
La maison natale, où Pablo naquit le 25 octobre 1881, restructurée, peu semblable à l’originale, conserve des photos, tableaux familiaux et des objets intimes, comme l’émouvant linge gris –il a donc été si petit, lui aussi ? – qui, à la naissance de l’héritier Ruiz, protégea son nombril…Ce lieu est devenu, en 1988, la Fondation Picasso, et montre des expos temporaires. J’y ai lu, sur un cartel immense, ces mots étranges et poétiques du futur maître, dépourvus de ponctuation : « je suis né d’un père blanc et d’un petit verre d’eau de vie andalouse je suis né d’une mère fille d’une fille de quinze ans née à Málaga aux Percheles ( ?) le beau taureau qui m’engendra la tête couronnée de jasmins » Signé Pablo Ruiz Picasso. On comprend alors son amour pour la tauromachie et sa dette à l’égard des toros…Voilà pour l’origine. On apprend mieux ses toiles et son parcours en se rendant au musée dont la collection est composée de 155 œuvres, donation de Christine, sa belle-fille et de Bernard Ruiz-Picasso, son petit-fils. Le musée est situé dans le centre ancien, au « Palacio de Buenavista », classé monument national ; autour d’un patio intérieur, les salles tournent dans les étages : elles montrent l’art révolutionné aux vieilles formes renaissantes et mudéjares, elles laissent les expressions picturales lancer leurs cris jusqu’aux magnifiques plafonds décorés de caissons en bois.
La vie du héros du pays est vite résumée, toutes les périodes sont représentées, de façon assez pauvre : beaucoup de brouillons, de valises autrefois pleines désormais vidées, des cadres minimalistes, pour ne pas dire bon marché. L’enfant qui suit ses parents à La Corogne est visible dans une « étude double pour l’œil gauche » (1892-93) : il signe déjà Ruiz-Picasso. Le village catalan de Gosól est incarné par Fernande, la compagne de 1906. Plus tard, en 1917, c’est Barcelone et la figure d’Olga. Plus loin, on admire « Susana y los ancianos, suite d’Olympia », de 1955, sans situation précise ; sans doute s’agit-il de Mougins, comme le tableau « Père et fils » du 29.91971. Enfin, dans la même salle, le « Minotauro con capa », de Cannes (avril-mai 1958), monstre minotauromachique buvant à la santé de .. ?
Écrit par cat le
Jeudi 18 juin 2009
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balade, peinture
Madrid suite : la peinture et les cafés - Théophile Gautier
Madrid est une ville lourde, aux bâtiments architecturaux massifs dont la lourdeur est allégée par les anges sur les toits et le chars romains sur les établissements bancaires… Ville austère, devenue capitale et siège de la dynastie autrichienne, en 1560, sous Philippe II ; deux ans plus tôt, l’architecte Tolédo achète l’Escorial pour Charles-Quint…Ville haute : culminant à 650 mètres, c’est la plus haute capitale d’Europe.
Je reviens à Thysen, avec Le Pierrot à la guitare, de Dali (objets collés, 1923) et son Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une grenade, de 1944… Quelle tragédie : ne plus regarder un tableau, lui tourner le dos (à jamais ? ) pour aller vers le suivant, dans un musée sans être sûr de revenir devant ce Dali, ce Balthus, ce Chagall…
Voici La clef des champs, de Magritte, de 1936 : la vitre brisée reflète encore le paysage. Picasso est présent avec l’Arlequin au miroir de 1923, mais les Anglais et les Américains sont fortement représentés. Michael Andrews (1928-1995, Londres) montre The pier pavilion, traduit de façon amusante et poétique, mais c’est de sentiment de l’étranger, « el pabellón del malecón » : ce pavillon sur l’eau me rappelle Southampton quand l’adolescence des années 1970 allait danser sur l’eau…Et le portrait de Timothy Berhens, dire qu’il est mort ; et lui aussi, Robert Rauschenberg, avec Express de 1963… J’aime Stuart Davis « Pochade, 1958 », mort à New York en 1964 et Robert Lindner, de même en 1978…Le musée est un cimetière, comme l’histoire de l’Homme… J’apprécie aussi ces nouveaux classiques américains : Roy Lichtenstein, de New York, encore (1923-1997), et Richard Estes, né en 1936 : un jeunot, tout de même !
Quand on prend le musée à l’envers, quand on commence par les avant-gardes, on trouve tout génial, en particulier la peinture hollandaise ; c’est un inconnu, ce Bijlert, mais c’est un chef-d’œuvre : Jeune jouant du luth. Tout est beau, au Thysen museum... Ah! le plaisir esthétique !!! Mais, basta la peinture !
Oui, il vaut mieux hanter les cafés et, à Madrid, on a l’embarras du cawa… Le café de Oriente, face au palais royal, est désormais un peu artificiel : ses cuivres jouent une trop neuve musique ; on ne s’y rend plus, désormais, que pour ses toilettes... A l’opposé du Café Comercial, à la Glorietta de Bilbao, fondé en 1887, et toujours lieu central des TERTULIAS madrilènes…Le café Gijon est bien placé, sur la grande contre-allée, non loin du Prado et des jardins du Retiro. En outre, le proche bouquiniste me permet de trouver le Madrid de Semprun et le Malraux en Espagne de Paul Nothomb…Inauguré en 1888 sur le paseo de Recoletos est, dit-on, « un lieu de tolérance et de démocratie, où chacun peut trouver un accueil, de l’amitié et de la compréhension… » Gautier, dans son passionnant Voyage en Espagne s’intéressent à ces cafés qui, en 1840, étaient bien pittoresques : « Les cafés de Madrid nous semblent, à nous autres habitués au luxe éblouissant et féerique des cafés de Paris, de véritables guinguettes de vingt-cinquième ordre la manière dont ils sont décorés rappelle avec bonheur les baraques où l’on montre des femmes barbues et des sirènes vivantes …Les plus célèbres sont la Bolsa, au coin de la rue de Carretas ; le Nuevo, où se réunissent les exaltos ; celui du Levante, tout proche de la Puerta del Sol…le café Principe, à côté du théâtre de ce nom, rendez-vous habituel des artistes et des littérateurs. »
Hors les cafés, vive la promenade amoureuse, dans les nombreux espaces verts de Madrid, du Retiro au Parque de Roma, avec l’arbousier, arbre emblématique de cette ville noble, solide, cultureuse…
(voyage en Espagne - avril 2009)
Écrit par cat le
Mardi 16 juin 2009
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balade, peinture, littérature
de Madrid à Tolède - Le GRECO
Madrid. Au crépuscle, la place Sainte-Anne devient pathétique, avec ces ombres fantomatiques de génies disparus et la nuit colore de rose et de mauve l'imposant immeuble converti en launge branché... On préfère se laisser guider par les accents jazziques qui essaient de s’extraire de la bonde du « café central », plaza del Angel : dès 22 heures, la « musica en vivo » plonge une assistance compacte et enthousiaste dans la gymnastique des instruments d’un quartet déchaîné ; bière, fumée, vivats et applaudissements y sont de rigueur, car la passion de vivre et de chanter, de crier est là ; seule la frustration de ne pouvoir danser et pour de nombreux retardataires, de pouvoir obtenir une chaise, une table, même si le spectacle reste visible depuis le sas d’entrée…
A la plaza Mayor du XVII° siècle, lieu morbide des autodafés, corridas et mises à morts d'hommes plus ou moins méchants, je préfère le café suranné d'El paseo del Arte, circulo de Bellas Artes : les adhérents entrent sans problème tandis que le touriste, rare ici, doit s'acquitter d'un droit d'entrée, pour boire una copa ou voir à l'étage une expo consacré à une pièce de théâtre de Picasso, "Le désir attrapé par la queue"; c'est un cercle pseudo-intello dans un immeuble rococo; dans la grande salle "Belle époque", un lustre énorme est un soleil illuminant une femme de marbre blanc aux formes presque vivantes...
De Madrid à Tolède, la route est courte, mais il est trop tard pour entrer dans la ville verticale, il faut la surprendre au petit matin. Tu as voulu faire un dernier tour de piste dans le Retiro, jardin utopique au cœur de la capitale et les avenues ou les ruelles qui mènent à la Caixaforum. Ce bâtiment insolite, composé de briques et d’acier brut, rongé par des altérations jaunes, n’existait pas lors de mon séjour précédent…Nous allons voir une exposition sur "Vlaminck Fauve": c'est vrai, c'est la mode du fauvisme, mais Maurice de V., en 1904, annonce déjà les trouvailles matissiennes; après il a fait tout ce qui se faisait, en suiviste: paysages sans intérêt...
Voici un village tranquille à dix kilomètres au nord de Tolède ; à Bargas, l’hostal « Gran Capitan », 81 calle real, est frustre mais accueillant ; dommage que des dizaines d’hommes s’agglutinent devant la télé, à l’heure du repas, pour réagir vivement aux exploits du Réal Madrid…
Terre rouge, champs d’oliviers à l’immensité machadienne, ici commence le grand sud où l’art, l’architecture et la pensée arabes ont servi de fondations à la reconquête catholique et à l’érection inéluctable du gothique glorieux…Voici la terre de Don Quichotte où les fantômes de la fiction hantent les rares moulins préservés de l’usure et de l’inculture des temps nouveaux ! Je relirai le Gréco intime de Barrès, parcourrai ses jardins de mots, les cigarrales du paradis, les collines décrites depuis les toiles ascensionnelles du Grec qui offrent des vues de Tolède et le pont d’Alcantara d’où une ingénieuse machinerie montait l’eau du Tage tout en haut de la cité. Dans le cigarral de Buena vista, l’artiste, dit l’écrivain, se promenait pour écouter les beaux esprits et les belles filles qui chantaient d’une voix plus claire que celle de l’eau des fontaines, qu’elles venaient capturer dans leurs gargoulettes de terre cuite…Gréco y rencontrait Tirso de Molina, Lope de Vega, Bartasar Gracián, Góngora et Cervantès…du beau monde, le monde intellectuel de l’époque réuni là…
Hélas, le trop français Barrès ne met pas les accents toniques sur ces noms illustres : vous n’aurez pas le prix Nobel, Maurice… Le paysage est âpre, fait de hauteurs et de vallons, de promontoires et de canyons, où la terre rêche affronte le ciel lourd de nuages, où la République encore vivace bombarda durant de longs jours l’élite de l’armée fasciste. Chaos de rochers, paysages remués, repères de la beauté.. !!! Là, le Griego inventa la musculature de ces corps nus, parfois maniérés de martyres et de saints qui, pour mieux s’élever dans l’azur, ont subi la transformation spirituelle de leurs corps. Le paysage, lui aussi, n’est qu’élan vers le ciel, métamorphose divine : le corps de Castille-La Mancha, le corps des oliviers, le corps des religieux en armes, cette terre n’a plus rien de tellurique, elle n’incarne que le sacré…En donne un aperçu...A chacun son credo...
Écrit par cat le
Lundi 15 juin 2009
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balade, peinture
Madrid (2) - Le musée Thyssen, la place Santa Ana
Je reviens visiter le musée Thyssen-Bornemisza; la plus grande partie de la collection de cette famille qui s'est enrichie grâce à la guerre et aux ventes d'armes, a été acquise par l'Etat espagnol en 1993 : le Moyen-âge, la Renaissance et le Broque sont à voir au MNAC de Barcelone, mais plus de huit cents oeuvres sont exposées ici au palais de Villahermosa. Je me suis attardé cette fois-ci sur les toiles du début du XX° siècle : Picasso, avec Les Segadores (1907) qui mêle fauvisme et déformation des corps: bras et pieds allongés.
La conversation sous les arbres, de Matisse est partie à l'expo de Stuttgart, mais Les feurs jaunes, de 1902, sont là. Le compère Derain montre un Londres lumineux (1906) tandis que Braque situe L'Estaque de la même année entre deux arbres violets; le port est mauve, les prés ne s'étonnent pas d'être jaunes. Et Cassis, tout proche, de Camoin, ressuscite le tranquille village de 1905. Je me poste, en revenant dans le temps, devant La Messe des pèlerins de l'artiste catalan Jaume Huguet, né à Valls en 1414 et mort à Barcelone en 1492, sans avoir découvert l'Amérique, mais la renaissance qui envahit le sud de l'Europe. Vittore Carpacio intrigue toujours autant avec son jeune guerrier de 1510, entouré d'animaux et d'éléments naturels exprimant sans doute les valeurs morales du noble de XVI° siècle. Ensuite, ce sont les intérieurs hollandais (lire Todorov) et leur génie du détail (voir Daniel Arasse) qui permettent que l'on s'exclame : qu'elle est bien dessinée, cette poitrine, qu'il est bien fait ce poisson nageant dans le clair-obscur du marché et ce panier d'osier aussi, dans la pénombre sécurisante de la cuisine : hyper-réalistes, ces Hollandais peignant, grands maîtres de l'objet et de l'effet de réel; et si tous ces intérieurs n'étaient pas des témoignages du confort des bourgeois de ce temps, mais des fictions de peintres..?
Je rêve aux mots des légendes, aux beaux mots des cartels, suggérant la beauté des natures mortes : l'aguamanil castillan signifie une coupe et le "bodegón" est traduit, en anglais par "still life" : le français est ici oublié...
Enfin, la visite est bouclée par un retour à Picasso : Le repas frugal de 1904 est une eau-forte présentant une eau (de vie, sans doute, car l'émotion est forte avec l'Andalou) sur la table: le portrait du couple décharné, avec ses longues mains à lui et son squelette à elle, mais la poitrine, seule, reste forte, est dédié à Bicciotto Canudo; qui est ce personnage..?
L'installation de la CaixaForum Madrid se pose en intermède ou comme un retour au présent violent avec ces artistes nouveaux montrant les "zones de risque", voulant dire que l'art est capable d'exprimer une prise de conscience politique et sociale; par bonheur, cette critique radicale est menée avec humour (la maquette de la prison de Guantanamo dans l'enclave américain de Cuba) et l'humour pousse le promeneur secoué à s'interroger sur les dysfonctionnement de la justice et de la liberté de par le monde : nous sommes tous concernés, c'est ce que clament Joé Antonio Hernandez-Diez, Carlos Amorales, Eija-Liisa Ahtila, Miguel-Angel Rios, dont les toupies doivent fatalement, après leur tournis fou, mourir...
Au coeur de Madrid, l'hostal Plaza d'ORT, plaza del Angel, permet de vivre un quartier intellectuel. Toute proche, la Plaza Santa Ana a été élue par Almodovar pour "Talons Aiguilles". Je téléphone à Ana, à Paris, au musée Picassou, depuis le café aux mille toros représentant les personnalités ibériques; le 8 avril au desayuno, ces bestiaux sont des images des icônes célèbres de la péninsule : voici Sara Baras, Ferràn Adria, Juli Soler, Tono Lopez, omero Britto, Antonio Banderas, Manolo escobar, Carmen Posadas, Suso 33, Finitó de Córdoba, Raphael, Javier Barcaiz Tegui, Santiago Segura, Baronesa Thyssen...il s'agit d'une belle affiche intitulée "Arts bulls : toros solidarios"... Sur la place, les statues de Lorca et de Lope de Vega; celui-ci vécut dans une ruelle voisine, non loin de Cervantès...J'imagine encore Hemingway à deux pas de la Cerveceria Alemana...
toros, taureaux...
Écrit par cat le
Jeudi 11 juin 2009
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peinture, balade
La Catalogne dans Géo Magazine - Itinéraires hors des sentiers battus
La belle revue GEO vient de publier un gros numéro hors-série consacré à la Catalogne (6,50 euros) : photos splendides et dossier éclectique.
Je dois surtout remercier ce magazine qui consacre un compte-rendu élogieux de mon guide culturel de la Catalogne, publié depuis deux mois à peine par la maison d'édition de référence du Languedoc-Roussillon: Les Presses du Languedoc (de Montpellier) devenues les NPL (siège à Sète) : 250 pages sur papier glacé avec photos en couleurs, en vente partout...(si je fais pas ma pub...)
Ces "30 itinéraires culturels en Cat" sont qualifiés de "livre hors des sentiers battus"! A lire et à pratiquer dans les balades décrites au fil des pages...
Écrit par cat le
Lundi 25 mai 2009
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littérature, actualité en Catalogne, balade
TRANSBOREAL éditions : invitation au voyage
En librairie à la mi-mai
Petite philosophie du voyage
Éditions Transboréal
La collection « Petite philosophie du voyage » propose au lecteur de courts textes à la fois théoriques et empreints de subjectivité. Reposant sur l’expérience d’hommes et de femmes de terrain, ces ouvrages de poche offrent des axes de réflexion dans trois domaines : naturel – l’environnement et notre planète ; personne- l’épanouissement et le bien-être ; spirituel – une plus grande communion avec le monde.
Les Bonheurs de l’aquarelle, Petite invitation à la peinture vagabonde, Anne Le Maître
Glisser dans son bagage quelques couleurs et un carnet de croquis, prendre le temps de s’asseoir, sur une pierre ou un banc, et de recueillir du bout du crayon le spectacle qui s’offre à vous… Colline ou cathédrale, âne ou pissenlit, dessiner en voyage, c’est, à mille lieues de l’instantanéité photographique, prendre le temps de l’écoute, du regard et donc de la rencontre. Ralentir le pas, faire naître un paysage sous son pinceau et rapporter un témoignage vivant des voyages que l’on a accomplis, c’est aussi prolonger son périple par l’imaginaire. Car l’aquarelle itinérante est un double voyage, dans un lieu étranger et dans sa re-création par le pinceau. Elle apprend à regarder le monde autrement, à être attentif aux nuances et aux lignes de force, et, en restituant les contrées explorées d’une façon personnelle et sensible, permet en outre de revivre le moment de leur découverte. Pour en savoir plus, cliquez ici.
L’Esprit du geste, Petite sagesse des arts martiaux, Arnaud Cousergue
Avec pour devise « quel que soit le niveau obtenu, il faut continuer d’apprendre », Arnaud Cousergue fonde sa pratique des arts martiaux sur une discipline personnelle, devenue pour lui une seconde nature, qui enseigne le respect, l’engagement, la recherche de la pureté du geste et de l’esprit. C’est souvent un désir de puissance et de reconnaissance qui motive l’inscription dans un dôjô...

Écrit par cat le
Lundi 11 mai 2009
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littérature, balade
Malraux en Catalogne : Barcelone et Vernet-les-Bains
Mon article est à lire intégralement sur le site des "Amitiés internationales André Malraux"


Écrit par cat le
Vendredi 8 mai 2009
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littérature, balade
ANDORRE : Jacint VERDAGUER à Ordino
Andorre la vieille, ville encaissée, polluée par les luxueux quatre-quatre, Andorre la jeune aux mille magasins, sorte de Pas de la Case en moins plouc, sorte de Perthus d'un niveau financier plus élevé...Les commerces sont beaux, spacieux, les parfumeries succèdent aux débits de tabac, les enseignes Julia aux bijoutiers...Que de montres, quelles effluves de senteurs musquées..! Et les hypers, magasins impersonnels, répétitifs, mille temples du veau d'or, mille mais de l'argent, il y en aura pour tous, venu de France, de Barcelone ou de plus loin, sous forme d'écritures virtuelles...
Andorre veut faire oublier son statut de paradis fiscal en créant une industrie touristique fondée sur la santé et les soins du corps avec "Caldéa", ou des itinéraires plus culturels, tels celui de l'art roman, de la route u fer...mais la foule es dimanches ou des jours fériés (pas de respect du premier mai, ici)...
Il faut alors prendre de la hauteur, les chemins de randonnées, les sentiers de neige, vers les vallées de Canillo, Ordino, Arinsal ou Arcalis... Il faut aller, par exemple, sur les pas du grand poète catalan Jacint Verdaguer. L'auteur de l'immense poème "CANIGO", à la fois curé et animateur du mouvement culturel catalan appelé "la Renaixença" (renouveau, renaissance), se rendit, par une nuit tourmentée de la fin du XIXème siècle, au pays andorran, où il ne s'était encore jamais rendu. Son but était d'atteindre le sommet de Casamanya, à 2740 mètres, sur le massif situé entre Canillo et Ordino. Il se fit accompagner par un guide jusqu'au port de Creussans et, de là, lui montra la piste à suivre en direction des prés de Castellar. Verdaguer poursuivit seul sa route et atteint, au bout de quatre heures un refuge, la cabana del Castellar.
Au petit matin, le poète passa par le « Serrat », situé à 1659 mètres, et marcha sans s’arrêter jusqu’au village de LLORTS, où il organisa ne messe. Puis il demeura quelques jours à Ordino. Durant son excursion au pic de Casamanya, il put contempler des paysages somptueux, une nature pure, la rivière aux truites, les cabanes d’estives des bergers et l’habitat si singulier et pittoresque d’Ordino. A vos cartes, à vos souliers : vous attendent Casamanya, mais aussi la vallée d’Incles, du Madriu, le « port del Rat » (2539m), le pic de Tristaina et le port de Siguer…

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Mercredi 6 mai 2009
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littérature, balade
Gérone - Girona - Catalogne - MASO, EIFFEL, NARCISSE
A Gérone, ville vieille et moderne, désormais, avec ses musées, ses galeries d’artistes, sa fondation de Caixa Bank, il vaut mieux entamer la visite sur votre gauche, quand vous traversez les ponts, depuis les stationnements situés sous les platanes gigantesques du parc de
Remonter le temps romain, puis roman avec Galligants, ce monastère bénédictin lombard trilobé, entre église Sant Feliu et cathédrale haute et gothique marquée par l’effusion baroque : l’escalier grandiose de 90 marches ne peut conduire qu’au huitième ciel…
Auparavant, parmi les jardins de pins, d’eucalyptus et de cyprès et ce premier ensemble architectural diapré, vous aurez trouvé le chemin de la muraille qui suggère une visite en hauteur de la vieille ville. Gérone la Chinoise…
Les maisons aux antiques tuiles canal moulées sur les cuisses charnues des Catalanes, sont adossées aux restes des remparts : fragments de pierre élevée, reliques de murailles abattues pour que s’ouvre la cité, sur la vallée et la nouveauté du pont de fer et des bâtiments modernistes de l’architecte Masó, enfant du pays.
La rue Força traverse, fracture et liaison à la fois, le quartier gothique et le « call », juiverie du 8ème siècle, mise à sac aux 14° et 15° siècles : il fallut choisir l’expulsion, l’exil, la mort, ou la trahison, la conversion à la religion dominante qui recommanda l’Inquisition, l’autodafé, le génocide des Indiens d’Amérique et l’interdiction de l’usage du préservatif…Restait encore la possibilité du supplice et de la persécution…Beaucoup sont partis, loin de leur pays ou en éternité ; d’autres ont endossé des allures et des patronymes catalans…Le musée juif raconte cette période tragique entre 800 et 1492, date double -et trouble- pour les rois catholiques : découvertes de Colomb et expulsion des Juifs d’Espagne.
Je m’arrête, avec Geneviève, Sarah, Jacques et ces dizaines de pratiquants du tourisme culturel, aux trois paliers, agréables stations pour le pèlerin ou le visiteur impie, vaste moutonnement tel le codex amoureux, la liste en accordéon de Dom Juan, escaliers à
Je m’assois sur les balustres, j’écris au soleil ; mais signe qu’il se passe un événement important, comme un circuit du temps et du soleil, je suis obligé de changer de place et de suivre la stratégie de la lumière…
Ainsi, il faut aller dans Gérone, à présent vers la droite, les ruelles, les places à la lumière et revenir par les bords de la rivière qui accepte toujours l’image des façades ocres et roses, aux fenêtres festonnées, avec cet air de Florence et d’Arno, mais sans les linges de la vie intime…
*Aller à Gérone, Venise catalane, entre Ter et Onyar, ou petite Florence, située à une heure de la frontière, par l’autoroute ; ce n’est plus une halte avant Barcelone, on y va pour ses animations culturelles (théâtre, expositions, musée du ciné…), le dédale des venelles du « barri vell », avec leurs pavés de galets réguliers, l’animation des places et de la rambla.
*voir le Pont de Fer construit par Gustave Eiffel en 1877 et le « pont de Pedra » (de pierre)
Rerstaurants : DRAPS, cort reial, tél.872 080 430 www.restaurantdrapsgirona.com - El Celler de Can Roca – Can Marquès (devant le marché), place Calvet i Rubalcaba) – El Pati Verd (place Miquel Santalo) – Cafés de la rue Calderes.
* immeubles modernistes :
* fêtes de Saint Narcisse (Sant Narcis, célébré dans les toiles de Salvador Dali), patron de la ville depuis 1864 : la date du 29 octobre annonce 10 jours de festivités (www.ajuntament.gi). Plusieurs légendes courent à son propos : les mouches de son cercueil auraient chassé les envahisseurs français…
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Mardi 24 mars 2009
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patrimoine, balade
Balades culturelles et sportives en CATALOGNE - Jean-Pierre BONNEL -NPL
Vendredi 13 et ce jour de printemps m'annonce que mon guide de la Catalogne vient de sortir de l'imprimerie des "Nouvelles Presses du Languedoc" !!! 
Trente randos autour de Cadaquès, Céret, Collioure, Tossa, Barcelone, Sitges, Perpignan, Vernet, Tarragone... avec Picasso, Dali, Matisse, Dufy, Claude Simon, Jordi Pere Cerda, Mermoz, Arago, Gaudi, Derain...de quoi remplir le calendrier de vos vacances pendant 30 ans... * en librairie ou sur le net, 22 euros. 250 pages, 100 photos en couleurs sur papier glacé ! 570 grammes, un peu lourd pour une balade mais il vaut mieux photocopier l'itinéraire envisagé...avant de partir!
**Dédicaces lors des fêtes du livre de la Sant Jordi (le 18 avril à Vernet, le 23 à Barcelone, le 25 à Collioure et Perpignan...Ensuite, à la Comédie du Livre de Montpellier...
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Vendredi 13 mars 2009
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balade, littérature
MUR de BERLIN, dazibao en catalan
Carte de Berlin par Jacques GAUTRAND -
Ce qui reste du Mur de la Honte est une attraction touristique et chacun y va de son graffiti… Sur ce désormais Dazibao de béton; des polygraphes polyglottes laissent la trace de leur passage. Aujourd’hui, chacun veut pouvoir dire : « j’y étais », et les Catalans ne sont pas en reste…
Entre deux averses de neige, nous avons arpenté la ville historique et guetté les stigmates de la partition…Et il n’est pas question là de musique ! La ville est monumentale (un souvenir mémorable) aux avenues propices aux parades tankesques…à présent prises d’assaut par une jeunesse avide de fête…Et d’oubli.. ?
et Berlin en 1949...
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Lundi 1 décembre 2008
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balade, littérature
Conférence sur Walter Benjamin

Vendredi 31 octobre, à 17 heures, à la Médiathèque de Perpignan : conférence de Jean-Pierre Bonnel, avec des lectures de son livre Le chemin ultime de Walter Benjamin, par Denise Snodgrass, qui s'occupe de théâtre et de mise en scène à Collioure. Entrée libre...
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Jeudi 16 octobre 2008
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littérature, actualité en Catalogne, balade, photographie
ARGELES : les chemins de la Massane et de l'Albère
Pour les journées du patrimoine, la ville d’Argelès avait préparé une intéressante exposition sur les « Routes et sentiers de l’Histoire-Els camis de la historia ». La galerie Marianne présentait d’abord la vallée de la Massane, avec un rappel historique : depuis Hannibal passant par Ampurias, le col du Perthus, Elne (lire Polybe et Tite-Live) jusqu’à Philippe II le Hardi se repérant grâce à l’abbaye de Saint-André…Se reporter aux livres de Jacint Verdaguer (Canigó) et de Ramon Muntaner. Ensuite, l’expo s’organisait autour de plusieurs itinéraires :
1.les routes et les sentiers 2.la mémoire des rues 3.les chemins d’hier et d’aujourd’hui 4.les routes maritimes
6.chemins de randonnées : à ce propos, il faut savoir que l’office de tourisme d’Argelès, avec l’aide du Conseil général édite un pré cieux fascicule : petites randos, GR10 et chemins de Compostelle, inscrit au patrimoine de l’Humanité, sont répertoriés.
7.le chemin de fer ; en 1858, il arrive à Perpignan ; la liaison avec l’Espagne est achevée en 1878 ; l’espacement des voies espagnoles est de 1.668 m, celui des voies françaises de 1.435 m ; de nos jours commence l’épopée du TGV.
7.La Retirada (cf ; la revue Massane n°21)
8. Les voies contemporaines
9.Routes du Moyen-Age : se référer aux travaux de Pierre Ponsich. Les voies antiques du Roussillon vers l’Ampurdan, à travers la montagne de l’Albère, sont analysées.
L’exposition s’achève sur l’énigme de Taxo d’Avall ; pour en savoir plus : www.bislyjp.com - Il ne restait plus qu’à mettre à profit ces informations et à se rendre sur place. Pour ma part, le dimanche 21, je me suis rendu à la Bajol (Alt Ampurda) sur le chemin de l’exil et à la recherche du trésor républicain enfermé dans la mina d’en Negrín, en direction de Maçanet de Cabrenys : « Al paratge del Serrat de la Calma s’obre la boca de la mina Canta, oberta el 1905, que es considera la darrera mina de talc de Catalunya. Aquesta mina també és coneguda com la mina d’en Negrín. »
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Mardi 30 septembre 2008
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patrimoine, balade
Patrimoine en Catalogne - 20.21 septembre 2008
Pour les journées du patrimoine, on ne peut aller partout. Je vous propose une sélection sur un même thème : la Retirada, les Camps...encore et toujours, c'est une question de mémoire primordiale. D'abord, même si ce n'est pas la Catalogne, en Ariège, direction Toulouse :
LE VERNET D’ARIÈGE SAMEDI 20 & DIMANCHE 21 SEPTEMBRE
14h30 : Visites commentées du musée, de la gare et du wagon, du cimetière
15h00 : Projection du film documentaire « Un îlot dans la tempête »
16h00 : Débat animé par la réalisatrice Neus Viala (dans la salle attenante au musée)
En 1941, une centaine d’enfants d’origine juive arrivent depuis la Belgique au
Château de la Hille en Ariège, un home d’enfants géré par la Croix-Rouge suisse. Ce film qui tente de démêler l’enchaînement des événements, la position de la Croix-Rouge suisse, l’attitude des habitants, est avant tout un hommage à la lucidité et au courage de ceux qui savent prendre leurs responsabilités, y compris dans la désobéissance.
* Ensuite, au Camp de Rivesaltes, îlot F, musiques et conférences -Anne Boitel, J.Marc Dreyfus- cinéma et théâtre, de 10h à 23h le samedi et de 10h à 18h le dimanche, entrée libre.
*Opération transfrontalière, à partir du musée de l'exil à La Jonquera (dimanche à 9h30 au musée)- visie guidée, puis à 11h randonnée de la Vajol à Las Illas (exposition à 12h30: "La Retirada à travers la presse locale") Se rendre à la Bajol par ses propres moyens. Retour par le même chemin (apporter le casse-croûte) Museum memorial de l'exili, carrer major, 43.47, La Jon,quera. Tél. 04.68.95.85.03.
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Mardi 16 septembre 2008
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balade, patrimoine, actualité en Catalogne
L'Ermitage de Consolation, Collioure

Balade : le chemin de l’ermitage de Consolation Le départ, à pied, a lieu devant le Temple, au rond-point du centre de Collioure. Vous passez sous la voie ferrée et prenez la rue de la galère, puis le chemin de Consolation, jusqu’à la rue Sant Jaume. A u lieu d’emprunter cette rue, vous prenez à gauche et là, première station d’un chemin de croix, premier arrêt devant un offertoire dédié à Saint-Jacques ; dans la niche grillagée, le saint est habillé en pèlerin de Compostelle, la main sur le cœur ; des fidèles ont attaché quelques fleurs aux grilles.
La vallée est étroite, faite de vignes, mais, peu à peu, les maisons grignotent l’espace retreint : des sols non cultivés laissent présager une proche opération immobilière…Le torrent Ravaner est asséché, en ce début septembre, mais pousse tout de même là une forêt de hauts roseaux. Sur les hauteurs, des forêts de pins parasols et de chênes-liège. Derrière vous, vous apercevez le bel ensemble des villas d’Ambeille ; devant, le pont de la déviation Collioure-Port-Vendres, au lieu-dit d’En Raxat..
Des bancs de béton sont proposés gracieusement par la municipalité aux promeneurs. Vous voici à la traverse du « Petit Consolation », qui rejoint la route des crêtes (route de Port-Vendres, le cimetière nouveau, le Casino, l’Indigo…) Un cabanon a été aménagé sous les arbres ; c’était naguère un vrai paradis, mais il est écrasé, à présent, par l’ombre de l’impressionnante passerelle routière bleue et les lignes pesantes de ses piles blanches.
Vous prenez, tout droit, le chemin étroit, entre haies de roseaux et murettes de schistes ; encore un banc : il faut s’asseoir, non pour se reposer, mais pour écrire et contempler ce cirque vert limité par des collines : là-haut, en face, c’est la silhouette de la tour Madeloc. Le chemin remonte un peu et, dans sa première courbe, vous découvrez la deuxième station, où est célébrée Sainte-Thérèse ; les fleurs, ici, sont synthétiques mais colorées. A côté, un récipient semble avoir été installé pour recueillir des oboles ; en fait, il ne contient que…des cailloux. ; ceux, peut-être d’un petit Poucet ou d’un voleur de tronc qui a remis, avec les pierres, le poids des piécettes emportées… Vous n’êtes pas perdus : à cent mètres plus loin, un rectangle jaune vous indique que vous êtes bien sur le sentier balisé de la randonnée consolatrice.
Au fait, consolation pour quelle raison.. ? Que vous a-t-on fait ? Quelle amertume venez-vous ici guérir.. ?
La beauté des lieux est déjà un début de consolation !
Un espace goudronné ressemble à une placette munie de deux bancs de fer, d’un olivier et…d’un panneau publicitaire pour le « Cellier dominicain de Collioure » ; il s’agit de la coopérative de Collioure, située route de Port-Vendres (04.68.82.05.63) La place est aménagée pour quelques voitures : ah ! dire que vous auriez pu venir jusqu’ici en automobile ! Mais un chemin de pèlerinage se fait à pied et cette placette est plutôt un lieu mystique pour des rencontres entre jeunes : un saut de vendangeur déborde de bouteilles et de canettes de bière…A gauche et à droite, des chemins vont vers les vignobles ; le vôtre est au centre, dans le juste milieu ; d’ailleurs une petite pancarte vous avertit : « Ermitage, bar, hôtel, 500 mètres ».
Ce chemin est pavé de gros cubes et de bonnes intentions : il vous mène entre les fenouils et les raisins de septembre, vers la possibilité d’une guérison…Dans l’immédiat, ce sont les pieds qu’il faudrait ménager car le chemin monte, fort dignement, le long d’une clôture en briques qui détonne dans ce paysage de lauses grises. Vous vous asseyez sur le bord d’une terrasse planté en Carignan destiné au nectar de Banyuls ; devant vous un lointain triangle de toits rouges et de mer bleue. Etonnant, non.. ? Même les clichés, ici, prennent de l’épaisseur.. !
Chaque vigne a son casot, peint ou pas, dans lequel le viticulteur entrepose ses outils, où il fait une sieste, seul ou avec une estivante désireuse de se faire consoler au plus vite…
Mais, levons-nous, élevons-nous ! Le chemin invite à l’élévation : ce sont les fameux terribles cinq cents mètres qui vous font accéder à un nouveau paradis ; au premier détour, voici la troisième station -n’ayez crainte, il n’y en aura pas douze, on est flemmard et sacrilège dans le grand Sud !- celle de Sainte-Anne : la patronne est protégée par une vitre et des végétaux séchés ; l’édicule est bâti sur un rocher naturel, cairn prouvant que le sentier est antique : des libations païennes, sous les Gaulois, auraient déjà eu lieu, dans les parages de l’ermitage bâti au 17° siècle, rafraîchi par sa fontaine bleue du 18ème.
Vous délaissez le chemin de gauche et descendez tout droit : vous apercevez les arbres majestueux de Notre-Dame de Consolation : platanes et marronniers centenaires aux verts nuancés. Vous êtes arrivés dans l’ombrage, la fraîcheur, l’éden, le calme de ceux qui veulent faire retraite. Vous pouvez boire, manger, vous reposer, méditer, vous consoler : jamais sentier de balade n’a abouti à une telle récompense. Et l’épreuve est simple, accessible à tous, une randonnette de deux heures, aller et retour !
L’auberge peut vous fournir, pour un prix dérisoire, des grilles pour les saucisses ou escargots que vous avez glissés dans votre sac ; sinon, allez au restaurant !
Pour les courageux, le chemin balisé se poursuit, derrière l’espace des grillade ; il monte sur une veine pierreuse entre les tamarins. Tout Collioure et sa baie jaillissent alors et la mer est plus que le triangle entrevu plus bas…Sous un olivier, de grandes plaques de schistes autorisent la halte boisson, jambon ou consolation : tous les lieux sont décidément mystiques, ici ! De là, vous voyez la route du balcon de Madeloc, la plaine du Roussillon et les lointaines Corbières. Ce coin vaut pour le point de vue et pour le recul par rapport à l’Ermitage.
Vous pouvez ensuite redescendre par les vignes, mais c’est ennuyeux car il s’agit de propriétés privées et vous risqueriez d’être tentés par une rangée de raisins muscat…Le mieux est de revenir sur Consolation, puis de reprendre le chemin de l’aller, tout en sachant que d’autres sentiers vous convient à la découverte des Albères marines…
l'intérieur de Notre-Dame de Consolation.
Écrit par cat le
Lundi 8 septembre 2008
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balade, patrimoine
Balades culturelles et sportives en Catalogne
Mon recueil de 30 itinéraires culturels (à partir d'une personnalité étant né ou ayant vécu en Catalogne) est annoncé par les Nouvelles Presses du Languedoc pour la fin du mois de septembre (2008). Un bulletin de souscription, ci-dessous, permet d'obtenir le livre au prix préférentiel de 18 euros. A adresser à l'éditeur : NPL, 18 impasse Gaffinel, 34200, Sète (ou à l'auteur : J.P.Bonnel, 7 route de Bages - 66180 - Villeneuve/Raho) Merci à vous !


Écrit par cat le
Mardi 2 septembre 2008
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littérature, patrimoine, balade
Notre-Dame de CONSOLATION - COLLIOURE - CATALOGNE
En arrivant à Collioure par la côte (virages et belle vue sur la mer), au premier rond-point, vous prenez à droite, direction Madeloc. Si vous venez de Perpignan par la voie rapide, vous prendrez encore à droite, après la montée vers Collioure, direction Le Rimbau, Madeloc, route des crêtes. A la première intersection, prenez le chemin qui descend à droite (en face, panneau pour aller au Rimbau et balade vers la forêt et la tour de la Massane : encore une très belle rando !)
Vous arrivez à Consolation et trouvez un havre de paix, un paradis...je n'ai pas assez de clichés pour le dire...


les racines catalanes, la fontaine bleue et les chambres du haut
la terrasse blanche, le soleil de l'accueil
pierre, bois et volets bleus
l'écusson de Collioure à l'entrée de l'église
la trouée vers Collioure...
