RIGAUD - exposition à Perpignan : intime ou extime ?
Le musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan annonce, c'est pas vrai, une exposition...Rigaud, pour l'été. Enfin, le peintre du XVII° siècle de retour chez lui, en Catalogne... Mais cette bonne nouvelle nous apprend qu'il s'agira d'un "Rigaud intime"...
Comment, lui le peintre officiel de la cour de Louis XIV, célèbre pour le portrait fastueux du roi, lui qui composa tant de tableaux "photographiques" des puissants de son époque, nobles, militaires, ministres, religieux et si peu d'hommes de son pays..? Comment, lui l'artiste reconnu et adulé à Paris, au coeur d'une France centralisée qui méprisait les provinces et les "patois"..? Comment, lui l'artiste qui pensait surtout à sa carrière, à la fortune qu'il amassait et ne revint que très rarement à Perpignan dans sa modeste famille..? Le peintre de cour donne plutôt l'image d'un artiste "extime", montrant ses amis artistes de Paris, certes, mais pas son rival Largillière. S'il est intime, c'est surtout par la succession des nombreux autoportraits qu'il fit, à différentes époques de sa vie; nous le voyons vieillir dans la peinture, mais Rigaud demeure fier, dominateur, jusqu'à la vieillesse... Intimité, la monstration de l'égo..?
Bien sûr, la biographie - fiction de Renada Portet (Balzac éditeur) allait dans le sens de l'intime quand elle se mettait à tutoyer le maître, de façon originale et peu courante : un romancier tutoie rarement son personnage; il tutoie parfois son lecteur,comme Michel Butor dans "La modification", mais cette attitude "irrespectueuse" est exceptionnelle... Par ailleurs, l'ouvrage de Renada disait peu sur les années catalanes de Hyacinthe; normal : on sait peu de choses et puis, il quitta vite Perpignan, en 1671 pour Montpellier, puis à Lyon pour rejoindre des artistes montpelliérains...
On sait qu'il francisa son nom Rigau pour effacer le père Mathias, tailleur d'habits dans le quartier Saint-Jean, père qu'il estimait peu mais qui lui donna sans doute le goût des étoffes, des dentelles dont ses tableaux regorgent, en côtoyant les draperies de la boutique, rue de l'incendie... Notons aussi que Rigau voulut ajouter une particule à son nom et, comme l'écrit Stephan PERREAU (*) "maquilla la profession de son défunt père "sastre, tailleur d'habits", qui ne cadrait plus désormais avec son statut."
Bien sûr, il y a les portraits de sa mère, qu'il aimait beaucoup parce qu'elle comprit son goût pour la peinture, son génie précoce et qu'elle lui permit, en quittant Perpignan, de gagner un foyer artistique de qualité : Lyon, puis Paris, en 1681. En effet, dès l'année suivante, il est récompensé par le grand prix de l'Académie de peinture. Il est désormais immergé, pour la vie, dans la haute société...Mais, c'est vrai, il n'oubliera pas sa mère, la généreuse Catalane et les portraits qu'il dressa d'elle seront enfin visibles à Perpignan : lors d'un voyage en Roussillon, en 1695, Rigaud va composer le Portrait de Marie SERRE (au Louvre) en deux profils pathétiques, sur fond de crépuscule jaune et noir; puis, une seconde huile montre sa mère de face, toujours aussi austère dans l'ovale du tableau (Portrait de Marie Serre, 1695, château de Fontaine-Henry) Cette toile va servir de modèle au sculpteur Antoine Coysevox pour son beau marbre (1706, Musée du Louvre), sollicité par Hyacinthe.
Alors, Rigau intime..? Assez peu, en réalité, mais des documents inédits (en effet, il n'existe pas encore de catalogue raisonné de l'oeuvre rigaudienne !) ont peut-être été dénichés, concernant la jeunesse catalane et les rares retours auprès des siens... Par exemple, on attend de voir le portrait du frère et les croquis pris à Port-Royal des champs lors de sermons jansénistes ou de concerts baroques...
En tout cas, nous pouvons admirer au musée des Beaux-Arts de Perpignan, H.R. le bien-nommé, quelques chefs-d'oeuvre "extimes" : le Christ expirant, le portrait du Cardinal de Bouillon, l'autoportrait au cordon noir, le portrait du Cardinal de Fleury, l' Autoportrait au turban, Rigaud peignant M. de Castanier, le portrait du Duc de Chartres...
(*) H.Rigaud, le peintre des rois, Presses du Languedoc, 2004.
*** expo du 23 juin au 30 septembre 2009 - rue de l'Ange -du mardi au dimanche, de 12 h à 19 h- informations : O4.68.86.08.51 ou à la direction de la culture : 04.68.62.38.56.
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Mercredi 10 juin 2009
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peinture, journal intime, patrimoine, actualité en Catalogne
USAP au top : les ARLEQUINS ont unifié la Catalogne
Dix mille, vingt mille, quarante mille Catalans dans la capitale, au stade de France, eux qui ne quittent guère leur paradis : à quoi bon, si ce n'est pour trouver un travail de fonctionnaire grâce à l'Etat centralisateur, tout en essayant de revenir bien vite au pays. Vivre et travailler ici. Ou parfois, aussi, volem rien foutre al païs, si ce n'est aller à la mer, à la montagne, ou jouer à la balle. Le rugby, oui, à treize ou quinze.
Mais baste, hier, c'était le 15 à l'honneur, les Dragons catalans, on verra plus tard, c'était le top 14 (normal, entre les deux, le 13 et le 15) et ils se sont déplacés en nombre ! Et en quantité : des tégévés remplis d'escargots et de saucisses, des trains, coraux ou pas, pansus de souches et de sarments...Des tonnes, à faire griller autour du stade français, comme pour l'encercler et l'ensorceler avec le cercle magique des flammes et de la fumée...Classique stratégie des Indiens... L'encerclement, avant la mêlée... Les Catalans étaient donc sortis de leur réserve ! Certains, d'ailleurs, s'étaient maquillés en rouge et or, et d'autres s'étaient déguisés, drapés dans des oriflammes lumineux rouges et jaunes, zébrures historiques venues des blessures de l'ancêtre commun, Gifreu le velu...
Ils sont venus, ils ont vu, ils ont bu...Ont crié, chanté, vociféré...Les Catalans, ils ont gagné ! Il y avait une revanche à prendre, depuis plus d'un quart de siècle, l'amertume était là, accrochée à un coin du coeur et on a beau être provincial, autonomiste et mépriser le Nord centralisateur, on veut participer au jeu collectif et gagner !
Grâce à l'équipe de l'USAP, c'est un peuple qui est monté tout en haut de l'affiche, au top des super sportifs, à la plus haute place des champions du ballon ovale. Pour l'Histoire du sport. Pour l'honneur, pour ce nationalisme catalan qui méritait d'être revivifié... Pour la Catalogne qu'il fallait exalter...
L'USAP a réussi à unifier tout un peuple, composé pourtant, désormais, d'individus très divers, Européens venus s'installer dans le Midi, immigrés d'Afrique du Nord, beurs de la troisième ou quatrième génération...Mais tous se sont sentis, samedi soir, à l'unisson : ils formaient comme une nation ! Miracle du sport, là où la politique ou la culture échouent à réconcilier les citoyens ! Miracle du rugby ? Attention, on a vu que l'équipe de France de foot, par exemple, adulée quand elle gagnait avec les Bleus de Zidane, pouvait être aussi conspuée, comme très récemment, quand elle perdait, en dépit des exploits de Ribéri et du talent de Thierry Henry... La gloire est très éphémère, le public est versatile, ingrat, oublieux des bons moments...
Cependant, pour l'instant, l'USAP est ici un mot de ralliement...On peine à rassembler les foules pour des causes humanitaires..Il n'y a plus guère que le Dalaï-Lama ou Johnny pour remplir Bercy...Pauvre Martine Aubry, il faudra bientôt payer des figurants pour avoir de la claque aux meetings politiques (François Léotard avait déjà eu recours à des mercenaires en son temps...)
Il faut croire que les peuples de France et de Catalogne n'ont plus de repères. Envolées les grands idéaux, les utopies, les valeurs anciennes. Si des milliers de gens sortent de leur solitude, de leur égoïsme, de leur autisme social grâce au sport...S'ils ne retrouvent la joie d'être ensemble et de chanter, de fraterniser...S'ils ne réinventent la liberté et l'égalité...que grâce à la magie du sport, c'est tout de même que quelque chose ne tourne pas rond, en Gaule, en Catalogne et en Europe : il s'agit de se poser des questions sur l'état de notre société et sur le malaise ambiant...
Mais le bonheur. Le temps d'une rencontre, d'un aller-retour à Paris. Pour oublier. Pour casser la monotonie du quotidien, la grisaille du travail ou l'absence de travail...Oublier...Que derrière le sport, dans les coulisses, règnent l'argent, le professionnalisme du sport d'élite, l'achat de sportifs, d'entraîneurs, avec primes et pots de vin, et la pub, les médias, les trafics louches, le dopage et les sommes colossales en jeu, encore...Encore, l'argent-roi...Mais, chut, un instant, s'il vous plaît, laissez-nous savourer ce match, cette victoire, cette liesse...
On verra bien de quoi demain sera fait...
photos J.P.Bonnel
"le "chemin étroit" (photo Whitecker)
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Dimanche 7 juin 2009
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sports, humeur, patrimoine, actualité en Catalogne
Musique en Catalogne romane
Vous pouvez déjà réserver vos places pour le somptueux festival de musique en "Catalogne romane", du 4 au 26 septembre 2009 : concerts de luth, théorbe, harpe, percussions, hautbois, clavecin, avec des voix de Corse, de Géorgie, du plain-chant et des polyphonies : églises d'Argelès, cathédrale d'Elne, Ermitage de Saint-Ferréol, chapelle de Passa...Venez écouter Charles Limouse, Claire Antonini, Kenneth Weiss...Un programme de haut vol, des talents fous, un festival hors des musiques formatées et des rassemblements de bruits et de fureurs...
Contacts : permanence au cloître d'ELNE ( 04.68.22.70.90) - www.musiquecatalogneromane.fr
(prix: de 20 à 25 euros)
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Vendredi 29 mai 2009
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patrimoine, actualité en Catalogne, musiques
TINTIN aura son musée, à Louvain-la-Neuve, le 2 juin 2009
Les Belges ont parfois de bonnes idées. Les Belges de Flamanderie et de Wallonnerie ont parfois la frite. Tintin, Milou et Georges Rémi, alias HERGE, né le 22 mai 1907 à Bruxelles, voilà de quoi vous réchauffer, vous rassurer dans votre éternité : un musée va vous être consacré, dans quelques jours et ce n'est pas un lieu empoussiéré, une prison pour artistes, un endroit de conservation, que la ville de Louvain a inventé, mais un espace d'animation, signé par l'architecte Christian de Portzamparc... C'est l'occasion de relire TINTIN qui peut paraître un peu conventionnel (au graphisme vieillot, suranné..?) aux enfants de 7 ans mais très vivant pour les jeunes de 77... Hergé est-il encore moderne? Est-il trop inséré dans une époque précise (depuis les années 1939..., débuts dans un journal catho très conservateur, jusqu'aux années 1960...où il affirme sa modernité et son respect pour toutes les civilisations) ou bien est-il toujours d'actualité..?
En tout cas, certains albums sont marqués par l'idéologie du XXème siècle, en particulier TINTIN au CONGO qu'il faut extraire sans attendre des bibliothèques municipales et des CDI des collèges : c'est un livre raciste dont l'auteur a reconnu l'évidente faiblesse. Mais Hergé s'est rattrapé avec Le LOTUS BLEU, alors il est pardonné..!!! Vite, peuple de zéro à cent ans, courez à Louvain-la-Neuve..
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Mardi 26 mai 2009
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patrimoine, littérature
Les Brigades internationales - Images retrouvées - No Passaran - colloque de Montpellier (29/30 mai
Nouveau regard sur les Brigades internationales en Espagne (1936/39), images retrouvées, interventions de spécialistes (Rémi Skoutelsky, Hervé Lemesme, Denise Maragnes, Marco Puppini, Gilles Pecout, Denis Peschanski, François Godicheau, Jesus Izquierdo Martin...) et soirée cinéma (au centre Rabelais, entrée gratuite le 29 mai à 20h30), exposition "No Passaran" (vernissage le 19 mai à 19h, galerie Saint-Ravy)...Contact: 06.75.60.37.50. - 04.67.99.32.81 - E-mail : demid@neuf.fr
(souscription au livre du colloque : 10 euros au lieu de 16 à la parution- 3 euros de frais d'envoi)
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Jeudi 14 mai 2009
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cinéma, photographie, politique, patrimoine
Figueras in CATALUNYA- Dali's city - Figueres : capitale culturelle catalane
FIGUERES CCC'09 - Figueres, ville des figuiers, Figueras, cité de Dali, vient d'être, après l'échec de Toulouse comme "capitale européenne de la culture", nommé "capitale catalane de la culture". Elle succède à Perpignan, sa jumelle, honorée en 2008, située à 40 km, qui, comme elle, attend l'arrivée du TGV...
La ville commerçante, à la croisée des chemins entre la France, la Costa Brava (Rosas...) et le sud de l'Espagne, est la capitale de l'Alt Empordà, qui prend peu à peu son essor entre Gérone et Perpignan. Elle doit sa gloire à l'enfant du pays, ce Salvador provocateur enterré désormais dans son mausolée surréaliste, ce "Teatre-Museu" qu'il a pensé ainsi, avec son architecture baroque et sa décoration faite d'objets qui ont peuplé ses angoisses et ses fantasmes : oeufs géants, petits pains, lavabos, mannequins dorés; ainsi les façades et la tour Galatée aux couleurs criardes exposent des objets oniriques dont on trouve l'explication dans les écrits autobiographiques du "Génie" (1904-1989)
On ne vient pas à Figueres pour ses ramblas, ni pour la statue de Narcis Monturiol, inventeur du sous-marin, ni pour le restaurant Duràn (dépassé, hélas, désormais par le chimiste qui officie dans une crique près de Roses), ni pour l'église Sant Pere au gothique catalan, ni pour le musée des jouets (Museu de Joguets", avec automates, peluches, marionnettes, instruments de musique miniatures réveillés par ce Gulliver de Pascal Comelade !), ni pour le musée de l'Ampurdan, fondé en 1946, remanié en 1998 et doté des fonds du musée du Prado et recelant des Tapiès, Cuixart, Nonell, Sorolla...On vient ici pour la mise-en-scène dalinienne, pour le capharnaüm de son musée immortel, pour les expositions temporaires ou permanentes, un peu pauvres ( Antoni Pitxot,, le salon de Mae West...), mais la collection privée de Dali est intéressante : Le Gréco, Duchamp, Fortuny, Bouguereau et Meissonnier, les peintres pompiers...
Cependant, Figueres est devenue CCC'09.... Les 3 C : Capitale, Culture, Catalogne ! Il faut se pencher alors sur Monturiol, écouter les cobles de cette sardane inventée par Pep Ventura, monter et descendre la petite rambla, se restaurer sur les terrasses ensoleillées...Le musée Dali, élevé sur les fondements du théâtre néo-classique en 1974, a beau être le plus visité d'Espagne après le Prado, il n'y a pas que lui qui mérite le déplacement; le touriste ira aussi plaça de l'ajuntament, à la plaça del gra, halle aux grains accueillant le marché d'antiquités le 1er dimanche du mois, voir les maisons modernistes (casa Cusi, au n°20 de la Rambla, la casa Puig-Soler au 27, la casa Salleras au 16, la Casa Mas Roger, 10 rue Monturiol qui fut le second domicile de Dali) sans oublier les anciens abattoirs, plaça de l'Escorxador, rebâtis en 1902. Au 1 rue Sant Pere, l'ancien Hôtel Paris est un édifice baroque conçu en 1767 par l'ingénieur Pere Cermeno, auteur du château de Sant Ferran. Celui-ci, construit sur une colline, au bout de la rue Pujada del Castell, est une fortification militaire de grandes dimensions, datant du XVIII° siècle; il s'agit du plus grand monument de Catalogne, de la plus vaste forteresse à bastions de toute l'Europe : visites, tél. 0034. 972.506.094. (http://ww2.grn.es/santferran/
*musée Dali: 0034.972.677.509. (www.salvador-dali.org)
*musée des jouets : www.mjc-figueres.net
*musée de l'Empordà: Rambla n°2 - 17600 - Figueres (www.museuemporda.org)
Enfin, autour de Figueres (sortie à gauche, direction Vilajuïga, Llançà, en venant de France), il faut visiter, situé à 2 km, le magnifique ensemble architectural de Santa Maria de Vilabertran (ancien monastère, église du XX° siècle avec campanile à trois étages, cloître austère où sont donnés des concerts de musique baroque ou classique) - Tél. 972.50.87.87; (www.mhcat.net)
* à 4 km, direction de Cantallops: une piste permet d'atteindre le château médiéval de Requesens, restauré par les comtes de Rerelada (voir cette balade sur "le blogue à bonnel")
* La Junquera : après le Perthus, visiter le musée de l'exil (voir l'office de tourisme à proximité dans l'artère principale - Lire le livre monumental et le guide de Joan TOCABENS et J.Piere Lacombe sur le massif de l'Albère. A la frontière, par l'autoroute, s'arrêter pour le monument à la Catalogne, de Ricardo Bofill, chantier où un ouvrier laissa sa vie...
*au nord de Figueres, aller au sanctuaire de Les Salines (route tourmentée), vue panoramique des deux côtés de la frontière, à 1445 mètres.
* A 5 km, se rendre à Peralada, au bord du fleuve Llobregat se dresse le château des Rocaberti (Castell dels Rocaberti, comtes de Peralada: collections importantes (peinture, mobilier)
* restaurants à Figueres : à part Duran, la Barqueta, 82 carrer Oliva - La Churraskita, 5 carrer Magre - Can Jeroni, 36 carrer Castello (cuisine catalane)
* Manifestations à Figueres : le 16 mai, foire du disque et des collectionneurs (sur la Rambla, dès 9 heures) - le 17 : sardanes au Parc Bosc à 10h30 et 16h30. - le 5 juin, conférence sur "la bataille du Boulou" à 20h au Château Sant Ferran), par Pierre VIGO - le 6 juin : 30 artistes exposent leurs oeuvres au Parc Bosc, de 12 h à 23 heures - le 12 juin, expo de photos de Jordi PUIG "Le corps sauvage", place du palmier.
***Pour des itinéraires culturels sur Dali à Figueres ou à Cadaquès, voir mon guide publié par NPL (Les nouvelles Presses du Languedoc), diffusé en librairies, Fnac, maisons de la presse...
Dali, de l'hommage à la gare de Perpignan (D.R. Fondation Dali-Gala)à son théâtre-musée de Figueres (photos Jean-Pierre Bonnel )
Écrit par cat le
Mercredi 13 mai 2009
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patrimoine, actualité en Catalogne
La culture catalane en mai : Toulouse, Montpellier, Paris..."En mai, fais ce qui t'agrade"
Tossa de Mar à Toulouse (cliché JPB)
***Culture catalane: activités du mois de mai, pour faire tout ce qui te plaît
* Al'Espace d'Art contemporain André Malraux de Colmar : peinture de Pep Guerrero : L'Espace Malraux de Colmar s'habille de couleurs pop, sous les coups de pinceaux et de ciseaux de Pep Guerrero. L'artiste a travailla sur des éléments colmariens, à commencer par le retable. Il a ensuite intégré ces derniers à sa technique de travail, de façon un peu accessoire ; ces emblèmes locaux sortis de leur valeur propre trouvent dans ses réalisations un autre sens et, de fait, sont démystifiés. 4 rue Rapp, 68000 Colmar - 03 89 24 28 73
Clip France 3: http://culturebox.france3.fr/all/8842/Pep-Guerrero,-le-peintre-et-plasticien-espagnol-expose-%E0-Colmar/
Avec la collaboration de l'Institut Ramon Llull
**DU 30 AVRIL AU 15 JUIN à MONTPELLIER et PARIS
Expositions de peinture de Xavier Escriba
Depuis le début des années 90 Xavier Escriba s'attache à ouvrir les frontières de la forme picturale en explorant les fondements mêmes de la peinture. La démarche est programmatique, toute subjectivité abandonnée. Xavier Escriba met en place les conditions de fabrication de l'oeuvre. Le nombre de couches de matière, l'ordre de succession des couleurs, les actions subies par la toile enduite sont déterminants. L'oeuvre s'élabore alors dans un espace de liberté où se révèlent l'énergie, la vitalité de la peinture pure.
Peinture animée
*Du 30 avril au 13 juin 2009 - GM galerie
8 rue du Cheval Vert 34000 Montpellier
04 99 06 07 94 gm.galerie@wanadoo.fr - www.gmgalerie.com
mardi - samedi : 15h00-19h00
*Jusqu'au 15 juin - Galerie 1900-2000
8 rue Bonaparte, 75006 Paris
01 43 25 84 20
lundi : 14h00-19h00 ; mardi au samedi : 10h00-12h30 / 14h00-19h00
Avec la collaboration de l'Institut Ramon Llull
**DU 6 AU 27 MAI - PARIS - Exposition de peintures de Lourdes Fisa
centre.etudes-catalanes@paris-sorbonne.fr
Métro: Saint-Paul, Hôtel de Ville
Du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 20h – le mercredi jusqu'à 17h
***** 9 et 10 MAI à MONTPELLIER - Festival Saperlipopette, Voilà Enfantillages!
la compagnie Xirriquiteula présente son spectacle - domaine d'O - domaine départemental d'art et de culture - 178, rue de la Carrirasse à Montpellier
18-20 mai : Salle Nougaro, Toulouse-Blagnac / Festival Luluberlu - Pour plus de détails : www.xirriquiteula.com
***13 MAI à PARIS - Exposition et table ronde autour du poète catalan Joan Brossa : 18h : Table ronde 19h30 : Ouverture de l'exposition
Instituto Cervantes - 7, rue Quentin Bauchart, 75008 Paris, 01 40 70 92 92 - cenpar@cervantes.es
15 MAI - PARIS
« La literatura catalana en tots els accents» - Entretien avec les écrivains Francesc Seras et Enric Saria et le critique littéraire Carles Cabrera - 18h30 - Centre d'études Catalanes - 9, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie -75004 Paris, 01 42 77 65 69
centre.etudes-catalanes@paris-sorbonne.fr - secretariat.etudes-catalanes@paris-sorbonne.fr - Télephone: +33 ( 0 ) 142.776.569
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Lundi 4 mai 2009
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patrimoine, agenda culturel, littérature
A propos de L'INFINI de l'ENFANCE
Après avoir publié deux livres, que j’ai appelés « biografictions », sur Matisse et Walter Benjamin, dans lesquels j’ai essayé de m’identifier à ces deux géants du XX° siècle, en les faisant parler tout en restant fidèle à leur œuvre, en m’identifiant à leur personne, dans le contexte du Collioure de 1905 pour l’artiste et celui de 1940 à Port-Bou pour le philosophe allemand, j’ai décidé de me lancer dans une autobiographie romancée.
Quand un ami me demandait : « Et maintenant, qu’est-ce que tu vas publier ? », je répondais « mon enfance, un peu arrangée car j’ai oublié, ce ne seront que des bribes de mémoire… » A son air, je voyais qu’il trouvait la démarche un peu insolite.
A mon âge ! C’est vrai, je ne suis pas encore assez vieux pour écrire mes mémoires, et puis, n’est-ce pas quelque peu prétentieux de vouloir écrire son autobiographie (même si c’est une « autofiction ») et surtout son enfance.. ? En effet, au début, j’écrivais pour moi, pour revenir sur un passé que j’avais oublié. Pour faire une sorte d’analyse et, en effet, pendant cinq bonnes années, j’ai effectué des recherches dans la famille et je suis entré dans une introspection assez rude…
Ensuite, en montrant le manuscrit à quelques lecteurs fidèles, je me suis résolu à la publication. J’ai d’abord refusé l’offre des éditions de l’Harmattan car cet éditeur s’occupe peu de la diffusion et de la médiatisation –c’est pourtant essentiel !- des nombreux ouvrages qu’il publie chaque mois…Alors les éditions Cap Béar… Alors Jean-Pierre Gayraud vint.. ! Avec enthousiasme, il accepta de publier mon livre et je l’en remercie.
Pourtant, quel orgueil que de vouloir écrire sur l’enfance ! Que dire de neuf, d’original.. ? Et comment l’exprimer.. ? Après les pages célèbres de Saint-Augustin, les Confessions de Rousseau, les Mémoires de Chateaubriand, les écrits de Proust, Tolstoï, Nathalie Sarraute, d’Elias Canetti, après Le roman d’un enfant de P. Loti, après La promesse de l’aube de Romain Gary, surtout après Les mots de J.P. Sartre, que peut raconter un auteur sans gloire littéraire, né à Perpignan, au milieu du XX° siècle.. ? Il va décrire sa naissance, sa ville, la mort prématurée du père, sa famille proche, les vacances en Ariège, l’année de CM2 passée en Algérie en 1962, puis le départ sans bagages, mais sous les bombes de l’indépendance…
Rien de très original, sans doute…
Ce qui me préoccupe avant tout, lors de l’écriture d’un livre, c’est le « comment ? », c'est-à-dire la question du style. En effet, l’écriture que j’adopte est-elle nouvelle, le « style » est-il original ou doté de quelques qualités susceptibles de lui assurer la reconnaissance de certains critiques et surtout du public.
C’est aux lecteurs, d’abord, de le dire ; c’est à vous…
A suivre…
Écrit par cat le
Mardi 28 avril 2009
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patrimoine, littérature
La CATALOGNE à TOULOUSE, mai 2009
* Afin de renforcer sa visibilité et son action en Europe, la Catalogne et la Région Midi-Pyrénées ont souhaité se rapprocher au sein de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée, créée le 29 octobre 2004. Le partenariat européen Midi-Pyrénées-Catalogne, leur appartenance à un même cercle d’actions, conséquence de leur proximité géographique et de ce patrimoine naturel que sont les Pyrénées partagé de part et d’autre par la Catalogne et la région Midi-Pyrénées, ont amené les deux entités touristiques régionales à réfléchir sur leurs atouts communs culturels, environnementaux, qu’il convient de mieux valoriser dans le cadre d’un partenariat global.
Un partenariat à trois ans et promotion vers les marchés lointains. L’objectif premier du partenariat consiste en la promotion touristique dans les régions respectives et devrait aboutir d’ici trois ans par la création et la promotion d’itinéraires thématiques vers des marchés lointains : culture et tourisme religieux - gastronomie – tourisme scientifique et industriel - nature et loisirs actifs.
* Du 8 au 9 mai • Rue Alsace Lorraine AU PROGRAMME :
de 10h à 19h : La province de Barcelone dans un cinébus en 3D itinérant pendant 3 jours dans la rue Alsace Lorraine. Un spectacle gratuit à découvrir pour petits et grands. Le 9 mai • Rue Alsace Lorraine AU PROGRAMME : 12h : Lâcher de ballons, acte symbolique entre la Catalogne et Toulouse dans le cadre de la célébration de la semaine européenne dans la ville.
CATALUNYA CENTRAL, COSTA DE GARRAF ET COSTA BARCELONA-MARESME - DU LITTORAL AUX VALLÉES, la vie se découvre en 3D
*COSTA BRAVA, ENTRE MER ET MONTAGNE - 5 Du 14 au 16 mai • Rue Alsace Lorraine - AU PROGRAMME : 10h00 – 21h00 : village catalan et dégustations gastronomiques,
spectacles musicaux, points d’information sur les villes et villages de la région de Gérone dans le cadre du Centenaire de la Costa Brava.
* Le 31 mai • Jardin des plantes : La Catalogne aux enfants - AU PROGRAMME :
10h - 19h : ateliers maquillage, peinture, spectacles de clowns, sculptures de ballons…
Récompense de taille : dégustation de la crêpe catalane ! Egalement : points d’information sur les différentes- Destination de Tourisme en Famille.
* Du 1er au 31 mai • Muséum d’Histoire Naturelle - AU PROGRAMME : (Entrée libre) 10h - 18h, fermé le lundi : dans l’espace carte blanche du Muséum d’Histoire Naturelle, «La Catalogne, un paradis naturel». Le parc volcanique de la Garrotxa, les Pyrénées catalanes et le Delta de l’Ebre, les plus beaux sites naturels de la Catalogne à travers le regard de l’un des meilleurs photographes nature d’Europe, Louis-Marie Préau. En partenariat avec Terre Sauvage.
Fonds d’écran téléchargeables des photos de «La Catalogne un paradis naturel» sur www.catalogne-midipyrenees.eu - Photos et thématisation de Terres de Lleida et du Val d’Aran - • Conférences Via Nostra : Mardi 26 mai de 18h à 20h : «Le Val de Boi, fleuron de
l’art roman en Catalogne». - Cours de cuisine* : Mercredi 27 mai de 13h30 à 15h30 (*Inscription ateliers cuisine – contacter par téléphone au 06 70 68 86 15 ou par mail : contact@latelierdecuisinegourmande.fr )- Maison Midi-Pyrénées : ouvert du lundi au samedi, de 10h à 19h - du 01/06 au 30/09 et de 10h à 18h du 01/10 au 31/05 - 1 Rue, de Rémusat - 31000 Toulouse - Entrée libre –
*Du 30 avril au 15 mai : Conférences Via Nostra :
Jeudi 30 avril de 18h à 20h : «L’art gothique en Catalogne»
Jeudi 7 mai de 18h à 20h : «Tarragone, ancienne capitale de l’Hispania Citerior»
Vendredi 15 mai de 18h à 20h : «Salvador Dali, le génie catalan»
* Du 30 avril au 31 mai : «La Catalogne, un paradis naturel» - Ostal Occitània : de 10h à 18h du lundi au vendredi, entrée libre. Samedi, dimanche et jours fériés de 14h à 18h. 11 carrièra Malcosinat - 31000 Toulouse - A la fois traditionnelle et contemporaine, rurale et cosmopolite, marinière et montagnarde, ludique et professionnelle, calme et active, millénaire et avantgardiste,
la Catalogne a su développer une offre diversifiée de qualité, d’authenticité et d'exclusivité. Cette richesse se trouve répartie sur les 10 marques touristiques du territoire : Barcelona, Costa Brava, Costa Daurada, Costa de Garraf, Costa de Barcelona, Maresme, Catalunya Central, Terres de l’Ebre, Terres de Lleida, Pirineus, Val d’Aran
Partenaires : Consorci de Promocio Turistica Costa de Barcelona – Maresme • Consorci
Turisme del Garraf • Patronat de Turisme Costa Brava – Pirineus de Girona • Patronat de Turisme de la Diputació de Tarragona – Costa Daurada • Patronat de Turisme de les Terres de Lleida • Pirineus • Terres de l’Ebre – Patronat de Turisme de la Diputació de Tarragona • Torisme Aran • Turisme a Prop de Barcelona • Turisme de Barcelona • Turisme
de Lleida • Consell Comarcal Alt Urgell • Consell Comarcal de l’Alta Ribagorça • Consorci de Turisme de l’Alt Berguedà • Patronat de la Vall de Boí - Turisme de Lleida • Destinations de Tourisme en Famille • AVIS • Catalunya en Miniatura • Clickair • Elypsos Trainhôtel • Festa del Renaixement • Parc Astronòmic del Montsec • Petits Grans Hotels de Catalunya • Port Aventura • PRODECA • San Miguel • Torres • Cadres Catalans • Centre de Promoció de la Cultura
Popular i Tradicional Catalana • Delegació Generalitat de Catalunya a França • Instituto Cervantes • Institut Ramón Llull • Ostal Occitània • AFAT • La Balaguère • Voyages Auchan • Via Nostra • Milan Presse • Comité Régional de Tourisme Midi-Pyrénées • Maison Midi-Pyrénées • Mairie de Toulouse • Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse • Office de Tourisme de Toulouse
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Lundi 27 avril 2009
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patrimoine, agenda culturel
Pierre BOSC - Malaïgue ou l'étang de feu
Que devient Pierre Bosc, ancien journaliste, écrivain et passionné de la petite reine..? Il n'a rien publié depuis longtemps et, pourtant, c'est une des plumes les plus poétiques et élégantes du 66...et du plus lointain! L'ami Michel Cristofol m'a donné envie de replonger dans son "étang de feu". La malaïgue, "ce cancer des eaux, n'altère pas seulement les étangs de Gellone." Le mal est plus profond, plus ample: c'est l'aménagement du territoire, dirigée par un docteur Folamour, qui instaure l'économie touristique et va peu à peu tuer les villages libres, tel le Bourdigou, près de Torreilles, les villages de pêcheurs qui vivotaient d'amour et d'eau salée, le long du littoral languedocien et roussillonnais. Le livre de P. Bosc, réédité en 2001 par les publications de l'Olivier (édition originale chez Denoël), est la célébration de la nature maritime, un chant du monde à la manière de Giono; cette fable à la fois réaliste et fantastique rappelle L'étang d'or de Gaston Bessette. L'écriture limpide, poétique peut devenir soudain forte et dure, pour décrire l'acte d'amour entre Sarah la gitane et Raphaël le héros : la "frénésie du ventre", la passion folle est suivie de la haine et cela est bien vu. Les activités lagunaires, à Gellone, sont décrites, page 51...et me font penser à Leucate, les habitants voulant créer un port et attaquant la falaise "l'altière dent de schiste". Cependant, comme il est écrit en 4ème de couverture "Il serait vain de chercher à situer précisément le lieu présumé de l'action. Gellone est un symbole..." Cette grandeur de perspective fait la valeur du livre : on quitte l'ultra-local pour tendre à l'universel, la lutte des hommes simples contre les machines bureaucratiques, économiques, politiques...conçues dans les laboratoires obscurs de la capitale. L'individu, la petite communauté agricole ou utopique, les valeurs d'humanisme et de travail sont toujours sacrifiés pour la rentabilité et l'efficacité...
Michel Cristofol m'autorise à publier ici les lignes qu'il a écrites après sa lecture enthousiasmante de Malaïgue : "Un ouvrage toujours d'actualité par la prise de défense d'un environnement paysager du littoral méditerranéen, où l'on se sent plongé dans le tourbillon des noces charnelles et sensuelles avec la nature entière, une écriture foisonnante et épidermique avec le sens aigu des lieux et des gens d'une région à ménager plutôt qu'à aménager. Un style dense, imagé et poétique à la fois .
Certains passages ont pu me faire repenser à John Steinbeck (Les raisins de la colère), avec l'arrivée des bulldozers éventrant la terre et démolissant tout sur leur passage, d'autres aux Nourritures terrestres d'André Gide, d'autres, enfin, à L'os de Dionysos de Christian Laborde..."

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Dimanche 26 avril 2009
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patrimoine, littérature
PAULILLES, Côte vermeille, Caroline CHAUSSIN - Actes-Sud & Conservatoire du Littoral
Le petit livre oblong, d'une mise en page très raffinée, publié par les éditions Actes/sud et le Conservatoire du littoral, présente un historique de la dynamiterie de Paulilles à travers la vision mélancolique de Caroline Chaussin; celle-ci a connu le site de Paulilles depuis sa "plus tendre enfance" (cliché de la 4ème de couverture) et refait vivre avec émotion l'ambiance de ce lieu dangereux.
L'auteur manie parfois la formule poétique : "Paulilles restera à tout jamais l'écrin d'un joyau explosif" et a tendance peut-être à idéaliser le passé et le travail vécus en cet endroit paradisiaque, entre mer et montagne, parmi les pins et les vignobles proches de l'adorable hameau de Cosprons; il est écrit en effet, page 11 : "Aucun n'a oublié la solidarité, ce sentiment d'appartenir à un clan, une grande famille..."
La première usine à dynamite est créée par Alfred Nobel en 1870 en raison de l'emplacement isolé, proche de la mer pour les transports maritimes, seuls autorisés pour la dynamite (ouverture vers l'Afrique du Nord grâce avec la proximité de Port-Vendres), et de son éloignement loin des frontières avec la Prusse. L'entreprise ferme en 1984. Les convoitises s'exacerbent alors mais, par bonheur, le Conservatoire du littoral rachète le site en 1998 et le réhabilite en tentant de préserver une partie du patrimoine industriel. La première phase de rénovation est achevée et les lieux sont ouverts au tourisme.
L'auteur n'évite pas les aspects négatifs, accidents mortels et maladies professionnelles; elle rend hommage aussi au livre collectif émouvant : "Paulilles, la mémoire ouvrière" (Les presses littéraires, 2005.) Cependant est passé sous silence le charnier de la centaine d' "Anamites" (terme du colonialisme français rimant si bien avec "dynamite"..!) enterrés dans une fosse commune quelque part dans les collines environnantes...Honte de la direction de l'usine qui utilisait ces Asiatiques comme des esclaves pour les métiers les plus dangereux...
L'auteur raconte le paradis paulillesque et les fêtes : ah! la Sainte-Barbe, patronne du feu, des pompiers, et des ouvriers dirigés par Paul...Barbe, choisi en 1868 par Alfred Nobel pour gérer la dynamiterie. Cependant le livre s'achève en bavardage nostalgique (page 44) et rien n'est dit de l'action du Conseil général 66 et de ses investissements dans cette rénovation (même si on peut regretter une longue inaction afin de sauver les barques catalanes, alors que les Catalans du Sud les ont depuis longtemps "embarquées" pour les exposer au musée maritime de Barcelone. L'idée de créer désormais des ateliers de rénovation des barques encore disponible est une bonne idée, bien que tardive...)
Sur les aspects concernant la spéculation sur la côte, il fallait citer les romans de Josep TOLZA : "Les Scorpions de Corbera" (réédition prochaine chez CAP BEAR) et surtout "L'Homme de Cosprons" (édition du Chiendent, 1984. à rééditer!). Concernant les "fantômes de Paulilles", Caroline Chaussin aurait pu citer l'article d'un certain Jean-Pierre BONNEL, paru dans la La Semaine du Roussillon, repris dans Wikipédia (*)...Enfin, il faut aller voir l'expo consacrée à la rénovation du site: au Château Royal de Collioure, jusqu'au 25 mai. (04.68.82.06.43)
(*) On peut consulter mon article "Les fantômes de Paulilles" sur le site
www.frontières-catalogne.com
Paulilles, un tourisme intelligent si on ne casse pas tous les anciens bâtiments...
Écrit par cat le
Samedi 18 avril 2009
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actualité en Catalogne, littérature, patrimoine
TOULOUGES, mille ans d'histoire, cycle de conférences : langue, histoire...en CATALOGNE
Pour fêter El Mil-lenari de Toulouges, cicle de conferències:
*jeudi 23 avril:Patrice POUJADE (l'économie catalane à l'époque moderne)
*13 mai, à 20 heures : Enric PUJOL (Naissance et vie de la Generalitat)
*dimanche 17 mai à 16 heures : Joan BECAT (Les modèles de l'autonomie) et Andreu BALENT (Francesc Macia)
*vendredi 11 septembre à 2O h : Julien LUGAND (Classicisme et baroque en Catalogne moderne)
*9 octobre à 20 h : Laia MIRALLES (la langue catalane à l'époque moderne)
* 20 novembre à 20h : Jaume FABREGA ( manger et boire à l'époque baroque)
*vendredi 11 décembre à 20 h : Film de Guy LOCHARD (La frontière aujourd'hui)
(Centre culturel de Toulouges : 0468565111)
TREVA de DEU : la fin du X° siècle fut marquée par une période de luttes intenses entre les différents seigneurs locaux. C'est à Toulouges, le 16 mai 1027, sous l'égide de l'abbé OLIBA, éveque de VIC, que se tint le synode de la "Treva de Deu", dont les prescriptions s'étendirent sur la presque totalité de la France du XIème siècle...TOULOUGES reste dépositaire de cet esprit de paix qui est commémoré chaque année, au pied de la stèle dressée sur "le champ de mai".
Écrit par cat le
Mercredi 15 avril 2009
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agenda culturel, patrimoine
L'ILE de FRANCE, statue de MAILLOL à BANYULS sur MER
L'Ile de France, avec bras, au musée d'Orsay, Paris.
L'Ile de France sera exposée à Banyuls, mardi 31 mars, face à l'Office de Tourisme.
La statue de 1923, avec bras, est exposée au Musée d'Orsay, premier étage (acquisition de 1933). Le torse seul de l'Ile a été photographié; avec celui de l'Action enchaînée (1905), c'est un exemple rare où le torse est présenté comme une oeuvre achevée.
Le premier état de l'Ile de France est une jeune fille qui marche dans l'eau. Cette étude, allant de 1910 à 1921, est un torse sans bras ni tête dont un exemple est présent aux Tuileries, à Paris. (fondue par G.Rudier. Un autre torse se trouve à New York, au Metropolitan Museum) On se rappelle la fameuse phrase de Maillol: "Donnez-moi des jardins, je les remplirai de statues." C'est chose faite, depuis Malraux, avec les dix-huit statues présentes dans les jardins du Carrousel.
Un autre torse sans bras, de 1921, en bronze doré, se trouve au Palais californien de la légion d'honneur (acquisition de 1974). Les statues dépourvues de bras sont nombreuses; citons Etude pour le torse de la Méditerranée, la Naissance de Vénus (1918, Fondation Dina Vierny, Paris), le Torse de Vénus (1925, Los Angeles), La Jeunesse (1910, Orsay), le Torse de jeune fille (1925) et surtout Harmonie, bronze inachevé, 1940-45, cf la photo de Kerquel de 1943: Maillol travaillant Harmonie à Banyuls), dont le premier état se trouve au musée Maillol de Paris. A propos de cette oeuvre majeure, Dina Vierny explique l'absence des bras : "Maillol aimait sculpter les torses et commençait toujours ses oeuvres par cette partie du corps. Il détestait les bras qui le gênaient, disait-il, et l'empêchaient de voir les profils..." (L'ABCdaire de Maillol (Flammarion, 1996- Lire aussi un autre témoignage : le journal du Comte Kessler)
Écrit par cat le
Dimanche 29 mars 2009
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patrimoine, peinture
Gérone - Girona - Catalogne - MASO, EIFFEL, NARCISSE
A Gérone, ville vieille et moderne, désormais, avec ses musées, ses galeries d’artistes, sa fondation de Caixa Bank, il vaut mieux entamer la visite sur votre gauche, quand vous traversez les ponts, depuis les stationnements situés sous les platanes gigantesques du parc de
Remonter le temps romain, puis roman avec Galligants, ce monastère bénédictin lombard trilobé, entre église Sant Feliu et cathédrale haute et gothique marquée par l’effusion baroque : l’escalier grandiose de 90 marches ne peut conduire qu’au huitième ciel…
Auparavant, parmi les jardins de pins, d’eucalyptus et de cyprès et ce premier ensemble architectural diapré, vous aurez trouvé le chemin de la muraille qui suggère une visite en hauteur de la vieille ville. Gérone la Chinoise…
Les maisons aux antiques tuiles canal moulées sur les cuisses charnues des Catalanes, sont adossées aux restes des remparts : fragments de pierre élevée, reliques de murailles abattues pour que s’ouvre la cité, sur la vallée et la nouveauté du pont de fer et des bâtiments modernistes de l’architecte Masó, enfant du pays.
La rue Força traverse, fracture et liaison à la fois, le quartier gothique et le « call », juiverie du 8ème siècle, mise à sac aux 14° et 15° siècles : il fallut choisir l’expulsion, l’exil, la mort, ou la trahison, la conversion à la religion dominante qui recommanda l’Inquisition, l’autodafé, le génocide des Indiens d’Amérique et l’interdiction de l’usage du préservatif…Restait encore la possibilité du supplice et de la persécution…Beaucoup sont partis, loin de leur pays ou en éternité ; d’autres ont endossé des allures et des patronymes catalans…Le musée juif raconte cette période tragique entre 800 et 1492, date double -et trouble- pour les rois catholiques : découvertes de Colomb et expulsion des Juifs d’Espagne.
Je m’arrête, avec Geneviève, Sarah, Jacques et ces dizaines de pratiquants du tourisme culturel, aux trois paliers, agréables stations pour le pèlerin ou le visiteur impie, vaste moutonnement tel le codex amoureux, la liste en accordéon de Dom Juan, escaliers à
Je m’assois sur les balustres, j’écris au soleil ; mais signe qu’il se passe un événement important, comme un circuit du temps et du soleil, je suis obligé de changer de place et de suivre la stratégie de la lumière…
Ainsi, il faut aller dans Gérone, à présent vers la droite, les ruelles, les places à la lumière et revenir par les bords de la rivière qui accepte toujours l’image des façades ocres et roses, aux fenêtres festonnées, avec cet air de Florence et d’Arno, mais sans les linges de la vie intime…
*Aller à Gérone, Venise catalane, entre Ter et Onyar, ou petite Florence, située à une heure de la frontière, par l’autoroute ; ce n’est plus une halte avant Barcelone, on y va pour ses animations culturelles (théâtre, expositions, musée du ciné…), le dédale des venelles du « barri vell », avec leurs pavés de galets réguliers, l’animation des places et de la rambla.
*voir le Pont de Fer construit par Gustave Eiffel en 1877 et le « pont de Pedra » (de pierre)
Rerstaurants : DRAPS, cort reial, tél.872 080 430 www.restaurantdrapsgirona.com - El Celler de Can Roca – Can Marquès (devant le marché), place Calvet i Rubalcaba) – El Pati Verd (place Miquel Santalo) – Cafés de la rue Calderes.
* immeubles modernistes :
* fêtes de Saint Narcisse (Sant Narcis, célébré dans les toiles de Salvador Dali), patron de la ville depuis 1864 : la date du 29 octobre annonce 10 jours de festivités (www.ajuntament.gi). Plusieurs légendes courent à son propos : les mouches de son cercueil auraient chassé les envahisseurs français…
Écrit par cat le
Mardi 24 mars 2009
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patrimoine, balade
Dina VIERNY, sa mort, sa vie.
Elle est morte. Il est donc parti le dernier modèle de Maillol, il semblait pourtant éternel, l'âge de Dina étant improbable, mais la femme jeune et aux formes voluptueuses demeurera immortelle dans les Vénus peintes ou sculptées, du Musée de Banyuls à la Fondation Maillol-Vierny de Paris, en passant par les Tuileries... Depuis plusieurs mois on la savait très malade: après une opération de la cataracte, elle avait de gros problèmes cardiaques et ne pouvait plus voyager, elle la spécialiste de Sotheby's qui courait les enchères et les ventes, de Genève à New York...Elle ne pouvait même plus descendre à Banyuls, à l'automne, comme chaque année, revoir son olivette, la maison rose, la vallée de la Roume, l'ancien atelier près du maigre cours d'eau, le charmant musée, et la double Méditerranée : la mer de ses seize ans et celle, en bronze, qui se penche et médite (La Pensée) sur la tombe du sculpteur catalan. Dina, je l'avais connue à l'occasion de la grande expo de l'an 2000, au Palais des Congrès de Perpignan. Quelques mois auparavant, j'étais allé la rencontrer afin de préparer une brochure en couleurs destinée à être vendue à la rétrospective. Une matinée à parler, à l'enregistrer. Elle m'avait invité à manger dans la maison natale, rénovée, au bout de l'escalier des hauts de Banyuls, avec mon complice André Roger. Puis nous sommes retournés à la maison rose, pour des ajouts, des corrections et un autre repas. Dina était en tablier, pareille à une Catalane et elle avait cuisiné elle-même. Le repas fut gai, plein d'esprit; il y avait d'authentiques hommes d'esprit, Paul le restaurateur du front de mer, Yvan Bertha, l'arrière petit-neveu, double étonnant d'Aristide, Jean-Marie, son fils, actuel conservateur du musée de Banyuls, son épouse, charmante et discrète, et Jean Rède, l'actuel maire; celui-ci avait été déjà maire à l'époque où Dina faisait tout pour rénover l'atelier en ruines et il l'aida beaucoup dans cette entreprise. Dans cette ambiance bon enfant, dans cette atmosphère familiale, Dina était sereine, de bonne humeur, pleine d'humour. Sinon, c'est vrai, pour le travail, les affaires, l'écriture de livres ou d'articles sur elle, et sur Maillol, elle était très dure, sèche, à la limite de l'antipathie, avec sa voix aiguë qui ajoutait de l'ironie : "Vous ne savez rien!", n'hésitait-elle pas à lancer à son interlocuteur. "Ne vous occupez pas de ça !", me jeta-t-elle quand je lui proposai, de façon un peu téméraire, de rédiger un livre, un guide du musée, ou une monographie de Maillol dans la collection "Découvertes", chez Gallimard. Elle y avait des appuis, elle préparait ses Mémoires depuis des années avec son homonyme Dina Verny ("Je les écrirai jusqu'à ma mort...Je ne verrai pas leur publication...", me disait-elle, et puis l'éditrice est partie avant elle...) mais ces deux ouvrages manquent toujours... Elle était très dure, ne mettait pas de gants pour juger (elle en voulait à mort, par exemple à J.Pierre Barrou, commissaire d'expos, qui prépara avec elle celle du Palais des Congrès), mais avec moi, ce fut presque sans heurt : j'avais "la côte"...Sans doute parce qu'elle sentait que j'aimais sa façon de dire, son franc-parler, sa gouaille, son spontanéité, pour tout dire sa franchise. Pourtant je fus déçu quand, lui faisant lire un poème que j'avais écrit sur elle, elle me répondit sèchement que ce n'était pas elle; sa vérité est au-delà, difficile à trouver...N'a-t-elle pas réécrit sa vie, pour défendre Maillol bec et ongles et, à travers lui, se mettre sur un piédestal..? J'ai osé un jour aller vers cette vérité et je lui ai demandé si ses rapports avec Maillol avaient été, aussi, sexuels. Sa réaction, de façon inattendue, ne fut pas violente; elle me répondit "non", simplement. Pourtant, même s'il avait, à 73 ans, quand elle n'en avait que 15, l'âge du bronze, notre Catalan avait surtout, du bronze, la verdeur... La retranscription du dialogue, le choix des textes, des photos, cela fut long, mais Dina nous aida et nous donna tous les droits de reproduction. Et puis, un beau jour, le livre achevé, je suis monté à Paris pour la lecture finale et la signature de la légataire universelle de l'oeuvre de Maillol. A la Fondation (rue de Grenelle, VII° arrondissement, non loin du Ministère de l'Education), on me conduisit (son garde du corps) à son bureau, au premier étage, par un ascenseur. Elle m'accueillit et je m'assis parmi des centaines de catalogues, de livres d'art et entre de sublimes sculptures. La pièce était pleine comme un oeuf et j'étais dans mon coin tandis que Dina, à son petit bureau, lisait attentivement les pages imprimées. Très attentive, sans un mot, elle corrigea jusqu'aux virgules, puis, satisfaite, apposa sa signature sur le contrat et le bon à tirer...Cela dura une heure ou plus, dans un silence absolu et j'eus tout le temps d'analyser le désordre ordonné de ce fantastique bureau... Elle était contente de notre travail qu'elle avait grandement supervisé; c'est vrai, notre brochure était un hommage, intitulé « Une grande dame au pays de Maillol » (toujours en vente au musée de Banyuls). Elle m'invita à Rambouillet, où lle résidait et possédait de fabuleuses collections (calèches...) et une ferme assurant une nourriture "écologique", selon ses mots, à toute sa famille (ses fils Olivier Lorquin, directeur de la fondation et Bertrand, le conservateur, sa belle-fille Elisabeth et ses deux petits-enfants)... Dans notre modeste opuscule, nous ne faisions, en effet, aucune allusion aux rumeurs autour de certains moments de sa vie : la prison à Fresnes durant la guerre, l'héritage de la succession Maillol. Née à Odessa en 1919, Dina avait entamé des études scientifiques puis, très vite, pénétra les mouvements littéraires : le surréalisme (et elle retrouva Breton, Brauner, Victor Serge et les autres à la villa Air-Bel, à Marseille, pendant la guerre), le théâtre avec le groupe Octobre, autour de Prévert. Cette femme juive, d'extrême-gauche, à l'époque, trotskiste, fut internée quelques mois par les nazis; le journaliste du Monde, Laurent Greisalmer, raconte (dans sa biographie consacrée à Nicolas de Staël, Fayard,1998) comment Dina, son mari fait prisonnier, se réfugia à Banyuls chez les Maillol : « Dès 1940, elle repère une voie pour faire passer la frontière à des intellectuels anti-fascistes. Victor Fry, fondateur du centre américain de secours, lui envoie des réfugiés; elle les réceptionne à la gare et les conduit, la nuit tombée, en Espagne. » Cependant, habillée en robes rouges (Et ce n'est pas une légende, et Maillol en fera un célèbre tableau), elle ne passe pas inaperçue, est dénoncée et la police de Vichy descend chez les Maillol. Elle ne devra sa libération que grâce à l'amitié entre Maillol et le sculpteur nazi Arno Brecker. On (quelques journalistes courageux, à l'éthique rigoureuse, qui, sans doute, auraient été de grands Résistants...mais n'apportent aucune preuve, voir l'article de Libération de...mais...pas de pub pour ce scribouillard de la chronique...cinéma! ) a accusé Aristide de délation, de collaboration, alors qu'il s'agissait bien du contraire, lui qui n'a jamais honoré les commandes du régime nazi et ne s'est pas rendu à Berlin (à Paris, oui, c'est vrai, pour l'expo de son ami Brecker); c'est à cause de son beau-frère, proche de l'extrême-droite, que l'amalgame a
été rendu facile. Puis, le fils Lucien, fut arrêté à la Libération, se sacrifiant pour son père si âgé...(*) Ensuite, le trouble s'est instauré quand Dina est devenue légataire universelle de l'oeuvre maillolesque, quand des habitants de Banyuls se sont sentis floués : si l'on doit croire la rumeur tenace, ils lui auraient prêté des statuettes originales et elle leur aurait rendu des copies, d'où le refus de la mairie de Port-Vendres pour lui prêter le monument aux morts qu'elle voulait restaurer... Je ne cautionne en rien ces allégations que je retranscris simplement pour écrire un texte "objectif"...
Quoi qu'il en soit, elle fut un ardent défenseur de l'oeuvre du sculpteur et a montré seule (avec John Rewald, Waldemar George, Giono, Jean Cassou, Claude Roy, Judith Cladel et leurs beaux essais), contre vents et marées, le génie d'Aristide. Les Catalans ont défendu toujours tard leurs artistes : Jean Rède à Banyuls et J.Paul Alduy, qui veut faire de Perpignan la « cité de Maillol » et vient d'écrire un bel hommage d'amitié à Dina. Celui-ci parlait souvent en bien de l'actuel maire, mais me disait qu'il ne se rendait pas compte que la ville achetait les sculptures (deux installées à la promenade) à des prix dérisoires...Pour défendre Maillol, elle n'hésita pas à donner de nombreuses statues à l'Etat (aux Tuileries, en 1963, grâce à l'action de Malraux, à Orsay, à Perpignan -voir le musée Rigaud) et à remercier des personnalités de sensibilité opposée : Mitterrand, Chirac, qui l'ont aidée pour sa Fondation, créée en 1995, dans un splendide hôtel particulier qui accueille des expositions temporaires de grande qualité. Je garderai d'elle le souvenir, non de l'égérie, de la muse, autant de lieux communs utilisés par des journalistes pressés, mais de la femme d'action, de la fonceuse, de celle qui fut ruinée plusieurs fois et, plusieurs fois, devint milliardaire... Elle vient de mourir et fut traitée de façon parcellaire par la presse. Mais les musées et les lieux de plein air, dans le monde entier, conserveront l'éternité de la « fille à la robe rouge » dans les toiles de Maillol et de la belle femme nue, aux formes amples, non pas catalanes, mais héritées de la statuaire antique et surtout asiatique (là se trouve la véritable inspiration d'Aristide Maillol), devenue pierre, marbre ou bronze...Pour l'éternité des hommes et des arts... (*) articles de Gérard Bonet dans L'Indépendant des 15 mars et 5 avril 1999: "Fry, le sauveur d'hommes" et "1940, la filière Dina Vierny". * Mes textes sur Maillol et Dina sont dispersés dans la brochure 2000, Catalogne en peinture et Catalognarts (2006). Il me faudra bien, un jour, les réunir, en un seul volume. En attendant, lire le témoignage des amis locaux de Maillol que Dina estimait : Pierre Camo, le docteur Bassères...Et celui de Henri Frères, qu'elle détestait...
Écrit par cat le
Jeudi 22 janvier 2009
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actualité en Catalogne, peinture, patrimoine
RIFLE, QUINE, LOTO...Coutumes de Noël
Le Quine - ou, loto selon les régions, et dans les anciennes loteries, terme signifiant 5 numéros pris et sortis ensemble - est un jeu convivial qui permet de se retrouver en famille ou entre amis autour d'un carton : qu'on en fasse un ou qu'on revienne bredouille, on aura passé quelques heures joyeuses en aimable compagnie !
Même si le hasard, la chance, la bonne ou la mauvaise "fortune" limitent ici l'initiative du joueur, cette activité ludique exige cependant des qualités certaines. Ainsi une gymnastique précise des doigts est nécessaire pour placer sur les chiffres le témoin choisi : grain de maïs, lingot de saint - Girons ou piécette de 5 sous... Surtout, chez le joueur, "petit Poucet rêveur", c'est l'attention qui est sollicitée afin de ne pas omettre une annonce ou 1'explication d'une règle. C'est pourquoi la salle exige le silence : mais c'est aussi par dépit et jalousie quand un bienheureux apostrophe le sort en un vigoureux « Emmène-le ! » Parfois, le public s'accapare de la parole et l'animateur ordonnateur, au micro, doit réclamer l'apaisement : son autorité a été menacée ! C'est surtout son pouvoir, né de la création verbale, de la capacité à dire de bons mots, en annonçant les chiffres, qui est « volé », un court instant, par la salle.
Néanmoins cette rivalité est rite : elle autorise un dialogue pittoresque, une détente au cœur d'une litanie qui peut devenir ennuyeuse si le Monsieur Loyal de l'estrade n'a pas de talent. Malgré les codes et les formules connues comme « 11 : les deux gendarmes ! » ou "13, les Marseillais », la plupart des expressions ou périphrases qui définissent les chiffres sont poétiques, cocasses et remplies d'imagination. Les foyers où l'on rifle sont souvent des lieux où souffle l'esprit!
Celui-ci est incarné par l' annonceur qui, en général, est une figure du village (à Collioure, ce fut, durant des lustres, Général Py, dit « Joffre », l'ancien facteur), qui doit faire preuve d'invention langagière pour que la rifle ne se résume pas à une affaire de gain, de recette de paniers garnis. Souvent les formules sont faciles car elles font référence au pays: ainsi, le « 15, c'est l'USAP », le "11, « les gens de l'Aude », le « 50 le quintal catalan » Le public peut comprendre aussi les allusions à une culture de proximité : « 31 : la cité des violettes », « 13 : l'O.M », «51, le pastis ! » ... Le quine est moins inspiré quand il devient agressif: « le 75 : les Parisiens, les envahisseurs », ou trivial, voire obscène: « 68, l'antichambre », « 72 : lève la blouse », « le 4 : à quatre pattes », « 66, les deux en l'air », « 6 , elle est en l'air, le facteur part en tournée », « 9, queue en bas », « il revient de tournée », « 69 : en l'air et en bas ", « 2 : comme papa », « 8 : Blanche-neige et les sept nains », « 69 : la culbute », « 55 : cœur croisé », etc... Le jeu prend alors ses lettres de noblesse : langage populaire, se livrant au défoulement et à la contestation.
Les expressions, encore, peuvent être l'objet d'un jeu de mot: "20, il est chaud", d"un exercice sur les sonorités : "80, dans le coin ", "12, remets ta blouse ", l'occasion d'un clin d’œil à un personnage médiatique célèbre : "89, la mère Denis.» La rifle pourrait être l'occasion d'un règlement politique ou personnel: "le 11 : les jambes de M. Le maire "; mais on s'y risque rarement... Le jeu garde tout son charme quand il demeure poétique ou quand il se veut énigmatique : « 8, l'étoile filante ", « 7, la pioche », "60, les cheveux blancs", "22; sous la pluie, sans parapluie », "53 , le pays des Rois" , « 3, la belle Hélène », « 34, les héros », « 26, la musique », "31: Ulysse ", « 60 : tout nu »…
En définitive, la rifle nous en apprend beaucoup sur la vie, l'humour et l'état d'esprit d'une localité. Elle est une leçon d'imagination et un cours vivant, pittoresque, qui se renouvelle sans cesse.
Ne l'oublions pas : à l'origine, ce fut un jeu de bagnards; on faisait ainsi patienter les condamnés qui devaient partir en Guyane ; les illettrés étaient nombreux et pour faciliter le jeu, on donnait à chaque numéro une appellation.
La rifle, c'est la culture, et c'est tout de même plus gai et moins emberlificoté que les dictées de Pivot… 
Écrit par cat le
Mercredi 17 décembre 2008
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patrimoine
Pascal COMELADE, musique catalane pop, rock, jazzie, traditionnelle...
Pascal Comelade, l’esprit d’enfance
Ses habits noirs le rendent encore plus mince qu’il ne l’est, mais il suffit d’une note, d’un arpège et la musique lui donne de l’épaisseur. A ce libertaire catalan, à ce musicien des chemins peu courus, la musique confère de l'épaisseur... Elle vient, la musique, de ce quartet réuni à Toulouges, dans la petite salle à l’acoustique excellente. Après les bons mots des officiels, elle s’impose, efface tous les discours : le bruit domestiqué a le pouvoir d’établir son aura sans intermédiaire : la musique, rien que le silence de l’écoute du public conquis.
La mélodie naît de chansons traditionnelles adaptées, d’airs de sardanes arrangées, de souvenirs d’enfance égrenés dans l’instrument nain aux sons souvent discordants…Sardaneries..?
Non, la rythmique éclate et Pascal Comelade, dans son coin, dos au public, comme les grands, les vrais... (Abdullah Ibrahim) ou les faux modestes (Miles Davis) se déchaîne, entre le piano enfantin, ce jouet aux résonances métalliques, faisant penser parfois au son minéral d’une machine de barbarie, et le piano grand, qui donne de la voix.
La jambe et le pied gauches n’arrêtent pas de balayer le sol : Comelade est pris dans la frénésie de la passion, toujours recommencée…Il enchaîne les morceaux, ce travailleur méthodique et rigoureux et les trois accompagnateurs de cette « música pop » inédite -Gérard Méloux, Patrick Felices et Rip Kirby- doivent suivre sans souffler, sans barguigner…
Pascal ne parle pas, ou si peu : il joue, il fait son boulot, et il évite le contact, ce drôle d’ours des Pyrénées ; pour communiquer avec le public qui en redemande, cannibale toujours insatisfait, il fait simplement de grands gestes en agitant ses bras, ailes noires qui brassent l’air en signe de remerciements…
C’est nous qui le remercions !
Écrit par cat le
Dimanche 14 décembre 2008
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patrimoine, musiques
Woody Allen et Agnès Jaoui 2008
Il est agréable à regarder, le dernier film d'Allen, parce que les actrices sont belles, qu'on revoit les lieux privilégiés de Barcelone, que la psychologie amoureuse se développe dans des milieux artistiques protégés : la crise financière n'est pas encore pressentie et les Américains qui réussissent portent des polos Lacoste frappés du fameux "cocodrile"... Aussi parce que les dialogues sont souvent drôles et brillants. Cependant, malgré le marivaudage et les expériences échangistes, la morale reprend le dessus et l'échec est patent. C'est la même issue chez Jaoui, où l'on s'ennuie car les échanges, prosaïques, sont dépourvues de verve : chacun reprend ses billes, revient vers le mariage et les convenances bourgeoises.
La quête du plaisir, l'épicurisme (célébré avec insistance par Woody) sont vite abandonnés; ne reste que celle de Christina, qui a le dernier mot, en quittant Barcelone et se sait prête à d'autres bonheurs, même fugaces. On attend donc la suite car W.Allen, malgré l'âge, recèle encore bien des inspirations allègres...
Écrit par cat le
Samedi 11 octobre 2008
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actualité en Catalogne, patrimoine
CASALS Pau (Pablo, Paul), par Nuria Ballester i Valveny
La fondation, privée, est créée en 1962 près de la plage de San Salvador, à l’emplacement de la maison familiale, non loin de la ville de Vendrell, au sud de Tarragone.
Une exposition, sur le thème de l’exil, y fut présentée, en 2007 ; itinérante, elle est allée à Barcelone, Prades, Madrid et Porto Rico, dernier domicile de Casals.
Ensuite, la conférencière, directrice de la fondation, belle brune enthousiaste mais qui parle un peu vite (surtout pour moi qui ne capte pas toutes les nuances du Catalan...) revient sur l’action humanitaire et politique du violoncelliste. En 1936, il s’implique dans le gouvernement républicain et la société catalane. Il donne des concerts pour de publics pauvres. En mars 1939, Casals s’installe au Grand Hôtel de Prades. Le 9 avril 39, c’est la fin de la guerre civile offre un concert à Londres pour les enfants victimes du conflit. Il aide aussi les réfugiés de manière organisée : de nombreuses lettres à des amis et associations l’attestent ; ses concerts de bienfaisance sont multiples, mais l’artiste renonce à sa carrière professionnelle ; il ne joue plus en public mais répond à son nombreux courrier.
Pendant la guerre, il trouve refuge en Amérique, puis revient en France, à Prades et s’installe à la villa Colette avec Francesca Capdevila et la famille Alavedra. En 1945 il donne des concerts en Angleterre pour le peuple catalan. De 1945 à 1950, l’exil musical se poursuit car Franco se maintient au pouvoir : l’amertume et la déception dominent.
L’année 1955 est marquée par la mort de sa compagne ; il obtient l’autorisation de l’Etat espagnol pour venir à ses funérailles à Sant Salvador. Pendant ce temps, la presse castillane est calomnieuse à son égard ; cependant Casals défend toujours ses valeurs, son idéal de paix et de fraternité ; il s’engage pour la diffusion de la culture catalane ; il devient un référent, le symbole du refus de l’oppression et de la paix : son prénom catalan « Pau » ne signifie-t-il pas « Paix ».. ? En 1955, il donne son témoignage dans le livre blanc de la Catalogne. En 1957, il se marie avec une jeune sud-américaine ; commence alors la deuxième période de l’exil à Porto Rico. Il meurt le 22 octobre 1973 à San Juan de Porto Rico.
A la fin 1975, à la mort de Franco, la transition démocratique commence…Le corps du musicien est rapatrié en Catalogne le 9 novembre 1979…
A la fin de l'exposé, quelques catalanistes "radicaux" ont absolument voulu montrer que Casals était catalan avant tout. La conférencière fut étonnée de tant de fougue nationaliste, ici, en Catalogne française ! Avant tout Casals était, comme MIRO, un "Catalan universel". Il a toujours voulu donner l'image de la paix. Ce ne fut pas le cas de tous les membres de l'assistance, même si leur esprit fougueux se limitait à une vaine logomachie...
la villa Casals de Sant Salvador qui donne sur la plage (photos JPBonnel)

Écrit par cat le
Vendredi 10 octobre 2008
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patrimoine, actualité en Catalogne
ARGELES : les chemins de la Massane et de l'Albère
Pour les journées du patrimoine, la ville d’Argelès avait préparé une intéressante exposition sur les « Routes et sentiers de l’Histoire-Els camis de la historia ». La galerie Marianne présentait d’abord la vallée de la Massane, avec un rappel historique : depuis Hannibal passant par Ampurias, le col du Perthus, Elne (lire Polybe et Tite-Live) jusqu’à Philippe II le Hardi se repérant grâce à l’abbaye de Saint-André…Se reporter aux livres de Jacint Verdaguer (Canigó) et de Ramon Muntaner. Ensuite, l’expo s’organisait autour de plusieurs itinéraires :
1.les routes et les sentiers 2.la mémoire des rues 3.les chemins d’hier et d’aujourd’hui 4.les routes maritimes
6.chemins de randonnées : à ce propos, il faut savoir que l’office de tourisme d’Argelès, avec l’aide du Conseil général édite un pré cieux fascicule : petites randos, GR10 et chemins de Compostelle, inscrit au patrimoine de l’Humanité, sont répertoriés.
7.le chemin de fer ; en 1858, il arrive à Perpignan ; la liaison avec l’Espagne est achevée en 1878 ; l’espacement des voies espagnoles est de 1.668 m, celui des voies françaises de 1.435 m ; de nos jours commence l’épopée du TGV.
7.La Retirada (cf ; la revue Massane n°21)
8. Les voies contemporaines
9.Routes du Moyen-Age : se référer aux travaux de Pierre Ponsich. Les voies antiques du Roussillon vers l’Ampurdan, à travers la montagne de l’Albère, sont analysées.
L’exposition s’achève sur l’énigme de Taxo d’Avall ; pour en savoir plus : www.bislyjp.com - Il ne restait plus qu’à mettre à profit ces informations et à se rendre sur place. Pour ma part, le dimanche 21, je me suis rendu à la Bajol (Alt Ampurda) sur le chemin de l’exil et à la recherche du trésor républicain enfermé dans la mina d’en Negrín, en direction de Maçanet de Cabrenys : « Al paratge del Serrat de la Calma s’obre la boca de la mina Canta, oberta el 1905, que es considera la darrera mina de talc de Catalunya. Aquesta mina també és coneguda com la mina d’en Negrín. »
