La MERDE (une vieille histoire de)

   Tu vas encore choquer, je me suis dit. Non, suis tombé simplement sur un petit livre merveilleux, un ouvrage qui ne sent pas que la colle, en librairie, tout récemment; il s'agit d'un livre de l'anthropologue Alfredo Lopez AUSTIN et du peintre francisco TOLEDO; traduit du mexicain, publié par le Castor Astral (15 euros, mars 2009), cette brève mais consistante histoire de la merde montre, grâce aux recherches du professeur d'Histoire de la Mésoamérique A.L.Austin, que l'excrément a de nombreuses histoires; ici, dans ce livre ni merdeux ni merdique, mais hautement poétique, rassemblant des légendes indiennes, des mythes pré-hispaniques ou des extraits de traités médicaux: en effet, ces histoires émanent de la culture des hommes qui vécurent en Amérique latine, "près des lacs ou sur les lacs, respirant l'air léger que boivent les aigles. De leur dieu rayonnant, ils reçurent le nom de "Mexica". L'artiste mexicain F. Toledo a rassemblé des images insolites, glanées dans la littérature des "vaincus", dans les Chroniques espagnoles du XVIème siècle, dans le folklore, etc... En conséquence, cette étude est très érudite, montrant que la merde, le déchet sont au fondement des représentations du corps et de certaines représentations du cosmos. Le lecteur en vient à comprendre qu'aucune activité humaine n'échappe au contact avec l'excrément, cette substance rejetée, méprisée, mise à l'écart, alors qu'elle est notre création, un peu de nous qui part chaque jour et qui nous indique l'état de notre santé... Veritas merdum est ! Lisez l'histoire de la merde et vous saurez tout sur les pets, la Déesse des ordures, la mangeuse d'excréments... 

Finalement, ce livre beau, blanc, à la jaquette immaculée nous apprend l'humilité: merde nous sommes et poussière deviendrons. Lisons ce petit "conte", pétri de science et de fiction : Le VERS DU CUL

"Ils vivent dans l'excrément. Certains se transforment en mouches afin de continuer à tourner autour des bouses. D'autres ne poussent pas plus loin leur désir, ni ne réalisent leurs ambitions. Ils restent arrachés au terroir, sur le sillon, ou entre les boeufs, pour aviver le feu dans les petits matins froids."

On connaît le personnage du "cagaïre" dans le folklore et les histoires populaires de Catalogne. Qui étudiera cette mythologie à l'aune du livre mexicain..?

( dessin de F.Toledo )

Écrit par cat le Jeudi 21 mai 2009
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |   poésie, littérature

Exils d'Espagne : Susana AZQUINEZER conte et chante la Retirada - mai/juin 2009

 

       Susana Azquinezer conte :  

*Mardi 19 mai à 15h - Castries (34) Médiathèque « Couleurs d’Espagne » contes populaires pour jeune public - tel : 04 67 10 43 80. 

*Mercredi 20 mai à 16h - Montpellier (34) Médiathèque Garcia Lorca « Couleurs d’Espagne » dès 7 ans - tel : 04 99 13 39 49.

*Dimanche 24 Mai à 11h et 17h - Montpellier (34) Comédie du Livre « Couleurs d’Espagne » jeune public - tel : 04 67 29 74 99.

  « Exils d'Espagne, de la Retirada à aujourd’hui », avec Patrick Licasale ou Virgile Goller, accordéonistes 

*  Mardi 12 mai à 10h - Agde (34) Lycée (sur invitation)

 Vendredi 15 mai à 20h30- Prades (66) - Cinéma Lido – A.L.E.C. tel : 04 68 96 22 39

* Vendredi 22 mai à 18h  – Montpellier (34) Comédie du Livre  - Salle Rabelais - Esplanade - tel : 04 67 29 74 99

 *  Samedi 23 mai à 12h – Portbou - Port de Balitres -  Tren del Exilio - Espagne (extraits du spectacle -    tél: 00 34 935 526 124 - Ajuntament de Portbou amb el suport de Memorial Democràtic 

 * Mercredi 1° juillet à 21h - Cahors (46) M J C  - tel : 05 65 22 62 62

Conter: Sonia Marrec - 04 67 58 27 48 - 06 20 65 59 54  / conter@club-internet.fr   -  42 rue Adam de Craponne - 34000 Montpellier

 

Écrit par cat le Lundi 11 mai 2009
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |   actualité en Catalogne, poésie, politique

Retirada, exils, exodes, hommage à la CATALOGNE révolutionnaire - Prades, 15, 16 mai

 les 15 et 16 mai :   " HOMMAGE À LA CATALOGNE  RÉVOLUTIONNAIRE" organisé par l'ALEC,  au Cinéma Le Lido à  PRADES   salle Jean Cocteau, au deuxième  étage

 Trois manifestations :

* le 15 mai à 20h30 " Exils d' Espagne de la Retirada à  aujourd'hui", récits  de SUSANA QUINEZER , accompagnée à  l'accordéon par Virgile Goller. Soutenu par le Conseil Général, ce spectacle a été créé à  partir de fictions inspirées de sa collecte de récits de vie et  de l' Histoire ;  pour dire et chanter le noyau indestructible de  l' être  humain et ses relations avec l'autre et le monde. Dire l'exode de 500.000 Espagnols traversant les Pyrénées au cours de l'hiver 39... Et après ? Les camps, les barbelés; leur soif de vie, de liberté, d'humanité; courage et solidarité,  dignité et fierté des réfugiés: la Résistance; la Libération;  l'engagement contre le nazisme avec toujours l'espoir de libérer  un jour l' Espagne du Franquisme; Espagnols, Tziganes, Juifs, Sans papiers....Les exils d'hier et  d'aujourd'hui....Récits croisés sur trois générations ....Saga des anonymes, mais aussi des hommes qui resteront dans l' Histoire....des poètes aussi  : Federico Garcia Lorca, Antonio  Machado, Pablo Neruda.

 

* le 16 mai à 16h30, De la Révolution à l' Exil,  Témoignages  sur l'avant et l' après  de  la Retirada  par des personnes qui  l'ont vécu; ensemble de mini-conférences suivis de récits par  des témoins encore vivants; 1-La Révolution dans l' Enseignement: Les écoles rationalistes et l'importance de Francisco Ferrer,  2-la Révolution dans l' Economie: les expériences d' autogestion dans les usines, les transports, l'agriculture, en Catalogne et Aragon, 3-La Révolution et la Politique:  les problèmes de la collaboration gouvernementale dans la lutte armée; 4-l'après-Retirada, l' Exil;   l'engagement des Républicains espagnols dans la Résistance en France, dans les maquis; 5-Résistance antifranquiste, en Espagne et en France, jusqu'à la mort de Franco; avec la participation de Ramon Safon, Octavio Alberola, Ramon Serrate, Henri Mélich, José Morato, de la CNT; avec l' exposition de photos d' époque sur la Retirada (prêtée  par la CNT)

* à 19h repas convivial partagé tiré des sacs

* à 20h30  Variations sur la Frontière : Bruits d' Exode,  paroles d' Exil, lumières d' Espoir : spectacle poético-narratif sur des poèmes de JO FALIEU autour de la Retirada, et des textes  écrits  au camp d' Argelès et à Valmy en 1939, extraits de "la Barraca" et "Desde el Rossellon", recueillis dans l'ouvrage " Ecrits d' Exil" ( éditions NPL); ainsi que des poèmes de Nazim  Hikmet et Antonio Machado; spectacle créé par Jo Falieu à l'occasion du 70° anniversaire  de la Retirada; avec l' appui des " Sous-Dires"  pour les conseils artistiques ( Sabine Puech, conteuse); avec l' accompagnement musical (banjo, guitare et accordéon), de Florent  Berthomieu et de Jean-Luc Durozier; avec la présence de José Pobla, auteur d'un témoignage sur sa Retirada

-avec la présence de Jean-Pierre Bonnel, auteur d'un essai  poétique sur "Antonio Machado et Walter Benjamin, deux destins à la frontière"; lecture d' extraits...

Écrit par cat le Dimanche 10 mai 2009
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |   politique, poésie, actualité en Catalogne, littérature

Prix Méditerranée-Roussillon : Gérard JACQUET, le petit dico d'AQUI

Le prix Méditerranée Roussillon a été décerné cet après-midi dans le hall du Conseil général à Perpignan, en présence de nombreux acteurs de la vie culturelle et politique des Pyrénées Orientales. A été primé Gérard Jacquet pour son livre à succès, "glossaire du Français parlé en Roussillon", publié par les éditions Trabucaire (avec un CD, 20 euros)

J'ai eu l'honneur d'être sélectionné pour mon livre "L'Infini de l'enfance" (Cap Béar éditions), en troisième position, derrière G.Jacquet et Hélène Legrais. Je suis heureux d'avoir pu participer avec des amis aussi prestigieux : il faut ajouter les livres de Serge Barba et de Grégory Tuban qui ont été, eux aussi, remarqués à juste titre. Tous ces auteurs, amis sympathiques et engagés dans la défense de la littérature catalane et de la mémoire républicaine de l'Espagne meurtrie, méritent de trouver de nombreux lecteurs.

Je remercie Gérard Jacquet, poète, chanteur, compositeur, animateur de radio, homme-orchestre de la scène culturelle départementale, de m'avoir offert une si belle dédicace, montrant sa modestie et son esprit d'ouverture. Tota la meua amistat !!! 

 

   Gérard Jacquet (photo ci-dessous: Loïc Robinot)

Écrit par cat le Lundi 20 avril 2009
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |   poésie, actualité en Catalogne, littérature

Josep Vicenç FOIX, poète et prosateur catalan - De Barcelone à Port de la SELVA

C'est Joan-Daniel Beszonof qui m'a suggéré de lire cet auteur catalan et je l'en remercie. Joseph Vicens FOIX,

 né à Sarria, quartier de Barcelone, est un poète rare et un prosateur subtil. C'est un des plus grands auteurs catalans du XX° siècle et ses publications sont presque confidentielles (*) Il suit des études de droit à l'université (années 1910) et découvre les classiques catalans -Lull, Ausias March, Jordi de Sant Jordi- en assistant aux cours de grammaire de Pompeu Fabra; avec Carles Riba, Joseph Carner et Salva Papasseit, il va moderniser la langue catalane, plus épurée et s'intéresser à l'art moderne. Ensuite, il crée une revue, 391, et devient journaliste pour La Revista; Foix va aussi traduire en catalan les dadaïstes et surréalistes français. Il faut lire Diari 1918, proche de la structure poétique du recueil de Pétrarque "Canzoniere" et "Catalans de 1918". Son inspiration se nourrit souvent des façades blanches et des barques bleues du charmant village maritime de Port de la SELVA, situé entre LLANSA et CADAQUES. Le poète est, pour lui, un "magicien, spéculateur du mot, pèlerin de l'invisible, insatisfait, aventurier ou chercheur, à la limite du sommeil, n'espère rien pour lui...S'il était assez courageux, il ne signerait pas ses oeuvres..."; sa prose, elle aussi, est empreinte de mystère et de fantastique; l'écriture est toujours, en tout cas, poétique et soignée, sans fioritures inutiles. Pour lui, la poésie n'est pas morte, ni la peinture, ni la philosophie; pour obtenir des preuves, il faut suivre son conseil : "le premier berger venu que vous rencontrerez sur les sommets du Carlit vous l'expliquera clairement si vous l'écoutez en toute pureté..." (*) Obres poetiques, Barcelone, 1964 et Traduction en français d'un choix de textes en 1986, éditions "Le temps qu'il fait", Cognac. (800 exemplaires)

Écrit par cat le Jeudi 19 mars 2009
Permalien   |   1 commentaire   |   poésie, littérature

Poètes catalans en FRANCE : BROSSA, SUSANNA, GIMFERRER, COMADIRA, TORRES

 Alex Susanna        *** DES POÈTES CATALANS en France au Centre d'Études Catalanes - 9, rue Sainte Croix de la Bretonnerie - 75004 PARIS - Catalan@Paris4.Sorbonne.fr - Télephone: +33 ( 0 ) 142776569 - Fax: +33 ( 0 ) 142741270

  * Joan Brossa Lèche-vitrines poétique - Exposition sur vitrines de poèmes de Joan Brossa - Centre d’Études Catalanes – Université Paris Sorbonne 01 42 77 65 69 - Métro: Saint-Paul, Hôtel de Ville. * 6 mars, 18h - Pere Gimferrer Rencontre lecture au Centre d’Études Catalanes – Université Paris Sorbonne À l’occasion de la publication du recueil L’espace désert aux éditions Fédérop (traduction de François-Michel Durazzo) - 9, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie - 75004 Paris - 01 42 77 65 69 Métro: Saint-Paul, Hôtel de Ville MONTIGNY-LE-BRETONNEUX (78) * 11 mars, 20h - Narcís Comadira et Àlex Susanna Lecture rencontre, organisée par la Maison de Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines. Restaurant L'Oliveto à Montigny-le-Bretonneux, en compagnie de Vénus Khoury-Ghata Rue du Centre, Montigny-le-Bretonneux 01 39 30 08 90 - Organise: Le printemps des poètes, Institut Ramon Llull PARIS 12 mars, 18h Narcís Comadira et Àlex Susanna Lecture bilingue à la bibliothèque Marguerite Audoux (Paris 3ème) 10 rue Portefoin - 75003 Paris - Métro : Temple, République - 01 53 800 800 - 

  *LA ROCHELLE - 13 mars, 20h30 - Narcís Comadira et Àlex Susanna - 4ème Salon du Livre de Poésie de La Rochelle - Lecture-spectacle en compagnie du comédien Jean-Luc Pérignac. - Chapelle Saint-Vincent, 20 quater rue Albert 1er, La Rochelle. Il est prudent de réserver : 05 46 34 11 63. *14 mars, 16h30 Narcís Comadira et Àlex Susanna 4ème Salon du Livre de Poésie de La Rochelle - Rencontre avec Narcís Comadira et son éditeur français L’Amandier ; Àlex Susanna et son éditrice Bernadette Parignaux (Fédérop). Salle Amos Barbot (annexe Salle de l’Oratoire) Rue Albert 1er, La Rochelle. 

  *MONTAUBAN 15 mars, 17h Narcís Comadira et Àlex Susanna - Rencontre-lecture au Théâtre Municipal Olympe de Gouges de Montauban. Place Lefranc de Pompignan- 82000 Montauban - 05 63 63 57 62 – *PARIS 21 avril, 19h –Màrius Torres Présentation de la traduction des poèmes de Màrius Torres à la délégation du gouvernement catalan en France à l’occasion de la Saint Georges - 3, rue de la Boétie - 75008 Paris - Réservations : 01 56 81 29 29.

   *PARIS Juin 2009 : En juin 2009, des poètes catalans seront également présents dans la périphérie du Marché de la Poésie de Saint Germain (programme à venir). Cette manifestation mettant la poésie catalane à l'honneur en 2010, toutes ces activités seront des excellentes occasions pour en avoir un premier aperçu, pour découvrir la riche tradition littéraire catalane et pour en promouvoir la traduction en français.

 * Pere Gimferrer (1945) a étudié le Droit, la Philosophie et les Lettres à l’Université de Barcelone. Encore jeune poète d’expression castillane, il était lié à certains des membres les plus éminents de l’avant-garde catalane, comme Joan Brossa ou J. V. Foix. En 1966 il reçut le Prix National de Littérature pour son livre La mer brûle. Il eut une relation personnelle et littéraire très intense avec Vicente Aleixandre et Octavio Paz. Outre son œuvre poétique castillane et catalane, ses essais sur l’art, le cinéma et la littérature sont très importants. Depuis 1970 il assure la direction littéraire de Seix-Barral, et depuis 1985 il est membre de la Real Academia Española. En 1998 il reçut le Prix National des Lettres Espagnoles pour l’ensemble de son oeuvre. L’originalité et l’ambition culturelle sont les qualités les plus remarquables de la poésie de Gimferrer. Son oeuvre castillane –et plus tard catalane– bouscula les habitudes et révisa l’esthétique dominante. Il est considéré comme l’étendard de sa génération littéraire en langue castillane, bien que depuis 1970 il ait écrit surtout en catalan. Les miroirs a inauguré son œuvre catalane comme une déclaration d’intentions: la littérature est un jeu de miroirs avec la réalité, un moteur inévitable et fuyant comme la matière poétique. Le poète révise dans son oeuvre, étendue et profondément cohérente, la tradition occidentale depuis un point de vue nouveau, très influencé par le cinéma. L’espace désert –aux références clairement eliotiennes– ou Mascarade, un long recueil de poésie amoureuse dont l’érotisme transgresseur est proche de la tradition surréaliste, sont des exemples éminents de son oeuvre. En français Fortuny, traduction Mathilde Bensoussan. Paris: Seuil, 1992. Traduit aussi en espagnol, hollandais, norvégien et roumain. L’espace désert, traduction François-Michel Durazzo. Fédérop, 2009. *Narcís Comadira a fait ses études d’Humanités et de Philosophie au séminaire de sa ville natale et ensuite à Montserrat. Il entama ultérieurement des études d’Architecture et de Philologie Romane et finit par terminer le cursus d’Histoire de l’Art. De 1971 à 1973 il fut lecteur à l’Université de Londres. Il a exercé, outre la poésie et la peinture, comme dramaturge, traducteur, journaliste, critique littéraire et architectural, historien de l’art et publiciste. Certaines de ses collaborations au Quadern du quotidien El País ont été recueillies dans le volume Sans bouclier (1998). L’oeuvre de Narcís Comadira (Gérone, 1942), étendue et très variée, a été amplement reconnue. Il a traduit en catalan des auteurs comme Leopardi et W. H. Auden. Certains de ses poèmes sont empreints d’une tonalité romantique, d’autres sont moins personnels et ironiques. Il a composé sans pudeur des poèmes de circonstance (Lyrique légère, 2000), formellement très rigoureux, qui l’ont mené à réviser les modèles classiques. Son oeuvre a été réunie dans le volume Formes de l’ombre. Poésie 1966-2002, organisé autour de La liberté et la terreur (1970-1980). Son recueil En quarantaine(1990) a reçu le Prix National de la Critique, le Prix Ciutat de Barcelone et le Prix Lletra d’Or. En français : La vie éternelle: Un repas de famille. Traduction Marina Lopata et Didier Ruiz, sous la direction de Raül David Martínez Gili. Paris: L’Amandier, 2005. En quarantaine, suivi d’usufruit.Traduction Denise Boyer. Paris: L’Amandier, 2005. 11 mars, 20h, Restaurant L'Oliveto Rue du Centre, Montigny-le-Bretonneux 12 mars, 18h Bibliothèque Marguerite Audoux 10 rue Portefoin 75003 Paris 

* Àlex Susanna (né à Barcelone en 1957) a été directeur des éditions Columna, directeur culturel de l’Institut Ramon Llull. Il dirige actuellement la Fondation Caixa Catalunya à La Pedrera de Barcelona. Il a publié plusieurs recueils de poésie dont certains ont été traduits en français : Palais d’hiver dans Carnet vénitien (Mare Nostrum, 1993), Principe du froid (Les Cahiers de Royaumont, Créaphis, 1998), Les Cernes du temps (fédérop, 1999), et Inutile poésie (fédérop, 2001). Il a traduit : Le con d’Irène de Louis Aragon, Monsieur Teste de Paul Valéry, Calligrammes d’Apollinaire, les Four Quartets de T.S. Eliot. En 1984, il a fondé le Festival international de Poésie de Barcelone, qu’il a dirigé jusqu’en 2000. Son oeuvre a été traduite en de nombreuses langues. Il est membre de l’Académie européenne de Poésie et en 2008 a été nommé Chevalier des Arts et des Lettres. En français : Inutile poésie. Traduction Bernard Lesfargues (bilingue). Gardonne : Editions Fédérop, 2001 - Angles morts.Traduction Bernard Lesfargues (bilingue). Co-édition Fédérop / Écrits des Forges, 2008. Les Cernes du Temps. Traduction Jep Gouzy. Lyon : Editions Fédérop, 1999. 11 mars, 20h Restaurant L'Oliveto Rue du Centre, Montigny-le-Bretonneux 12 mars, 18h Bibliothèque Marguerite Audoux 10 rue Portefoin 75003 Paris 13 mars, 20h30 4ème Salon du Livre de Poésie de La Rochelle Chapelle Saint-Vincent, 20 quater rue Albert 1er, La Rochelle. 14 mars, 16h30 4ème Salon du Livre de Poésie de La Rochelle-Salle Amos Barbot (annexe Salle de l’Oratoire) Rue Albert 1er, La Rochelle 15 mars, 17h Théâtre Municipal Olympe de Gouges de Montauban. Place Lefranc de Pompignan 82000 Montauban

 * Màrius Torres (1910-1942) Màrius Torres (Lleida 1910 – Puig d’Òlena 1942) naît au sein d’une famille qui jouit d’une position aisée et possède de fortes convictions libérales et républicaines. Sa mère lui apprit à jouer du piano. La musique constituera une base fondamentale de l’oeuvre poétique de l’artiste, peut-être la plus importante. Màrius, enfant et jeune homme, est décrit par les témoignages comme un être sage, très imaginatif et perfectionniste, d’une vie intérieure profonde et intense, aimant la littérature et la musique… Fidèle au parcours professionnel de sa famille, après ses études secondaires à Lleida, Màrius fait des études de médecine à Barcelone. Bon étudiant, plutôt timide et délicat mais passionné et aimant l’art, il est doué d’une sensible intelligence ironique. À la fin de la dictature de Primo de Rivera il applaudit l’avènement de la république (1931). En décembre 1935 on lui diagnostique une tuberculose; il est alors admis dans le sanatorium de Puig d’Òlena. Il y passera le restant de son existence, sept ans, jusqu’à sa mort, en 1942. Si, depuis toujours, Màrius Torres possède un sentiment artistique très net, ce sera à la maladie et à la réclusion que celle-ci entraîne d’exacerber sa vocation poétique et permettre à celle-ci de s’exprimer : il laissera presque 200 poèmes, publiés après sa mort par son ami Joan Sales, à Mexico. En français : La dernière rose, anthologie poétique bilingue catalan/français. Traduction de Gimelfarb, Norberto; Giné, Marta. Paris: L’Harmattan, 2008. Autres traductions : • Anglais. A Catalan Symbolist: Selected Poems of Màrius Torres. [Un Symboliste Catalan : Poèmes Choisis de Màrius Torres] New York: Peter Lang, cop, 1992 •Espagnol. Poesías. [Poésies] Barcelone: Fundació Salvador Vives Casajuana, 1971. Antologia Màrius Torres. [Anthologie Màrius Torres]Valence: Pre-textos, 1999 - 21 avril, 19h - Délégation du gouvernement catalan en France à l’occasion de la Saint Georges. 3, rue de la Boétie 75008 Paris

Écrit par cat le Mardi 3 mars 2009
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |   littérature, poésie

ADONIS (Ali Ahmas Saïd Esber) poète arabe, prix Nobel du courage

 Né en Syrie en 1930, Adonis s'est installé au Liban en 1960. On connaît son courage sous les bombardements de Beyrouth. On connaît sa voix engagée, stigmatisant, de part le monde, les régimes dictatoriaux. On a célébré (Yves Bonnefoy, Guillevic...) les livres de ce poète, traduits en France par Jacques Berque, André Velter, Anne Minkowski) et soutenus par l'Unesco : au Mercure de France, aux éditions Sindbad ou chez poésie-Gallimard.   Poète arabe qui n'a pas peur de critiquer l'islam radical et la pensée unique de nombreux Etats arabes...

 Il écrit dans Le temps des villes (Unesco/Mercure de France, page 19) :

"As-tu vu le poète, son visage se confond avec le matin,

il mêle ses pieds à la nuit,

l'as-tu vu, adossé à la lumière, essayant d'enflammer l'eau,

as-tu vu comment ses feuillets deviennent couronnes pour le vent..."

   Adonis, à 78 ans, persévère: il vient de prendre la défense de l'écrivain Amin Zaoui, directeur de la bibliothèque nationale d'Algérie. Il vient de montrer l'aspect autocratique du régime algérien (le président Bouteflika se voulant flic à vie de l'adémocratie algérienne) ainsi que "l'institutionnalisation de l'islam" et le vide juridique à l'égard de la femme. Son jugement est radical : "L'Islam ne s'adresse plus au coeur ni à l'esprit!" On aurait pu penser à lui pour le Nobel de littérature (le franchoullard est content pour un Le Clézio qui, depuis 20 ans, ne livre plus que des objets de consommation écrits à la va-vite! Où est l'auteur du Procès-verbal..?)

   En compensation, offrons à Adonis le Nobel du courage ! Et relisons la poésie de l'auteur de Tombeau pour New York( Sindbad, 1966).

Écrit par cat le Samedi 15 novembre 2008
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |   politique, poésie

Jo FALIEU, poète d'ITHAQUE et du CANIGOU

   Le poète Jo FALIEU : JE FALIEU.

 Jo Falieu, né à Claira, dans la Salanque, vit désormais au pied du Canigou, où il a trouvé, enfin, son Itaque (*). Professeur de philosophie, il revient au pays, c’est-à-dire à la terre, à la paysannerie. A la poésie, surtout, à l’essentiel donc. Jo est poète, donc un personnage anachronique dans le monde actuel. Le poète est aujourd’hui méconnu, méprisé ; non, pire, il est l’objet de toutes les indifférences ! Pourtant, à l’école, les enfants aiment encore les poèmes : les apprendre, les réciter, en écrire. Une fois adulte, l’écolier paraît avoir oublié l’étrange activité de la parole théâtralisée et de l’écriture rythmée…Pourquoi ? La société tuerait-elle le poète qui sommeille en chacun de nous.. ? Pour parodier Rousseau, c’est la société qui corrompt le poète !

 

            Jo Falieu, lui, poursuit son chemin, d’ardoise grise ou de galet blanc, et sa quête, de mots, de rêves, d’amitiés…Il  vient de publier Jeu d’ombres, Je d’autres (*), un recueil où la chorégraphie du texte dans la page s’accorde à la violence du dire et à la métaphore du style et de la vie: « l’archet du soleil éclairera ce coin de territoire pur où tremble mon étoile. »

 

            Gérard Salgas a eu beau lui offrir une belle préface, marquée par la parole du prof honoraire qui se rappelle les commentaires rutilants du lycée, notre homme s’obstine à montrer, avec Rimbaud, que « Je est un autre », que le poète est le libertaire absolu (J.Falieu cite Tristan Cabral), s’intéressant au sort des opprimés ; ainsi les exilés, « clients des quais de gare » et qui « percent le silence » (Exilé, page 31)  Jo Falieu c’est Je Falieu. Mais ce Je est fallacieux, il n’est pas égoïsme, mais ouverture aux autres.

Ces marginaux, ce sont aussi les « effarés », suggérant encore des textes d’Arthur ou de Victor (Hugo) :

« le sans-abri…il est un chien errant

il n’y a plus de tonneau     il bifurque insensé

à l’angle des ruelles…il plane sur la ville cette indifférence

qui assassine

qui me meurtrit

il n’y a pas de sursis pour l’homme qui s’échoue »

 

Tableaux tragiques du monde actuel, de l’homme enfermé dans la communication, l’économie et la finance : pas de place pour Diogène ou le SDF, à chasser hors de la cité. Ces héros de la misère et racisme, ce sont sans doute des poètes, mais nous ne les regardons pas. Ne les lisons pas ! D’ailleurs ils n’écrivent pas, ne publient pas…Ils n’écrivent qu’en eux…Jo Falieu les réhabilite, telle est la noble tâche du poète, en quelque sorte son « engagement ».

Il sait que la Catalogne est une terre de souffrance, de passage, de retirements, métamorphosée en territoire touristique ; à Argelès, le camp de sable des hommes debout a laissé place à la plage des allongés : « ces corps rutilants de crème lubriques

 transis de sueurs anales »

Ces estivants ne savent rien des Républicains de la Retirada : « morts     hâtivement enfouis    en plein démuniment

sans véritable sépulture

dans le froid piquant d’un février impossible… » (Argelès, page 30)

 

            Dans ce recueil, à lire urgemment, car SAMU de l’âme, on aime les coups de gueule, les images neuves, comme celle-ci, glanée page 78 : « ça roulait tout mauve dans les bigoudis de l’existence », ou, dans l’hommage au regretté Bourdigou : « il coulait de la nuit une odeur de falaises… »

 

            Cher ami poète, à vos papiers : il est vain de crier que l’on espère la suite…

 

* adresse :  ITAQUA éditions, 66360 Nyer (12 euros le livre) - http://editions.otaca.fr  - J.Falieu a publié aussi Chemins d’ardoise (Dittmar, 2006)

Écrit par cat le Mardi 4 novembre 2008
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |   poésie

MACHADO à COLLIOURE

  Tombe d'Antonio Machado                         Quel que soit le jour ou l’heure qu’on choisisse pour se rendre sur la tombe d’Antonio Machado, c’est un amoncellement d’hommages qui couvre cet espace de recueillement, qui le cache, même, jusqu’à ne plus pouvoir lire les inscriptions gravées dans la pierre…

Mais le nom du poète est partout, sur des photos ou gravures encadrées, sur des enveloppes contenant des lettres et des poèmes…Une boîte à lettres a même été prévue, insérée dans la pierre tombale, afin que les visiteurs déposent leurs messages !

Les admirateurs de l’auteur de Champs de Castille ont déposé des petits mots d’amour, d’affection, que la pluie ou le vent rendront vite à la poussière. D’autres, plus prévoyants, ont écrit quelques phrases sur des galets de Collioure ; sur l’un de ces cailloux, un texte en lettres arabes ! L’admiration vient de loin ! Et un cahier entier repose là, rempli de poèmes et de notes, pareil à un journal intime…

   On n’ose pas parcourir ces écrits, seul Machado semble détenir le droit de lecture. 

Ces jours-ci, surprise, un objet incongru, un livre déposé par un journaliste andalou, ouvrage sans rapport direct avec le poète.. ? Il s’agit uniquement de faire connaître une publication, il s’agit de publicité sur la dalle mortuaire ! Les mots, les mots, plus présents, ici, que les fleurs  ou les couronnes ! C’est le plus bel hommage que l’on puisse faire à un poète, arrêté là, parmi les morts. Parmi les mots.

Écrit par cat le Samedi 14 juin 2008
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |   poésie

Saint-Lary la poésie

 

Au-dessus de Saint-Lary

  

Sur le versant à l’adret

adroit malin le promeneur

quand les pistes d’Espiaude et les lacs de Néouvielle

meurent dans les brouillards traversés d’un vent froid gorgé de glace et de neige

sur cette pente d’herbe

à cheval sur les mines de schistes et les carrières d’ardoises

j’imagine le circuit des éclats d’eau dérivant en lagunes minuscules

et je me représente la rue piétonne de la ville

là-bas au-dessous bien campée dans la vallée

avec ses foules minuscules allant et venant dans les commerces bondés

suis-je mieux ici à l’écart au soleil

sans doute

l’espace de quelques heures pas plus on s’ennuie vite du monde de sa rumeur

le temps d’appréhender la solitude

de s’accoquiner avec cette fille de perdition

mais le besoin de croire en l’homme vous revient et vous fait vite redescendre

ours temporaire très saisonnier

jusqu’aux terrasses de cafés

jusqu’à la culture des maisons de la presse

 

J’aime la montagne

et pourtant

elle ne m’inspire pas j’écris peu sur elle sur sa peau de mélèze et de pin

je n’inscris presque rien sur son enveloppe neigeuse

ne sais que dire quand je suis vautré dans sa démesure

sans doute car je suis bloqué par tant de beauté

rien à dire au paradis

qu’à regarder goûter jouir vivre sentir vibrer de toutes les tripes

avec ce désir malsain

peut-être

de ne pas vouloir partager ce bonheur

d’où ce désert de mots cette sècheresse de poésie cette absence de prose

plus besoin d’œuvre ici l’immortalité est à vos pieds ravagés

 

Oui c’est ça je garde l’éternité pour moi seul

Ou une compagne guidée par le même désir de retirement

Et avec ce chien qui suit imperturbablement

De sables en montagnes de villes en villages de mers en neiges

Et je ne saurai jamais s’il aime ces paysages

Qu’est-ce la beauté pour un animal

Je pense qu’il me suit pas intérêt culinaire et affectif un peu aussi

Par habitude obligation éducation instinct de mouton

Sacrée chienne

Non pourtant je peux constater son enthousiasme

Quand elle s’excite et saute à l’approche de la neige

Quand elle se met à courir tel une folle fouettée par le froid

Quand elle voit et sent une plage

 

Puis quand je m’arrête pour regarder les monts et les pierres

La bête arrête aussi son jeu son plaisir et se fixe dans la neige

En respire l’oxygène des cristaux

Tandis que je tente de respirer moi l’incongru un cigare

Ce serait bête de fumer ici

Semble-t-il me dire de ses yeux de chien moraliste

Dans ce décor appelé nature

Je m’adresse le même reproche

Mais n’est-ce pas là un effet de culture.. ?

   St-Laryaufonddelavallée 

 

Écrit par cat le Mardi 3 juin 2008
Permalien   |   Ajouter un commentaire   |   poésie

Un blogue Actualité / Politique / Société par Mon Blogue.com